Villemoisson-sur-Orge (1)

 

 

 

 

 

         Jadis Villemoisson-sur-Orge se limitait principalement à une rue longeant la vallée de l’Orge bordée de prairies. Plus loin, toujours en longeant la vallée, se situait le hameau des Franchises. Le plateau, avec ses champs et sa forêt, dominait la vallée.

         La plaine, terre conquise péniblement sur la forêt par nos ancêtres, était devenue un damier de champs de blé parsemé de coquelicots, de marguerites et de bleuets qui ont inspiré l’appellation de certaines de nos rues, mais elle était aussi semée d’immenses trous, carrières d’extraction de pierre meulières, se garnissant de ronces, d’accrus, gîte idéal du petit gibier. Les lieux-dits de Villemoisson : Le Poirier de la Farinette, la Haie des Merisiers, la Porte aux Biches, La Justice, la Fosse à faire Dodo, où se dressaient notamment les fourches patibulaires rappelaient la vieille France.

         Le bois de Villemoisson, victime dès le début du XXe siècle des lotisseurs, faisait partie autrefois de l’ancestrale forêt de Séquigny où retentissaient les cors des chasses à courre.

         Ceci était le visage de Villemoisson sous l’ancien régime.

 

Partie du plan d’Intendance des seigneuries de Bertier de Sauvigny déposé aux archives départementales de l’Essonne. Se distingue en haut le village, en bas les Franchises, au centre une ferme marque le futur quartier de la Nouvelle France.

 

         Au XIXe siècle, la municipalité en décidant la construction d’une mairie-école créait un nouveau quartier servant de jonction entre le village et les Franchises dans un lieu-dit appelé la Nouvelle France.

         Au début du XXe siècle et jusqu’à la seconde guerre mondiale au plus tard, le bois de Villemoisson se trouvant à l’orée de la forêt de Séquigny, devenait un nouveau lotissement pavillonnaire.

         Restait la plaine avec ses champs entre le quartier du bois et l’ancien Villemoisson. Il faudra une trentaine d’années à partir de 1955 pour qu’elle devienne le « centre ville » unissant les différentes parties de la commune.

         Villemoisson perdait ainsi peu à peu son visage de village rural pour devenir une commune urbaine perdue parmi ses voisines ayant subit une évolution semblable, mais elle eut la chance d’avoir été épargnée d’un grand ensemble, d’une cité démesurée, de « tours et barres » soucis actuels de l’urbanisation.

 

D’après une photo IGN. Au-dessus du cercle formé par la voie ferrée : à gauche le village suivant la voie se terminant par les Franchises bornées par les bois de la Garenne ; à droite le quartier du bois. Au centre les champs ici laissés incultes. De haut en bas l’axe représentant l’avenue actuelle des gardes messiers prolongée par la rue de la Plaine. (La photo est altérée par le flashe de l’appareil photo)

 

Source Villemoisson Internet. - Photo orientée comme celle ci-dessus. Villemoisson ne forme plus qu’une masse d’habitats. En prenant pour point de repère en haut le stade de football, on peut essayer une comparaison.

 

Les Franchises

         Ecart du village de Villemoisson. Nous connaissons peu de choses sur son origine. Cependant, au temps de Charlemagne, une importante communauté existait au Breuil, à Epinay. Elle s’étendait de part et d’autre de l’Orge. Saint-Germain des prés, à Paris, fut l’une des premières abbayes à accorder des franchises à ses possessions et celle du Breuil en faisait partie. Ceci peut-être une explication. Dès le XVe siècle, les Franchises étaient connues pour « ses grandes masures », et les actes depuis cette époque se confondaient avec ceux du village.

         Aux Franchises se trouvaient les principaux vignobles de Villemoissons exposés sur le coteau au soleil couchant, le plan terrier de ce quartier de la fin du XVIIIe siècle fait foi.

 

Premiers documents sur Villemoisson

         Le nom de Villemoisson apparaît dans les textes pour la première fois au XIIe siècle, dans les chartes du cartulaire de l’abbaye de Longpont. Grâce à ces chartes, il est permis de reconstituer approximativement la généalogie des seigneurs de Villemoisson de l’époque. Ainsi se suivent :

Raynald de Villa Moissun

Baudouin de Villa Moissun

Théodoric de Villa Moissun (1100)

Guy de Villa Moissun (1110)

Renaud de Misebele

Odon de Villa Moissun (1136)

 

         Il y avait Guillerme et son frère aîné dont le nom ne nous ait pas parvenu, mais qui était le seigneur. Ils étaient issus de Baudouin, fils de Raynald. Ce seigneur laissait six fils : Théodoric, Gautier, Guy, Renaud, Geoffroy et Aymon lequel devint clerc. Théodoric de Villa Muissun succéda à Raynald. Il décédait vers 1100 dans le même temps que son frère Guillerme. Des deux fils de Théodoric, Guy et Thibaud, Guy sans doute l'aîné, devint seigneur vers 1110. Guy de Villa Moissun eût à son tour trois fils : Guy, Théodoric et Renaud Misebèle, lequel aîné fut son successeur. Renaud Misebèle eût un fils, Pierre, qui fut moine à Longpont. Enfin, vers 1136, nous trouvons Odon de Villa Moissun. Rien ne nous permet de dire qu'il fut un descendant des seigneurs qui précèdent.

         Certains noms comme Théodoric et Odon ont une consonance qui semble hériter de l'apport germanique venues des invasions des Ve et VIe siècles. Etaient-ils encore des seigneurs ayant gardé une culture dite barbare ? Le nom de « fief du Sauvage » est-il dû aux mœurs farouches des propriétaires de Villemoisson ?

 

Le manoir seigneurial de Villemoisson. Seuls subsistent du XIIe siècle les murs de ses entrées.

 

Les seigneurs du fief du Sauvage et les origines vraisemblables de la vassalité de Villemoisson à Mée-lès-Melun.

         La Ferme seigneuriale était autrefois leur manoir : des seigneurs-paysans. Peut-être l’actuelle rue Saint-Laurent, autrefois une ruelle, était l’axe d’un centre habité. C’est-à-dire d’un côté en haut le manoir et quelques chaumières ou masures ; de l’autre une modeste église avec son cimetière devant et derrière le jardin du curé. En bas, sur la rivière, un moulin.

 

         XIIIe siècle - « Sous Philippe-Auguste vivoit « S » (Simon) de Villa-Moisson, chevalier, qui, avec Hermengarde sa femme, prétendoient faussement devoir jouir d'une dixme de Novales à Séquigny. Ce seigneur avoit pour homme lige à Villa-Moisson, Guy de Vaux, lequel avoit céder une partie de ses revenus en arrière-fief au même lieu à Jean Pasté. » (Abbé Lebeuf)

         Simon de Ville-Moisson, dans un différend, était impliqué avec un certain Henri de Mex. Nous serions tenté de confondre Mex avec Le Mée près de Melun dont la seigneurie de Villemoisson fut toujours mouvante jusqu'à la Révolution ; de même que la vassalité de la motte de Savigny dépendait de Villemoisson.

         Nous retrouvons Simon de Villemoisson cité dans une charte du cartulaire de Notre-Dame de Paris datée de mars 1217. (Tome II, page 72). – Nicolas Cocherel s’impose de 30 livres parisis pour l'église de Paris, qu'il percevait en dîme de Colleriz tant en blé qu'en vin. « Simon de Villemoisson, dans le fief de qui se trouve cette dîme, consent à cela et s'en réjouit et donne sa promesse en garantie. Guy de Balisy, le chevalier Buchard Cocherel, Pierre de Villiers, Pierre Barguenel, Baudouin Cocherel, sont solidaires ».

         Aubert de Villa-moisson devait la garde au château de Montlhéry. « Albert de Messio avoit des terres sur la même paroisse de Villa-Moisson, et pour cela il devoit la garde à Montlhéry durant deux mois. Il y a apparence qu'il est le même que le Grand Pastoral de Paris appelé Aubert de Villla Moisson en 1248, lequel fut caution envers l'église de Bray-Comte-Robert pour Henry d'Attily, écuyer ». (Abbé Lebeuf)

 

         XIVe siècle - Enguerrand de Marigny, gardien du trésor royal, sous Philippe le Bel, avait entrepris une grande oeuvre de centralisation, stabilisant un budget annuel, améliorant le service du Trésor. Il attaqua et ruina la puissance des Templiers, véritable état dans l'Etat. Le roi, sembla le remercier de ses services en lui accordant une rente à prendre sur des biens que Enguerrand de Marigny leur avait confisqués au profit de la couronne.

         Dans la charte n° 115 du « Cartulaire et actes d’Enguerrand de Marigny », Philippe le Bel accordait la haute, moyenne et basse justice sur la région dont dépendait Villemoisson (janvier 1314). Enguerrand ne fut pas longtemps le seigneur dominant de Villemoisson, il mourut le 30 avril 1315

         Il avait hérité de la commanderie des templiers à Balisy propriétaire de nombreuses terres dans la région, mais après sa mort les biens des Templiers après leur extinction revinrent aux Hospitaliers, ordre de l’Hospital de Saint-Jean, devenu celui des Hospitaliers, puis de l’ordre de Malte.

         Un certain « Perrin Yvete », (Perrin de l’Yvette, de la rivière du même nom) qualifié seigneur de Villemoisson et d’Epinay-sur-Orge fut au nombre des chevaliers qui payèrent la rançon lorsque le roi Jean-le-Bon fut fait prisonnier par les Anglais à Poitiers en 1356. Nous ne savons pas si ce Perrin faisait parti de l’ordre de Malte.

         Mais entre 1389 et 1480 apparaissaient les Giresmes seigneurs de Villemoisson. Etaient-il de la famille des Giresmes de Seine-et-Marne, dont nous trouvons parmi eux un commandeur de l'Ordre de Malte, un chevalier de Rhodes et grands prieurs de France. L’un d’eux, Jean de Giresmes, était seigneur de May (du Mée). Est-ce là, la cause que par ce lien familial Villemoisson se trouva jusqu’à la chute de l’ancien vassal de Mée-les-Melun ? Pourtant sur le cartulaire de l’ordre de Malte dans le grand prieuré de Paris apparaît nommément citée une petite commanderie à Balizy. C’est un fil bien fragile qui peut expliquer cette vassalité.

 

Les Giresmes de Villemoisson

         Nous connaissons deux Giresmes. Jehan de Giresmes, chevalier, maître d'hôtel du roi et chambellan de monseigneur Pierre de Navarre dans un acte de vassalité rendu par Estienne de l'Isle, huissier d'armes du roi et seigneur de Savigny pour son fief de la Motte en septembre 1389. Cette vassalité, nous l’avons dit, des seigneurs Savigny aux seigneurs de Villemoisson se prolongea jusqu’en 1789.

 

Un aveu et dénombrement de la seigneurie de Villemoisson étaient rendus par Guy de Giresmes de Villemoisson, seigneur de Luncey et de Réau, à Louis de Melun, le 9 juin 1462. Nous avons deux autres actes de foi hommage du seigneur de Savigny rendus à Guy, le 3 juillet 1466 et le 14 octobre 1473

 

Ce document datant de 1462 est, à notre connaissance, le plus ancien de Villemoisson. Il est le premier d’une suite ininterrompue.

 

Les Fourquaut.

         La famille Fourquaut fournit des hommes de robe au Parlement pendant les XVe et XVIe siècles, et possédait des terres dans la région. Principalement seigneurs de Villégénis, les Fourquaut ont possédés Montpipeau à Saint-Michel ; un lieu-dit le Cochet à la Bretonnière qu’ils vendirent aux Blosset en mai 1481.

         Christophe Fourquaut remplaça Guy de Giresmes à une date que ne pouvons pas préciser, vers 1480, peut-être en épousant sa veuve ou une de ses parentes, Perrette Hesselin. Il était en outre possesseur des fiefs de Milly, de la Plesse et de la Marchande à Palaiseau, de Villiers-sous-Saulx, de Saulxier-sous-Saulx qui appartenaient à Jehan Fourquaut et dont hérita son fils Jehan, prêtre. Christophe Fourquaut décéda le 6 novembre 1488 et sa veuve Perrette Hesselin qui lui avait apporté la terre de Villemoisson en dot devint dame du lieu. Si on se réfère à plusieurs titres, Perrette Hesselin, son gendre Henri Barbeau marié à Laurette Fourquaut, et son fils Jacques, administrèrent en commun la seigneurie de Villemoisson et sont qualifiés tour à tour de seigneur du lieu.

         Les armoiries des Fourquaut étaient « d’argent à quatre lions de gueules, l’un sur l’autre ; celles de Perrette Hesselin : fascées d’or et d’azur de six pièces, l’or chargé de quatre croisettes pommelées d’azur sur chaque fasce, l’azur de croix semblable d’or ».

 

Les Barbeau

 

Henri Barbeau

         Perrette Hesselin mourut le 13 février 1508, elle laissait deux fils et cinq filles. L'une d'elles, Laurette, conserva la seigneurie de Villemoisson, et son mari Henri Barbeau devenait seigneur de Villemoisson.

         Nous ignorons l'origine des Barbeau. Dans l’armorial on trouve les armes des Barbeau en Bourgogne : d’argent à trois roses mal ordonnées de gueule coupé de gueule à deux barbeaux posés en chevron d’or.

         Dans son aveu de 1509 au seigneur de Melun, Henri Barbeau déclarait ainsi le manoir seigneurial : Grange, étables, bergeries, cour et jardin, le tout clos de murs. Un moulin est déclaré. Ce manoir, quand les seigneurs de Villemoisson ne l’habiteront plus, deviendra la ferme seigneuriale. La seigneurie fut confiée en gérance à des métayers, jusqu’au XVIIe siècle où l’un d’eux, suffisamment fortuné, fera construire le château de Villemoisson.

 

La ferme seigneuriale

 

         Henri Barbeau suivit, durant toute sa vie, une politique d’acquissions et de confirmations de biens : bois, terre, et vignes tant à Villemoisson, Epinay et qu’au Breuil. Nous assistons à l’établissement d’un terrier par de nombreuses déclarations, baux et acquisitions.

 

Claude Barbeau

         A son avènement en 1536, Claude fils d’Henri déclara le manoir comme ci-dessus, avec plusieurs masures et jardins au-dessous, sur la rue du dit lieu au moulin et à la rue de l'église de Villemoisson à Morsang, le moulin consistant en plusieurs corps de bâtiments. Il avait trois fiefs consistant en bois dans la forêt de Sequigny dont celui de Machevillain qui est aujourd’hui « le Parc Beauséjour » à Morsang.

         Une déclaration de foi hommage par Etienne Destat en 1541 montre l’emplacement du futur château de Villemoisson ; le métayer du seigneur il déclarait posséder la moyenne et basse justice avec plusieurs « hôtes » ou habitations.

         A partir de 1542, nous voyons un notaire au bailliage de Villemoisson.

         En 1546, Marie Le Picart est veuve de Claude Barbeau, avocat au parlement.

 

René Barbeau

         1546, souffrance est accordée aux enfants mineurs de Claude Barbeau, Ils furent encore qualifiés, sur divers titres, de mineurs jusque vers 1560. Ils avaient comme tuteur Henri de la Chapelle, conseiller du roi, marié de Jeanne Barbeau - Il s'agit peut-être du propriétaire du fief de la Chapelle, le Vieux Logis, mais ce n’est pas sûr. En 1560 il faisait saisir le fief de la Motte de Savigny sur Jeanne de Veest de Montlor en attendant le serment de fidélité de ses enfants. Le 28 mars 1583, Pierre Rochon, ayant acheté le fief de Machevillain à Claude de la Croix, rendait foi et hommage, aveu et dénombrement de ce fief à René Barbeau.

 

Madeleine Barbeau et Louis de la Ferté.

         La seigneurie de Villemoisson échoua à la mort de René Barbeau à sa fille Madeleine, mariée à Louis de la Ferté. Elle ne conserva que fort peu de temps l'héritage de son père. Le 18 décembre 1596, acquisition était faite par Jehan de la Fosse, seigneur de Varennes et de Bondoufle de la terre et seigneurie de Villemoisson-sur-Orge « moyennant 4333 écus et un tiers d’écu soleil et 50 écus soleil de pot-de-vin ».

 

Jean de la Fosse

         Le 15 janvier 1597 MM. du clergé de France pour satisfaire au paiement de leur cote part de 50.000 écus de rente accordés au roi par le clergé, vendaient à Jean de la Fosse, trésorier général des guerres, surintendant des vivres de France, seigneur de Villemoisson, un pré appartenant à l'abbaye de Longpont à la Chaussée de Grouteau. Pour les mêmes raisons, le 7 juillet 1598, l’Hôtel-Dieu de Paris aliénait aux enchères la seigneurie de Sainte-Geneviève-des-Bois dont Jean de la Fosse se rendait acquéreur pour 7300 écus.  Depuis cette date Villemoisson et Sainte-Geneviève auront les mêmes seigneurs jusqu’à la chute de l’ancien régime.

         Par un acte du 16 juillet 1623, nous apprenons que Jehan de la Fosse est décédé. Foi et hommage était rendu par René de Foix, fondé de procuration de dame Louise Rochon sa veuve à Jacques Charpentier, seigneur du Mée près Melun et de Beauchambault, de la terre et seigneurie de Villemoisson-sur-Orge. Enfin le 20 avril 1628, Louise Rochon, vendait à Antoine Boyer les seigneuries de Villemoisson et de Sainte-Geneviève pour la somme de 156.000 livres

 

Les Boyer (1628 - 1662)

         Les Boyer étaient originaires d’Ollioules près de Toulon ; leurs armes étaient de gueules à couronne d’argent chapitrées et basées d’azur, le chef d’or chargé d’un aigle déploré de sable.

         Décédé en 1642, Antoine Boyer laissait six enfants de deux lits, dont deux de son premier mariage.(Elisabeth qui épousa Tambonneau, chevalier, conseiller du roi, président en sa chambre des comptes et la seconde qui épousa Jean Deligny, chevalier, seigneur de Grogueuil Saint-Prat et autres lieux).

         De son second mariage avec dame Françoise de Vignancourt, il eut quatre enfants :

1 - Antoine, baron de Mouchy émancipé d’âge après le décès de son père, commandant du régiment Royal-Auvergne, le titre de baron de Mouchy fut cédé à son beau-frère de Noailles ;

2 - Louise, mariée à Anne, comte de Noailles, premier capitaine des gardes du corps du roi ;

3 - Jeanne, épouse du sieur de Ligny, fils de Jean de Ligny, maître des requêtes et de Charlotte Séguier, sœur du Chancelier.

4 - - Marie, femme de Tambonneau lequel, comme tuteur des mineurs Boyer, fut un moment seigneur de Villemoisson. Les Tambonneau portait d’azur à la fasce d’or accompagné de 3 molettes d’éperon, de même en chef et d’un aigle à 2 têtes aussi d’or en pointe ».

         Le 24 août 1662, Antoine, baron de Mouchy qui avait racheté à ses frère et sœurs la part de l’héritage de leur père céda, par l’office de Pierre Gaitat, conseiller secrétaire du roi, de la Couronne de France et de ses Finances, son procureur, à son beau-frère Anne de Noailles, les terres de Sainte-Geneviève et de Villemoisson pour 8.250 livres de rente annuelle et 1.900 livres de soulte.

 

Les Noailles (1662-1734)

         Cette maison est une des plus anciennes et des plus illustres de la province du Limousin. Il en est sorti un cardinal archevêque de Paris, deux évêques comte et pairs de Chalons, deux évêques de Dax, un évêque de Saint-Flour, puis de Rodez, quatre maréchaux de France, un amiral de Guyenne, des ducs et pairs, des Grands d’Espagne de la première classe, des ambassadeurs, des ministres d’Etat, des gouverneurs généraux et un vice-roi, un commandeur et des chevaliers de l’Ordre du Saint-Esprit et deux de Toison d’Or, etc. La terre et le château de Noailles dont cette maison prend son nom, étaient situés près de Brive et de Turenne.

         Anne, due de Noailles était premier capitaine des Gardes du Roi, gouverneur pour sa Majesté de la ville de Perpignan. Louise Boyer, sa femme était dame d’atours de la reine Anne d’Autriche, elle devint veuve le 6 février 1678. Anne de Noailles laissa comme héritiers ses deux fils : Anne Jules duc de Noailles, né en 1650 et Jean-Baptiste François, marquis de Noailles, né en 1658 qui fut maréchal de France. Le 20 mai 1681 la duchesse douairière cédait à son fils Anne Jules et son épouse Françoise de Bournonville les terres de Villemoisson et Sainte-Geneviève.

         Le duc de Noailles était propriétaire d’importants domaines en France, il préféra le séjour de Maintenon à celui de Sainte-Geneviève, siège des deux seigneuries. Cela peut se comprendre pour qui connaissent l'un et l'autre lieu. Aussi confia-t-il en gérance Sainte-Geneviève et Villemoisson à des métayers : Monnerot (1698) et Bartel de Bonneval qui laissèrent à leur tour ces terres à d’autres mandataires chargés d’exploiter nos villageois dont le travail doit profiter à tout ce monde.

         Anne jules décédait en 1710, Jean Emmanuel, marquis, lieutenant général en Guyenne, lui succéda jusqu'à sa mort en 1725 ; Adrien-Maurice, son frère prit ensuite la succession.

 

Anne duc de Noailles. – Anne Jules duc et maréchal. – Adrien Maurice de Noailles (5

 

         Ici vient une légende que l’on veut situer place des Six-Chênes. Comme cette place est sur la limite de Villemoisson avec Sainte-Geneviève, nous la rapportons. « Alors que Louis XIV vint à la chasse dans la forêt de Séquigny, dont les routes étaient comprises dans les « chasses royales », il vit pour la première fois Marie de Fontanges, l'une des filles de Madame. Celle-ci parut en amazone avec un habit en broderie dont l'élégance était assortie à celle de sa taille. Sa coiffure de caprice se composait de quelques plumes relevant l'éclat de son teint et la délicatesse de ses traits ; le vent s’étant élevé vers le soir emporta cette coiffure ; mademoiselle de Fontanges se la fit attacher avec un ruban dont les nœuds retombaient sur le front. Cet ajustement, dans lequel le hasard avait eu de part que la coquetterie, plut extrêmement au roi ; il pria mademoiselle de Fontanges de ne pas se coiffer autrement de tout le reste de la soirée. Toutes les dames parurent le lendemain, ajoute le chroniqueur avec une pareille coiffure, et ce goût de hasard devint le goût dominant; de la cour, il passa à la ville, se répandit dans les provinces et pénétra bientôt partout sous le nom de Fontanges. L'héroïne mourut à vingt ans ! Elle fut moins heureuse, on le voit, que sa coiffure, elle perpétua son nom près d'un siècle ». Combien de choses pourraient nous apprendre les échos de la petite forêt de Séquigny !

 

Amelot Danican (1734 – 1743)

         22, 24 février 1734. Contrat de vente par messire Adrien Maurice, duc de Noailles, pair de France, premier capitaine des gardes du corps du roy, et dame Françoise Charlotte Amable d’Aubigné son épouse, à dame Marguerite Danican, veuve de messire Michel Charles Amelot, président à mortier au Parlement de Paris, des seigneuries de Villemoisson et Sainte-Geneviève. La dite vente faite moyennant la somme de 220.000 livres, dont 100.000 pour Sainte-Geneviève-des-Bois; 45.000 pour Villemoisson ; 25.000 livres pour les deux-tiers du fief et ferme du Perray

 

Pierre Durey d’Harnoncourt (1743 – 1766)

         Originaire d’une famille noble de Bourgogne, Pierre Durey possédait Morsang depuis 1730. Le 16 juillet 1743, il achetait à la famille Amelot, les seigneuries de Sainte-Geneviève, Villemoisson et du Perray, moyennant la somme de 228.519 livres, dont 38.825 livres pour Villemoisson. L’union de ces trois seigneuries demeura jusqu’à la révolution. Il fit reconstruire en 1758 l'église entièrement délabrée, en partie à ses frais. Il fut un seigneur actif et entreprenant. En dehors de ses charges importantes dans le royaume, il n'hésita pas à se lancer dans des entreprises commerciales et lucratives. Il créa un moulin à cuivre à Villemoisson, cause de procès sans fin. En société et avec un armateur de Biarritz, ils constituèrent une petite compagnie maritime. établissant un commerce avec Port Royal et les Iles d'Amérique, notamment sur le trafic de la morue ayant un débouché vers l'Espagne, et les bois précieux etc... Son siège se trouvait à la Villette à Paris.

         Pierre Durey d’Harnoncourt eut de sa femme Françoise de La Marque deux enfants : Joseph Durey de Morsang et Louise Bernarde ; il fit héritière de ces seigneuries sa fille, épouse de Louis Jean de Bertier, au désistement de son frère aîné.

 

Les Bertier de Sauvigny

         Cette famille est originaire de Bourgogne issus d’une famille de « robe ». Elle porte les mêmes armes que celle des Berthier de Toulouse qui sont d'or, à un taureau cabré de geules, chargé de cinq étoiles d'argent rangées en bande.

 

Louis Jean Bertier de Sauvigny. (1767 – 1775)

         Conseiller d’Etat ordinaire, intendant de justice, police et finance de la généralité de Paris. En 1767 il fit faire le terrier de Villemoisson, et eut à s’occuper de plusieurs procès dont : l’affaire du curage de la rivière d’Orge commencée avec Pierre Durey d’Harnoncourt ; au sujet du moulin de Villemoisson ; avec Liger propriétaire du Vieux Logis concernant des pièces de bois.

 

Louis Bénigne-François Bertier de Sauvigny. (1775 – 1789)

         Chevalier, conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, intendant de justice, police et finances de la généralité de Paris, surintendant des finances de la maison de la reine.

         Toutes ces qualités, en particuliers celles d’intendant de justice et de police plaçait Bénigne Bertier en tête de la vindicte populaire lorsque éclata la révolution de 1789. Pourtant il n’apparaît pas dans les textes avoir été un homme tyrannique avec ses sujets. Toutefois son beau-père, sans doute, lui porta ombre dans sa réputation. Joseph Foullon d’Escotier, baron de Doué, intendant des finances, seigneur de Morangis était haï du peuple pour son âpreté au gain. On l’accusait d’avoir prononcé : « Si le peuple à faim qu’il mange du foin, mes vaches en mangent bien ». Et le peuple se vengea bien, il fut, avec son gendre les toutes premières victimes de la Révolution.

         Bénigne Bertier s'enfuit de Paris au lendemain du 14 juillet 1789. Arrêté à Compiègne, il fut ramené dans la capitale par une foule immense qui l'accusait de faire mourir de faim le peuple de Paris. On lui présenta la tête de Foullon qu'on obligea d'embrasser. Conduit place de l'Hôtel de Ville, il fut tué et mis en pièces le 24 juillet 1789.

         Bénigne Bertier est à l’origine d’un cadastre qui peut porter son nom. Dans un souci administratif, comme tout intendant qui se respecte sa préoccupation était de réglementer les impôts. Il fit établir les plans d’intendance des seigneuries de la Généralité de Paris ou en partie, car personnellement je ne sais pas si elles ont été toutes couvertes. Les Archives départementales de l’Essonne possèdent environ 170 plans sur ce département. Les Archives départementales des Yvelines, dans un livre intitulé « Paysages d’Yvelines à la fin du XVIIIe siècle », publient 211 cartes.

 

Du manoir seigneurial au château de Villemoisson

         En cette fin du XVIe siècle, les familles Odouart, Caseneuve et consorts sont les régisseurs de la seigneurie de Villemoisson ; ils seront blâmés et le fief du Sauvage saisi pour fausses déclarations.

         En 1609, Pierre Beauxamy, procureur en la Cour du Parlement de Paris, conseiller du roi, surintendant et commissaire général des camps, armée et munitions des magasins de France, rendait foi et hommage du fief à Jean de la Fosse.

         Grâce à Claude Beauxamy sa femme, Jacques Chollet, avocat au Parlement, hérite du fief du Sauvage (1626). Il était d’une famille de chevalerie très ancienne (1148) ayant fondé la ville de Chollet (M et L). Les Chollet portaient : d’argent au chevron d’azur chargé sur le chef d’une étoile d’or accompagnée de trois hures de sanglier de sable, deux en chef et une en pointe, au chef d’azur chargé d’une levrette d’argent colletée de sable. Cimier : une levrette en demi-corps.

         Il était déclaré, en 1598, une maison consistant en étable, grange, pressoir, cour et jardin derrière. En 1627 : « Une maison, consistant en chambres basses, salles, four, fournil, chambres hautes, étables, bergerie, grange, colombier et autres bâtiments (1) ou était anciennement un pressoir, cour, clos derrière, partie en jardin et partie en arbres fruitiers; un autre petit jardin derrière, grange, le tout clos de murailles. Tenant d’une part au chemin qui tend de l’église au carrefour ou était le carcan ou poteau de la justice (2) d’autre part à un autre chemin descendant du moulin à la rivière d’Orge (3); d’un bout à la rue du carrefour, et d’autre bout vers l’église à un jardin ou terre vulgairement appelée les Ouches (4) ».

                   (1) Les autres bâtiments sont le vieux manoir seigneurial

                        (2) angle de l’avenue Guy Moquet et de la rue Ferrande,

                        (3) avenue Hérault de Séchelles

                        (4) D’un bout à l’avenue Guy Moquet descendant depuis la rue Ferrande, d’autre bout la rue Saint-Laurent

         Nous constatons entre 1598 et 1627, une évolution en ce qui concerne le fief du Sauvage : du modeste manoir nous avons le château de Villemoisson confirmé par ces délimitations. Le petit jardin appelé les Ouches est en fait celui du presbytère. Nous serions tenter de dire que le château a été édifié par Jacques Chollet ; la création d’une garenne appelée la Cholletière peut y aider.

         Le 26 juillet, un mémoire désigne Hervieux (ou Hernieux), fermier de la terre et seigneurie de Villemoisson : le vieux manoir ancestral était converti en ferme seigneuriale

 

 

         Le domaine passa des mains de Jacques Chollet dans celles de François Joubert, secrétaire de la Reine Anne d’Autriche. François Joubert portait : d’azur avec chevron d’or accompagné de trois coquilles, deux en chef, une en pointe. Puis à Lucien Boizard, avocat au Parlement, déjà propriétaire du fief de Launay à Saint-Michel-sur-Orge (1670). Se prétendant seigneur en partie de Villemoisson il fut blâmé par le duc de Noailles

         Boizard vendit le 20 septembre 1685 la propriété à Louis Prozelle, conseiller du roi, qui ajouta à son nom celui de Beaumont. Prozelle était propriétaire d’un tiers de la seigneurie du Perray.

         Claude Humbert Pierron de Chamousset, chevalier, conseiller du roy, maître ordinaire de sa Chambre des Comptes fut ensuite propriétaire. Ces armes étaient de gueules à 3 pals d’argent, chargés chacun d’un losange, au chef cousu d’azur chargé de 3 bisons d’or. Lequel revendit en 1751 le fief de Beaumont à dame Hérault de Séchelles.

         Le 8 décembre 1770 : Vente du fief de Beaumont par Marie Hélène Moreau, dame de Séchelles, Cuvilly, du fief Seguin (Sanguin ou de Beaumont) et autres lieux, veuve de René Hérault, chevalier, seigneur de Fontaine-Labbé, Vaucresson et autres lieux, conseiller d'Etat et d'honneur au Grand-Conseil, intendant de Paris, à messire François Marie Gayot, conseiller d'Etat, intendant des armées de Sa Majesté.

         Héritière, sa fille se défit de la propriété au profit de Jacques Charles Lesénéchal, ancien administrateur des Domaines (1776), en 1791 Nicolas Pierre Sébastien Blandin, ancien régisseur général prenait la propriété.

         Autres propriétaires : Elisabeth Rigoley d’Ogny (An VIII), remariée avec le marquis de Bassompierre ; Jean Charles Stanislas, marquis de Bassompierre (1813), maire de Villemoisson de 1821 à 1825 ; Charles Cossonet, propriétaire au Perray (1896) ; Emile Bouton, maire de 1925 à 1941) ; aujourd’hui maison de retraite.

 

Le Collège

         Dans un aveu et dénombrement de la seigneurie de Villemoisson rendu le 25 octobre 1536 à la dame du Mée-les-Melun,

Nous notons : « Un fief enclavé dans la justice et seigneurie dudit Villemoisson ». Ceci ne prouve pas qu’il s’agisse du « Collège ». 13 juillet 1666 : Marie Roberdet, veuve de Etienne Le Maignan, déclarait au seigneur de Villemoisson, une maison sur la grande rue qui conduit du lieu seigneurial à Montlhéry, consistant en un corps de logis en pavillon, etc.

         20 mai 1670. - Déclaration faite par Pierre de Lage, (ou Delage selon les textes) d’une maison sur la grande rue qui conduit du dit lieu à Montlhéry, consistant en un corps de logis en pavillon, etc. Pierre de Lage était condamné à payer à Anne duc de Noailles, 23 années d’arriéré de cens et de rentes. En 1735, Elisabeth Delage de la Landrie, femme de Nicolas Gonthière praticien demeurant ordinairement à Beaugency, et Hilaire Delage de la Landrie, furent héritiers.

         1742. le Collège était vendu à M. Nicolas Roland Goujard, licencié en droit, bibliothécaire des avocats du parlement de Paris. Louis Mallet, procureur au Châtelet obtint le Collège ayant appartenu à la famille Delage. Il fut propriétaire entre 1763 et 1801.

         En 1817, M. Pierre de Jacquet de Saussure vendit la propriété à M. Antoine Lisfranc de Saint-Martin, celui-ci mourut en 1824 à Villemoisson. En 1849, vente par Paul Alexis Lisfranc, fils, à Pauline femme de Jean Lemoine sa sœur qui eurent deux enfants dont Marie qui épousa Eugène Jules Dulac, ingénieur, qui à leur tour eurent six enfants, parmi lesquels Marie qui épousa le docteur Bourdel, celui-ci décèda en 1942. Le Collège » appartint ensuite à M. Frange (1948). Dans les années 1970, le propriétaire vendit une partie de son parc à un promoteur.

 

 

Du fief de la Chapelle au Vieux Logis

         Son origine remonte au XVIIe portant le nom de son créateur : Christophe Joguet de la Chapelle.

         Christophe Joguet de la Chapelle, receveur des tailles en l’élection de Clamecy, déclarait en 1689 détenir une vieille maison en masure et mauvais état, consistant en salle par bas, bouge et autres commodités. Il décède en 1684. Son fils Christophe Joguet, écuyer, sieur de la Chapelle, contrôleur ordinaire des guerres lui succéda. Le dernier Joguet sieur de Montville, marchand amidonnier était marié à Marie Chambre qui, à sa mort devint son héritière, laquelle épousa François Jean Toussaint de la Justicière, écuyer, sieur de Coudray. A la suite d’une saisie Nicolas Liger se rendit acquéreur aux enchères de la propriété en 1761.

         Il faut constater : en 1671, c’était un pavillon dans lequel il y a deux chambres, cuisine, salle, deux chambres hautes, grenier, cour. Le tout couvert de tuiles, grange, écurie, vacherie, pressoir, volet à pigeons, poulailler, jardin et clos sur le derrière planté d’arbres fruitiers, vignes et bois de futaie : une ferme.

         Près d’un siècle plus tard en 1768, le propriétaire, Nicolas Liger, directeur de la pourvoierie du roi, déclarait

une maison bourgeoise, dont l’entrée est par une porte cochère donnant sur une avant cour dans laquelle est une maison bourgeoise, appliquée en cuisine, office, salle et autres appartements par bas, chambres à cheminée et cabinets, etc. Nous constatons non plus une ferme mais un manoir.

         Par le décès de Nicolas Liger, en 1774, le domaine de la Chapelle, devint possession par héritage de ses deux soeurs : Marie-Françoise épouse de Germain Pierre Duneuf, et Marie Louise épouse de Julien Antoine Vallée, maître vinaigrier à Paris. Marie Françoise Liger, devenant seule propriétaire, par la suite, cèda le domaine à M. Blacque père en 1774. Son fils, Edme Jean Blaque, s'en défit en 1802 au profit de Denis Etienne Marie Moreau.

         En 1824, la veuve de Barthélemy Moreau, vendit à François André Maurey, avocat à la Cour d’appel de Paris le « Pavillon Blacque ». Il décédait en 1849 son gendre Alexis Damour vendit… Autres propriétaires successifs : en 1869 à M. Charbonné-Boutteville ; en 1891, Jean Christian Neyret, industriel.

         En 1920, Mme la comtesse Pellerin de Latouche. C'est elle qui donna le nom de « Vieux Logis » au Pavillon Blacque. Ne pouvant suffire au train de maison qu'exigeait la propriété, la nouvelle propriétaire se défit rapidement du parc à des lotisseurs

         En 1928 Mme Dorothy Paget fit l’acquisition de la propriété de Verdière, rue Ferrande, pour recueillir les russes qui ont quitté leur patrie au moment de la Révolution d’octobre 1917, puis elle fit l’acquisition du Vieux Logis qui devint l’annexe de La rue Ferrande.

         Le Vieux Logis fut acheté par le Ministère de l’Intérieur, qui, par l’intermédiaire d’une association, le géra en maison de retraite utilisée par la préfecture de police. Des transformations intérieures importantes sont faites pour son aménagement. Puis le Vieux Logis resta inoccupé. Laissé à l’abandon il est acquit par la municipalité de Villemoisson.

 

 

         Endommagé par un incendie, le Vieux Logis a été restauré, mais mérite-t-il maintenant son nom ? Où sont passés les arbres à son entrée ? Quelle froideur ! Il ne s’intègre plus au vieux village.

 

L’église Saint-Laurent

         Selon l’abbé Lebeuf l’église Saint-Martin de Villemoisson couvrait une paroisse jusqu'à Bondoufle et Fleury. Elle a été démembrée au seuil du XIIIe siècle lorsque celle de Sainte-Geneviève-des-Bois a été crée, à laquelle a été rattachée la paroisse de Morsang.

         Modeste était l’église, Lebeuf, la décrit sommairement dans son ouvrage « Histoire du diocèse de Paris », Elle « est une espèce de grande chapelle sans ailes, et dénuée de tous ornements de sculpture par lesquels on auroit pu juger depuis quand elle est bâtie. La grosse tour, par sa situation directement sur le devant de cette église, marque quelque antiquité, et paroit avoir été replâtrée bien des fois ; elle ne reçoit d'agrément que par le pavillon couvert d'ardoise qui la termine. Saint-Martin de Tours en est l'ancien patron, mais les peuples qui ont voulu avoir aussi une fête particulière, y ont fait joindre Saint-Laurent ».

         La paroisse de Villemoisson devenant insignifiante, comte tenu de sa faible population, ne pouvant prendre à charge le desservant, fut rattaché à celle de Savigny vers 1551 à 1678 ; de cette date jusqu’à la Révolution, nous trouvons des curés de Villemoisson, puis en 1801, peut-être avant, notre paroisse était rattachée à Morsang. Enfin en 1935, nous avons à nouveau un curé.

         En 1757, devenant vétuste, Durey d’Harnoncourt la fit reconstruire aux dépens des villemoissonnais. Nous possédons un mémoire ou cahier des charges des travaux. « Elle sera démolie jusque dans la fondation » relève-t-on, mais un plan qui l’accompagne et les détails des travaux font penser que le clocher ne fut pas refait. L’entrepreneur était un certain Magny qui construisit le château de Morsang.

         La nouvelle église fut inaugurée le 17 mai 1758 par Durey d’Harnoncourt qui a « dans le bas des fondations du jambage du portail, à droite en entrant par la porte d'icelle ouvrante sur le cimetière et faisant face au soleil du midy…. Dans la dite entaille, le dit seigneur a mis une boëte de plomb renfermant une autre boëte de fer dans laquelle sont deux médailles. L'une d'argent sur laquelle d'un côté sont les armes du dit seigneur d'Harnoncourt et de l'autre sont gravés ces mots : « Petrus Durey d'Harnoncourt, eques cujus, in dominio sunt ici, Sancta Genovéfae Liers, Morsanus hordei supra ripar Villamessis, primum hujusce temple sumptibus suis aedificati, lapidem posuir adstante pia conjugé maii die XIII anno MDCCLVIII. Et l'autre médaille en cuivre doré sur laquelle d'un côté sont pareillement les armes du dit seigneur d'Harnoncourt et de l'autre côté sont gravés ces mots : Pierre Durey d'Harnoncourt, écuyer, seigneur de Sainte-Geneviève-des-Bois, Morsan-sur-Orge, Villemoisson et autres lieux. Et outre les dites deux médailles, un écu de 6 livres, douze pièces de 6 sols chacune d'argent, monnoyes de France, frappées de la présente année 1758. Et ensuite le dit seigneur d'Harnoncourt a fait sceller à chaux et ciment la dite première pierre et fait maçonner sur icelle à l'endroit de la dite entaille et environ à hauteur suffisante pour empescher la soustraction des dites boëtes, médailles, écu ».

 

L’entrée de l’église Saint-Laurent. Sur la petite place devant, jusqu’au milieu de XIXe siècle, se trouvait le cimetière

 

Droits usagers dans la forêt de Séquigny.

         De tous temps les villemoissonnais eurent à se défendre, comme les habitants des villages voisins de la forêt, de leurs droits dans celle-ci.

Droits « De prendre, cueillir et emporter sur leur col et non autrement, les avelines et tous autres fruits sauf et excepté le gland croissant et étant en et au-dedans des bois et buissons de Séquigny depuis la veille de l’Assomption notre Dame et de là en avant pour tout le temps et saison que l’on y peut trouver lesdits fruits. De prendre, couper et dépecer en et au dedans desdits bois et buissons de Séquigny tout bois mort et sec en étant ou gisant et non autre, et icelui emporté à leur col et non autrement pour leur ardoire et chauffage et sans qu’ils puissent ailleurs employer ni vendre. Mener ou faire mener paître et pâturer en et au-dedans desdits bois et buissons de Séquigny, hors taillis étant au-dessous de cinq ans, temps et saison défendus, leurs bêtes à cornes et chevaline et non autres et leurs suites de deux ans seulement, à la charge qu’ils ne pourront prendre ou faire porter en et au-dedans desdits bois à leurs dits droits sans fraudes ni abus selon et en suivant les ordonnances sur le fait des eaux et forêts sous peine de privations des droits et d’amendes arbitraires ».

Ces droits peuvent remonter à Saint-Louis. Alors que ce jeune roi et sa mère étaient sous la protection du château fort de Montlhéry, les parisiens vinrent les délivrer. En reconnaissance, la reine mère, Blanche de Castille donna certains « usages » dans la forêt qui seront constamment disputés. Enfin par un arrêt du 3 avril 1900, les propriétaires de la forêt se virent contraints de payer aux communes la perte de ses droits d’usage. Disposant dès lors de l’intégrale propriété de la forêt, ils récupérèrent la somme de l’argent versé pour l’achat des droits d’usage en vendant les bois de Séquigny aux lotisseurs

         Il faut souligner aussi le procès que les villemoissonnais eurent avec les propriétaires qui interdisaient les routes de la forêt ; Villemoisson eut gain de cause : les routes dépendaient du roi, après la chute de la royauté, ces voies revenaient donc à la nation, tel fut la conclusion du procès

 

 

(1) Audigié Claude

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