Villemoisson
a toujours été engagé dans une course poursuite où les locaux scolaires sont
constamment insuffisants avec l’augmentation constante des élèves.
Les
groupes scolaires (1)

Création du groupe scolaire Emile Bouton
En 1913, avait été décidé la création
d’un groupe scolaire, mais la guerre avait interrompue le projet. En 1921, pour
le moment, la municipalité est toujours dans l’intention de créer une école de
filles et des pourparlers se prolongent et buttent sur la question pécuniaire.
Mais, en 1924, vu l'augmentation de la population constatée au dernier
recensement, 703 habitants, et la création de divers lotissements du Bois de
Villemoisson qui vont encore accroître considérablement la population évaluée à
1200 habitants, et l'état des classes insuffisantes pour recevoir les élèves,
la municipalité reprend l’idée de créer un groupe scolaire pour garçons et
filles. Mais laissons le temps faire les choses.
En 1926, il est communiqué l'état des pourparlers
engagés avec M. Prosper Dupré, propriétaire à Ballainvilliers, au sujet de la
cession ou de l'échange d'un terrain sur lequel devrait être édifié le groupe
scolaire. Ces pourparlers n'ayant pas abouti, une demande d’expropriation pour
cause d’utilité publique est produite. Ce terrain situé au lieu dit
« Poirier de la Farinette », est estimé 4235 francs. Le montant d’une
souscription pour contribution volontaire s’élevé à 259,75 francs. La carrière
ouverte sur une surface minime du terrain sera comblée par les fouilles
provenant de la construction scolaire.
En 1928 est contracté un emprunt de 35.196 francs avec
charge de se libérer de cet emprunt en trois exercices représentant pour chaque
annuité la somme de 11.732 francs, sans intérêt la 1ere année, avec
un intérêt de 3% la seconde et de 5% la troisième, avec faculté pour la commune
de se libérer par anticipation. Sur le principal de 703.917 francs, la
subvention accordée par l'Etat, 560.000 francs, et celle accordée par le
département, 108.711 francs. La somme de 35.196 francs est tenue par M. Bouton,
maire, à la disposition des entrepreneurs au fur et à mesure des besoins.
Enfin, seize ans après la décision de sa création, le
groupe scolaire est inauguré le 14 avril 1929 et prend le nom Emile Bouton,
maire à l’époque.


Déjà, l’année suivante, il est urgent de l’agrandir
sans attendre l'octroi d’une subvention de l'Etat ; demande est faite avec
instance à l'administration supérieure de vouloir bien accorder l'autorisation
de construire et d'approuver les plans et devis des travaux à exécuter. En
1931, est contracté un emprunt de 436.700 francs auprès de la caisse des Dépôts
et Consignations pour une durée de 30 ans à 5%, et voté 133 centimes pour
garantir les annuités d'emprunt.
Pour améliorer les accès du groupe scolaire, le
conseil décide la mise en adjudication des travaux de construction d'une
nouvelle rue devant les écoles, aujourd'hui rue Emile Bouton. Les terres
provenant du déblaiement de la rue de l’Eglise seront transportées rue
« Nouvelle » pour combler les trous de carrière (1934).
A l’époque M. Chambard et Mme Bodénès sont :
directeur et directrice de l’école communale.
En 1938, Villemoisson a 1689 habitants, avec 93
garçons pour deux maîtres et 120 filles pour trois maîtresses, y compris le
directeur et la directrice ; ce nombre d’élèves ira en croissant. Le
projet d’extension du groupe scolaire est toujours à l’étude. Soit la
construction d’un bâtiment comprenant deux classes au rez-de-chaussée et deux
logements en étage sur un terrain mitoyen du groupe scolaire, coût estimatif
810.000 franc. En attendant, trois emplacements sont proposés : sous les
préaux, dans la salle communale. Mais M. l’Inspecteur n’est pas partisan d’une
extension en hauteur préférant un projet sur une extension contiguë.
1939, c’et la guerre, encore une fois il faut
attendre.
M. Marié, directeur est aux armées, M. Bayer le
remplace. En septembre un nombre important d’enfants de la Seine, réfugiés à
Villemoisson sont inscrits aux écoles. Le matériel scolaire et les fournitures
sont nettement insuffisants. La situation financière de la commune ne permet
pas de payer ces dépenses supplémentaires, le conseil municipal demande aide au
département de la Seine.
A la Libération, la classe enfantine
est surchargée, plus de 75 élèves, une seconde classe est ouverte dans un local
existant.

Monsieur
Marié à gauche. Dans sa classe il avait trois rangées de tables à deux places.
Chacune des rangées représentaient une année scolaire, dont il lui fallait
instruire les enfants selon l’année correspondante. Aussi remarque-t-on la
diversité de taille des écoliers.
Il faudra encore attendre 1953, près de
dix ans, pour ressortir le projet d’agrandissement du groupe scolaire dressé en
1939, mais de nombreux problèmes se présentent, il faudra encore patienter. Les
cours des écoles en mauvais état sont à réfectionner. Conformément à l’article
10 de l’arrêté ministériel du 29 décembre 1943, il est fait l’ouverture d’un
cours post-scolaire agricole et ménager sous la direction de Mlle Asteix,
directrice de l’école des filles et l’enseignement à Mme Kerebel, institutrice
itinérante au département de Seine-et-Oise. En 1956, le Conseil décide
d’utiliser les crédits de la loi Baranger, soit 924.300 francs pour un terrain
sportif scolaire, est-ce vraiment nécessaire quand les locaux scolaires sont
insuffisants ?
Des frais nouveaux surgissent où plutôt
s’imposent, il apparaît que la construction nouvelle d’une classe est
absolument indispensable. Le cri d’alarme est donné par le personnel
enseignant. Le recensement est de 1310 habitants avec 170 enfants de 2 à 6 ans.
Le procédé le plus rapide et le plus économique serait d’utiliser pour
construire cette classe un des préaux de l’école qui est en fait inutilisable
en raison de son orientation défectueuse. La commune n’a pas de ressources,
elle doit augmenter les centimes pour insuffisance de revenu de 10% pour
couvrir ses dépenses ordinaires. La municipalité demande au Conseil Général de
Seine-et-Oise que la somme de 924.300 francs prévue par la loi Béranger, soit
destinée à la création d’une classe.
En 1958, toujours
débordé par les effectifs scolaires, pris à la gorge, le Conseil considérant un
terrain communal contigu au groupe scolaire y prévoit la pose de deux
prototypes de deux classes et deux logements chacun, y compris annexes (préau,
sanitaire). Mais, l’Etat ayant réduit les crédits, il est seulement accordé, en
1959, qu’un prototype de deux classes avec un logement ; le devis de
l’entreprise est estimé à 13.572.900 francs, auquel s’ajoutent 6.098.293 francs
relatifs aux travaux accessoires, au total 20.416.148 francs

Sur cette image, les
classes prototypes
En 1960, M. le Préfet de Seine-et-Oise transmet une
note de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports,
faisant connaître que la commune de Villemoisson est proposée auprès de la
caisse des dépôts et consignations en vue de l’octroi d’un prêt destiné à la
réalisation d’une construction scolaire de deux classes filles, deux classes
garçons et deux logements de direction, pour un montant de 161.880 NF.
Un emprunt est réalisé auprès de la caisse des Dépôts
et Consignations (par l’intermédiaire de la Caisse d’Epargne de
Corbeil-Essonne) au taux de 5,50% en 30 années, seulement cet organisme précise
que le prêt accordé est limité à 46.438 NF représentant seulement 15%, le
restant à la charge de la commune. Devant l’impossibilité de financer la
différence et de payer les entrepreneurs, la commune, en 1961, fait une demande
d’emprunt de 104.000 NF au groupement des collectivités locales.
En 1965, le groupe scolaire de
Villemoisson est fréquenté par 376 enfants. M. Larrive, directeur de l’école
des garçons, indique que par suite d’un accord entre le Ministère et la
Fédération de l’Education Nationale, les cours préparatoires ne doivent pas
dépasser 25 élèves.
En 1970, vu la construction de 26
pavillons dans le lotissement « La résidence du Parc », rue de
l’Eglise ; la construction de 64 logements par la société « La
Sablière » rue de Longpont. Il est proposé d’envisager la surélévation du
groupe scolaire de la rue Emile Bouton pour la construction de quatre classes
primaires avec les annexes de deux classes polyvalentes.
En 1973, l’école devient mixte. Une
lettre de M. l'Inspecteur départemental de l'Education Nationale indiquant que
le directeur et la directrice des écoles primaires de Villemoisson souhaitent
que les deux établissements, garçons et filles, soient transformés en deux
établissements mixtes, exposant les raisons pédagogiques de cette demande. Par
suite, la municipalité donne avis favorable aux sept classes garçons et six
classes filles.
Création
d’une école maternelle
1967. - Il est exposé que la commune ne
possède pas encore de classe maternelle. Considérant que la population est de
3800 habitants environ, qu’il y a lieu de prévoir un accroissement minimum de
65 enfants en maternelle et 121 en classe primaire. Le conseil municipal
sollicite l’installation d’un groupe de quatre classes maternelles. En
attendant il est décidé l’acquisition d’un bâtiment préfabriqué comprenant de
trois classes. 72 enfants n’ayant pu être accueillis par manque de locaux en
plus des 112 enfants répartis dans les deux classes existantes. Il est décidé
de contracter un emprunt d’un montant de 440.000 francs (les NF n’étant plus
nouveaux) destiné à financer pour partie la construction d’une école maternelle
(1969). Le projet de construction de l’école maternelle est évalué à 1.030.000
francs en 1970.

1971 - Dans une lettre circulaire de l’inspecteur
d’académie, il est exposé que par suite d’installation d’une école maternelle
de quatre classes, il est envisagé la suppression de quatre classes correspondantes
à l’école des filles. Dans le même temps il est envisagé la création d’une
classe de perfectionnement en raison d’un nombre d’enfants caractériels sans
cesse croissant. Six d’entre eux vont à l’école de Morsang-sur-Orge et d’autres
sont dans des classes primaires de la commune, ce qui cause parfois une gène
aux autres élèves.
Les travaux de la
maternelle ayant commencé en 1970, quelques défaillances des entreprises
sous-traitantes ont empêché l'achèvement complet. En 1971 cependant,
l'aménagement s'est poursuivi, tandis que l’école accueille 160 enfants.
Création du groupe scolaire les Erables
La commission municipale
scolaire considère l’accroissement des équipements scolaires de la commune avec
la construction de la Z.A.C. du Plateau et aboutit à un besoin de 9 à 10
classes maternelles et de 16 à 18 classes primaires au total. En 1982, il est
donc envisagé un nouveau groupe scolaire au parc les Erables avec une entrée
avenue de Séquigny. La nouvelle école sera rattachée au groupe Emile Bouton pour
la restauration ; plus tard un local de réchauffement des plats venant
d’Emile Bouton sera prévu pour éviter aux enfants le trajet. Pour le
financement, il faudra le concours de l'aménageur du plateau, obtenir une
subvention de l'Etat. Le devis estimatif étant de 7.267.160 francs, mais cela
évoluera.
Ainsi, depuis le projet
d’agrandissement du groupe scolaire dressé en 1939, il a fallu plus de quarante
ans pour voir se créer à Villemoisson un second groupe scolaire. Il est ouvert
en 1983, mais cette fois entre la décision et la réalisation, il faut
reconnaître que s’est un temps record.

Ouverture
d’un CES
Toutefois les mésaventures scolaires de
Villemoisson ne se sont pas arrêtés à ce qui précède.
En 1967, Mme le Maire de Morsang expose
les dépenses supportées par sa commune pour le fonctionnement de son C.E.S. et
demande une participation. De plus, une soixantaine d’enfants de Villemoisson
fréquentant cet établissement, un contrat de 80 francs par jour est passé avec
une société des transports pour le ramassage de ces élèves. Il est sollicité
des subventions.
1968 : Mme le Maire de Morsang
réitère sa demande de participation aux frais. Le Conseil municipal décide de
ne pas y donner suite prétextant que le C.E.S. bénéficie d’une partie de
l’installation électrique d’éclairage public. L’emprunt nécessaire au
financement d’éclairage public compense l’emprunt du C.E.S. de Morsang.
1969 : Mme le Maire de Morsang revient à la
charge : compte tenu du fonctionnement du CES et des indemnités de logement
versés au personnels enseignant et des fournitures, elle demande une nouvelle
participation pour 157 élèves ; ce n’est pas tout, il est demandé le
remboursement d’intérêts d’emprunts afférents à la construction du CES. Il faut
remettre la main au porte-monnaie. Il est rendu compte des graves difficultés
causées par la rentrée scolaire, notamment pour les élèves de 6ème
dont une partie est affectée à Morsang, l’autre au C.E.S. d’Epinay. Aussi le
Conseil Municipal demande aux autorités de tutelle de prévoir dans un proche
avenir la création d’un C.E.S. à Villemoisson.
En 1971, il est acquit de l’O.C.I.L un terrain de
12.000 m². La commune prend à charge sa viabilité, s’engage à financer 15,61%
de la dépense forfaitaire de construction, installations sportives non
comprises. L’Etat s’engage à accorder à la commune une subvention. La
construction sera réalisée en une seule tranche pour un coût ramené à
3.854.020,50 francs. Un emprunt est réalisé pendant une durée de 15 ans au taux
d’intérêts de 8,75%.

Suite à une lettre de l’inspecteur de l’Académie,
tendant à solliciter de la commune la prise en charge de l’ensemble des
dépenses de fonctionnement du CES, il est décidé dans l’attente d’une
nationalisation, de prendre en compte cette charge, ainsi que de loger le
personnel administratif dans les locaux prévus à cet effet. Aussi à l’unanimité
il est demandé la nationalisation du CES dénommé Blaise Pascal. En 1972 est
passée une convention avec Villiers-sur-Orge afin de fixer les conditions de
répartition entre cette commune et Villemoisson des charges du C.E.S. Blaise
Pascal qui reçoit les enfants des deux communes.
La situation scolaire dans l'Essonne se dégrade pour
l'accueil des enfants dans des conditions relativement convenables. La
diminution constante des crédits d'état crée des difficultés d’accueil. Dans
les lycées, l’accueil devient aussi difficile. Le rejet de nombreux jeunes
faute de places dans les collèges techniques sont les perspectives de la
rentrée scolaire 1974. Les habitants des communes de Ballancourt, Corbeil,
Etréchy, Saint-Michel-sur-Orge, sont particulièrement touchés. Les exigences
immédiates de tous sont : Le financement par l'Etat de plusieurs collèges
supplémentaires, de trois collèges techniques. La nationalisation rapide des collèges
d'enseignement secondaire. Les responsables des organisations locales et
départementales s'associent à l'initiative du conseil départemental des parents
d'élèves d'organiser une manifestation qui aurait lieu le samedi 2 mars et
appellent les habitants de l'Essonne à y participer.
En 1975, le Conseil
Municipal constate avec amertume que la nationalisation du C.E.S. n'entraîne
aucune diminution des charges de la Commune. Selon la réglementation, 36 % du
budget de fonctionnement du C.E.S. proposé par l'Education Nationale, doivent
être payés par les habitants de Villemoisson. Ne sont pas comptés dans ces
dépenses, les traitements des personnes chargées de l'entretien, ni le déficit
de la cantine qui demeurent entièrement financés par le budget communal. La
nationalisation n'est donc pas synonyme de prise en charge par l'Etat. La
municipalité, devant « la carence de l’administration », continue à
assurer la gestion de la cantine. Mais décide de placer l’Etat devant ses
responsabilités en cessant d’assurer le fonctionnement de la cantine du CES à
partir de la fin de la présente année scolaire 1976.
En 1978, M. le Préfet de l’Essonne informe que dans le cadre du
programme d’équipement du Ministère de l’Education, la réalisation d’un atelier
est envisagé au CES Blaise Pascal. Le conseil considérant qu’il existe des
locaux financés par la commune destinés à des enseignements pratiques, non
utilisés, refuse à mettre à la charge des contribuable une nouvelle participation
financière tant qu’un enseignement technologique n’aura pas été mis en place en
utilisant au maximum les équipements existants ; toutefois il sera fourni
un terrain d’implantation et sera assurée la desserte extérieure.
Evolution
des effectifs scolaires
Maternelle :
5 classes : 141
élèves en 1983, moyenne ; 5 classes : 155 élèves en 1984 ; 7
classes : 209 élèves en 1985 ; 8 classes : 247 élèves en 1986 ;
10 classes : 286 élèves en 1987 ; 11 classes : 309 élèves en 1988.
Primaire :
9 classes : 239
élèves en 1983 ; 13 classes : 233 élèves en 1984 ; 16
classes : 428 élèves en 1985 ; 16 classes : 424 élèves en
1986 ; 17 classes : 436 élèves en 1987 ; 18 classes : 463
élèves en 1988

C,E.S
1983 :
237 Villemoissonnais ; 259 Villiérains ; 31 autres = 617 élèves
1984 :
269 Villemoissonnais ; 276 Villiérains ; 13 autres = 657
1985 :
293 Villemoissonnais ; 250 Villiérains ; 12 autres = 930
1986 :
313 Villemoissonnais ; 235 Villiérains ; 18 autres = 984
1987 :
324 Villemoissonnais ; 227 Villiérains ; 21 autres = 1046
1988 :
358 Villemoissonnais ; 212 Villiérains ; 18 autre. = 1130
(1) Sources : registres des
délibérations municipales, bulletins municipaux