3e République, fin du XIXe
siècle
La troisième République prend naissance en 1871 et finit en
1940 dans le désastre ; la Commune de Paris assiégée tombe aux mains des
Prussiens, les Allemands défilent sur les Champs Elysées ; en 1870 comme
en 1940 la France est occupée par l’ennemi, auquel, à chaque fois, nous leur
avions déclaré la guerre. Entre les deux dates la politique reprend son
train-train. En cette fin du XIXe siècle, les Villemoissonnais continuent leur
routine, toujours dans l’exiguïté des revenus communaux, subsistant pour
certains dans l’indigence.
Les municipalités
Lasson,
maire - La chute du second Empire, la
Commune, la République : le conseil municipal n'est plus nommé par les
préfets et sous-préfets, mais à nouveau élu aux suffrages de la population.
14
mai 1871, réunion des conseillers municipaux nouvellement élus. Mrs. Jean André
Vazille, Charles Joseph Girard, Théodore Dupré, César Auguste Charbonné, Jules
Demessant, Pierre Auguste Naudet, Eugène Dauthier, Louis Hénault, Xavier Prévost.
Eugène Lasson est absent, mais unanimement il est réélu. Théodore Dupré est
proclamé adjoint.
Remboursement
du montant des contributions de guerre. - 1er décembre 1872. - Vu la demande du conseil de préfecture,
les circonstances exceptionnelles, le conseil municipal autorise Mr. Dupré
adjoint, remplissant les fonctions de maire à emprunté les sommes nécessaires
pour rembourser le montant des contributions de guerre contre les Allemands;
savoir : les contributions directes perçues sur les rôles Français pour être
payées à l'administration allemande: 2146,55 francs, l’emprunt contracté pour
le service des dépenses de guerre: 1319,88 francs, l’emprunt pour le service
des contributions directes: 650 francs. Total 4116,43 francs. Dans cette
dépense est comprise une somme remise au maire de Longjumeau et non versée aux
Allemands. Cette somme fixée à 335,74 francs par le préfet sera remboursée à
Villemoisson par la commune de Longjumeau.

Le
meunier de Petit-Vaux veut attaquer en justice la commune. 6 16 février 1873. Vu la réclamation par laquelle M.
Fouret, meunier à Petit-Vaux, commune d'Epinay-sur-0rge, demande à Mr. le
préfet par le ministère de Mr. Rigollet, avoué à Versailles, l'autorisation de
poursuivre la commune de Villemoisson devant le tribunal civil de Corbeil pour
raison suivante : pendant l'occupation allemande, il a fourni de la farine aux
habitants de Villemoisson pour une somme de 2737,50 francs. Au fur et à mesure
de ses livraisons, il lui a été remis 74 bons signés par M. Dupré, adjoint ;
malgré toutes ses démarches, il n'a encore pu recevoir que 1484 francs.
Le
conseil considère :
- que les bons donnés par Mr.
Dupré ne servaient qu’à justifier les fournitures délivrées aux Villemoissonnais,
que cela avait été convenu avec le garde moulin de M. Fouret, étranger à la
commune;
- que tous les habitants
ayant reçu la farine ont remis à la mairie le 16 juillet 1871 des
reconnaissances qui s'y trouvent encore et par lesquelles chacun s'engage à les
payer mensuellement suivant le tableau établi;
- que le 16 juillet 1871 il a
été remis à M. le maire une somme de 509,50 francs destinée à M. Fouret qui ne
voulait rien recevoir des habitants ; que depuis le montant des sommes payées
s'élève à 1635 francs, et il reste à devoir 1102,50 francs.
Vu
la liste des personnes redevables, il s'en trouve plusieurs qui auraient pu
payer aussi bien que ceux qui se sont acquittées, et d'antres qui n'ont besoin que
de temps pour s'acquitter, le conseil prie le préfet de bien vouloir engager M.
Fouret à faire citer ses créanciers et d’assigner devant M. le juge de paix du
canton de Longjumeau les non payeurs en même temps que le maire et l'adjoint
qui donneront toutes les explications nécessaires.
Le
27 décembre 1874, le conseil municipal réuni répondant à l'appel nominal dans
l'ordre des suffrages obtenus, les conseillers dont les noms suivent ont
déclarés accepter les fonctions de conseiller municipal (le serment n'est plus
exigé). Savoir : Mrs : Auguste César Charbonné, Pierre Auguste Naudet,
Charles Joseph Girard, Eugène Lasson, Jean André Vazille, Louis Rénault, Jules
Demessant, Augustin Vincent, Xavier Prévost, Théodore Dupré. Lasson reste
toujours maire.
Mais le 3 août 1876 Lasson démissionne sur le problème du chemin vicinal n°1.
(Voir voierie). Charbonné succède.
Charbonné
maire. - Aux élections de janvier
1878, César Charbonné est maintenu maire et Charles Girard adjoint. Les
conseillers sont : Vazille, Lasson, Girard, Chevalier, Vincent, Latteux
fils, Demessant, Paul Lemoine, Prosper Saint-Lot.
Situation
financière, demande d’emprunts. - 3
mars 1878. - La situation financière de la commune présente un excédent de
recettes de 4089,55 francs comprenant :
- Un secours de 1000 francs,
accordé par le ministre de l'instruction publique à l'occasion d'un bâtiment
vendu par Mr. Lasson.
- Un secours de 1380 francs
pour la construction du chemin vicinal n°3, les charges évaluées pour la
commune étant estimées à 1800 francs.
- Le chemin qui conduit à
l'abreuvoir de la commune, au-dessous de la gare d'Epinay (route de Corbeil),
doit être réparé d'urgence : 600 francs.
- Le chemin qui conduit de
l’église au (nouveau) cimetière exige depuis trop longtemps déjà une amélioration
sérieuse; son entrée placée entre des murs de 2,50 et 3 m ; ne présentent
pas une largeur suffisante pour y passer librement avec un cercueil. Le chemin
qui à une longueur d'environ 250 m, établi sur une pente rapide qui en hiver
surtout, présente pour les porteurs de grands dangers dans le trajet de
l'église au cimetière. Dépense : 700 francs. (Il s’agit ici, bien entendu de la
rue du Repos).
La rue du Repos avant, après


La rue du Repos se termine sur l’avenue des Gardes
messiers ; cette extrémité montre l’étroitesse originale de la rue,
autrefois un chemin.
Le
chemin conduisant du hameau des Franchises au lavoir établi sur l'Orge est
impraticable en plusieurs endroits. Tous les chemins ruraux du territoire de la
commune sont dans un fort mauvais état. Il y aurait une dépense considérable à
laquelle malgré l'urgence, la commune ne peut pas songer en ce moment faute
d'argent.
Les
paiements faits à Mr. Lasson jusqu'à ce jour, s'échelonnant jusqu'en 1885, se
montent à 4390,53 francs, la demande d’emprunt qu’il s’agit traitera
strictement que la dépense des bâtiments scolaires, soit 24.990,90 francs.
Pour
toutes ces raisons exposées, il est décidé un emprunt à la Caisse des écoles de
8500 francs au taux de 5% pendant 30 années ; une demande de secours auprès de
Mr. le ministre de l'Instruction publique et du Conseil Général du département
sur la somme de 24.990 francs 90.
De
même, il est voté le principe d'un emprunt de 3000 francs pour la construction
du chemin de la Garenne, partant des Franchises en direction de
Sainte-Geneviève-des-Bois, c'est à dire la jonction avec le chemin de Grandes
Communications n°25, dont les frais sont partagés avec cette dernière. (Voir
voierie)
Création des commissions.
- 23 janvier 1881. - Les membres du
conseil élus, réunis : Charbonné, Girard, Latteux, Vazille, Vincent,
Demessant, Baptiste Saint-Lot, Prosper Saint-Lot. Absents : Lasson pour cause
de maladie, Lemoine qui s'est fait excuser. Charbonné et Girard sont reconduits
respectivement maire et adjoint.
Mr.
Charbonné rappelle « qu'il n'a accepté les fonctions de maire qu'avec le
but de rendre à la commune les quelques services qu'il est en son pouvoir de
lui rendre ». Il expose que les municipalités avec l'administration
supérieure ont considérablement augmenté les travaux de mairie et sont causes
d’un retard continuel dans l'expédition des affaires, surtout quand il faut
prendre en considération que les devoirs impérieux de l'instituteur ne lui
laisse pour le service de la mairie que fort peu de temps en dehors des heures
habituelles du travail de l'école.
Aussi
il ne peut personnellement et seul répondre à toutes les exigences
administratives de la commune Il invite ses collèges à lui venir aide. Ainsi
naissent ce qui est convenu d'appeler aujourd'hui les commissions : les
travaux sont distribués de la manière suivante :
- Demessant, Baptiste
Saint-Lot, Prosper Saint-Lot et Latteux : les chemins vicinaux et ruraux, la
charge de terrains municipaux, comme ladite « La Pâture ».
- Latteux : régularité des
travaux du fossoyeur dans le cimetière, tant pour le creusement des fosses que
pour leur emplacement.
- Girard, Demessant et Jean
Baptiste Saint-Lot : administration du bureau de bienfaisance dont ils font
partis.
- Girard et Vincent : travaux
du recensement général de la population en mars prochain.
- Vincent et Vazille avec le
maire : classement des archives et inventaire régulier des documents communaux.
- le maire et les conseillers
municipaux : les problèmes scolaires.
M.
Charles Joseph Girard maire. - Elections municipale di 4 et 11 mai 1884, les élus
ou réélus sont : Eugène Lasson, Charles Joseph Girard, Paul Lemoine,
Etienne Latteux, Charles Hamel, Baptiste Saint-Lot, André Vazille, Jules
Demessant, Louis Hénault, Alexis Brément, ils choisissent Charles Joseph
Girard. C'est, en quelque sorte, une officialisation, depuis le décès de
Charbonné, survenu le 30 mai 1883, adjoint au maire, il le remplaçait dans
cette fonction en attendant la prochaine élection. Baptiste Saint-Lot est désigné
adjoint.
15
mai 1887. Les membres du conseil municipal se réunissent afin d'élire le maire.
Charles Joseph Girard à nouveau désigné déclare ne pas accepter les fonctions
de maire; c'est seulement au troisième tour de scrutin que Mr Poirel est élu. Nouveau,
certainement ignorant des affaires administratives communales dont il se trouve
propulsé au sommet, Poirel, en toute sagesse, déclare à son tour ne pas
accepter la charge que l'assemblée veut lui confier.
Le
5 juin, nouvelle réunion pour procéder à l'élection du maire et de l'adjoint :
Jean Baptiste Saint-Lot et Germain Choisy sont respectivement proclamés dans
ces fonctions. Mais, le 20 mai 1888, le 15 mai 1892, les membres du conseil
municipal reconduisent Girard maire et Saint-Lot est adjoint. Enfin, le 13
novembre 1892, Mr. Gérard démissionne, « remercié pour le dévouement qu'il
n'a pas cessé d'apporter à la défense des intérêts de la commune pendant les 16
années qu'il a été adjoint et maire ». Mr. Caillette le remplace.
De nouvelles élections se suivent avec pratiquement le même
corps électoral : le 17 mai 1896,
Latteux est élu maire, Saint-Lot adjoint ; le 27 juin 1897, c’est
Mr. Neyret qui est élu maire. Le 7 août 1898, Mr. Neyret offre une bibliothèque
« suffisamment grande pour renfermer les archives de la mairie et faisant
très bon effet dans la salle du conseil » (sic).
Le recensement de 1896.
Le
recensement de 1896, tient compte, pour la première fois, des personnes
d'origines étrangères. Ainsi, nous relevons 27 italiens (les Tizioli, Grassi,
Maraschini, Agottani, etc.) ; 6 allemands (Fobe, Puach, etc.), 10 autrichiens
(Gusmerotti, Cagol) et 5 belges (Goemin).
Nous
retrouvons les deux divisions principales de la commune : le
« Village », comprenant 56 maisons, 74 ménages et 253 habitants (en
1866 : 57 maisons, 73 ménages, 248 habitants). Les « Franchises », 37
maisons, 47 ménages, 148 habitants (en 1866 : 23 maisons, 32 ménages, 109
habitants). Tandis que le « Village » stagne, les
« Franchises », et surtout, on serait tenté d'y inclure le lieudit la
« Nouvelle France », où est la mairie école, située entre le
« Village » et les « Franchises » se développent.
On
note des habitations isolées, une quinzaine de personnes : outre la
propriété de Mr Caillette (Les Erables aujourd’hui), ou y demeurent le
domestique et dans la maisonnette à l'entrée, le jardinier et sa femme faisant
les fonctions de gouvernante, nous avons la « Cantine des Italiens »,
aujourd'hui disparue ; elle était située à l'angle du chemin du Perray et
du Vieux Chemin de Villemoisson. Elle était tenue par Paul Depretto, cantinier,
assisté de ses trois domestiques : Chiarotto, Smitarello et Ardigo.
Fait
nouveau dans ce recensement, deux populations sont considérées : la population
municipale, 416 habitants, et celle composée « d'ouvriers étrangers à la
commune attachés aux chantiers temporaires de travaux publics : 65 personnes.
C'est donc à tort que le recensement relève 481 habitants à Villemoisson.
Il
est inscrit 198 personnes de sexe masculin et 218 de sexe féminin dont 84
couples mariés ; le même chiffre qu'en 1866 ; une quinzaine de veufs et près du double de
veuves.
Professions :
La
profession dominante, quoique en nette régression, est toujours celle des
journaliers et journalières (20 au lieu de 41), talonnée de prés par les
maçons, 17, dont un entrepreneur, et les jardiniers. Les cultivateurs sont en
diminution, 11 au lieu de 23, tandis que les jardiniers progressent 19 au lieu
de 10. On peut donc déduire que les champs disparaissent, diminution due aux
divisions des successions, morcellements au profit du jardinage souvent
individuel.
Si
le nombre de couturières diminue, 3 au lieu de 10, la blanchisserie : 5
blanchisseuses, 6 repasseurs et repasseuses (blanchisserie Fichet) et le
personnel de maisons sont des métiers encore stables. Mr. Lasson, propriétaires
au « Château » disposent d'une femme de chambre, d'un valet de
chambre, d'un cocher et d'une cuisinière d'origine allemande.
L'extraction
de la pierre est en progression, 11 au lieu de 7; ce qui indique l'ouverture de
nouvelles carrières, mais surtout en foret.
Quant
aux autres professions, citons en vrac : 1 épicière, 2 cordonniers, 3 marchands
de vin, 1 mercière, 1 brossier, 1 charretier, 4 caoutchoutières, 2 gantières, 1
tailleur de pierre, 1 bûcheron, 1 gardien de nuit, 2 « poseurs »
peut-être au chemin de fer, 2 pâtissiers (la pâtisserie restaurant Mouroux,
située rue de Verdun, dont la renommée s'étend hors de la commune et attire les
noces et les estivants ; on l’appelait le Robinson). Ceci pour les métiers
artisanaux.
Parmi
les employés : 3, dont 1 mécanicien et le garde-barrière dépendent du
chemin de fer Paris-Orléans. 1 garde-champêtre, 3 cantonniers dont un
directement employé à la commune, 1 instituteur, 1 institutrice « pour
travaux d'aiguilles ». Enfin, pour ceux qui étaient du métier : 2
retraités, l'un militaire, l'autre de la marine.

Source Internet
L’indigence est toujours là. - 17 mai 1874. Le conseil municipal de Savigny-sur-Orge
demande un sursis pour Gaston Louis Janvrot, conscrit de la classe de 1873,
facteur rural desservant Villemoisson ; demande fondée sur le mauvais état
de sa santé et sur l'assistance qu'il apporte à sa famille.
Chaque
année des citoyens habitants de la commune sont appelés à prendre part aux
exercices militaires comme réservistes ou territoriaux. Souvent, il résulte
pour les pères de familles appelés une perte considérable de travail qui se
traduit pour eux par la privation d'un salaire indispensable à la nourriture de
leur femme et de leurs enfants. Aussi le conseil décide d'inscrire une somme de
100 francs pour aider les familles des réservistes et territoriaux nécessiteux
pendant le temps de leur absence légale.
Le
tirage au sort du canton de Longjumeau ayant lieu le 26 janvier 1884, cette
année là, du nombre des « tirés au sort » est le seul fils, Charles
Demessant, qui à le n°81. Le père, conseiller dans la commune sollicite l’appui
par délibération auprès du préfet, de Mrs les conseillers généraux et les
membres du conseil de révision afin de faire exempté mon fils dans les 4% comme
soutient de famille, faisant remarquer ses charges, ses infirmités dont il est
atteint, ainsi que son épouse.
Le
conseil municipal, considérant que Jules Demessant a à sa charge un beau-frère
et une soeur idiots, âgés et ne pouvant subvenir seuls à eux-mêmes ; qu'il est
âgé de 64 ans, presque infirme, « courbé sous le poids des pénibles
travaux qu'il a fait en sa vie », ainsi que des malheurs qu'il a eu à
supporter ; sa femme presque aveugle ; sollicite de Mrs les membres de
l'autorité supérieure civile et militaire de prendre en considération sa
requête.
4
novembre 1888 - L'assemblée, après avoir pris connaissance de l'instruction
préfectorale et du nouveau règlement sur l'organisation du service de la
médecine gratuite, donne son adhésion aux conditions de ce règlement. Arrête au
chiffre de 20 le nombre des indigents qui bénéficieront de la médecine gratuite
dans la commune. 30 francs seront destinés à l'abonnement au service du médecin
des indigents, mais se réserve le droit d'en délibérer l'année prochaine,
« n'approuvant pas cette façon d'agir conformément aux intérêts des
indigents ».
10
février 1889 -. Il est fait part d'une demande de secours formulée par Jules
Demessant en faveur de Félix Demessant, son beau-frère, âgé de 65 ans et
incapable de subvenir à ses besoins, vu son état d'idiotisme, pour arriver à
placer Félix, moyennant un prix réduit dans une maison de secours. Il est consenti
à ce qu'il soit prélevé sur le budget du Bureau de Bienfaisance une somme
annuelle de 100 francs.
7
avril 1889. Lettre d’Alphonse Grivot. « Mrs …, au tirage au sort du canton
de Longjumeau, l'aîné de mes fils, conformément à la loi, doit nous quitter,
lui, garçon aîné de 11 enfants, il me laisse la charge de toute la famille.
Nous ne jouissons que d'une bien faible santé, assujettis aux maladies qui
chaque année nous accablent. Mon fils nous venait en aide dans toute la mesure
de son pouvoir, mais lui parti, qu'allons-nous devenir quand les plus âgés ne
peuvent se suffirent et que les deux plus jeunes n'ont que 3 ans ? J'ose me
permettre de venir solliciter votre appui auprès du Préfet, de Mrs les
conseillers généraux et les membres du conseil de révision afin de faire
classer mon fils parmi les 4 jeunes gens choisis dans les 100 désignés pour
rester dans leur foyer comme soutient de famille ».

Extrait de » Paysages et paysans » d’André
Burguière aux éditions Nathan
Le
conseil, considérant que, quoique le père et la mère et 6 enfants soient admis
à participer aux secours gratuits donnés par le service médical ainsi que les
dons en nature faits par le Bureau de Bienfaisance, que cette famille, bien
qu'elle ne s'en plaigne pas, dans une complète indigence, sollicite de
l'autorité supérieure et militaire de prendre en considération ces motifs et
d'exempter le nommé Gustave Grivot.
Projet
départemental d’hospitalisations - Le
conseil général inscrit au budget départemental pour l'exercice 1893, un crédit
de prévision s'élevant à 50.000 francs, pour la création d'un service
d'hospitalisation en faveur des malades atteints d'affections aiguës et des
blessés nécessiteux domiciliés dans les communes dépourvues d'hôpitaux. Il
établit dans le département des circonscriptions hospitalières comprenant
chacune un des hôpitaux actuels et un certain nombre de communes voisines qui
auront le droit, si elles adhérent aux systèmes d'hospitalisation, d'y faire
soigner les nécessiteux atteints d'affections aiguës ou blessés et les femmes
en couches. Le projet assure à la commune le concours financier du département
pour l'aider à faire face aux frais d'hospitalisation ainsi, pour Villemoisson
dont la population s'élève à 477 habitants la proportion du concours départemental
serait de 80%. Le conseil se déclare adhérer pleinement et sans réserve au dit
projet.
Tentative de création d’une subdivision de sapeurs-pompiers
- 12 novembre 1876, le préfet demande
que les conseils municipaux délibèrent sur la réorganisation des sapeurs
pompiers ; faisant connaître toutefois que la création est facultative
pour les communes, mais il invite néanmoins les maires à créer cette
institution là ou elle n'existe pas. Il est donc décidé, le 7 janvier
1877 ; l'organisation d'une subdivision d'une compagnie de
sapeurs-pompiers et d’acquérir une pompe à incendie. Mr. Lasson, ancien maire,
resté conseiller municipal, donne à la commune sa première pompe à incendie et
le conseil vote 200 francs pour l'achat d'un tambour et d'un clairon. Mais,
considérant : que les dépenses occasionnées par l'acquisition de la pompe,
l'habillement des pompiers et les frais d'installation se montent à 2000 francs
; que la commune ne peut disposer que de 1200 francs, il est décidé de demander
au conseil général un secours de 800 francs.
18
février 1894. – Mr. Lemoine, conseiller municipal expliquant qu’il lui a été
impossible de remplir ses fonctions il a préféré démissionner. Mr. Coudray fait
remarquer que Mr. Lemoine, aussi sous-lieutenant des pompiers avait rempli ses
offices avec zèle et mérite, mais que son absence est préjudiciable à la
commune, tant pour le conseil que pour le corps des pompiers, sans chef depuis
plus d'un an, qui, par ce fait, ce trouve complètement désorganisé.
17
juin 1894, le maire jugeant la nécessité de la réorganisation des pompiers,
propose une liste de plusieurs noms, mais dans l'impossibilité de trouver un
remplaçant à Mr. Lemoine, le conseil décide que le corps des pompiers soit
momentanément supprimé.
Du lavoir à la blanchisserie Fichet - De nos jours, le bâtiment de la laverie Fichet existe
toujours au bas de la rue de l'Orge, mais elle a cessé son activité.
13
août 1871. Depuis deux ans, il est question de construire un lavoir et un
abreuvoir au hameau des Franchises. Le seul lieu convenable pour cela se trouve
sur la rivière d'Orge en face du chemin rural commençant à la porte du sieur
Fortaise. Entre le bout dudit chemin rural et la rivière, il faut traverser un
pré appartenant à Mme la comtesse de Rigny : le conseil décide l'acquisition de
ce terrain.
30
décembre. Mais ce terrain parait insuffisant, à côté il se trouve une autre
parcelle de pré appartenant au sieur Pascal Martin Olivier demeurant à
Grand-Vaux, commune de Savigny-sur-Orge et celle-ci avantagerait et faciliterait
l'établissement du chemin conduisant à l'abreuvoir. Son prix étant d'environ
550 francs, le conseil décide d'en faire l'achat comptant au moyen des deniers
provenant de dons volontaires faits par des Villemoissonnais qui veulent rester
anonymes.
Le lavoir est établi, lorsque le 31 mai 1896, suite à la
demande de Mr. Paul Fichet tendant à la construction d'un lavoir
(blanchisserie) dans sa propriété située à Villemoisson, sur la rivière d'Orge,
lieu dit: « La Prairie », en amont de l'abreuvoir des Franchises. Le
conseil, vu le peu d'animaux qui fréquentent ledit abreuvoir et considérant que
l'établissement que se propose de faire construire Mr. Fichet, peut procurer du
travail à plusieurs familles de la commune, donne avis favorable.
Mais,
le 7 août 1898. - Mr. Fichet, blanchisseur, ayant demandé à acquérir une partie
du terrain communal attenant au lavoir des Franchises, le conseil refuse à
l'unanimité. Le 4 juin 1899, Mr. Fichet renouvelle sa demande à la commune afin
de pouvoir établir un manége (appareil rotatif à traction animale). Un
conseiller fait observer que l'on a eu autrefois bien de la peine à acheter un
terrain pour établir un lavoir communal, aussi le conseil ne paraît pas disposé
à vendre ce terrain communal.
Mr.
Neyret, alors maire, dans le but d'obliger une personne qui monte un
établissement où des femmes de Villemoisson pourront trouver de l'ouvrage toute
l'année, propose au conseil de faire un échange de terrain avec la commune et
offre à celle-ci de lui céder 177 m2 de terrain dans sa propriété en échange
d'une même surface nécessaire à Mr. Fichet. Le conseil, à l'unanimité, accepte
et remercie Mr. le maire.

Les
conditions de Mlle de Verdières à l’agrandissement du cimetière. - 29 septembre 1886. Mlle de Verdières propose de céder
à la commune pour le prolongement du cimetière un terrain lui appartenant d'une
contenance de 600m², tenant d'un côté au cimetière et limité par le chemin dit
de la Croix, en échange d'un terrain de 80m² près du lavoir communal.
Mlle
de Verdières met à sa proposition les conditions suivantes :
- La commune devra faire, dés
qu'elle pourra, un mur de clôture
- De se réserver dans le
terrain qu'elle cède, une surface de 20 m², dans la partie où restera conservé
le gros chêne qui s'y trouve, à l'effet d'y faire construire un caveau
familial.
- Elle consent en outre, à
l’abandon du caveau actuel de sa famille, pour par la commune, y établir un
caveau communal dès que son nouveau caveau sera terminé.
- Les frais du présent
échange seront supportés de moitié.
(Mlle
de Verdières est fille du propriétaire ayant fait construire un hôtel, connu
plus tard sous le nom de « Maison Russe », dans une partie du parc du
château à l’Est de la rue de l’Eglise. Le terrain dont il est question est la
partie du cimetière en contrebas limité par le coude que forme la rue du
Repos).
Au
sujet du cimetière, suite à une plainte du fossoyeur trouvant les fouilles des
fosses difficiles, il est procédé au défoncement de la partie du cimetière
réservée aux fosses communes. (17 novembre 1878).
Où il
est question de la Grande ceinture -
13 avril 1873. Le sous-préfet demande avis sur un projet soumis à l'enquête et
dressé par les ingénieurs du département pour l'établissement d'un chemin de
fer de grande ceinture autour de Paris. Le conseil général du département de
Seine-et-Oise a concédé un chemin de fer appelé « Chemin de fer de
circonvallation » à une compagnie puissante prête à tenir ses engagements,
ayant déposé un cautionnement de deux millions de francs et présenté un tracé
satisfaisant entièrement les intérêts du département. La municipalité de
Villemoisson estime qu'il est avantageux pour la commune d'être reliée aux
chefs-lieux de canton et de département accepte avec empressement cette
initiative
Les
choses ne ce font pas si vite : le 3 mars 1878, Mr. Gallien maire de
Longjumeau, rappelle l'attention sur ce projet. Deux versions sont proposées :
l'une partirait de Palaiseau, par Berny, Choisy ou Ablon vers
Villeneuve-Saint-Georges. Cette ligne, pour Mr. Charbonné, semble avoir qu'un
intérêt stratégique. L'autre version partirait également de Palaiseau pour
prendre la vallée de l'Yvette et de l'Orge par Longjumeau Epinay, Villemoisson,
Savigny et Juvisy pour se raccorder à la ligne de Corbeil qui conduit à Villeneuve-Saint-Georges.
Ce
dernier tracé présente des avantages considérables pour un très grand nombre de
localités. Il met Corbeil et Etampes en communication directe avec Versailles,
il donne à Longjumeau, centre industriel important, un débouché sur les communes
environnantes. La jonction avec Epinay, station de la lige d'Orléans,
permettrait à l'Asile de Vaucluse, Villiers, Villemoisson, Morsang, Savigny, la
Ville-du-Bois, Ballainvilliers, Longjumeau, Saulx-les-Chartreux, etc., de se
servir de sa gare de marchandises. C'est donc sur ce dernier projet que le
conseil donne son approbation.
Autres affaires communales.
Restauration de l’église 6 août 1873. – Le 17
novembre 1865, Mr. Blondel, architecte diocésain à Versailles dresse un devis
s'élevant à 4170,41 francs pour la restauration de l'église qui serait urgente.
Dans le courant de juin 1867, le ministre des Cultes avait accordé à cet effet
à la commune un secours de 2500 francs, qui, serait encore à disposition si
nous faisions exécuter les travaux. Vu les budgets 1873 et 74 qui certainement
présentera un excédant de recettes important (ce dernier mot rayé et remplacé
par suffisant), le conseil vote la somme de 1670,41 prise sur les fonds libres,
afin de compléter le devis de réparations. Exceptionnellement l’insuffisance
chronique des moyens communaux n’a pas été évoquée.
Quatre cabarets, mais
pas de boulanger. - 9 février 1879. Un habitant de la commune a déjà
présenté deux demandes d'autorisation pour ouvrir un nouveau café, cabaret
billard. La Préfecture refuse en donnant pour motif de son refus que la
population du village ne justifie pas l'ouverture d'un nouvel établissement de
cette sorte quand il existe déjà quatre cabarets ; dont trois tiennent
café et billard ; en outre, il existe un débit d'eau-de-vie et liqueurs. Á
cette troisième demande, le conseil partage entièrement l'avis de
l'administration supérieure dans son refus, alors que la commune, à cause de
son peu d'importance n'a ni boulanger, ni boucher, ni charcutier, ni aucun
entrepreneur pour les choses indispensable à la vie.
Une dépense imprévue
qu’il faudra prévoir tous les ans. - 11 juillet 1880. Des mesures
nécessaires sont à prendre pour donner à la première fête nationale du 14
juillet, un éclat répondant aux voeux du parlement et du pays. Il est décidé
que les édifices communaux seront pavoisés le jour et illuminés la nuit. La
population est invitée à s'associer, dans la mesure des moyens, à la
célébration de cette fête patriotique. Il est voté une somme de cent francs
prélevée· sur les dépenses imprévues.
Installation d’un
bureau de poste pour Villemoisson à Epinay. - 29 janvier 1882.
L'administration des postes et des télégraphes est saisie d'une demande de
concession d'un établissement postal à Epinay-sur-Orge, qui desservirait Villemoisson ;
le sous-préfet demande avis si Villemoisson consentirait à être rattachée au
bureau de poste projeté. Le bureau de poste de Savigny-sur-Orge qui dessert la
commune est trop loin, la distribution des lettres ne donne pas satisfaction, depuis
longtemps déjà de nombreuses réclamations sont adressées à l'administration des
Postes et Télégraphes. Considérant que les deux communes d'Epinay-sur-Orge et
de Villemoisson-sur-Orge sont déjà reliées l'une à l'autre par la station du
chemin de fer d'Orléans dite d'Epinay-sur-Orge, le conseil accepte avec
empressement ce projet.
Deux
trains par jour ce n’est pas assez. -
D’ailleurs, le 10 juillet 1887. – La municipalité se faisant l’interprète des
habitants de Villemoisson, prie le ministre des Travaux Publics de vouloir bien
engager l'administration du Chemin de Fer d'Orléans à établir dans la semaine
le train de 9 heures 30 qui n'existe que les dimanches et fêtes, à raison de
l'intervalle trop grand qui sépare le train de 8 heures 30 de celui de 22 heures
25.
Le
10 février 1889, il est rendu compte du mauvais état du Pont Mouton donnant un
facile accès aux habitants des Franchises se rendant à la station
(Paris-Orléans) d'Epinay. Le conseil, reconnaissant que ce pont soit
reconstruit aux frais communs des communes d'Epinay et de Villemoisson, vote la
somme de 500 francs.
La
perception de Montlhéry est trop loin pour Villemoisson. - 17 août 1884. Mr. Colin, receveur municipal,
déclare son traitement insuffisant en raison du développement qu'a pris le
service financier de la commune, il demande de vouloir bien rehausser le
chiffre de ses émoluments de 10%. Satisfaction lui est donnée, mais il est posé
le cas du percepteur. Celui-ci à quitté Savigny pour s'établir à Montlhéry qui
se trouve assez éloigné, aussi il est demandé qu’il retourne à Savigny, à 2
kilomètres au plus d'Epinay, Villemoisson et Morsang. Le conseil, attendu la
proximité des chemins de fer d'Orléans et de la Grande Ceinture, est d'avis
qu'il y a lieu de prier le Préfet de prendre en considération ce voeu afin de
donner satisfaction aux contribuables de la commune.
La
pollution n’est pas d’aujourd’hui. -
2 août 1885. Le conseil constate depuis plusieurs années l'altération grave des
eaux de la rivière de l'Yvette, occasionnée par les acides et autres substances
qui y sont déversées par les diverses usines de Longjumeau, s'étendant
jusqu'aux eaux de la rivière d'Orge. L'an dernier, tous les poissons y ont
péri, souvent les animaux refusent de s'y abreuver, la saleté des eaux est un
obstacle au lavage du linge. Il est demandé de s'entendre avec les communes de
Longjumeau, Epinay, Morsang et Savigny pour obtenir collectivement soit à
l’amiable, soit par voies judiciaires, la cessation de cet état de chose.
Les
agriculteurs victimes de la sécheresse.
- 20 août 1893. Il est donné connaissance d'une lettre préfectorale relative à
l'enquête sur les pertes éprouvées par l'agriculture en raison de la
sécheresse, aussi la municipalité prie Mr. le Préfet de solliciter pour ceux de
Villemoisson un secours dans la mesure la plus large possible et vote à cet
effet une somme de 25 francs à prendre sur les dépenses imprévues, vu l'état
des finances de la commune elle regrette de ne pouvoir s'imposer pour une plus
forte somme.
Ce n’est
pas la fosse d’aisance de l’école qui affecte l’eau du puits. - 4 juin 1822. Mr. Demessant, encore lui, se plaint
que l'eau de son puits situé à environ 20 mètres de la fosse d'aisance de
l'école, il est convaincu que des fissures dans la fosse infecte l'eau qui lui
sert aux besoins de son ménage. La municipalité ordonne que la fosse soit
vidée, nettoyée, épongée et qu’examen sérieux soit fait avec lui. Mr.
Demessant, après l’inspection terminée, a loyalement déclaré qu’aucune fissure
n’existe, que la mauvaise qualité de l’eau de son puits est due à d’autres
causes.
Autres affaires
communales au détail. - La
municipalité :
21
février 1892, rejette à l'unanimité le crédit demandé par le Préfet dans le but
d'organiser un commissariat de police à Longjumeau.
26 juin 1892, il est interdit aux personnes étrangères à la
commune de Villemoisson, d'avoir accès au lavoir de Villemoisson, à l’exception
des employés de la gare d'Epinay.
25
juin 1893, le puits communal des Franchises ayant besoin d'être nettoyé, l’eau
a été vidée afin de la renouveler et il est ajouté qu'il serait urgent de le
faire couvrir de planches goudronnées, de le fermer à clef en donnant une clef
à chaque ménage ayant besoin d'y puiser de l'eau. On se demande si il n’y a pas
quelques ingénus impliqués dans l’encombrement de ce puits.
Séance
du 26 février 1899. – Mr. Hénault se plaint que l'on ne surveille pas les
sentiers que l'on fait dans les blés, et s’en prend à partie avec le
garde-champêtre. Saint-Lot, adjoint, n'ayant pas imposé silence au garde, Mr.
Hénault quitte la salle des séances. Selon les incidents qui se sont passés, le
conseil décide qu'à l'avenir aucun des assistants à la séance ne devront
prendre la parole.