Des procès des routes de la forêt …

aux lotissements (1)

 

 

 

 

 

Les prétentions du vicomte de Bertier.

26 octobre 1833 - La Révolution est passée, mais la Restauration a enhardi M. Bertier se prétendant toujours maître de ses anciennes seigneuries, il conteste le bornage publié par la municipalité des chemins communaux.

Il est question des chemins dits : « Route à la Dame » (Allée du Bocage, avenue du Bois, avenue Jean Moulin) conduisant du village de Villemoisson à Sainte-Geneviève et du « Chemin de la Croix partant de l'église vers Fleury Mérogis » (rue du Repos aboutissant à la Demi-lune) ; ces chemins étaient publics avant l'établissement de la route départementale (Route de Corbeil). M. le maire est autorisé à agir au nom de la commune, soit devant l'autorité administrative, soit devant les tribunaux, à l'effet de faire cesser le trouble apporté par M. Bertier dans les possessions des chemins dont il s'agit.

 

En rouge la « Route à la Dame » (Allée du Bocage, avenue du Bois, avenue Jean Moulin jusqu’à la place Stalingrad) ; en orange « Chemin de la Croix » (rue du Repos aboutissant à la Demi-lune, aujourd’hui s’arrêtant avenue des Gardes messiers) ; en vert foncé le chemin allant de Morsang à Longpont ( avenue des Gardes messiers, rue de la Plaine, Vieux chemin de Villemoisson) ; en bleu les routes de la Mare Tambour et de la Princesse (avenues de Villiers et des Rossignols).

 

         Le 5 mai 1839, M. le maire rend compte des difficultés qui existent entre la commune et le vicomte de Bertier relativement aux trois chemins classés « chemins communaux » : La route à la Dame, le chemin de la Croix et en plus, le chemin allant de Morsang à Lonpont qui est aujourd’hui l’avenue des Gardes messiers, rue de la Plaine et la rue du Vieux Chemin se dirigeant vers la gare de Sainte-Geneviève.

M. de Bertier nie à la commune la propriété des deux premiers et demande leur déclassement ; quand au troisième, i1 réclame qu'il soit réduit à 4 mètres au lieu de 6 portés sur l'état de reconnaissance des chemins communaux.

Il est considéré que la commune est en possession depuis plus de 40 ans des chemins dont il demande le déclassement. Qu'elle a été confirmée dans cette possession à l'égard du chemin de La Croix, par un jugement rendu par le Tribunal de simple police du canton de Longjumeau en septembre 1835. Lequel a condamné le sieur Charpentier, exploitant les bois de M. de Bertier, à un franc d'amande et aux frais pour avoir déposé sur ledit chemin des bois de coupes provenant dans de la foret de Sainte-Geneviève. Qu'a l'égard du chemin dit La Gilquinière (avenue des Chèvrefeuilles, descendant en ligne droite vers l'Orge et le château de même nom, aujourd'hui Vaucluse) la commune n'en a jamais réclamé la propriété. Vu son arrêté du 26 octobre 1833, le conseil déclare qu'il s'oppose formellement au déclassement demandé.

 

         S’ensuivent les jugements ci-après :

         16 janvier 1845. Le tribunal : « Attendu que les faits énoncés par M. de Bertier, sont pertinent et admissibles. Autorise M. de Bertier à faire la preuve tant par titres que par témoins. Que les deux routes de « chasses » dites Route à la Dame et route ou avenue de la Croix, ont toujours et exclusivement été réparées et entretenues par M. de Bertier. Que les prolongements de la route de la Croix sur la commune de Morsang et la route à la Dame, sur le territoire de Sainte-Geneviève-des-Bois ne sont pas classés. Que la route ou avenue de la Croix était plantée d’arbres et garnie extérieurement d’une haie vive et d’un fossé au-delà de ladite haie ; que les arbres ont été arrachés depuis par la Révolution par M. de Bertier ; que les élagages des arbres et de la haie ont été relevés par lui ou par ses ordres bien qu’il n’ai plus aucun terrain au-delà. Que cette même route ou avenue a toujours servi de dépôt et de débardage des bois du vicomte de Bertier. Que les deux routes dont s’agit étaient fermées de barrières ainsi que l’attestent les vestiges qui restaient encore de 1835 à 1843, à supposer qu’ils aient disparu depuis. Quelles sont les défenses de Villemoisson ?

         13 mars 1846. Le Tribunal : Attendu que les documents produits par la commune défenderesse depuis le jugement du 16 janvier 1845 qui a ordonné l’enquête, documents dont la commune veut faire ressortir la preuve que le roi était propriétaire des routes de chasse dans la forêt de Séquigny, ne change rien à l’état où se trouvait la cause au moment où ce jugement est intervenu. Qu’en effet le système qui faisait résider la propriété des routes de chasse dans les mains du roi, avant 1789 est devenu prescriptible pour que le vicomte de Bertier ait pu acquérir la propriété des routes et avenues dont il s’agit au procès

         Attendu : Que les routes ou avenues dont il s’agit ont été indiquées dans les plans cadastraux comme appartenant au vicomte de Bertier qui, depuis 1811, acquitte les cotes d’impositions afférentes aux dites avenues. Que M. de Bertier, depuis 1790, a agi comme propriétaire des avenues réclamées par la commune, et qu’en supposant que le roi en ait été précédemment propriétaire, M. de Bertier en a acquis la propriété par une possession paisible, publique et non équivoque pendant un laps de temps plus que suffisant pour la prescription. Que la commune ne justifie d’aucun acte de possession. Que le passage des habitants de la commune par ces avenues n’est qu’une simple tolérance rattachée à l’exercice des droits d’usage que le possèdent les habitants de Villemoisson dans la forêt de Séquigny. …

Condamne la commune de Villemoisson à tous les dépens. La commune représentée par son maire qui, faute de documentation, mal défendu, ne pouvait lutter à armes égales contre son adversaire muni de références fausses ou tronquées qui faisaient état du « délai assez long écoulé depuis que le domaine royal était devenu prescriptible pour que le comte de Bertier ait pu acquérir la propriété des routes » et cela malgré les décrets des 22 novembre et 1er décembre 1790 (art. 7) qui disaient :

« Les biens particuliers du prince qui parvient au trône et ceux qu'il acquiert pendant son règne, à quelque titre que ce soit, sont de plein droit et à l'instant même, unis au domaine de la Nation et l'effet de cette union est perpétuel et irrévocable ». Les routes forestières payées des deniers royaux sur des terrains achetés aux divers propriétaires de la forêt faisaient donc partie du domaine national à titre irrévocable ».

 

 

         En conséquence, M. Bertier fait établir un procès-verbal de bornage le 23 mars 1850 : « A la demande de M. de Bertier, Louis, René, propriétaire demeurant ordinairement à Paris, rue de Verneuil, n°11, il est déclaré (résumé) :

         Que M. Bertier est propriétaire d’une grande partie de la forêt connue autrefois sous le nom de Séquigny située sur le territoire de Sainte-Geneviève et de Villemoisson. Que les limites de sa propriété n’ayant jamais été démarquées que par des fossés qui, par la suite des temps, se trouvaient bouchés. Désirant vivre en bonne intelligence avec les propriétaires riverains de son domaine et éviter à l’avenir toutes contestations ou procès, il décide de faire procéder aux délimitations de sa propriété. Cette opération a aussi pour but de confirmer son droit de propriété de la route à la Dame, ou de Villemoisson, et de l’avenue de la Croix, faisant l’objet d’un jugement du 13 mars 1846, auquel la commune a été déboutée. Il demande que de grosses pierres soient plantées pour marquer les délimitations et qu’un procès verbal soit rédigé et approuvé par tous. Puis les opérations sont ajournées au 1er avril, afin d’avoir assez de temps pour prévenir tous les propriétaires des pièces mitoyennes.

         Le 1er avril, 52 propriétaires ou représentants comparaissent. Après avoir parcouru les lieux en tous sens, il est décidé l’implantation du bornage. Six bornes sont ainsi installées dont nous passons sur les détails pourtant intéressant des lieux de leur installation.

 

La conduite des propriétaires de la forêt va rebondir et prendre une autre dimension. Les choses en seraient probablement restées là si les Bertier, pour maintenir leur train de vie, pourtant bien diminué quand on le compare à celui qu'ils avaient encore sous la Restauration, sont obligés d'aliéner petit à petit une grande partie de leurs biens fonciers.

La forêt morcelée, est une proie facile pour les exploiteurs de pierre qui commencent vers 1865 à l'enlaidir d’immenses trous à carrières, puis par les lotisseurs. Le 22 mai 1898, MM. Laurent et Say, extraient des pierres dans les routes de la forêt qu'ils se sont appropriés, dressant procès-verbal contre les contrevenants.

 

Henri Say, le raffineur (propriétaire du château de Lormoy à Longpont), achète la partie ouest de la forêt et afferme la chasse sur toute la partie nord qui est de Villemoisson et de Morsang, il fait clore les limites et les chemins, se moquant ainsi des droits d'usage des populations environnantes intimidées par une telle effronterie et par de nombreux gardes sillonnant les bois.

         Les procès-verbaux sont nombreux, tel celui-ci : « Aujourd'hui, 20 novembre 1892, à 3 heures du soir, nous soussigné Régnié Nicolas, âgé de 49 ans, garde particulier de M. Say Henri, à Sainte-Geneviève-des-Bois, certifions qu'à l'heure indiquée, étant en chasse, lieu-dit le bois de la Commission, territoire de la commune de Villemoisson, les tireurs étaient placés sur l'allée dite de la Dame, lorsque le sieur Périn-Grados ... est arrivé sur la ligne des tireurs accompagné de sa famille ( sa femme et trois enfants). Nous leur avons fait remarquer qu'ils gênaient la chasse, qu'ils n'avaient pas le droit de se promener dans la forêt. Périn a répondu : «Je suis libre de me promener dans la forêt avec ma famille, je n'ai pas à m'occuper de votre chasse, dit-il en continuant de couper la battue, et vous ne pouvez m'empêcher de passer, du reste à cette époque de l'année, les habitants de Morsang ont le droit de venir faire le bois mort, hé bien ! Je viens faire du bois mort, dit-il en me narguant ».

F. Périn, maire de Morsang s'élève contre ces brimades et se trouve devant les juges de Longjumeau en 1892, de Corbeil en 1893, la Cour d'Appel le 25 avril 1894, de nouveau à Corbeil en 1895 et le 30 décembre 1896. Bien documenté Périn réussit à faire admettre par le tribunal que «c'est à tort et sans droit qu'il a été établi d'entraver la libre circulation sur les routes et chemins existant de temps immémoriaux dans la forêt de Sainte-Geneviève », lequel condamne Say aux dépens.

Le 18 février 1900 le maire de Villemoisson obtient gain de cause dans sa revendication des chemins de la forêt et condamne M. Laurent à restituer et à payer tous les frais. Ces routes sont celles de la Princesse, de Monsieur et de la Mare Tambour.

 

En attendant Monsieur Laurent ne cesse d’inquiéter la commune avec ses routes forestières.

Le 25 juin 1905, le conseil municipal, vu le plan cadastral de la commune de Villemoisson, invite M. Laurent à prendre l'alignement qui figure sur ce cadastre en respectant la Demi-lune

En décembre 1906 et mars 1907, M. Laurent se plaint de nombreux vols et d’actes de vandalisme commis à son détriment, actes qu’il a sans doute beaucoup de peine à prouver et que, malgré une surveillance très active, le garde-champêtre n’a jamais constatés.

La municipalité, de son côté note :

1°) Que cette plainte n’a pour but que d’entamer un préambule pour préparer et expliquer par suite le barrage de la route de la Croix de Villemoisson. (Il s’agit de la rue du Repos qui jadis se prolongeait jusqu'à la demi-lune).

2°) Que les raisons invoquées par M. Laurent pour en treillager la route de la Croix sont absolument puériles, cet « entreillagement » devant selon lui endiguer le passage des voleurs alors que la seule raison bien nette, évidente, est de vouloir prouver que la route de Monsieur (rue d’Orgeval), pour laquelle M. Laurent et la commune sont en procès, est un cul-de-sac.

3° Que cet « entreillagement » constitue, malgré la loi, un « enclavage » pour certaines pièces de terre qui n’ont d’autre débouché que le sentier de la Cerisaie allant rejoindre la route pavée de Sainte-Geneviève (route de Corbeil) à Longjumeau ; ce sentier traversant la route de la Croix.

4°) Qu’il y a de la part de M. Laurent un abus que le conseil municipal ne saurait, sans manquer à son devoir, laisser passer sans protester très énergiquement, tant au nom des cultivateurs lésés dans leur droits et dans leurs intérêts, qu’au nom du bon sens et de la justice. Mais contre lequel abus la commune de Villemoisson ne peut rien à moins d’entamer un procès que ses maigres ressources ne lui permettent pas de faire.

Le conseil proteste contre les agissements de M. Laurent et contre le jugement de 1840 rendus sous le régime de l’arbitraire et du bon plaisir. Emet le voeu que les pouvoirs publics étudient la possibilité de faire profiter les communes pauvres, comme la commune de Villemoisson, de l’assistance judiciaire dans les procès qu’elles peuvent avoir à entamer ou à soutenir contre l’arbitraire et les prétentions des grands propriétaires terriens. Il est décidé d’adresser ces protestations à M. le Préfet de Seine-et-Oise, pour être transmises à M. le ministre de l’intérieur, président du conseil des ministres.

21 avril 1907. - Le conseil constatant la fin de non recevoir de M. le préfet, considérant qu’il n’est pas appuyé par l’autorité supérieure dans ses revendications et que ses revenus ne lui permettent pas, sans une imposition considérable, de continuer le procès Laurent et consorts, est d’avis d’abandonner, à son grand regret, la suite du dit procès. En attendant, le 15 novembre 1908, la commune est redevable de 4149,56 francs, montant des frais du procès des routes de la forêt contre MM. Laurent et Say ; il est décidé, pour ce paiement un emprunt au Crédit Foncier au taux de 3,85%, qui représente une imposition de 3,7 centimes aux contributions.

 

         Les propriétaires de la forêt avec le rachat des droits d’usage et après avoir gagné le procès des routes, peuvent dès lors disposer de leurs biens fonciers et récupérer largement les sommes versées au sujet de ces droits aux communes. Mais ils ont toujours du mal à conserver leur train de vie issu de l’Ancien régime, à moins que leurs intérêts se dirigent vers d’autres objectifs. Les chasses à cours vont disparaître avec la mise en lotissements de leurs biens. Depuis 1900 les processus de lotissement sont multiples et complexes. En général les grands domaines sont lotis par des grandes sociétés immobilières tandis que les terrains morcelés le sont par des cabinets locaux de notaires ou de petits lotisseurs »

 

1°) Le Bois de Villemoisson

En 1885 Achille Laurent achète à la « Société des Meulières » des Hauts-de-Seine, 120 ha de la forêt de Séquigny, bordant la route de Corbeil sur les communes de Morsang, Villemoisson et Sainte-Geneviève. En 1898, associé à son fils, Léon Laurent, il décide de créer un lotissement. Ils s'engagent à viabiliser les parcelles et mettre en vente la partie de 40 ha située sur Morsang-sur-Orge qu'ils nomment le Parc Bauséjour ». Dans le même temps la société Laurent et Cie édifie la somptueuse bâtisse, style normand 1900 (architecte Guimard), le « Castel d'Orgeval ». Elle est la résidence et le siège social des lotisseurs. M. Henri Desché est mandaté pour effectuer la vente du lotissement, et installe son bureau à l'angle de la rue des Rouges-gorges et de la route de Corbeil.

 

A l’angle de la Route de Corbeil et de la rue des Rossignols

 

En juillet 1905, Léon Laurent devenu seul propriétaire à la suite du décès de son père Achille Laurent, vend la partie de la propriété située sur Villemoisson et Sainte-Geneviève, soit 18 ha 37 a 94 à MM. Simonet et Flament, agissant tous deux en qualité de membres de la «Société civile des terrains et constructions des environs de Paris » constituée entre eux le 29 janvier 1903 et dont le siège est à Bois-Colombes. Le lotissement du « Bois de Villemoisson » est né.

 

 

2°) Les bois du Perray

         La partie Villemoisson comprise à l’ouest de l’avenue d’Epinay, lieudit du Fonds de Calais s’étendant sur Sainte-Geneviève-des-Bois sera vendue par Henri Say.

         La réalisation du lotissement des bois du Perray sera faite par une société créée en 1899, qui a loti ou acheté 650 ha dans les communes de Savigny, Paray-Vieille-Poste, Juvisy, Athis-mons, Morsang, Sainte-Geneviève et Villemoisson. Spécialisée dans l'achat des grands domaines, elle acquiert en 1923 le domaine du Perray situé dans la forêt de Séquigny à Sainte-Geneviève dont une petite partie, en bordure de la commune de Villemoisson.

L'activité de cette société dirigée par M. Bernheim, écrit Victor Chaudun, s'exerce par l'intermédiaire d'un grand nombre de filiales, dont celle qui nous intéresse, qui après avoir exercé sous différents noms, traite la vente du lotissement du «Domaine des Bois du Perray » sous le nom de la « Compagnie d'entreprises immobilières et industrielles » dont le siège social est rue du Berry à Paris dans le 8e arrondissement, comme toutes les filiales de cette société. Monsieur Jean Bastié Bastier dans « Croissance de la banlieue parisienne », précise : « Elle est dirigée par un préfet honoraire, ancien membre de plusieurs cabinets ministériels, d'un futur président de la République et qui s'intéressera plus tard aux lotissements d'Hossegor (lac, plage et forêt des Landes.

 

 

Suivi de l’évolution des lotissements

         5 juin 1910. - Etablissement d’une ligne téléphonique entre les bureaux de ventes des lotissements du Bois de Villemoisson et le Parc Beauséjour avec le siège des promoteurs.

11 février 1919. Le conseil accepte la reconnaissance des chemine du Bois de Villemoisson à condition que l'association des propriétaires du Bois se mettent d'accord avec la loi du 14 mars 1919, concernant les lotissements.

18 septembre 1920. Sur la proposition de Mr. Rhode, le conseil municipal alloue à l'Association des propriétaires du Bois de Villemoisson une subvention annuelle de 10 m3 de pierres cassées pour l'entretien des chemins.

9 juillet 1922. - Il est fait une demande d’allocation de M. le président du syndicat des propriétaires du Parc de Beauséjour pour une plantation d’arbres sur la route n°117 de Versailles à Corbeil. Cette plantation est accordée qu’à la condition que les frais de plantation soient entièrement à la charge du syndicat.

19 novembre 1922. - M. Simonet propose la cession de routes du lotissement du Bois de Villemoisson.

18 novembre 1923. - M. Bessière, propriétaire à Villemoisson, « est invité à ouvrir l'ancien chemin de l'église au Pavé de Sainte-Geneviève-des-Bois barré par le grillage de son parc et devant aboutir au lieu-dit « La Demi-Lune. (Jadis la rue du Repos se prolongeait jusqu'à la Demi-lune).

17 novembre 1924. - Il est présenté le dossier du plan d'aménagement du domaine de Bois du Perray pour les quartiers situés sur le territoire de la commune de Villemoisson.

15 novembre 1925. - Il est voté une subvention de 50 francs aux veuves et enfants des puisatiers qui ont été asphyxiés en puisant des puits dans le lotissement des Bois du Perray-Vaucluse.

20 février 1927. Le Groupement de Défense des petits acquéreurs de terrains du Bois de Villemoisson se plaint devant le tribunal de Corbeil envers le lotisseur M. Desché.

24 août 1930. - Il est donné avis favorable au projet de déclaration d'utilité publique des travaux de prolongement de l'avenue d'Epinay, depuis le n°67 jusqu'à la rue de la Plaine, dans le cadre de l’association syndicale autorisée « Le Bois de Villemoisson ».

27 octobre 1931. - La commune et le Syndicat du Bois de Villemoisson partagent les frais de goudronnage du chemin rural depuis les Quatre Routes jusqu'à la Place des Fêtes. (Aujourd'hui l'avenus du Bois depuis la Place de la Louvière jusqu’à la Place de la Libération).

30 août 1934. - Classement des rues du lotissement du « Bois de Villemoisson » dans la voirie urbaine. - La remise à la commune des voies privées comprises dans le périmètre de l'association syndicale du Bois de Villemoisson est acceptée dans les conditions suivantes : Le sol des rues est remis gratuitement par l'association à la commune sans aucune servitude, obligation ou réserve, qui s'engage à les entretenir en parfait état. L'association doit établir à ses frais les plans d'alignements des rues et les remettre à la commune dans le plus court délais. L'association s'engage à raccorder le réseau des canalisations d'égout avec le collecteur construit par les associations de Sainte-Geneviève-des-Bois. Dés que ces travaux seront faits, l'association devra procéder au nettoyage complet du réseau que la commune prendra alors en charge. Jusqu'à ce moment la commune ne devra pour quelle cause que ce soit être rendue responsable ou recherchée pour un fait imputable au réseau inachevé ; l'association restant seule responsable.

La commune mettra à la disposition de l’association, le cantonnier chargé de l'entretien des rues du Bois chaque fois que le nettoyage des égouts sera nécessaire. L'éclairage public des rues devant être assuré par la commune à compter du 1er juillet 1934; les bouches de lavage et d’incendie devront être prises à charge à cette date, l'officier des pompiers devant constater leur bon fonctionnement. La commune renonce au bénéfice de l'article 20 des statuts qui prévoit une indemnité au moins égale aux dépenses nécessaires pour l'entretient des rues pendant une durée de 5 ans.

L’association s’engage : à installer l'alimentation du gaz dans toutes les rues dés que la subvention demandée à cet effet sera accordée : les chaussées devront être réparées au passage des tranchées. Faire un goudronnage général et payer aux lieu et place de la commune, la réfection du chemin compris entre les Quatre routes (place de la Louvière) et la Place des Alliés. (Aujourd’hui l’avenue du Bois). Rembourser à la Caisse départementale les annuités correspondantes au prêt de 50.000 francs Qui a été effectué par son intermédiaire pour l'aménagement de l’Orge.

 

 

         Un nouveau quartier est né, longtemps il reste dans l’esprit des contemporains deux Villemoisson : il y a ceux du village et ceux du Bois. Avec une nouvelle génération cette distinction va s’atténuer en attendant le centre-ville. En gros il y a les villemoissonnais et les « étrangers » qui vont constituer une nouvelle population villemoissonnaise. Autre point de disparité : les villageois se trouvent tournés vers Epinay pour sa gare et ses commerçants ; quant à ceux du bois la gare de Sainte-Geneviève est de se côté plus proche et les commerces deviennent de plus en plus considérables exerçant une attraction importante. Les débouchés de l’emploi étant principalement tournés vers la capitale il est compréhensible la proximité des gares. Le groupe scolaire Emile Bouton s’installe sur le plateau au centre de la commune. Mais il n’y a pas longtemps encore, après les études primaires, beaucoup de jeunes villemoissonnais se sont retrouvés à Jules Ferry, à Sainte-Geneviève, pour continuer leurs études. Cette commune dont l’essor économique absorbe le voisinage, la décentralisation aidant, va aboutir à la création de la Communauté du Val d’Orge.

 

Parmi les pionniers du Bois

 

         A Sainte-Geneviève-des-Bois comme à Villemoisson la forêt de Séquigny a disparu, nous ajoutons en conclusion ce texte extrait du « Bulletin de la Société historique et archéologique de Corbeil, d'Etampes et du Hurepoix » (1912). « … Qu'est devenue la forêt de Sainte-Geneviève ? Des industriels y ont creusé d'innombrables trous de carrières, pour extraire la meulière qui en formait le sous-sol et ce, sans le moindre respect pour ces allées délicieuses. Certaines de ces allées défoncées, impraticables, et quelques-unes même ont été fermées à la circulation. Et, ce qui est encore plus triste, cette malheureuse forêt n'échappa pas à la furie de spéculation qui sévit chez tant de possesseurs d'une superficie un peu importante aux environs de Paris. Un de ceux-ci, propriétaire de 120 hectares sur les communes de Morsang et de Villemoisson, essaye d'y créer sous le nom de Beauséjour, un « village artificiel. »

 

(1) Registres des délibérations d’époque

(2) Jean Bastié, croissance de la banlieue parisienne.

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