Vaucluse et Villemoisson

 

 

 

 

    Villemoisson ne veut pas d’une cure partagée avec les « idiots ». - 11 février 1877. Il est donné connaissance d'une lettre de Mr. de Verdières, père, dans laquelle son intention est de faire don du presbytère à l'évêché pour l'usage d'un prêtre qui serait à la veille d’être nommé à Villemoisson. Cet arrangement comporterait la séparation de Villemoisson et de Morsang pour le service religieux qui se fait pour les deux communes par le même prêtre depuis plus de cinquante ans. Le maire précise que Mr. de Verdières l'informe qu'en échange de l'abandon de Morsang le département de la Seine donnerait au nouveau titulaire le soin de la colonie des « idiots » de l'asile de Vaucluse.

Le conseil municipal, en présence d'une question aussi grave, décide d’adresser la lettre suivante au Préfet :

« Monsieur, - Les communes de Villemoisson et de Morsang, séparées par une distance de quelques centaines de mètres, ont, de temps immémorial, été réunies pour le service religieux. Notre curé à le titre de curé de Morsang et de Villemoisson. Nos deux communes sont pauvres ; elles ne comptent ensemble qu'environ 850 habitants, et suffisent à peine à elles deux aux besoins du prêtre desservant. (Il faut savoir que le prêtre est à charges des habitants). Morsang a un assez beau presbytère et un grand jardin attenant à l'église. Villemoisson, desservi par Morsang, n'a pas de presbytère et n'en a pas besoin dans l'état actuel des choses. Cependant, l'établissement d'un presbytère à Villemoisson, et l'érection de cette petite commune en succursale, sont demandés à l'archevêché par une des familles les plus honorables de Villemoisson, et à l'appui de cette demande, mademoiselle de Verdières offre généralement de faire don à l'évêché d'une maison située à Villemoisson, à destination de presbytère. Le conseil municipal de Villemoisson préoccupé des conséquences d'un pareil changement a décidé qu'il était urgent de vous faire connaître son avis, avant que l'évêque de Versailles ait nommé un titulaire à Villemoisson.

« L'une des observations que le conseil croit devoir, tout d'abord, vous soumettre, et dont vous comprendrez toute la gravité, c'est qu'en séparant Morsang de Villemoisson, on est obligé pour faire vivre le nouveau curé, de lui imposer le service religieux de l'asile des idiots dépendants du domaine de Vaucluse, lequel à été distrait du département de Seine-et-Oise par la loi du 14 août 1874, et jouit, au milieu de nos villages, de son autonomie administrative, comme partie du département de la Seine.

« Le conseil municipal de Villemoisson sait bien que le département de la Seine accordera au nouveau desservant une indemnité de 900 francs, peut-être de 1000 francs ; mais cette indemnité ne compensera pas sa peine; il sera beaucoup plus occupé à Vaucluse qu'à Villemoisson ; d'ailleurs la colonie des idiots est séparée de notre église par une distance deux ou trois fois plus considérable que la distance de Villemoisson à Morsang ; enfin la colonie des idiots est située sur le territoire de Sainte-Geneviève-des-Bois et non sur celui de Villemoisson.

« L'asile départemental de la Seine, relevant d'une administration indépendante de celle du département de Seine-et-Oise, le conseil craint, avec raison, qu'il n'y ait là une cause de conflits, qu'il sera toujours difficile, souvent impossible d'apaiser dans une situation aussi complexe. Le conseil ne peut pas comprendre notre alliance avec Vaucluse, car le département de la Seine peut d'un moment à l'autre changer d'avis, faire d'autres arrangements, rompre ses engagements avec nous et nous abandonner en nous laissant, commune de 300 et quelques habitants, la charge d'une cure que nous n'aurions acceptée étant matériellement impossible de l’entretenir à nous seuls.

« Enfin, au point de vue du service religieux, les occupations du curé de Villemoisson, dans la colonie de Vaucluse, l'obligerait constamment à ce tenir loin de notre village ; et il n'y a pas de diffusion possible entre ces pauvres enfants idiots et les enfants de Villemoisson. Tandis qu'avec nos arrangements actuels, le curé de Morsang et de Villemoisson peut réunir les enfants des deux villages avec leurs parents, et, dans bien des circonstances, donner au culte une plus grande solennité.

« Le conseil municipal de Villemoisson vous prie, Mr. le préfet, de vouloir bien prendre en sérieuse considération les observations qu'il a l'honneur de vous soumettre, et d'être son interprète auprès de l’évêché … » L’affaire ne sait donc pas réalisée.

 

    Les illogismes de l’administration. - 5 novembre 1882. Il est donné connaissance d'un dossier émanant des contributions directes présentant une demande du département de la Seine pour obtenir décharge des impositions que ce dernier paye sur les territoires d'Epinay-sur-Orge (124,90 francs), Sainte-Geneviève-des-Bois (2594,07 francs), Villemoisson (49,07 francs).

Le maire de Villemoisson renvoi le dossier au sous-préfet accompagné d'une lettre dont extraits : « ...Il me semble qu'il y a là une question interdépartementale qui n'est pas de (notre) compétence, dont la solution appartient au préfet de Versailles. J'ai donc lieu d'être étonné que ce dossier me soit arrivé en dehors de votre administration. ... Il y a quelques temps, Mme Hénault de Villemoisson était devenue folle. J'en écrivis alors au directeur Mr. Billot, qui me fit répondre que l’asile de Vaucluse appartenant au département de la Seine, il n'avait pas le droit de recevoir des aliénés de Seine-et-Oise. Il m'a donc fallu faire conduire cette femme à Corbeil d’où elle a été dirigée sur l'asile de Clermont (Oise) ; elle y est depuis ce temps à la charge du département de Seine-et-Oise et de ma commune. ... Voyez, Mr. le sous-préfet, quand il s'agit de mettre nos communes à contributions à son profit, le département de la Seine prétend à tous les droits.

« La commune de Villemoisson est, comme vous le savez, l'une des plus pauvres de notre arrondissement; les terres affermées de Vaucluse, situées sur notre territoire, ont une certaine importance, il en résulterait, si le département de la Seine obtenait gain de cause qu'il nous faudrait augmenter considérablement nos charges communales pour faire face à nos dépenses obligatoires ».

 

L’asile de Vaucluse veut préserver ses prairies.

 

En 1880 le département de la Seine s'est rendu acquéreur du moulin de Villemoisson pour être maître de la situation. C’est une erreur que nous ayons écrit que le moulin réquisitionné par Paris sous la Révolution est demeuré sous la tutelle de la capitale et du département dont elle dépend.

 

17 février 1882. – Le département de la Seine fait une demande d’autorisation au Préfet de Seine-et-Oise pour abaisser le niveau de la rivière d’Orge de 0,40 m. Ainsi conçue : « Je viens vous demander au nom du département de la Seine, propriétaire du moulin de Villemoisson-sur-Orge, la permission de modifier les conditions de retenue du bras de la rivière d'Orge, moteur du dit moulin, au déversoir d'amont existant à 33 mètres de la roue hydraulique. En abaissant le niveau du seuil du dit déversoir jusqu'à 0,40 m en contrebas du niveau actuel, et modifiant parallèlement la hauteur des deux vannes contiguës au droit de la roue hydraulique. En même temps permission de porter la largeur de dégagement du déversoir, après le seuil abaissé, jusqu'à 7 mètres au lieu de 4 mètres actuels ».

Nous verrons que cette demande d'autorisation de baisser le barrage du moulin de Villemoisson, pour améliorer son fonctionnement est en fait pour éviter l'inondation quasi permanente de la prairie de Vaucluse. Une enquête est faite à Villemoisson, il ressort :

1°) L'abaissement du niveau d'eau à 40 centimètres serait la ruine complète des lavoirs et abreuvoirs de la commune.

2°) La commune manque d'eau dans toute une partie du village, et, pendant l'été, les habitants sont dans la nécessité d'aller s'approvisionner à la rivière, soit avec des tonneaux, soit avec des seaux tant pour l'usage journalier que pour l'abreuvoir des bestiaux. Dans le cas de posséder une pompe à incendie, il serait impossible de l’approvisionner dans l’Orge.

3°) L'abaissement du niveau d'eau et la mise à nu d'un sol vaseux sur chaque « boèle » porteraient atteinte à la salubrité de nos villages. Déjà, dans l'état actuel, les eaux vannes de l'asile de Vaucluse tombent dans une « boèle » qui les déverse dans l'Orge, rendant les eaux impures et donnant naissance à des émanations putrides qui se font sentir à Villemoisson. Il ne resterait plus qu'un mince filet complètement empoisonné.

4°) Le département de la Seine parait vouloir améliorer la situation de son moulin en abaissant le niveau d'eau sur une longueur de 33 mètres seulement. Or cet abaissement porterait en fait sur environ 2000 mètres, distance sans barrage, du moulin du Breuil au moulin de Villemoisson. La largeur moyenne de la rivière étant d'environ 7 mètres et d'une surface de 14 milles m²; avec l'abaissement proposé, cela ferait 5600 m3 d'eau manquant au moulin de Villemoisson. D'ou il résulte que l'amélioration du moulin de Villemoisson ne peut pas être le but que poursuit le département de la Seine, qu'il faut le chercher ailleurs.

 

 

A l’aplomb du plan, sont les vannes

 

Il est fait observer que le département de la Seine à fait l'acquisition du moulin de Villemoisson pour avoir à sa disposition un moyen d'assainir la prairie de l'asile de Vaucluse. Que pour arriver à un résultat satisfaisant, il suffirait d'abaisser le niveau d'eau en amont du moulin du Breuil, à l'endroit où cette partie de la rivière est à 1,50 m au-dessous du niveau de la prairie; que d'ailleurs le département de la Seine peut encore obtenir un même résultat par un système de drainage bien compris et facile à établir sans baisser la rivière.

Mais qu'en maintenant intact l'état actuel de l'Orge au-dessous du moulin du Breuil, le département de la Seine conserve un réservoir d'eau d'une étendue relativement considérable et très poissonneux, lequel réservoir est en même temps un embellissement de sa propriété.

Enfin, la mise à sec des bords de la rivière serait extrêmement dangereuse pour la santé des habitants surtout par suite de l'écoulement des immondices et déjections de l'asile de Vaucluse, et par de plus fréquentes inondations, conséquence du rétrécissement de la rivière.

Pour toutes ces raisons, la municipalité proteste à l'unanimité. Que si Mr. le préfet croit devoir acquiescer à la demande du département de la Seine, elle le prie du moins de n'y consentir que sous la réserve expresse des droits des tiers, de les faire valoir en justice.

 

14 août 1882. Le maire de Villemoisson, s’adresse au préfet à Versailles : « Il a été procédé à une enquête dirigée par Mr. l'ingénieur des Ponts et Chaussées de Seine-et-Oise sur la demande du département de la Seine, propriétaire de l'asile de Vaucluse. Le procès-verbal de cette enquête contient les motifs d'opposition présentés par les communes de Villemoisson, d'Epinay et de Morsang, néanmoins je regarde comme un devoir d'insister auprès de l'administration sur certains points qui ressortent plus spécialement de cette enquête.

« Il y a plusieurs années, on a commencé l'écoulement dans la rivière d'Orge des eaux sales de l'asile, les eaux de rivière étaient infectées, alors on entreprit des travaux importants; on creusa un canal où ces eaux sales étaient déversées ; on espérait, profitant de l'exemple de Gennevilliers atteindre le même but et faire profiter à la culture maraîchère les détritus et les eaux sales. Mais la situation n'est pas la même : le sous-sol de Gennevilliers est sablonneux, et celui des terrains de Vaucluse est glaiseux ; c'est alors que le département de la Seine imagina l'abaissement de la rivière sans se soucier des droits de nos communes, et fit l'acquisition du moulin de Villemoisson.

« Il résulte que Mr. Maréchal, architecte de Vaucluse, représentant le département de la Seine, a reconnu formellement qu'une partie des eaux sales de l'asile, tout en cherchant à en atténuer le volume, s'écoulent dans la rivière. Il est certain que si l'abaissement de la rivière était effectué, le simple cours d'eau qui en serait la conséquence, ne pourrait pas recevoir et dégager une partie de ces eaux si minime qu'on veuille la supposer.

« Un règlement de police du 20 décembre 1879 avait prohibé l'écoulement des eaux sales dans les cours d'eau non navigables ni flottables du département de la Seine-et-Oise.

« L'eau de la rivière d'Orge est de première nécessité pour les habitants de Villemoisson et d'Epinay, où les puits quoique très profonds manquent souvent d'eau. Il en résulte la nécessité de prendre dans la rivière l'eau nécessaire aux usages journaliers et notamment pour la fabrication du pain. Mr. l'ingénieur a pu voir les tonneaux des boulangers faisant leur provision d'eau dans la rivière.

« Nous avons appris qu'il y a quelque temps, une usine appartenant à Mr. Darblay et dont les eaux sales s'écoulaient dans la rivière d'Essonne, avait motivé une poursuite, laquelle n'a été écartée que parce que Mr. Darblay aurait employé des moyens chimiques qui ont épuré les eaux de son usine. Pourquoi le département de la Seine n'a-t-il pas recoure à de semblables moyens ?

« Nous sommes convaincus qu'en fin de compte, d'une façon ou d'une autre, et contrairement aux intérêts les plus légitimes, on aurait à subir la loi du plus fort. Sans doute les droits des tiers sont toujours réservés, mais il est d'une bonne administration de ne pas même laisser établir un état de choses dommageable qui nécessiterait pour les habitants une instance judiciaire. Voila, Mr. le Préfet, les considérations que je me croit obliger de soumettre à votre appréciation, en vous priant de les vouloir bien prendre en votre sérieuse attention ».

En présence de l'hostilité des habitants des Villemoisson et d’Epinaay menaçant de jeter à l'eau les ingénieurs, le département de la Seine a mis de côté son projet.

 

    19 septembre 1893. Le moulin de Villemoisson, alors usine de tapiocas, ouvriers et ouvrières font appel au Préfet pour les défendre contre la suppression du barrage, qui occasionnerait la fermeture de leur l’usine. La lettre est signée de treize noms. Dont il n’apparaît aucun écho.

 

 

Le 24 septembre. – L’administration de Vaucluse se dévoile. Du projet présenté en 1882 où il s’agissait que de baisser de 0,40 m le barrage du moulin de Villemoisson, l’administration décide la suppression complète du barrage. Le résultat de ce projet donnerait un abaissement d'eau tel que ce serait la suppression complète de la rivière qui deviendrait un ruisseau agrémenté de flaques d'eau dans les bas-fonds. Il est ordonné une commission d’enquête par le préfet. Attendu :

- qu’il résulte de ce rapport que le projet tendant à la suppression du barrage de Villemoisson dans le but de supprimer les inondations des prairies de Vaucluse, d'améliorer les terres et de garantir des épidémies résultant de ces inondations.

- que la suppression du barrage de Villemoisson n'empêchera pas les inondations de se produire, puisqu'à ces moments là toutes les vannes de tous les barrages sont levées, ce qui ne fait qu'accélérer l'évacuation des eaux ;

- que l'amélioration des terres n'est pas un motif soutenable ;

- que la question d'hygiène doit être écartée : les déclarations des docteurs de la localité sont formelles à cet égard; il est de notoriété publique que notre climat est très sain malgré les inondations périodique de notre rivière qui ne laissent jamais séjourner les eaux stagnantes.

La municipalité s'oppose énergiquement à la réalisation du projet de l'asile de Vaucluse, prend acte de l'engagement pris par le préfet de la Seine de modifier leur système de purification des eaux qui empoisonnent la rivière, prie le préfet de bien vouloir défendre ses intérêts prés du Préfet de la Seine en s'opposant à l'exécution de son projet. (12 octobre)

 

12 août 1894. – Caillette, maire, en réunion annonce que la question de la suppression du barrage du moulin de Villemoisson, serait préjudiciable aux communes d’Epinay et Villemoisson. Il a été demandé à l'administration du département de la Seine d'étudier le moyen d’abaisser le plan d'eau de la rivière à Vaucluse sans toucher au barrage.

Le préfet de la Seine a fait connaître qu'il a fait rechercher les moyens de remédier aux inondations des prairies de l'asile de Vaucluse autrement que par la suppression du barrage de « l'usine » de Villemoisson. Le service de l'assainissement a dressé un projet de dérivation de la Boële et du canal de Vaucluse, mais il a été reconnu que ce système ne donnerait peu de résultat et qu'il entraînerait une dépense plus considérable que l'abaissement pur et simple du déversoir de l'usine. Aussi par suite, le Préfet de la Seine conclu qu'il se trouve dans l'obligation de s'en tenir à la suppression; qu’il ne sera pas nécessaire de descendre au fond et que le dérasement du déversoir et des vannes, tel qu'il sera exécuté, laissera encore dans la rivière une quantité d'eau très suffisante.

Après une réunion avec le directeur des Affaires Départementales et des ingénieurs chargés des études à réaliser. Il résulte que le département de la Seine a un besoin impérieux d'abaisser le plan d'eau de la rivière dans sa prairie de 0,20 à 0,25 m, et pour arriver à ce résultat, sans détruire complètement le barrage, il serait de déraser une quantité suffisante et de promettre de rétablir les lavoirs publics, les abreuvoirs, les berges qui auraient à souffrir de ce travail, en donnant la même profondeur d'eau avec le même débit. Donc un moyen bien simple de baisser le lit inférieur de 1a rivière dans toute son étendue d'une quantité égale à l'abaissement du plan d'eau que l'on veut obtenir.

Pour le maire, l'administration de la Seine manifeste des sentiments de conciliation, il y a lieu d'établir un contrat entre les communes et le Préfet de la Seine, il sera toujours temps d'entamer un procès. Mr. Hammel fait ressortir le danger pour la commune de se laisser entraîner dans un procès dont la solution est incertaine.

Caillette, demande avis à Mr. Sabatier, avocat à la cour de cassation sur l'issue d'un procès éventuel avec le département de la Seine. Celui-ci répond : « Les habitants souffriront certainement de la suppression du barrage, si il a pour conséquence la suppression de la rivière. Au contraire, si les communautés riveraines, comme la commune de Villemoisson, ont établie des lavoirs ou des abreuvoirs, que la suppression du barrage aurait pour effet d’inutilité, ces établissements pourraient être considérés comme ayant droit acquis à la jouissance des eaux de la retenue, à la condition, bien entendu, d'avoir une existence plus que trentenaire, et la suppression du barrage ne pourrait avoir lieu sans une indemnité. Voila à première vu mon impression, mais il me semble que j'aimerais mieux une transaction avec le département de la Seine, pour peu qu'elle soit acceptable; la partie entre vous et le département de la Seine n'étant pas égale ».

 

28 octobre 1894. Mr. Saint-Lot adjoint, signale que les vannes de l'usine du moulin de Villemoisson sont demeurées levées du 24 au 26 courant, sans que la municipalité ait été prévenue. Il est décide qu'à l'avenir, si pareil abus se renouvelait, le garde-champêtre devra immédiatement dresser un procès-verbal de constatation et être transmis à l'ingénieur en chef des ponts et chaussées à Versailles pour qu'il y donne la suite que de raison.

 

10 juillet 1895, le département de la Seine annonce que pour l'exécution de ses travaux d'assainissement de la prairie de Vaucluse, le département de la Seine à le vif désir de n'apporter aucun trouble aux droits qui peuvent être acquis par les communes ou les tiers riverains de la rivière d'Orge et de n'apporter aucune modification au régime des eaux, que dans la mesure absolument indispensable pour assurer leur écoulement naturel au barrage de Villemoisson.

En l'état actuel, les profondeurs d'eau varient de 0,68 à 1,42 m. Les études poursuivies jusqu'à ce jour reconnaissent la nécessité d'abaisser le déversoir du moulin de Villemoisson d'une hauteur variant de 40 à 50 cm au maximum. Afin de maintenir d'une manière générale les profondeurs actuelles, le département de la Seine entreprendra un dragage à vif du fond de tout le lit de la rivière, depuis le pont des Franchises jusqu'au déversoir du moulin, pour qu'après l'abaissement de ce déversoir d'une hauteur qui ne pourra excéder 50 cm, le fond de la rivière présente un profil régulier qui assure en tous temps les profondeurs moyennes égales à celles précédemment constatées.

Le département de la Seine s'engage expressément à prendre exclusivement à sa charge tous les travaux utiles pour la réparation et la conservation des berges, de même que tous les frais de rétablissement, dans des conditions au moins égales à celle actuelles des lavoirs et abreuvoirs publics ou particuliers et que le nouvel état n'entraîne pas la commune et les riverains à des frais plus considérables de curage, lesquels frais seraient à la charge du département de la Seine. Cependant il est demandé pour ce curage à sec l'autorisation de déposer momentanément les produits de ce curage sur les terres basses riveraines.

 

    Bel engagement, le 16 février 1896, la municipalité considérant que par ses travaux de curage à vif de la rivière d'Orge en 1895, pour son utilité personnelle, la ville de Paris à complètement dépeuplé la rivière depuis le moulin de Villemoisson jusqu’à l'asile de Vaucluse, ce qui porte un grave préjudice aux riverains et aux habitants. (Poissons et écrevisses étant un apport comestible) Il est donc sollicité au préfet de la Seine le repeuplement de la rivière.

 

 

    Autres inconvénients : la ville de Paris a complètement encombré l'abreuvoir de Villemoisson par les vases qu'elle a retirées de la rivière, ce qui le rend impraticable aux bestiaux ; et, s'il survenait un orage, une grande partie de ces vases retourneraient à la rivière. La municipalité ayant déjà reçu de nombreuses plaintes des habitants par suite de cet encombrement, demande à l’autorité supérieure l'enlèvement immédiat de ces vases.

 

    Les démêlés avec l’administration de Vaucluse ne se termineront pas pour autant. Le 7 août 1898, la municipalité proteste à nouveau contre l'empoisonnement de la rivière d'Orge. Plusieurs habitants se plaignent avoir vu sur la rivière des saletés provenant de l'asile de Vaucluse qui tend à se servir de la rivière pour le tout à l'égout ; et demande au Préfet de vouloir bien faire cesser cet état de choses contraire à la salubrité publique. De même, vu l'enquête ouverte à la mairie de Villemoisson relative à la formation d'une association Syndicale autorisée, pour l'exécution des travaux de curages et de faucardement de la rivière d'Orge et de ses affluents, la municipalité refuse sa participation.

    Au XXe siècle, Villemoisson aura encore à se plaindre de l’asile de Vaucluse.

 

 

Aperçut du moulin de Villemoisson peu avant sa démolition et l’établissement de l’annexe des Archives de Paris.

 

Le 27 août. – La municipalité de Juvisy-sur-Orge, proteste contre une canalisation de l'usine Lervington de Longjumeau déversant ses eaux résiduaires dans la rivière d'Yvette. Villemoisson ayant toujours protesté contre la contamination des eaux de l'Orge, se réunit à Juvisy pour protester contre un tel abus.

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