
Origine du siège administratif de la Communauté du Val
d’Orge

Sous l’ancien régime, la région dépendait de la maréchaussée
de Melun. Louis Bénigne François Bertier, dans ses grands projets sur
Sainte-Geneviève-des-Bois avait décidé de créer un centre administratif au
carrefour de la route de Corbeil avec les avenues Jacques Duclos et Régiment
Normandie-Niemen (marché du Donjon).
Il prévoyait des bâtiments disposés autour de cette place
disposés en tournant : à la pointe du marché (actuel) une école ; à
l’angle gauche de l’avenue Jacques Duclos : la charité ; à l’angle
droit de la même avenue : une église ; de part et d’autre de la route
de Corbeil vers Liers : à gauche le presbytère, à droite la caserne de la
marée chaussée faisant angle avec l’avenue Brétigny.

Plan de situation de la
caserne. La route de Corbeil est représentée horizontalement. Les petits ronds
le long des avenues représentent des arbres. Á la pointe du triangle (C.D) la
caserne.
Pur la construction de cette caserne nous avons un cahier des
charges que nous résumons :
« Devis d’une Cazerne à construire pour le logement
d’une brigade de maréchaussée à Sainte-Geneviève-des-Bois… Sera faitte la
fouille des rigolles pour les fondations, de la fosse d’aisance, de la cave, du
puits de profondeur suffisante pour qu’il y ait quatre pieds d’eau dans le tems
des basses eaux. « Sera fait la maçonnerie des murs en moilons de
meulière, maçonnés avec mortier de terre. Sera construite la voûte de la cave
et de la descente d’icelle. La voûte de la fosse d’aisance sera de pareille
construction. Sera construit les élévations des murs ravallés en plâtre ; la
corniche qui termine les dits murs sera faite en plâtre suivant le profil. Le
socle des bâtiments au niveau du sol sera enduit en mortier de chaux et ciment,
et appuis en pierre dure aux croisées et des seuils. Sera construit en pierre
dure ou graiserie les marches.


Elévation de façade et de profil du bâtiment
« Les cheminées seront construites en plâtre pur,
pigeonné à la main ; enduit de plâtre sur la toiture. La cheminée de la
cuisine sera fermée en hotte ; sera construit un fourneau potager avec
cendrier au-dessous et trois réchauds en fonte ; un évier en pierre dure,
un four dans la ditte cuisine; la voûte maçonnée en thuilots et terre franche et
âtre carrelé en grand carreaux.
« Les planchers seront garnis de solives en bois de
chêne et seront lattés par-dessus les entrevoux tirés en plâtre. Les fermetures
des bayes des portes et croisées seront garnies de linteaux callés et enduits
en plâtre. Sera construit l’escalier, sera carrelé, le dessous de la rampe.
Sera construites les cloisons en charpente, hourdées, pleines, lattées et
enduites des deux côtés avec poteaux d’huisseries. Les deux écuries seront
garnies de mangeoires composées de plattes formes et râteliers en bois de
cornouiller. La charpente du comble sera composée de fermes et chaque ferme
sera composée des arbalétriers, jambes de force. Sera observé les lucarnes
« Sera faite la couverture du dit bâtiment en thuiles
posées au tiers de leur pureau sur lattes de chœur de chênes, scellées au
plâtre et les solins fait aussi en plâtre.

Derrière le bâtiment, la cour où l’on
accède par une « porte charretière », avec au fond à droite, bien
éloignés, comme il se doivent être, les « lieux » qui sont le cabinet
d’aisance ; contre le bâtiment le puits près des écuries.
Le rez-de-chaussée. – Á la caserne on
accède, depuis la cour, par la porte marquée B. En face un escalier pour aller
à l’étage et une sortie sur la rue (de Brétigny). En entrant à droite, il faut
traverser la « chambre de l’officier » pour aller aux cuisines, puis
au dépôt, où sont les produits alimentaires. Á gauche, un « passage »
distribue deux chambres, chacune pour un cavalier.
Dessous l’étage. – En arrivant en haut
de l’escalier, à gauche la « chambre de l’officier » ; monsieur
a un « cabinet » particulier. Á droite, comme au rez-de-chaussée, un
« passage » dessert deux chambres pour un cavalier.
Cette caserne est donc prévue pour deux
officiers et quatre cavaliers.
« Le rez-de-chaussée du dit bâtiment sera carrelé en
grands carreaux de terre cuite à six pans, et le premier étage et le grenier en
petits carreaux ; le tout maçonné en plâtre sur aire de terre franche.
« Sera fait et fourni la menuiserie des croisées en
bois de chêne ouvrant à gueule de loup et à noix. Les dormants et les chassis à
verre ; lesdits chassis seront peints de deux couches à l’huile en petit gris
et vitres de carreaux de verre de France, et seront ferrés ; verrouil par
bas, garnis de crochets. Les dits chassis seront garnis au rez-de-chaussée de
contrevents en bois de sapin. La menuiserie des portes en bois de chêne,
peintes comme les croisés et ferrés, gons a repos, serrures à tour et demy,
gâche, clef et entrée. La porte d’entrée sur la rue et celle sur la cour
ouvrira à deux venteaux et sera peinte et ferrée et il sera fourny un loquet et
une barre d’arc boutant. La porte charretière sera aussi en bois de
chêne ; il y sera observé un guichet.
« Sera fait au pourtour des murs du dit bâtiment un
revers de pavés refendus posé avec mortier de chaux et ciment sur une forme de
sable et pente. La cuisine, le dépôt et les écuries seront pavés ainsi que les
revers du bâtiment avec mortier de chaux et ciment sur forme de sable. La
margelle du puit en graie.
« L’escalier sera garni d’une rampe en fer avec platte
bande et sommier barreaux, le tout peint en bois à l’huile. Il sera fait
l’enlèvement des gravois et rendra la place nette.
« Tous les genres d’ouvrages ont été estimés d’après
les calcule et toisé à la somme de six mille cinq cents livres. Fait et arrêté
le 30 juin 1779. Signé Guillaumot ».
Autorisation de la
construction d’une caserne pour une brigade de maréchaussée.
« Louis Bénigne François Bertier, chevalier, conseiller
du roy en ses conseils, maistre des requestes ordinaires de son hôtel,
surintendant des finances, domaines et affaires de la royne, et intendant de
justice, police et finances de la Généralité de Paris.
« Vu l’arrest du conseil du 23 du mois dernier, par
lequel sa Majesté en homologuant les plans et devis dressés par le dit
Guillaumot architecte du roy et premier ingénieur de la Généralité de Paris de
la construction d'un corps de caserne en la paroisse de
Sainte-Geneviève-des-Bois, élection de Paris, pour le logement de la brigade de
Maréchaussée. Que Sa Majesté a donnée ordre d'y établir; et a ordonné qu'il
seroit incessamment procédé par devant nous ou par tel subdélégué que nous
jugerions à propos de commettre à l'adjudication au rabais des ouvrages à faire
pour la dite construction ». Etc. …
« Fait à Paris le 2 avril 1779 ».