L’histoire de l’édification de

la chapelle Saint-Joseph Artisan

 

 

 

Une chapelle provisoire.

Avec la création du quartier du Bois de Villemoisson au début du XXe siècle, l’église Saint-Laurent se trouvait trop excentrée ; dès 1937 était proposé l’idée de créer sur le plateau une salle paroissiale pour s’approcher des nouveaux habitants.

La guerre devait interrompre cette initiative, mais en 1954 la crise du logement en Ile de France prévoyait un vaste programme de logements collectifs sur le Plateau portant à 13.000 le nombre des habitants.

 

En juillet 1958, l’abbé Lautram, fils d’un marin d’Auray et ancien ajusteur, est installé dans l’église Saint Laurent, il a pour mission de suivre l’évolution de l’urbanisation de Villemoisson. Son programme est de reprendre, l’idée de 1937, c’est-à-dire la construction d’une chapelle dans le nouvel ensemble immobilier qui va se créer.

Après de laborieuses négociations, l’Association diocésaine de Versailles fait l’acquisition d’un terrain appartenant à madame Caillette, veuve Mousset, propriétaire alors de l’actuel parc des Erables. La vente, malgré la vive opposition de plusieurs habitants, du presbytère qui se trouvait au 8 de la rue Marcel Girard, avec jardin aboutissant 13 rue de Longpont, et de la salle paroissiale sise 1 rue Ferrande, remboursera l’Association diocésaine et permettra sur le terrain acquis la construction d’une salle inaugurée le 18 mars 1962.

 

La « salle » vue depuis l’avenue des Gardes messiers. Nous n’avons pas mieux pour l’illustrer.

 

Mais cette bâtisse est faite dans un but provisoire en attendant la construction d’une chapelle. Pour permettre l’ouverture d’un compte, l’abbé Lautram crée l’Association des Amis de Saint Joseph-Artisan qui lui apportera son concours à la réalisation de l’édifice. En 1960, Lautram lance une souscription dans toute la France

Des prospectus sont publiés à cet effet rédigé dans un style assez agressif, jugez-en.

 

Prospectus de novembre 1960

 

 

« S.O.S. - Villemoisson : 35 kilomètres de rues sans une église ». « Comme un enfant abandonné, ma paroisse est là gisante dans sa détresse spirituelle… ». « On dit que la Chine est aux portes de Paris… C’est toujours vrai ! …71% de faux ménages …La vue du prêtre est une surprise… des enfants m’ont appelés « Madame » … « Un vieux ménage m’a dit : « Monsieur le Curé, voilà 40 ans qu’on est là, et c’est la première fois qu’un prêtre entre chez moi ».

 

Au dos de ce prospectus :

 

 

« Coin de zone à Villemoisson. Notre action cherche à les faire disparaître (sic) - Le même tract a été réédité avec cette variante : « Villemoisson en pleine croissance comporte encore des coins de « zone », en voie de disparition heureusement !

Quant à l’image de droite, elle est remplacée par une photo représentant des enfants devant la salle paroissiale vendue pour l’achat du terrain en vue de la construction projetée. En légende : Des « centaines » d’enfants se tournent vers moi. Faudra-t-il les renvoyer faute de locaux ?

 

Prospectus de juin 1962

 

 

« Hier, perdu dans la brume de la triste banlieue, aujourd’hui, ils chantent dans un local que voue leur avez donné… » Il s’agit de la petite salle dont il est question ci-dessus.

Au dos du tract nous relevons, à la suite d’une quête : « Jésus, je suis malade, et j’ai beaucoup de peine à ne pouvoir vous porter moi-même mes petits sacrifices. Je les confie à Maman. Signé un petit garçon de Villemoisson pour le petit africain. »

 

Prospectus de mars 1965.

 

 

La photo d’un enfant coiffé d’un bonnet traditionnel algérien veut dire peut-être quelque chose. Où est-il question du petit africain en cause dans le prospectus de juin 1962, il y a trois ans ?

 

Il est clair que l’abbé Lautram essayait, par ces tracts, de toucher la sensibilité des gens afin d’obtenir des dons pour l’édification de son église. Mais, quel triste tableau de Villemoisson présentait-il vis-à-vis de ceux qui ne connaissent la commune ! Pourquoi arguer de telles erreurs !

 

Nous ne savons pas les raisons qui ont amenées l’autorité religieuse à muter l’abbé Lautram, en janvier 1965, à Tremblay lès Gonesse. Malheureusement il ne devait pas profiter longtemps de sa nouvelle paroisse. Nous apprenons sa disparition le 21 avril …

 

 

Le successeur de l’abbé Lautram, l’abbé Louboutin, rédige un nouvel appel aux donateurs daté du 1er mars 1965. (Voir le prospectus ci-dessus)

 

Le centre paroissial Saint-Joseph

Quoiqu’il en soit l’impulsion est donnée, la construction de la chapelle « Saint-Joseph artisan » reste d’actualité. Nous en sommes à l’étude d’un projet de maquette, mais l’évêché hésite : « il n’est pas question de construire sur le terrain acquis par l’Association diocésaine parce que celui-ci sera probablement exproprié à terme », l’étude d’urbanisation de la commune se trouve au point mort. Il faut attendre que la situation de l’urbanisation du Plateau se concrétise.

Le terrain réservé pour une éventuelle construction ne se trouverait pas obligatoirement à l’emplacement de la chapelle provisoire Saint Joseph, la mise à disposition d’un terrain correspondant est acceptée.

 

 

Le marché de construction de la chapelle est traité en 13 lots faisant l’objet d’appels d’offre. L’édification du centre paroissial commence en mai 1983, toutefois, sur un litige, une entreprise abandonne les travaux de couverture, d’où des frais supplémentaires, malgré la condamnation de l’entreprise défaillante. La dépense totale pour cette réalisation qui s’est élevée à 1.829.000 francs, est financée sans emprunt, grâce à des placements, à la générosité des paroissiens, qui ont complété l’apport constitué par l’indemnité d’éviction. Le certificat de conformité est daté du 13 juillet 1987.

 

 

 

Le projet est réalisé, mais Villemoisson n’aura pas 13 ou 15.000 habitants, il faudra revoir certaines choses à la baisse. Un permis de construire avait été obtenu pour un presbytère près de la chapelle ainsi que pour un garage, il ne sera pas donné suite à ce projet. La pénurie de prêtres entraîne une restructuration. Le centre Jean XXIII, nouvellement édifié à Sainte-Geneviève-des-Bois, est créé pour loger plusieurs desservants destinés à assurer leurs services dans plusieurs paroisses. Un presbytère à Villemoisson n’a donc plus lieu d’être réalisé.

 

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