Retour difficile à une réorganisation, et

à une activité normale

 

 

 

 

 

         Les guerres moyenâgeuses sont finies, nous abordons l’époque de la Renaissance, mais Villemoisson ne s’est pas encore relevé complètement de ses ruines ; le seigneur dans la confusion territoriale générale, tente de confirmer ses possessions, suit une politique de développement dans des terres demeurées ou retournées incultes. Mais disons le, cette situation n’est pas propre à Villemoisson, à Sainte-Geneviève, par exemple, l’Hôtel Dieu de Paris propose des baux à condition d’établir une exploitation agricole.

         Christophe Fourquaut eut à soutenir un différend avec l’administration au sujet de la justice de sa seigneurie de Villemoisson. « Une saisie fut faite à la requête du procureur du roy de la Chambre de haute, moyenne et basse justice de la terre et seigneurie dudit Villemoisson prétendue appartenir au roy ». Mais le 22 août 1487, une sentence était rendue en la Chambre du Trésor Royal de Paris qui ordonnait sa mainlevée.

         « Le 23 mai 1488, un arrêt du Parlement de Paris rendu entre le procureur du roi de la Chambre du Trésor d'une part, et messire Christophe Fourquault, procureur en la cour dudit Parlement, et messire Artus de Vaudetar, chantre et chanoine de l'église de Paris, d'autre part, confirmait la sentence rendue en la Chambre du Trésor le 21 septembre 1482, qui déboutait le procureur du roi de ladite Chambre de ses requêtes et demandes pour raison de la haute, moyenne et basse justice de Villemoisson qu'il prétendait appartenir au roi ».

         Christophe Fourquaut décéda le 6 novembre de cette même année 1488 et sa veuve Perrette Hesselin qui lui avait apporté la terre de Villemoisson en dot devint dame du lieu jusqu’au 13 février 1501, date de son décès ; elle fut inhumée auprès des reste de son époux dans le cimetière des innocents à Paris. Leur pierre tombale se trouvait, en 1850, 7 rue Dalayrac à Fontenay-sous-Bois. Aujourd’hui elle a disparue. Durant son veuvage, dans plusieurs de ses actes administratifs du domaine, elle administre en commun la seigneurie, se référant à son gendre Henri Barbeau, marié à Laurette Fourquaut, puis à son fils Jacques.

 

 

Actes sous la gérance Perette Hesselin 1488 à 1501

         Nous constatons des variations au cours des actes qui suivent concernant cette gérance.

- De 1489, nous notons Perrette Hesselin, veuve de Christophe Fourquaut, tant pour elle que pour ses enfants mineurs, seigneurs de Villemoisson

- En 1492 : Perrette Hesselin, veuve de Christophe Fourquaut, tant en son nom que de ses enfants mineurs et Genet de Luc, Henry Barbeau à cause de leurs femmes. Ces deux dernières personnes sont donc ses gendres

- En 1495 : Henry de Barbeau, seigneur de Villemoisson et Genet de Luc.

- En 1496 et jusqu’à la fin de la gérance : Perrette Hesselin, veuve de Christophe Fourquaut, dame de Villemoisson.

         Dans ces actes il faut remarquer une tentative d’aménagement du lieu-dit des Franchises où se trouvent des « terres en friches et buissons » traversées par la « voye aux vaches » et où la « forest » touche les abords. Un certain Gouart possède une aulnay située entre les Franchises et le village de Villemoisson.

 

 

(Plan du XVIIIe s) Il faut savoir qu’en cette fin du XVe siècle, il n’existait pas toutes ces divisions parcellaires C’est donc un terrain en friches traversé par la voie aux vaches (ici chemin de Villemoisson au Perray) Souligné en rouge le « chantier des Fourneaux ». En vert, l’aulnay Gouart – « Gohar »t – existant encore au XVIIIe s. Á droite la « forest » remplace « La Choletière », aujourd’hui la Garenne.

 

         Ces actes sont :

         Le 28 novembre 1489, une déclaration faite par Robin Prudhomme, demeurant à Villemoisson, du four à ban, masures, cour et jardin. Tenant d'une part au chemin qui va de Morsang  à Montlhéry d'autre bout au chemin qui va des Hautes-Terres (Entre l’avenue des gardes messiers et la rue Ferrande) ; d'une pièce de terre contenant une ausauge entre les dites masures et pont. (Tenant d'une part chemin des Hautes-Terres, d'un bout à la rivière et d'autre aux dits jardins et masures). Plus 6 arpents de terre en deux pièces dont l’une au lieudit les Fourneaux. Tenant d'une part au chemin tendant dudit Villemoisson au Perray. (Chemin traversant les Franchises)

         Le 3 février 1491, un bail au profit de Thomas Ferrant de 10 arpents un quartier de terre labourable au lieudit les Aubrier. Tenant d'une part à la voye et chemin qui va à Fleury (rue du Repos), d'un bout par bas à la ruelle qui va de Villemoisson à Morsang, (Ruelle aujourd’hui abandonnée prenant face à la Maison-sous-l’Eglise).

         Le 3 janvier 1492, échange fait par Jacques Rudant (Ruden), demeurant au Breuil. Celui-ci cède à Perette Hesselin, 9 arpents 75 perches de terre, faisant partie d'une pièce de 36 arpents, contre une masure, cour, petit jardin et 4 arpents de terre derrière. Tenant d'une part au chemin qui va du carrefour aux Hautes-Terres, (rue Ferrande) d'autre part et d'un bout à Jehan Gauinet (Ganinet).

         Le 1er février 1492, déclaration faite par Martin Maulet, demeurant au Breuil, d'une maison, cour, jardin et 6 arpents et demi. Tenant à Jacques Rudant, Christophe Petit Laurent Gilles, Pierre Le Pic et au carrefour de Villemoisson (angle Guy Mocquet rue Frerrande).

         Le 25 août 1493, renonciation faite par Denise Labeschepoix, veuve de Jacques Rudant (Ruden), demeurant au Breuil, au profit de la dame de Villemoisson. De 6 arpents et un quartier de terre, restant de 36 arpents de terre sis au long de la Morte-Eau (bras de la rivière de l’Orge)

         Le 7 septembre 1493, acquisition par la veuve Christophe Fourquaut de Robin Prudhomme, de 3 arpents de terre labourable au lieu-dit les Fourneaux sur le chemin qui va de Villemoisson à Longpont (les Fourneaux se trouvent aux Franchises)

         7 décembre 1495, découpage en 3 baux d’une pièce de 24 arpents en friches et buissons, sise près de Laulnay Gouart, la rivière de l’Orge au-dessous des Fourneaux, accordés : à Jehan Meniel de 12 arpents ; à Jehan Charpentier, demeurant à Epinay-sur-Orge et Pierre, son fils, demeurant à Villemoisson, de 6 arpents, à Guillaume Lefebvre, de 6 arpents

         Le 7 juillet 1496, acquisition par Perrette Hesselin de Robin Prudhomme de 4 arpents de terre au lieu-dit les Fourneaux. Tenant au sentier allant de Villemoisson à l’aulnoye Gouart entre deux.

         Le 4 décembre 1496, acquisition faite par Perrette Hesselin, de Jehan Méniele, de 2 masures, cour et jardin, sçis près de l'Orme de Villemoisson et 2 arpents de terre aux Fourneaux qui aboutissent à la « voye allant » aux Vaches. Tenant à la forêt de Villemoisson, et par bas au carrefour de Villemoisson.

         Le 8 avril 1497, deux acquisitions faites par Perrette Hesselin : 1°) de Didière Prévost, veuve de feu Yvonnet Lécuyer, d'un quartier de terre en une pièce au terroir de Launoy Gouart, tenant à la Voye aux Vaches ; 2°) de Guillaume Gallopin, 2 arpents de terre sis au-dessous des Fourneaux, tenant d'une part à maître Pierre Turquaut, un sentier entre deux allant à la voye aux vaches, d'autre au bois, taillis appartenant à la dite veuve.

 

Ce dessin ressemble curieusement à Villemoisson, à la rue Saint-Laurent descendant du manoir seigneurial au moulin sur l’Orge

 

         Le 3 avril 1505, nous trouvons un « acte de réception par dame Marguerite Fournier, veuve de Michel Champront, dame du Mée-lez-Melun, de la foy et hommage à elle fait par Jacques Fourquault, fils aîné de Christophe Fourquault, tant en son nom que comme se portant fort de ses frères et sœurs. Pour raison de la terre et seigneurie de Villemoisson-sur-Orge mouvante en plein fief, foy et hommage de la seigneurie du Mée-lez-Meulun ».

         Le 11 juillet 1506, c’est un aveu et dénombrement par lequel nous avons la consistance de la seigneurie de Villemoisson :

         « Aveu et dénombrement rendu à … par noble homme Jacques Fourquault, de la terre et seigneurie de Villemoisson-sur-Orge, mouvante en plein fief, foy et hommage de la seigneurie du Mée et consistant :

         « 1°) En un hôtel et manoir seigneurial, grange, estable, bergerie, cour close de murs et grand jardin. Contenant le tout en fond de terre 6 arpents où environ.

         « 2°) Un moulin sçis, proche du manoir, sur la rivière d'Orge, consistant en un corps d'hôtel, grange et jardin derrière, contenant 1 arpent où environ. Tenant d'une part à la dite grange, d'autre à la rivière.

         « 3°) 1 arpent de terre ai lieu-dit les Coudrettes, tenant d'une part à Thomas Ferrant, d'autre au chemin tendant à Fleury.

         « 4°) 2 arpents de terre au lieu-dit le Clos Saint-Jehan. Tenant d'une part au dit chemin de Fleury, d'autre au dit avouant; d'un bout au dit Thomas Ferrand.

         « 5°) 36 arpents de terre en une pièce au lieu-dit les Gallois de Peronne. Tenant d'une part à la voye de Fleury, d'autre part aux terres de Morsan ; d'un bout au chemin du dit Morsan, d'autre au chemin de Montlhéry.

         « 6°) 8 arpents près le dit lieu, tant en terre que chemin. Tenant d'une part au dit chemin de Fleury, d'autre à Guillaume Guerroust; d'un bout au bois de la Saulsaye.

         « 7°) 9 arpents en une pièce proche le dit lieu, de l'autre côté du dit chemin de Fleury. Tenant d'une part au dit chemin, d'autre à messire Pierre Turquaut, d'un bout au dit Clos Saint-Jehan.

         « 8°) 4 arpents 1/2 au long des terres de la Saulsaye. Tenant et aboutissant au dit Turquaut; d'autre bout au bois du dit avouant

         « 9°) 1 arpent au-dessus de l'église du dit Villemoisson. Tenant d'une part aux terres de la dite église, d'autre à Thomas Ferrand.

         « 10°) 6 arpents de terre en une pièce sçis au lieu-dit l'Aulnoye Gouart. Tenant d'une part à la Morte-Eau , d'autre au dit Turquaut ; d'un bout à la voie aux Vaches, d'autre part à maistre Bertrand du Terme (seigneur du Perray).

         « 11°) 13 arpents de terre en une pièce au lieu-dit les Fourneaux. Tenant d'une part à Pierre Le Pic, d'autre à Antoine Châtillon et aux ayant cause de sa femme ».

         « 12°) 2 arpents au-dessus des prez du dit Villemoisson. Tenant d'une part au dit Turquaut, d'autre aux terres au-dessus; d'un bout au dit Turquaut, d'autre à la dame de Grigny ».

         « 13°) 2 arpents 1/2 au-dessus du dit moulin. Tenant d'une part à Jehan Bourrache, d'autre au dit Avouant; d'un bout au dit Turquaut, d'autre au dit Bourrache.

         « 14°) 25 perches de terre où sont les fourches patibulaires de la justice de Villemoisson.

         « 15°) 75 perches de terre en buissons. Tenant d'une au dit Clos Saint-Jehan et d'autre au dit Turquaut, et d'autre bout au dit Thomas Ferrand.

         « 16°) 4 arpents de pré en une pièce sçis en la prairie du dit Villemoisson. Tenant d'une part à la rivière d'Orge, d'autre au dit Turquaut; d'un bout au pré de la cure du dit Villemoisson, d'autre à Colas Vaujean.

         « 17°) 75 perches en la dite prairie. Tenant d'une part à la dite rivière, d'autre part au pré de l'église d'Epinay.

         « 18°) 125 perches de pré sçis derrière le sus dit moulin. Tenant à la rivière d'Orge.

         « 19°) 15 arpents de bois. Tenant d'une au bois de l'Hôtel-Dieu de Paris, d'autre à Antoine de Châtillon; d'un bout au dit avouant.

         « 20°) La justice haute, moyenne et basse avec les droits y annexés, avec le droit de pèche en la dite rivière d'Orge.

         « 21°) 15 livres 17 sols 4 deniers tournois de cens portant lods et ventes.

« Fiefs mouvants du dit Villemoisson et en arrières fiefs de la seigneurie du Mée.

         « 22°) Le fief de la Motte de Savigny, avec la rivière, fossés, prez, saulsoyes, censives, justice foncière, rouage et forage.

         « 23°) Un autre fief consistant en maison, grange, jardin, terres et autres dépendances, appartenant au dit messire Pierre Turquaut, enclavé en la justice et seigneurie du dit Villemoisson »

§

         Il est important de constater que ce fief est la survivance du fief du Sauvage. Il est certain que les seigneurs de Villemoisson n’habitent plus la seigneurie. Leur « hôtel, manoir seigneurial » suit sa destinée de « ferme seigneuriale » La seigneurie est confiée à un métayer (ou régisseur) et celui-ci « s’installe » dans un emplacement où s’établira plus tard le château de Villemoisson. Nous en entendrons parler souvent par la suite. La ferme seigneuriale et le moulin restant directement sous l’autorité du seigneur. Cette situation perdurera jusqu’à la Révolution.

§

         « 24°) Un autre fief consistant en 52 arpents de bois où environ sçis en la forest de Secquigny, au lieu-dit Rossigny, appartenant à maître Guillaume Fuzée, procureur au Parlement ».

         « 25°) Un autre fief consistant en 52 arpents de bois où environ, sçis en la dite forest de Séquigny, qui fut et appartint au dit Antoine de Châtillon et depuis à ses enfants.

         « 26°) Un autre fief consistant en 26 arpents de bois, sçis en la dite forest de Secquigny qui fut et appartint au dit Châtillon.

         « 27°) Un autre fief, consistant en 50 arpents de bois, sçis en la forest de Secquigny qui fut à Pierre Poignant, conseiller au Parlement.

         « 28°) Un autre fief consistant en 64 arpents de bois sçis en la forest du dit Villemoisson, qui fut au dit de Châtillon.

         « 29°) Et finalement un pré sçis au dit Villemoisson, au-dessous du moulin du dit lieu, entre la fausse et bonne rivière, qui fut audit messire Poignant ».

 

 

            Les Fourquaut laissaient deux fils et cinq filles. Jacques délaissa Villemoisson à sa sœur Laurette et garda Villegénis, qui est un écart de Massy. Les armoiries des Fourquaut étaient ; « d’argent à quatre lions de gueules, l’un sur l’autre ; celles de Perrette Hesselin : fascées d’or et d’azur de six pièces, l’or chargé de quatre croisettes pommelées d’azur sur chaque fasce, l’azur de croix semblable d’or ».

 

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