Evolution du cimetière de Villemoisson
Photographies satellites « Google Earth »
L’ancien cimetière
Depuis des temps immémoriaux le petit
cimetière de Villemoisson se situait sur la minuscule place devant l’église.
Tandis que les notables avaient droits d’être inhumés à l’intérieur de la
« maison de Dieu », les « manants » avaient droit seulement
au « parvis ». 72 personnes furent inhumées dans l’église entre 1670
et 1758. On traversait le cimetière pour se rendre à l’église. Ce n’était pas
une particularité, autrefois beaucoup de villages étaient ainsi agencés.

Dans
cette petite place devant l’église était le cimetière
En 1825, il était voté une surimposition pour
la réparation de l’église et le mur du cimetière. Nous constatons que ce petit
cimetière était alors entouré de murs, mais ce qui est curieux, c’est qu’il
était demandé l’abattage d’une vingtaine d’arbrisseaux nuisibles aux
constructions. On peut s’interroger sur l’aspect de cette végétation parmi les
tombes si modestes étaient-elles.


Photos
ancienne et récente. Le cimetière était sur cette place.
Au long des siècles, combien de fois la terre
de cette petite place a été remuée ; pas question de centenaire, ni de
trentenaire : on faisait la place pour des inhumations plutôt sommaire.
Si Villemoisson ne comprenait pas de nombreux
foyers, les familles avaient beaucoup d’enfants ; six ou sept marmots dans
les logis n’étaient pas rares. Mais si les naissances étaient nombreuses, les
décès l’étaient aussi. En 134 ans, de 1668 à 1802, nous notons 868 naissances
et 661 décès. La mortalité en bas âge était importante ; la moyenne de vie
était pour le sexe féminin de 21 ans, pour le sexe masculin de 22 ans. Les
bébés étaient baptisés presque à leur naissance quelque soit la saison, ce qui
fait que généralement leur date de naissance était celle du baptême.
Caractéristique de l’époque, bourgeois et commerçants plaçaient leurs enfants
en bas âge dans de humbles familles villageoises ; nous trouvons des
nourrissons dans les registres de décès. Cela faisait parti des fatalités qui
ne rebutaient pas. Le dernier inhumé dans l’ancien cimetière, le 16 juillet
1857, fut un nourrisson ; le premier enterré dans le nouveau sera aussi un
nourrisson.

Baptistère
en pierre de style Louis XV (XVIIIe siècle)
Le nouveau cimetière
En 1855 est décidé le transfert du cimetière
en haut de la ruelle aux processions (actuelle rue du Repos). En 1869, cela
fait 12 ans que l’ancien cimetière est resté en l’état de fouilles. 300 francs
sont votés pour l’enlèvement des terres qui rendent l’église insalubre. Le
conseil décide de faire niveler et régulariser la place, de faire établir une
fosse commune dans le nouveau cimetière ou seront déposés les ossements
provenant de l’ancien cimetière. Il est étonnant de relever qu’il se trouvait
dans l’ancien cimetière environ 30 arbres, ormes, frênes, etc. ; à
supposer que cette « forêt » se trouvait dans le nouveau cimetière.

Plan
projeté du nouveau cimetière

Surface
du cimetière correspondant au projet ci-dessus
En 1878, il est rendu compte des difficultés que rencontre
le fossoyeur dans la fouille des fosses du cimetière, le conseil est d'avis
qu'il y a lieu de procéder au défoncement de la partie réservée aux fosses
communes.
En 1879,
l'agent voyer est chargé de faire un plan d'élargissement du chemin conduisant
de l'église au cimetière ne présentant pas une largeur convenable pour le
passage des convois. En 1883, il est exposé la nécessité de rélargir
immédiatement le sentier du cimetière longeant la propriété de Mr. de Verdière,
aboutissant en face de l'église, devenu presque impraticable.

Le
chemin (rue du Repos) aboutissant sur l’ancien cimetière devant l’église
Déjà un premier agrandissement
Ouvert
en 1856, le cimetière est déjà exigu en
1908. On l’agrandit en prenant le terrain communal y attenant derrière,
d’une superficie de 600 m². Le devis des travaux est 3633,90 francs avec une
imposition annuelle de 1,9 centimes.

Par
rapport à la photo précédente, le cimetière a été prolongé derrière.
En 1919, à la fin de la première guerre
mondiale, un monument aux morts est érigé dans l’extension, visible sur la
photo ci-dessus. Une tragédie accompagne cette édification. Au moment de
l'inauguration on retrouve le corps de l’entrepreneur Théophile Marit, marbrier
à Epinay, édificateur du monument, dans le petit puits du cimetière. Non payé
pour les mêmes travaux qu'il avait exécutés pour les communes voisines, sommé
d'avoir à payer lui-même ses fournisseurs de pierre, il a préféré le suicide à
l'obligation de solliciter un délai auprès de ces derniers. En 1920, il est
décidé d'accorder des concessions à perpétuité aux soldats morts pour la France
et ramenés sur la demande des familles.
En 1921, il est décidé d'acheter une chaîne et un seau
pour le puits. Le garde-champêtre ouvre le cimetière deux fois par semaine, le
jeudi et le dimanche.
Second agrandissement du cimetière
En 1928, le conseil décide d'agrandir encore une fois
le cimetière. En 1930, le conseil ouvre un crédit de 143.550 francs. Le terrain
(2904 m) est estimé à 7 francs le mètre carré.

Le
cimetière s’est étendu vers la droite de sa partie originale, longeant le coude
formé par la rue du Repos)
Troisième
agrandissement du cimetière
1950. La population de Villemoisson augmente, mais
le nombre des décès aussi. Vu les agrandissements successifs du cimetière qui
ne pourraient être poursuivis dans l’avenir sans difficultés presque
insurmontables ; considérant que les concessions perpétuelles sont causes
du manque de place et de la difficulté d’entretien du fait de la disparition
des familles avec le temps ; le conseil municipal décide la suppression
des concessions perpétuelles.
Cependant, en 1951, le cimetière est de
nouveau agrandit. Cette extension est à la suite dans la partie en contrebas, à
droite de l’entrée principale.

La
partie droite du cimetière original est complétée
Quatrième agrandissement du cimetière
C’est l’époque du lotissement de la Plaine et
du centre ville, compte tenu de l’augmentation prévisible de la population, il
faudra attendre quinze ans pour réaliser le dernier agrandissement du
cimetière.
- 1965, c’est la demande la réservation pour
son accroissement.
- 1966. Il est décidé d’acquérir le terrain,
au besoin par expropriation.
- 1967. Il est contracté un emprunt de 152.000
francs destiné à financer l’acquisition du terrain au taux de 7,5% sur une
durée de 15 ans.
- 1969, c’est l’entourage du cimetière, la construction d’un abri et d’un local
sanitaire.
- 1970, un
marché est traité avec « Les Paveurs de l’Ile-de-France » pour la
confection d’une allée. Une
convention est arrêtée avec un entrepreneur de travaux funéraires à Arpajon.
- 1977, ce sont les travaux de dérochage.
- Enfin en 1980, dans le nouveau cimetière se
trouve un banc de roches dures qui rend impossible le creusement des fosses par
les moyens habituels et dont l’extraction nécessite l’utilisation d’un matériel
spécial.

L’actuel
ensemble du cimetière. Ce dernier agrandissement, selon la photo, double sa
surface. Déjà cette nouvelle portion est à moitié occupée. Réellement une
nouvelle extension semble irréalisable compte tenu qu’il n’y a plus de terrain
libre de ce côté.