La Restauration

(1815 à la monarchie de juillet 1830)

 

 

 

         Avec la chute du premier empire, les Bourbon reviennent, après les « Cent-jours », pour la seconde fois dans les fourgons des armées étrangères. Le frère de Louis XVI prend le nom de Louis XVIII. Les royalistes veulent restaurer les privilèges de l’Ancien Régimes, mais les privilèges sont passés à d’autre. Á Villemoisson les bourgeois se partagent, grâce aux nominations préfectorales, la magistrature suprême de la commune. L’autorité de l’Etat s’immisce dans les moindres détails dans la vie locale.

 

         Barthélemy Moreau. - L'épuration suit chaque changement de régime : l'adjoint Latteux, nous l'avons dit, n'étant pas un fervent Bonapartiste a été remplacé, au retour de l'Empereur, par Jean Baptiste Saint-Lot. Avec la Restauration, Jean· Denis Latteux reprend ses fonctions d'adjoint. Cependant, Barthélemy Moreau, maire très opportuniste, sait faire agréer ses services par les deux régimes et voit sa nomination confirmée par l'ordonnance royale du 19 mai 1816.

Denis Etienne Marie Moreau, a acheté à Edme Jean Blacque, le 5 frimaire an X, le Vieux Logis pour 30.000 francs. Jean Barthélemy Moreau est héritier de son frère. Au registre municipal nous relevons à la date du 10 septembre 1806 qu’un certificat est délivré par Jean Barthélemy Moreau, avocat à la Cour de Cassation, à Denis Etienne Marie son frère ancien capitaine d’infanterie, à l’effet d’obtenir un port d’armes. Barthélemy est né en 1760, il a quatre enfants. Nommé maire en 1810, reconduit en 1816 et en octobre 1821, il démissionne en novembre de cette année. Le 24 avril 1824, par adjudication, Jeanne Edmée, veuve de Barthélemy Moreau, vend à François André Maurey, qui sera maire de Villemoisson, avocat à la Cour d’appel de Paris, le « Pavillon Blacque » pour 34.000 francs.

 

 

         Nomination de Bassompierre maire. - Le 2 décembre 1821, le conseil municipal de la commune convoqué en vertu d’une lettre du sous-préfet de Corbeil, vu l’arrêté du préfet du département de Seine-et-Oise nommant le marquis Stanislas de Bassompierre (propriétaire du château de Villemoisson) aux fonctions de maire de la commune de Villemoisson ;

Vu l’article 3 de l’arrêter de ce préfet concernant le mode d’installation des maires et adjoints, etc. ... Vu la nomination de Pierre Guillaume Lamoureux aux fonctions d’adjoint de la commune de Villemoisson par arrêté, lequel reconnaît et déclare que le marquis de Bassompierre a prêté, en sa présence et entre ses mains le serment prescrit, conçu en ces termes : « Je jure fidélité au roi, obéissance à la charte constitutionnelle, et aux lois du royaume ».

Et attendu qu’au présent registre il n’existe point de procès-verbal de la prestation du serment de l’adjoint, et que celui-ci est rédigé sur une feuille volante, sous la date du 19 août dernier, ne peut être suffisant. Aussi le conseil déclare que Pierre Guillaume Lamoureux, nommé adjoint renouvelle en tant que de besoin, en présence et entre les mains de Monsieur le maire, son serment.

Un arrêté préfectoral du 8 septembre 1822, nomme Taillefer, dit la Tulipe, aux fonctions de conseiller en remplacement de François Latteux décédé.

Le 29 avril 1823, le conseil municipal accepte le legs de la somme de 600 francs laissée à la Charité de Villemoisson par testament de Mr. Moreau, ancien maire de la commue.

 

 

         François André Maurey, nommé maire. - Le 23 juillet 1825, le conseil municipal ayant été convoqué extraordinairement en vertu de la lettre du sous-préfet de l'arrondissement de Corbeil, se réuni sous la présidence de l'adjoint à l'effet de recevoir le serment de François André Maurey nommé aux fonctions de maire de la commune en remplacement du marquis de Bassompierre démissionnaire.

Retour au Vieux Logis : nous savons que Jeanne Edmée Berthery, veuve de Barthélemy Moreau, a vendu par adjudication le Pavillon Blacque, à François Maurey. Ce dernier est né en 1770, marié à Marie Madeleine Jeanne Godet. Sa fille, Sophie-Madeleine, est mariée à Augustin Alexis Damour, attaché au Ministère des Affaires étrangères.

         Notre autre bourgeois, habitant le Collège, ne sera pas laissé pour compte, le 11 septembre 1825, un arrêté du préfet nomme Alexis Lisfranc aux fonctions de membre du conseil municipal, nous entendrons parler de lui.

Deux arrêtés du préfet en date du 6 janvier 1826, reconduisent Maurey et Lamoureux dans leurs fonctions de maire et d’adjoint, lesquels se prêtent mutuellement serment le 4 février devant le conseil municipal réuni. Le 1er mai 1826, François Lafeuille est nommé au conseil municipal en remplacement de Jacques François Thomas, décédé.

Le 3 mai 1828, Jean Pierre Mallet, nommé aux fonctions de membre municipal, en remplacement du sieur Boissyquat décédé, prête serment devant le conseil réuni.

 

Voirie :

         Prolongement de la rue de la Plaine. - Le 1er septembre 1822, est soumis au conseil un projet d'échange entre la commune et le sieur Honoré Dupré. Celui-ci cédera à la commue une portion de terrain de sa pièce de terre marquée sur le cadastre n°266, dans la partie avoisinant Victor Ducreux et le chemin tendant de Morsang à Montlhéry par la plaine de Villemoisson. La commune rétrocédera, en échange, une égale portion de terrain dans la pâture communale provenant d'un autre échange fait avec Mr. Dabrin, propriétaire de Vaucluse, et contiguë à la pièce de terre d'Honoré Dupré.

Et ce, pour procurer à la commune une communication entre les chemins de Morsang à Montlhéry devenue essentielle aux propriétaires de la plaine et des Franchises depuis la suppression faite par Mr. Dabrin d'un chemin qui assure cette communication et la création d'un autre qui remplit ce but que par un long circuit.

(Cette suppression est la prolongation de la rue de la Garenne entre celle-ci et l’Orge en direction du Perray. Et, pour plus d’éclaircissement, ce projet de nouvelle communication n’est autre que la création du prolongement de la rue de la Plaine depuis l’avenue d’Epinay jusqu'à l’avenue de la République).

 

Extension de la rue de la Plaine

 

Avenue de la République

 

         Les corvées comme au temps de la féodalité sont parfois une solution économique. - Le 23 novembre 1824, sur ordre du sous-préfet, il est établi le devis des travaux de réfections à faire aux chemins vicinaux de la commune. Soit l'estimation d'une portion du chemin à partir du pont du Breuil jusqu'au chemin de Villemoisson au Perray (rue du Breuil), une portion du chemin de Villemoisson à Montlhéry (avenue de la République et sa prolongation vers le pont de la Fouille), dont les frais s’élèvent au total à 50 francs. Il est proposé que cette somme soit destinée à l'achat des pierres, et que les travaux soient exécutés par corvées selon chacun sa faculté.

 

         Fixation des largeurs des chemins communaux portées à la connaissance des habitants. - Le 25 janvier 1827, le conseil municipal est convoqué extraordinairement en vertu d'un arrêté préfectoral. Mr. Maurey expose que pour se conformer à cet arrêté, il a dressé à l'aide des indications qui lui ont été données par quelques anciens habitants du pays, le tableau des chemins communaux. Que ce tableau a été affiché à la porte de la mairie depuis le 15 décembre dernier jusqu'au jour d'hier. Qu'il a donné connaissance de cette affiche aux habitants, lesquels ont en outre été prévenus par l'ouverture d'un registre à la mairie pour recevoir pendant quinze jours les réclamations qu'ils pourraient avoir à faire ; par un placard posé dans les lieux les plus apparents de la commune, lequel avis à en outre été publié au son de la caisse.

En conséquence, considérant qu'il n'est survenu aucune réclamation et que la largeur fixée par le maire pour les différents chemins qui sont portés sur le tableau sont bien celles qu'ils doivent avoir. Déclare approuver le tableau dont il s'agit pour être tel qu'il est dressé, soumis à l'homologation du préfet. (La reproduction de cette délibération est importante, elle est le point de départ de vingt années de soucis qui se termineront par un procès).

 

Gardes champêtres et gardes particuliers

         La commune n’a pas les moyens de se payer un garde-champêtre pour elle seule. - Le sous-préfet donne avis au maire de la démission du sieur Diard, garde champêtre, et invite la municipalité à procéder à son remplacement sur la désignation faite par le maire du sieur Dulieu, ancien militaire. Après l'examen du certificat délivré par le maire de Ballainvilliers, lieu de sa résidence ou il est propriétaire, le conseil convoqué extraordinairement le 23 avril 1823, donne son acceptation au préfet Letour, afin que le sieur Dulieu soit autorisé à exercer les fonctions de garde champêtre.

On ne sait si Dulieu conserve longtemps cette charge, puisque le 20 juin 1824, les conseils de Villemmoisson et Morsang reçoivent le sieur Diard Jugond pour garde champêtre (des deux communes). Comme on lui demande s'il veut accepter cette fonction, Diard répond qu'il veut bien moyennant qu'on lui permette de travailler ; il lui est répondu qu'il ne fasse aucunement que le travail concernant sa charge.

Il n'apparaît pas aussi que M. Diard est gardé longtemps sa charge de garde champêtre puisque le 1er mai 1826, le maire présente au conseil, pour remplacer le nommé Bontemps, démissionnaire, la personne de Jean Charles Fourquigon, garde champêtre de la commune de Morsang-sur-Orge ou il demeure.

Le conseil, considérant que la modicité de la somme que peut voter la commune pour le traitement d'un garde champêtre ne lui permet pas d'espérer d'en avoir un pour elle seule. Considérant que la proximité des deux communes, et le peu d'étendue de leurs territoires, donnent la possibilité de les faire garder par la même personne. Vu la lettre du maire de Morsang dans laquelle il exprime son consentement à ce que le garde champêtre de sa commune garde celle de Villemoisson ; le conseil approuve le choix fait par le maire de la personne de Jean Charles Fourquignon pour remplir les fonctions de garde champêtre de la commune.

On peut admettre, que par suite de la démission de Mr. Diard en 1823, la défection de Dulieu, l'entretien l'année suivante avec le même Mr. Diard où celui-ci accepte de reprendre les fonctions de garde champêtre, à condition d'avoir un autre travail lui permettant d'améliorer son traitement, condition qui lui a été refusée, enfin la démission de Bontemps, montre que la commune n'a pas les moyen de s'offrir un garde champêtre. Nous verrons plus loin que la pauvreté de la commune sera cause de nouvelles déceptions. Ainsi, lorsqu'elle fera voeu d'avoir un desservant seulement pour la paroisse de Villemoisson, et plus tard encore lors des procès avec les propriétaires de la forêt.

Cependant il est rappelé au conseil municipal que l'interruption des fonctions de garde-champêtre, tant pendant l'année 1824 que pendant celle de 1825, avait laissé une somme de 44,60 francs sur la somme votée pour 1824 et 76,62 francs sur celle votée pour 1825; soit au total 121,22 francs.

Mais que, d'après l'autorisation du conseil, il a été fait différentes réparations à l'intérieur de l'église, réparations tellement urgentes, que si elles n'eussent pas été faites, il aurait été impossible d'y célébrer l'office de la fête patronale de la paroisse. Ces réparations ont coûté, d'après les quittances d'ouvriers, la somme de 146,85 francs. Qu'en appliquant à cette dépense les 121,22 francs restés libres sur le traitement du garde champêtre, le maire trouve un découvert de 25,63 francs, dont il en fait remise à la commune. De plus, le conseil arrête que la somme qui restera libre sur le traitement du garde champêtre pour la présente année (1826), sera employée aux réparations du lavoir public.

Enfin, le 24 septembre 1826, vu l'acte présenté au conseil par Achille Pierre Félix Vigier, propriétaire demeurant à Savigny, par lequel il a nommé pour garde de ses propriétés situées dans la commune, Nicolas Monceau. Vu le certificat délivré en faveur du dit Monceau par Mr. l'adjoint au maire de Savigny. Le conseil déclare agréer le dit garde particulier.

Le 30 mars 1828, le conseil : Vu la demande adressée au maire par Dabrin, propriétaire à Épinay (de Vaucluse), tendant à ce que le nommé Jean Dediot, qu'il a nommé pour garde particulier des propriétés qu'il possède sur la commune de Villemoisson, soit agréé par le conseil. Vu la commission délivrée au dit Dediot par le sous-préfet, dans laquelle se trouve visé le certificat de bonne vie et moeurs délivré au dit Dediot par le maire de la commune de Charenton-le-Pont ; déclare agréer comme garde champêtre particulier de Mr. Dabrin, Jean Dediot.

 

Culte

         Malgré la pauvreté de ses revenus la commune de Villemoisson veut un prêtre qu’elle prendra à sa charge, mais l’autorité religieuse surenchère l’affectation d’un desservant.

 

 

         Surimposition pour la restauration de l’église et du cimetière. - Le 24 novembre 1824, réunion avec les dix « plus imposés » de la commune convoqués extraordinairement. Le maire expose que l'état déplorable dans lequel se trouve l'église et les murs du cimetière (le cimetière se situe sur la petite place devant l’accès à l'église Saint-Laurent) ne permettant pas de différer plus longtemps à y faire faire des réparations que cet état exige, il croit devoir, pour satisfaire au voeu qui lui est exprimé par le plus grand nombre des habitants, faire des démarches nécessaires pour y parvenir.

Il fait dresser par le nommer Lafeuille, entrepreneur de maçonnerie à Villemoisson un devis estimatif dont le montant s'élève à 1623,85 francs. La commune n'ayant aucun revenu, ni de fonds disponibles, il est indispensable de voter une contribution extraordinaire dont le montant est à déterminé par l'assemblée. Il est fait observer cependant qu'il existe dans le cimetière quelques arbres forts nuisibles à ses murs et à la couverture. Déjà, sur une demande de son prédécesseur, le sous-préfet, le 13 octobre 1820, avait autorisé l'abattage de ces arbres. Ceux-ci au nombre de vingt, tous forts petits, sont estimés à la valeur de 60 francs; laquelle somme pourra servir d'autant à payer le montant des réparations.

Les ouvrages à faire seront donnés par adjudication, et pour faire face au surplus de dépense, il est vote une contribution extraordinaire de 1200 francs, somme jugée suffisante. L'assemblée demande à être autorisée à s'imposer sur quatre années à raison de 300 francs à partir du 1er janvier 1826.

 

         Le budget et la charge du culte. - 14 mai 1826. Vu le budget proposé pour 1827, considérant que la recette ordinaire ne s'élève qu'à 127,80 francs ; tandis que les crédits proposés pour les dépenses annuelles et ordinaires, y compris le service du culte paroissial et le salaire du garde champêtre, sont de 507,92 francs ; qu'en conséquence il reste à pourvoir à un défaut de 380,12 francs.

Les conseillers et, lorsqu'il est question de budget et d’impositions, les dix plus imposés - ces dix contribuables qui sont appelés notables - sont d'avis que la commune soit autorisée de s'imposer jusqu'à la concurrence de 153,26 francs pour le salaire du garde champêtre et de 226,86 francs pour subvenir en 1827 à l'insuffisance des revenus affectés aux autres dépenses et notamment pour l'indemnité du desservant de Morsang.

Lequel, au moyen de cette indemnité portée à 200 francs, soit consentit à ce que la messe soit célébrée dans l'église de Villemoisson les dimanches et fêtes, ce qui est d'autant plus nécessaire tant au spirituel que, par suite de la réunion de la paroisse à celle de Morsang, les habitants étant en majeure partie fort éloignés de l'église de ce lieu ne peuvent assister régulièrement au service divin. D’ailleurs...

Considérant que l'église de Villemoisson n'a jamais été interdite; que le culte est encore célébré plusieurs fois dans l'année, et que le cimetière n'a pas cessé d'être le lieu de sépulture des habitants décédés dans la commune. Considérant enfin que la population est maintenant de « 300 âmes » au moins. Le conseil arrête que par les soins du maire il sera adressé, tant à l'évêque de Versailles qu'au préfet du département, une demande tendant à faire ériger l'église de Villemoisson, soit en succursale, soit du moins en chapelle vicariale.

 

         Les Villemoissonnais veulent un prêtre qu’ils prendront à leur charge. - Le dimanche 26 août 1827, à la réunion du conseil, sont présents : Lisfranc, Robine, Dupré, Latteux, Claude Latteux, Lagneau, Boissyquat, Taillefer et Lafeuille. Maurey, maire, donne connaissance de la pétition adressée à l'évêque de Versailles par les habitants de la commune tendant à ce que l'église de Villemoisson soit érigée en chapelle vicariale, et de la lettre adressée à lui par Moreau, vicaire général du diocèse de Versailles le 1er juillet par laquelle sont rappelées les formalités indispensables à remplir, d'après les dispositions des lois et ordonnances pour obtenir l'érection demandée par les habitants.

Sur quoi le conseil considérant le voeu unanime des habitants exprimé dans la pétition qu'ils ont présentée à l'évêque. Après avoir déclaré et reconnu que l'église est d'une bonne construction et en bon état, sauf les réparations qui sont à faire à la couverture, mais pour lesquelles il est voté une contribution extraordinaire de 1200 francs. Qu'il n'existe point de presbytère (la Maison-sous-l’église ayant été vendue bien national), et que le mobilier a été porté à Morsang lors de la réunion de Villemoisson à cette paroisse. Que la chapelle dont l'érection est demandée se composera de l'ancienne paroisse de Villemoisson, alors que la population de la paroisse actuelle est telle qu'elle se compose d'environ 750 habitants, dont 250 habitants pour Villemoisson et 310 pour Morsang).

Le conseil arrête les dispositions suivantes : Il prend l'engagement formel au nom de la commune, d'entretenir l'église, d’acheter le mobilier et les ornements qui seront nécessaires pour le service du culte. D'assurer au prêtre qui sera désigné par l'évêque diocésain, pour desservir la commune, un logement convenable et un traitement annuel de 300 francs.

Le 21 février 1828, après avoir pris connaissance de la lettre adressée au préfet par l'évêque de Versailles, le conseil arrête que les observations et éclaircissements ci-après seront adressées à l'autorité. Lors de la délibération du 26 août 1827, le conseil espérait satisfaire à toutes les obligations imposées par la loi, mais quelques difficultés font l'objet de la présente délibération. L'évêque demande que la commune se justifie de ses ressources pour sûreté des charges qu'elle veut s'imposer. Quelque rigoureuse que soit cette demande, le conseil va s'empresser d'y satisfaire, car l'évêque évalue à 700 francs la totalité des charges qui résulteront pour la commune de l'érection demandée.

La municipalité fait ses calculs : il convient d'abord de distraire de cette somme 135 francs que la commune paye annuellement sur son budget, tant pour l'indemnité du desservant que pour le loyer du presbytère de Morsang. Cette somme restante sur le budget de la commune réduira les 700 francs à 565 francs. Pour faire face à cette dépense, le conseil fonde ainsi ses ressources : loyer des bancs et chaises de l'église et produit des quêtes évaluées au plus bas : 200 francs ; la fabrique de Villemoisson possède environ 150 francs de rentes qui lors de la réunion ont été attribuées à celle de Morsang. Le conseil à lieu d'espérer que dans le cas ou la commune de Villemoisson serait distraite quand au spirituel de celle de Morsang, elle rentrerait dans la jouissance d'au moins moitié de la rente, ce qui ferait 75 francs. Le conseil s’imposera donc annuellement de 290 francs pour faire face au surplus de la dépense. (Soit : 200 f + 75 f + 290 f = 565 f). Tels sont les moyens à l'aide desquels la commune de Villemoisson remplira ses engagements.

Le 30 mars, il n’apparaît pas que les démarches auprès du diocèse de Versailles pour obtenir l'ouverture de la paroisse de Villemoisson n’ont pas abouties. Puisque lors de la session de mai, le conseil considère que d'après les engagements pris avec le desservant de la commune de Morsang pour qu'il célèbre l'office dans l’église de Villemoisson, comme il le fait depuis le mois d'avril dernier, il est indispensable de voter une contribution extraordinaire pour subvenir au paiement de l'indemnité qui lui est allouée, soit 900 francs annuellement.

Non seulement la commune n’a pu obtenir l'ouverture de la paroisse de Villemoisson, mais elle se voit non pas chargée à une évaluation de 700 mais de 900 francs. Toutefois si Mr. l’évêque a pensé à la revalorisation de son subordonné, par ce qui suit il n’a cependant pas tenu compte de la pauvreté de Villemoisson qui voulait tant avoir un prêtre.

         Le 3 mai, ce jour, il est fait état des dépenses faites aux murs du cimetière et à l'une des chapelles de l'église, lesquelles ne faisaient pas partie des travaux adjugés au sieur Boudineau. Ces dépenses consistent : en une somme de 100 francs payée au sieur Lafeuille, maçon, tant pour la reconstruction des murs du cimetière, de l'achat de (matériaux) employés pour la maçonnerie, que pour le carrelage de la chapelle ; en une somme de 29 francs payée au sieur Barbier, menuisier, pour une porte neuve placée au cimetière, et la réparation de l'autre ; en une somme de 25 francs payée au sieur Dumont, serrurier, pour le ferrage des dites portes. L’année précédente, 18 francs ont été dépensés pour réparation des vitraux de l'église.

Néanmoins, le maire fait part au conseil qu'une somme de 100 francs a été accordée par « son excellence » le ministre des affaires ecclésiastiques pour la réparation intérieure de l'église. Mais que n'ayant pas de fonds pour acquitter le premier trimestre de la présente année du traitement accordé au desservant de Morsang, il a cru devoir employer au paiement de cette dette de la commune, ladite somme de 100 francs.

 

         Perspective du cimetière de Villemoisson au début du XIXe siècles. - D’après ce qui précède on peut s’imaginer que l’actuelle petite place devant l’église Saint-Laurent, où se trouvait l’ancestral cimetière de la commune, était ceinturé de murs fermés de deux portes en bois. Nous ne connaissons pas la hauteur de ces murs. Un chemin d’accès à l’église était-il non compris dans l’enceinte du cimetière ? Á cette perspective, il faut ajouter, comme il est écrit ci-dessus, la présence d’une vingtaine « de forts petits » arbres reconnus nuisibles dans ce cimetière. Peut-on se le représenter si minuscule et si encombré ? Toutefois les tombes devaient être peu nombreuses, et devaient être rapidement remplacées.

 

 

Quelques dépenses communales

Au chapitre du budget, et plus exactement des dépenses, il est intéressant à citer quelques articles qui reviennent chaque année dont certains ont aujourd'hui disparus ; les montants de ces dépenses sont d’ailleurs très stables. Ainsi :

- Abonnement au bulletin des lois : 6 francs

- Frais de registre de l’état-civil : 8,82 francs

- Traitement du messager, puis subvention payée à la direction des postes d'après la loi du 3 juin 1829 : 7,52 francs

- Frais pour les prisons et salles de justice de paix : 6,17 francs

- Frais d'impression des comptes et budget : 2,80 francs;

- Frais de bureau et de toutes espèces alloués au maire : 30 francs

- Traitement du garde champêtre : 153 francs

- Salaire du tambour et afficheur : 10 francs

- Contributions des biens communaux : 1,51 francs

- Visite des fours et cheminées (prévention contre les incendies) : 4 francs;

- Traitement et indemnité au desservant de la chapelle vicariale : 300. (Somme, sans doute, comprise dans les 900 francs annuels demandés par l’évêque).

Lors de la session de mai 1828, le maire rappelle au conseil que le garde-champêtre ayant interrompu son service pendant les sept derniers mois de l'année dernière, le traitement qui lui était alloué pour ce temps est resté libre. Lequel traitement néanmoins été par ledit garde champêtre touché, mais qu'il en a remis le montant entre les mains de la municipalité, soit la somme de 91,75 francs. De plus, le maire a reçu du sieur Lafeuille pour les pierres extraites dans la commune une somme de 19,50 francs. Ce qui fait un total de 111,26 francs. Lesquelles sommes réunies ont été employées en acquisition de pierres pour la réparation des chemins communaux.

Le préfet ayant accordé en 1829 une somme de 200 francs pour subvenir aux réparations de l'église ; cette somme a été remise sur un mandat délivré par erreur à l'adjudicataire Boudineau. Ce dernier devant être payé par le résultat de l'imposition extraordinaire, cette somme récupérée est versée par le maire au trésorier de la fabrique pour être employée comme le jugera convenable le conseil de fabrique.

 

         Impositions : - Chaque habitant porté sur l'état matrice doit fournir une prestation en nature d'une journée de travail et une journée par chaque cheval de trait pour l'entretien des chemins communaux. La prestation est évaluée à 1,50 francs par journée d'homme et à 5 francs la journée d'homme et du cheval attelé à une charrette. Le prix du mètre de pierre employé à la réfection des chemins est de 2 francs.

Il est important de noter aussi que lors des votes des impositions où se trouvent convoqués, conformément aux articles 39 et 40 de la loi du 15 mai 1815, les dix plus forts contribuables, les plus importants propriétaires de la commune, d'ailleurs le plus souvent étrangers à celle-ci, dédaignent répondre aux convocations et se font représenter. Parmi eux : Anne Pierre Bertier, Ferdinand Bertier, Dabrin. Ce détail d'apparence insignifiante aura son importance lors des procès à venir.

 

         Lisfranc de Saint-Martin, percepteur du Bureau de Bienfaisance. - Le 28 juin 1829, le Bureau de Bienfaisance (ancêtre de la sécurité sociale) de la commune se réunit sous la présidence du maire. Vu la lettre du sous-préfet par laquelle il prescrit au bureau de se conformer à l'article 24 de l'ordonnance royale du 31 octobre 1821, précisant que les recettes du Bureau de Bienfaisance dont les revenus ne montent pas à 10.000 francs, soit de droit confiées au percepteur. Vu la lettre de Bourdeau, trésorier du Bureau, par laquelle il annonce qu'il a cessé ses fonctions.

         Considérant qu'il (le maire) ne peut entrer dans les vues du gouvernement d'appliquer les dispositions de l'ordonnance adressée au Bureau de Bienfaisance des communes qui, comme celle de Villemoisson, sont éloignées d'une lieue de la résidence du percepteur ;

- Que se serait mettre des entraves dans l'administration du bien des pauvres et de leur porter préjudice.

- Qu'en effet, les revenue de la Charité de Villemoisson se composant en partie de petites rentes dues par des particuliers de la commune, qui se refuseront infailliblement à porter les arrérages à une aussi grande distance de leur résidence habituelle, lors que la loi ne permet pas de les y contraindre.

- Que d'un autre côté, les rapports fréquents qui sont indispensablement nécessaires entre les administrateurs et le trésorier, cesseront d'avoir lieu.

- Que les personnes charitables qui donnent dans les hivers rigoureux, sont disposées à faire des aumônes par l'intermédiaire du Bureau de Bienfaisance, seront arrêtées dans leurs bonnes intentions par la difficulté de communication avec le receveur.

- Que les différents fournisseurs, les gardes-malades et chirurgiens que le bureau est dans le cas d'employer se refuseront de prêter leur ministère, si pour être payés d'une modique somme, ils sont obligés de faire une lieue et autant pour revenir.

- Qu'enfin, le percepteur aura nécessairement droit à une remise, et, quelque modique qu'elle soit, réduira d'autant les ressources du Bureau déjà bien inférieures aux besoins des pauvres de la commune.

         Par ces motifs, le Bureau arrête que le préfet sera instamment prié de bien vouloir décider que l'article 24 de l'ordonnance précisée ne sera point appliquée au Bureau de Bienfaisance de Villemoisson. Et le Bureau désigne au préfet, Paul Alexis Lisfranc de Saint-Martin, l’un des plus charitables propriétaires de la commune, lequel consent gratuitement à remplacer le trésorier Bourdeau démissionnaire dans cette charge.

 

Vers 1830, ce croquis en fond de page du registre municipal est-il le portrait de Maurey ?

 

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