Le Plessis-Paté (1)
C’était autrefois Saint-Pierre de Brétigny.
Ce lieu, simple hameau de Brétigny, a été démembré de
Saint-Pierre-de-Brétigny au XVIIe siècle.
Le
nom du plessis, commun à beaucoup de villages, vient du latin
« Plectere », qui signifie ployer, enlacer.
On en a formé, en terme de basse latinité, le mot Plesseium, qu'on traduit en vieux français par Plessis.
Ce fut originairement un enclos cultivé fermé de branches d'arbres
pliées en forme de claies, de crainte que les bêtes fauves n'y causent du
dégât. On y a bâti des maisons par la suite ; et ce lieu a porté le nom des
maîtres du territoire. Il passe pour avoir porté primitivement le nom des sieurs
Pasté, famille ancienne, mais qu'on ne trouve point avant le XIIIe siècle.
Plessis vassal de Corbeil puis de Montlhéry
On
ne montre aucun titre du XIIIe siècle qui parle du Plessis-Pâté, et il est assuré
d'ailleurs que dans le XIIe, lorsqu'on voulait désigner ce hameau de Brétigny,
on disait simplement le Plessis, au moins à en juger par les titres du prieuré
de Longpont. Il est certain que ce monastère avait du bien au Plessis-Pâté.
C'était
un Chevalier appelé Guillaume Cocheri, et Geoffroi Baud, qui avaient donné aux
religieux ce qu'ils avaient de dîme au Plessis dans ce qui était appelé la
« Couture », laquelle Couture avec un bois leur venait de Simon de la
Broce (Brosse), et fut cause que dès lors ils y eurent une grange et des hôtes.
Foulques
de Liers augmenta les terres de cette Couture vers l'an 1136 du temps du prieur
Landry, lequel par reconnaissance lui fit présent d'un « dextrier »
(grand cheval de guerre). Il faut ajouter que ce même Foulques, en faisant
moine son fils Burchard, leur donna aussi sept sols de rente au Plessis.
Vers
la même année 1136 « Arraudus Miles de Plesseiz » parut comme témoin
dans un acte pour Longpont.
La
bulle d'Eugène III de l'an 1151 où sont énoncés les biens que cette maison
possédait marque des décimes de Brétigny et « Plesseiz ».
Sous
Thibaud, prieur vers 1154, Evrard qualifié « Miles de Plesseiaco mourut
après s'être engagé pour le legs de sa mère, et il fut inhumé à Longpont.
Aubert, son frère, vint offrir sur l'autel un certain dimanche, après
l'évangile de la messe, l'acte de la donation. Parmi tant de titres, aucun ne
donne de nom distinctif au Plessis.
Les
chevaliers de ce nom sont marqués dans le rang de ceux qui étaient de la
châtellenie de Corbeil vers la fin du règne de Philippe Auguste au XIIIe
siècle. Parmi ceux qui relevaient du roi, Montlhéry, et qui avaient soixante
livrées de terre, est nommé Guillaume Pasté ; et parmi ceux qui relevaient
d'autres que du Roi, se lit Thomas Pasté.
Selon
le Cartulaire de l'Abbaye d’Hyères, c'était dans la partie orientale de cette
châtellenie, c'est-à-dire la Brie. Il est spécifié que Guillaume
« Pâtez », chevalier, avait donné à ce Monastère une dîme dans le
fief de Guillaume Panier d'Ormoye (d’Ormoy), et que ce seigneur suzerain avait
approuvé la donation l'an 1218.
Le
registre de Philippe Auguste sur Montlhéry met le Plessis, en parlant de celui
dont le seigneur était tenu à la garde du château. Arraud de Plessis est homme
lige du roi et doit servir deux mois de garde au château de Montlhéry ; il
tient aussi Viller - qui est peut-être - à côté de la Ferté-Alais. En 1249, un
nommé Henri Pasté avait une censive à Charenton.

Plan d’Intendance, XVIIIe siècle, déposé aux archives
départementales de l’Essonne.
Quarante
ans après vivait Gilles Pasté. On lit, dans les arrêts du Parlement de l'Octave
de la chandeleur 1268, que la haute justice lui fut adjugée en sa terre
joignant Charenton. Il ne faut pas confondre ce personnage avec Jean, mort
évêque de Chartres à qui fut donnée la justice du lieu en propre. Comme lui, il
entra dans les ordres. Il fut élu évêque d'Orléans en 1280 on marque son décès
en 1288.
C'est
lui dont MM. de Sainte-Marthe ont défiguré le nom en l'écrivant Pastai contre
le témoignage des anciens titres. Jusqu'ici nous ne trouvons aucuns indices que
la terre du Plessis proche Montlhéry fût possédée par un seigneur de Pasté,
quoique, outre Guillaume, Thomas et Gilles, il eût existé dans le XIIIe siècle
un Ferric Pasté, que le père Anselme qualifie de maréchal de France; car pour
toute terre il ne lui donna que la seigneurie de Chaleranges.
Le petit Plessis devient grand.
Mais
au commencement du siècle suivant vécut Jean Pasté, élevé dans le clergé de
Chartres dont il devint doyen en 1320, étant archidiacre de Thierache au
diocèse de Laon, puis placé sur le siége épiscopal d'Arras en 1326, et
transféré deux ans sur celui de Chartres ou il mourut en 1331. Il y a des
preuves certaines que ce Jean Pasté possédait la terre du Plessis en question.
Du
Tillet dit de lui qu'il fut présent avec plusieurs évêques et autres grands du
royaume à l'arrêt rendu pour les exécuteurs du testament d'Agnès, Comtesse de
Bigorre, contre Charles de France, comte de la Marche, frère du roi Louis
Hutin, donné au Parlement de Toussaint l'an 1315.
Au
mois d'octobre 1317 il obtint du roi Philippe-le-Long des lettres datées de
Paris, portant concession de la haute justice sur le village de Plessis-Pâté et
les hameaux de Liers, de Charcoix et de Bressonvilliers, qui sont aux environs
et qui relèvent du roi. Ceci en considération de l'attachement et de la
fidélité qu'ils avaient eus envers Louis X et Philippe V, son frère ; à
cette haute justice et fief tenait de la Motte de Montlhéry. Ce fait est
relatif à l'ordre que Guillaume de la Magdelaine avait reçu de Philippe-le-Long
la même année, de s'informer de ce que la haute justice des villages et
territoire du Plessis-Pâté, Charcoix et Liers, pouvaient produire par an.
Ainsi
il y a apparence que ce fut de lui que prit le surnom de Plessis-Pasté. La
terre du Plessis-Pâté consiste principalement, après le chef-lieu dans la
seigneurie de Charcoix et comprenand aussi le fief de la Motte de Montlhéry. Ce
dernier fief n'a pour chef-lieu qu'une butte de terre qui était au-devant de la
barrière du château de Montlhéry hors la ville. Il faut ajouter celui de la
Butte de Mont-Pipeau relevant du roi, situé au bout du parc de
Sainte-Geneviève-des-Bois, comme aussi plusieurs autres, comme la seigneurie du
Perray. Le fief de Charmes enclavé dans le parc de Brétigny, doit au seigneur
du Plessis, dont il est mouvant à cause du fief de Fontaines, à chaque
mutation, pour tous droits, deux éperons d'argent, du poids d'un marc.
Après
la mort de Jean Pâté, évêque de Chartres, nous trouvons une Jeanne, qualifiée
dame du Plessis-Pâté, laquelle donna aux religieuses d’Hyères 30 sols de rente
à lever à Bray et à Cercy, apparemment Sucy. Marie « la » Pâtée qu'on
dit avoir été la nièce de Jean, prenait pareillement le titre de dame du
Plessis-Pâté en 1399 et 1405.
La Seigneurie du Plessis appartint ensuite à Jean Blosset,
chambellan du roi. (Armes : écartelé 1 et 4, paillé d'or et d'azur, de six pièces ; au chef de gueules,
chargé d'une vivre ou fasce livrée d'argent ; au 2 et 3
d'Estouteville.) Il est
qualifié Seigneur du Plessis-Pâté, dans la commission dont Charles VI le
chargea en 1414 de conduire le ban et arrière-ban de la prévôté de Paris et du
Comté dé Montfort. Celui qui succéda fut Rogerin Blosset, écuyer, seigneur de
Saint-Maurice-Tiroaille au diocèse de Sens. Il prenait en 1446 la qualité de
seigneur du Plessis, et vivait encore en 1462. Charles Blosset, son fils, fondé
de sa procuration, fit faire en cette année la chevauchée de la justice en
présence du procureur du roi de Montlhéry et autres personnes au nombre de 59.
Il y eut un autre Jean Blosset sous Charles IX et Henri III.
Celui-ci fut fait chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le 31 Décembre 1578.
Ici nous faisons une répétition avec Brétigny, chaque
localité devant être comprise séparément. Ce
Jean fut marié deux fois, sa
première femme mourut au Plessis, en
odeur de sainteté, l'an 1587. On l'inhuma dans le choeur de l'église
Saint-Pierre de Brétigny. Cent vingt-trois ans après son décès, une nouvelle inhumation
en cette église donna lieu à la découverte du cercueil contenant les restes de cette dame. Son corps fut trouvé sans corruption. Les populations crièrent au miracle,
et invoquèrent
depuis celle qu'elles appelaient bienheureuse ! Quinze jours durant, la
foule assiégea l’église et vint
prier près du cercueil resté ouvert. Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris,
informé de ce qui se passait, ordonna que le cercueil fut scellé
de nouveau et déposé à la place qu'il occupait. Jean Blosset est mort le.26
novembre 1592. Il laissa Marie de Riants, sa seconde femme, et n'eut d'enfants ni de l'un ni de l'autre
mariage.
Ses héritières furent ses sœurs : Claude Blosset dame de
Thorcy, et Françoise Blosset, épouse
de Jean de Bricqueville, seigneur de
Colombières. Cette dame a été mère de François d'Orléans, bâtard de
Longueville, qui a été marquis de Rothelin. L’aînée, Claude, devint dame du
Plessis, porta cette terre à Louis de Montbron, seigneur de
Fontaine-Chalendray, qu'elle épousa.

Partie du village extrait du plan d’intendance ci-dessus
En 1619, cette
terre fut vendue par leur petit-fils, du même
nom, à M. Geoffroy de Laigue, conseiller d'État. C'est
pour lui qu'elle fut érigée en
Baronnie par décret du 26 juillet 1657.
Il fit détruire en partie l'ancien château pour en élever en sa place un autre.
C'est aussi de son temps que le bois du Labyrinthe fut planté sur le dessin de
M. le Nôtre. Notre fabuliste La Fontaine fut, paraît-il, pendant quelque temps
l’hôte du châtelain du Plessis. Il y fut
dit que cette terre relevait de celle de Sucy en Brie qui est, dit-on, proche
Guine-la-Putain ou Rabutin. Ce décret-
obligeait les habitants de la paroisse,
séparés de l'église mère de Brétigny, à y venir
chaque année processionnellement en signe de reconnaissance,-le jour de Saint-Pierre, pour assister a la
messe du patron, et y acquitter
aussi certains droits au profit
du curé de la paroisse et de l'oeuvre et fabrique. Il fit donc ériger en paroisse l'église de Notre-Dame qui
est dans le village du Plessis, le 26 juillet 1657.
Les habitants de Brétigny, opposé au démembrement de la
paroisse de Saint-Pierre de Brétigny, se joignirent à leur seigneur, François
Martel, pour appeler comme abus contre l’érection de la nouvelle paroisse. Mais
un arrêt du Parlement de Paris en date du 14 février 1658, les débouta de leur
opposition. Jusqu'à cette époque l’histoire du Plessis, avec ses fermes des
« Capettes », de la Vatonneou, de la Justice, ses hameaux de Charcoix
et des Bordes-Pied-de-Fer, se confondait donc avec celle de Brétigny.
Le premier acte de l’état-civil de la nouvelle paroisse est
du 8 septembre 1659, c’est un baptême dont le parrain est « Messire
Geoffroy de Laigues, comte dudit lieu, baron du Plessis et autres » et la
marraine « damoiselle Claude Besnard, pour mademoiselle de Montbazon.
Dans un baptême du 5 octobre de la même année, la marraine
est « damoiselle Louise Le Sueur, fille de monsieur Le Sueur, officier de
son altesse royale, monseigneur le duc d’Orléans ».
Dans un acte portant la date du 31 octobre 1676, on trouve
l’abjuration de messire Frédérique de Lorme, « escuyer, seigneur des
Bordes » ; à la date du 8 mai 1678, celle de messire Paul de Lorme,
« escuyer, seigneur des Bordes ».
Après M. de Laigue, Le Plessis revint à Jean le Picard, qui
était de robe ; puis François d’Argouges, conseiller d'État, chancelier de
la reine Marie-Thérèse puis premier président du`Parlement de Bretagne. Le
« Mercure », où nous trouvons l'annonce de son décès, le qualifie
baron des baronnies du Plessis-Paté, Montpipault, Fontaine et Bondoufle. Il est
mort le 16 août 1695. Anne de Hodic, sa veuve, lui survécut jusqu'au 29
novembre 1705. La maison d'Argouges tirait son nom d'une terre voisine de
Bayeux. Elle était connue dès le temps de Guillaume le Conquérant : Ses armes avaient
pour cimier la Foi, représentée sous la figure d'une femme nue, avec la devise
ou cri de guerre : « à la fée ! à la Foi !» Le peuple prononçait de
la fée ! Ce qui a donné lieu à une de ces anciennes histoires dont le moyen âge
fut prodigue.
Suzanne d’Argouges, marquise de Bournezeau, petite-fille de
Jérôme d'Argouges de Ranes, vendit la baronnie du Plessis-Paté, le 24 mai 1709,
à Charles Louis Kadot, comte, puis marquis de Sebbeville. Il substitua son nom
à celui des Paté : on ne dit plus par sa volonté, que le
Plessis-Sebbeville. Il mourut dans le château du Plessis, le 23 août
1728 à l’âge de 77 ans. Il a été inhumé dans l'église du lieu (Armes : de
gueules, à trois roses d'or, 2 et 1. Et en coeur, une hure de sanglier allumée,
défendue d'argent et couronnée d'or). Sa famille était originaire de Normandie,
alliée aux Gigault de Belle-fonds et aux Davy. On sait qu'il était lieutenant
général des armées du roi, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis,
seigneur et baron du Plessis, Bondoufle et autres lieux.
Charles Louis Frédéric Kadot, baron du Plessis-Sebbeville,
leur fils, enseigne de la seconde compagnie des mousquetaires, brigadier des
armées du roi, mourut à Paris le 14 octobre 1734. Il avait épousé Élisabeth
Thérèse Marguerite Chevalier, qui lui survécut. Le frère de cette dame, Louis
André Chevalier, a été prieur-commendataire de Longjumeau. Ils descendaient
certainement des chevaliers du village de Grigny. Des deux soeurs de Charles
Louis Frédéric, l’une était Françoise Antoinette Kadot, épouse de Louis,
marquis de Mailly, mourut à Chaillot à l'âge de 26 ans, le 28 mai 1732 ;
l’autre, la comtesse de Gouffier.
Il a laissé Marie, mariée à Timoléon Antoine Joseph Louis
Alexandre, comte d'Espinay-Saint-Luc, elle mourut le 21 juillet 1763, à l'âge
de 30 ans, en donnant le jour à la dernière duchesse de Béthune-Sully. La
famille de Sebbeville est restée en possession de la terre du Plessis jusqu'à
la Révolution. Elle y était représentée à cette époque par madame la comtesse
d'Esclignac.
Plessis-Pâté, Plessis d’Argouges ou Plessis Sebbeville, à la
Révolution, repris celui de Plessis-Pâté qu’on n’a pas changé.
A la Révolution, le Plessis-Pâté faisait partie de Montlhéry
et du district de Corbeil
Les écarts.
Charcoix (Charcois)
Charcoix
qui est situé entre le Plessis et Bondoufle, n'est qu'un hameau de huit ou dix
maisons : pays de labourages en plaines aussi bien que le Plessis. Ce lieu
était habité et cultivé dès le XIIe siècle. Les titres latins du prieuré de
Longpont qui sont de ce temps-là l'appellent « Carcoicum et
Charcosium ». Radulfe surnommé Baudus donna à cette maison une portion de
dîme qu'il y avait, et eut de cela un cheval. Et Foulques de Bevres lui donna
en mourant sept arpents de terre situés en ce lieu, dont furent témoins Frotger,
doyen, et Ermenald, prêtre. Si j'étais sûr (écrit Lebeuf) que
« Tertiacum » fut le mot latin qui a produit celui de Charcois, et
qui est employé pour désigner un territoire de labourages voisin de Brétigny,
je ferais remonter l'antiquité de Charcois jusqu'au Xe siècle. Au XIIe, une
partie de la principale ferme porte le nom de Louvre, on ne sait
pourquoi ; une autre partie du hameau s’appelle le Château-Frileux.
Les Capettes
Il y a sur la paroisse de Plessis-Pàté une ferme que Claude
le Fèvre, avocat en Parlement, légua par son testament du 18 février 1649 au
Collège de Montaigu à Paris à la charge d'élever et instruire perpétuellement
deux enfants du bourg d'Aulnoy (Aunay-sous-Anneau près Chartres), où le
testateur était né. En 1899 cette ferme était la propriété de M. Saintain,
maire de Montlhéry.
Les Bordes-pied-de-Fer.
Les Bordes-Hachets appelé aussi Piédefer avec sa ferme. Ce
dernier nom est commun à plusieurs fiefs du voisinage. Celui-ci parait avoir
été érigé pour Robert Piédefer. C'est peut-être pour éviter la confusion qu'on
aura changé son nom. Ce fief a été démembré de Brétigny en même temps que le
Plessis. Il y avait jadis un oratoire où il fut permis en 1698 de faire
célébrer.
Cette ferme devenue maison de plaisance appartenait en 1790
à M. Digeon, ancien échevin de la ville de Paris. Elle devint la propriété de
la famille Treilhard. Là est mort à 69 ans, le 3 août 1855, le comte Achille
Libéral Treilhard, fils jurisconsulte. Ses restes ont été inhumés dans le
cimetière du Plessis. Il avait épousé en 1846 Estelle Nitot (Écharcon). Dans
cette maison est mort le 24 juillet 1858, à l'âge de 74 ans, Louis Casimir
Rouxel de la Rouxillière, chirurgien-major. A la fin du XIXe siècle, elle était
la maison de campagne de M. Henri L’Hôpital, son arrière-petit-fils, dont le
père M. Georges L’Hôpital fut maire de la ville d’Evreux et aussi conseiller
d’Etat sous Napoléon III.

La ferme de la Justice ou de la Vatonne, avec ses terres
portant les noms du Gibet, du Prieuré, etc., appartenait en 1831 à M. Chomel
qui fut médecin du roi Louis-Philippe, et à la fin du XIXe siècle à M. Lalain
Chomel, son petit-fils, vice-président du tribunal civil de la Seine.
Il
y a sur la paroisse de Valgrand (Vert-le-grand) un lieu appelé Butte et Pierre
de « Baumon »; Balm en celtique signifiait rocher. Cette portion de
terrain est de la justice du Plessis-Pâté.
Le château
Le château fut reconstruit au XVIIe siècle, par le baron du
Plessis-Paté, chevalier de Laigue, qui fit dessiner un parc : Le Nôtre fournit
le dessin du labyrinthe qui en était le principal ornement.
On dit qu'il y avait dans
l'ancien château une chapelle considérable avec une sonnerie semblable à celle
des paroisses : ce qui venait apparemment des dons de Jean Pâté, prélat pieux
et riche. On ajoute qu'un seigneur à qui cette quantité de cloches déplut, en
fit transporter quelques-unes à Saint-Pierre, la Paroisse de ce lieu, et
enfouir les plus grosses dans le parc en un lieu que l'on ne connaît plus.
Quoique ces derniers faits ne soient fondés que sur une tradition populaire, il
a pu se faire que l'un des Blosset qui vivait du temps des guerres de religion,
ait fait ôter les cloches de sa chapelle pour quelques raisons.
Dans les archives de la commune, on trouve qu’en 1793, le
château de Plessis-Pâté était habité par une dame de la Rivière, émigrée. Le
château a été complètement détruit après la Révolution. Il n’est resté que
quelques gros murs de clôture, une partie seule qui donne sur le village a été
respectée. Le parc a été complètement déboisé, entièrement cultivé au XIXe
siècle, c’est dans une partie qu’a été construite en 1887, l’école communale.
La ferme du colombier, d’une étendue de 35 hectares, a été la propriété de M.
Defresnes Adolphe Marie Paul, habitant 17 Quai d’Orsay Paris.
L’église
Le
Plessis avait été de la paroisse de Saint-Pierre de Brétigny. Il fut cependant
spécifié que l’érection du Plessis en paroisse serait sans préjudice aux droits
et revenus de la cure de Brétigny, et que tous les ans le curé et les habitants
du Plessis-Pàté iraient en procession le jour de Saint Pierre, 29 juin,
assisteraient à la messe célébrée par le curé de Brétigny ou par son vicaire.
La nouvelle paroisse du Plessis fut encore chargée de 20 livres tournois envers
le curé de Brétigny, et sa fabrique de 12 livres envers celle de Brétigny.
En même temps que la reconstruction du château, M. de
Laigue, fit aussi construire l’église qui est sous le vocable de l’Immaculée
Conception. C’est un monument de forme crucifère avec une seule nef ; le
clocher auquel on arrive aussi bien du dehors que de l’intérieur de l’église
est au nord. La couverture de l’église de tuiles, a été refaite en ardoises en
1890. Elle est de 1661. Sa petitesse contenait aisément le peuple de la
paroisse ; selon le « Dictionnaire Universel du Royaume » publié
en 1726, il y avait au Plessis-Pâté et Charcoix 176 habitants.
Le cimetière entoure l’église, mais sa plus grande partie
est au midi, il a été agrandi à la fin du XIXe siècle, grâce à la générosité de
M. Henri L’Hôpital, succédant à la famille Treilhard. On y voyait les tombeaux
des descendants de ce jurisconsulte : son fils, le comte Achille Libéral
Treilhard, décédé à Plessis-Pâté le 3 août 1855 ; ses petits-fils :
le comte Achille Treilhard qui fut conseiller d’Etat sous le second Empire, et
le vicomte Jules Treilhard. On y remarquait aussi celui de Louis Casimir Rouxel
de la Rouxellière, décédé à Plessis-Pâté, le 24 juillet 1858, chirurgien major
et encore celui de Edouard Auguste Saint-Martin, général de brigade, chevalier
des Saints Maurice et Lazare, décédé à Grenoble le 26 février 1879, à 54 ans,
ancien colonel des sapeurs pompiers de Paris.


Extrait d’Internet (Jean Georges)
(1) Compilation faite selon
l’abbé Lebeuf (1750), la monographie de l’Instituteurs (1899),
l’« Histoire, archéologie, biographie de Longjumeau » de Pinard
(1864)