Pour
la première fois, on leur avait donné la parole.

Gravure d’époque (extrait Internet)
Le fardeau des privilégiés. - Cette image d’époque
illustre très bien l’état de la société à la fin de l’Ancien Régime,
pourrait-on dire même depuis des siècles. La masse laborieuse de la population
avait à charge le clergé et l’aristocratie profitant de leurs privilèges
ancestraux.
Le cahier des plaintes, doléances et vœux du tiers-état. - Les cahiers des plaintes et doléances présentés aux
Etats-Généraux de 1789, montrent que tout n’allait pas d’ailleurs pour le
meilleur des mondes dans les communes.
« Cahier des plaintes, doléances et vœux du tiers-état
de la paroisse de Villemoisson-sur-Orge. – Le préambule du cahier commence
ainsi : « Pour entrer dans les vues bienfaisantes de Sa Majesté, le
tiers-état de ladite paroisse estimerait qu’il serait avantageux au bien de l’Etat
et au bonheur des peuples, de simplifier les lois, réformer les abus qui se
sont introduits dans toutes les parties d’administration, notamment dans les
finances, la justice et le commerce, et veiller continuellement à ce qu’il ne
s’y en introduise aucun à l’avenir. En conséquence :
Art. l. - Que le retour des Etats généraux soit fixé à tous
les cinq ans, et qu’il y ait des Etats provinciaux.
Art. 2. - Que tous les impôts soient supprimés, et qu’il en
soit créé un seul qui serait supporté proportionnellement par les biens-fonds,
le commerce et l’industrie, et qu’il n’en soit, à l’avenir, établi aucun que du
consentement des Etats généraux.
Art. 3. - Que les droits d’aides, notamment ceux sur les
boissons et sur les bestiaux de consommation, soient supprimés, et remplacés
par un droit unique sur les boissons, qui serait supporté par tous les
individus.
Art. 4. - Que les gabelles soient supprimées, et le prix du
sel diminué, ainsi que celui du tabac.
Art. 5. - Qu’il ne soit accordé aucune pension que du
consentement des Etats généraux, et pour juste cause; et que celles
actuellement existantes soient vérifiées par les Etats généraux pour être
conservées ou réduites, ou supprimées.
Art. 6. - Que les juridictions des eaux et forêts et
capitaineries, soient supprimées ; et les juridictions des eaux et forêts
attribuées aux juges royaux.
Art. 7. - Que le droit de chasse soit restreint et limité;
et permis aux cultivateurs de prendre sur leurs héritages le menu gibier,
dévastateur des récoltes; défendu aux garde-chasse de porter le fusil, et de se
faire accompagner par leurs chiens dans les blés, vignes, foins et luzernes.
Art. 8. - Que les lapins soient détruits dans tous les bois
et remises, comme insectes.
Art. 9. - Que les pigeons soient enfermés dans les temps des
semailles et moissons; et permis, dans ces temps, aux cultivateurs de les
prendre.
Art. 10. - Que le droit de planter des arbres le long des
grands chemins soit réservé aux propriétaires riverains exclusivement; qu’il
soit défendu aux seigneurs de planter au devant des maisons des particuliers.
Art. 11. - Que les petits couvents et chapitres, et les
bénéfices simples, inutiles, soient supprimés et leurs biens employés à
l’augmentation du revenu des curés et vicaires, et de fabriques pauvres, à
l’établissement des maîtres et maîtresses d’école, aux suppléments des fonds de
charité dans les paroisses, et de lits dans les hôtels-Dieu, pour pouvoir y
recevoir tous les pauvres malades indistinctement, et à l’établissement
d’hôpitaux dans les villes pour les pauvres orphelins, vieillards et infirmes,
pour empêcher la mendicité, et opérer l’inutilité et la suppression des dépôts.
Art. 12. - Qu’il soit pourvu à l’administration des justices
de campagne, de manière à opérer la simplicité des procédures, la célérité de
l’instruction et des jugements, et la diminution des frais.
Art. 13. - Que les jurés-priseurs, et les quatre deniers
pour livre soient supprimés, comme onéreux aux peuples, notamment aux veuves et
orphelins, et contraires à la liberté du choix.
Art. 14. - Qu’il n’y ait plus de milices ni de corvées.
Art. 15. - Que les droits de contrôle soient diminués,
surtout dans les actes de famille, et déchargés des extensions que les commis
leur donnent.
Art. 16. - Que le centième denier ne soit pas exigible pour
les donations et démissions de propriétés en faveur des enfants, en cas de
succession collatérale, ni pour soulte, et qu’il ne soit, en aucun cas, perçu
de double droit.
Art. 17. - Que les réparations et reconstructions des
églises paroissiales et presbytères ne soient plus à la charge des habitants et
propriétaires de fonds, mais pris sur les biens ecclésiastiques, à l’exception
de ceux des hôpitaux et autres établissements de charité.
Art. 18. - Qu’il ne soit établi aucun chemin dans l’étendue
des territoires sans le consentement des habitants, et que sa nécessité soit
constatée, et que, préalablement, les propriétaires de fonds soient remboursés
du terrain qui leur avait été pris pour la construction desdits chemins.
Art. 19. - Que tout se fasse gratuitement dans l’église,
généralement pour toutes les cérémonies; que la dîme soit abolie.
Art. 20. - Qu’on procure aux curés et aux vicaires de quoi
vivre honnêtement.
Art. 21. - Que les abus qui se sont introduits dans la rénovation
des papiers terriers soient supprimés, et les droits diminués; le terme de
chaque rénovation très éloigné, sauf au seigneur de faire reconnaître les
redevances sujettes à prescription, lorsqu’il serait nécessaire, pour
l’empêcher seulement.
Art. 22. - Que toutes les municipalités aient le droit de
verser directement dans le trésor royal le produit des impôts.
Art. 23. - Qu’il soit permis aux cultivateurs de faire la
récolte des foins, luzernes et autres grains quand la municipalité les aura jugés
en maturité.
Art. 24. - Que le droit d’usage, que les habitants avaient,
de temps immémorial, d’aller dans la forêt couper de l’herbe et du bois sec,
leur soit rendu.
Art. 25. - Qu’il sera permis à chaque propriétaire de couper
à sa volonté les arbres qui lui appartiennent, sans être tenu d’en faire la
déclaration au greffe. Qu’il soit défendu à tous les grands de faire commerce.
Art. 26. - Qu’il n’y ait plus aucun endroit privilégié pour
les banqueroutiers, et que ceux qui feraient des banqueroutes frauduleuses,
soient punis capitalement.
Art. 27. - La liberté aux fermiers de vendre le blé à tous
les particuliers, excepté aux grainetiers.
Art. 28. - Que tous les riverains aient le droit de mettre
en culture les anciens chemins.
Art. 29.- Que tous les fermiers généraux et financiers
soient supprimés, comme étant extraordinairement à charge à 1’Etat et au
peuple.
Art. 30. - Que tous les messagers et douzainiers soient
supprimés dans tous les marchés (concernant les monnaies, qui, effectivement
ont quelque rapport avec les douzainiers). »

4 août 1789 : abolition des privilèges
Cependant les paysans de Villemoisson, dans cette époque
troublée et d’excès, sont apparemment restés calmes, peut-être pour leur
tranquillité, respectueux des consignes des gouvernants. Travailler pour vivre,
ou survivre, ne leur permettait pas de trop s’écarter de leur labeur quotidien,
mais toutefois ils sauront réclamer. Loin est la rumeur par laquelle nos
historiens officiels ont montré la terreur blanche qui a suivit la prise de la
Bastille. Á la lecture des monographies des Instituteurs (1899) de l’Essonne,
seules des traces de bois calcinées dans une muraille de château a laissé
supposé que celui-ci aurait été incendié. Toutefois ces monographies ne sont
peut-être pas la meilleure référence.
De l’histoire des municipalités de Villemoisson, la plus
riche en témoignages est l’époque révolutionnaire. Compte tenu de la densité
des documents, nous l’avons divisée en plusieurs articles : « On leur
avait donné la parole », « la vie locale », « la défense de
la République », « les impôts », « la religion »,
« la scolarité ».
La constituante
Constitution de la première municipalité de Villemoisson. -
En ce début d’année 1790, pour la première fois, le 4 février, en vertu des lettres
patentes du roi sur un décret de l'Assemblée Nationale pour la constitution des
municipalités, données à Paris au mois de décembre 1789, les citoyens actifs
Villemoissonnais, ceux qui paient les impôts, c’est-à-dire les plus aisés, et
les autres habitants élisent leur municipalité.
Ils se sont réunit au son de la cloche à la maison de
l'école de la paroisse, à l'issue de la messe du Saint-Esprit.
Le sieur François Saint-Lot, greffier de la municipalité,
lit le décret de l'Assemblée Nationale pour nommer le président et le
secrétaire. Chacun des comparants a mis son scrutin sur un papier séparé et
ployé dans un chapeau. Il résulte que Mr. le curé Doisnel, a réuni 21 voix sur
32 votants et le sieur Pierre Denis Latteux, vigneron, 14 voix pour la fonction
de secrétaire.
Après quoi on a recommencé la séance du chapeau pour élire
les scrutateurs : Louis Latteux, François Roger, Etienne Courson. Ensuite,
il s'agit de procéder à la nomination du maire en reprenant le
« chapeau-urne » et le sieur Jean Saint-Lot, vigneron, a réuni 22
voix sur 33 votants, laquelle charge de maire, le dit sieur Saint-Lot à
accepté.
Mais la cérémonie des bulletins n’est pas finie, il faut
nommer deux membres pour composer avec lui le corps municipal, d’où il ressort
que les sieurs François Dupré et François Roger ont eu le plus grand nombre de
voix. Puis il faut recommencer l’opération du chapeau pour nommer un procureur,
le sieur François Robine, meunier, et six notables MM. Pierre Denis Latteux,
vigneron, Nicolas Charpentier, vigneron, Pierre Henry Boissiquat, René Hénault,
vigneron, Jean-Baptiste Ferret, tonnelier,
A la suite de quoi, ce monde, prête serment, promet et jure
de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, d'être fidèle à
la Nation, à la loi et au roi et de bien remplir leur fonction.
Nous avons détaillé la création de cette municipalité parce
qu’elle est la première, par la suite elles seront évoquées plus sommairement.
Le meunier Robine réfractaire au serment. - Quelques
jours plus tard, le 9, réunion générale pour procéder à la nomination d'un
secrétaire-greffier en la personne du curé Philippe Georges Lechien Doisnel
pour en exercer les fonctions jusqu'à ce qu'il y est un maître d'école dans la
paroisse. Lors de l’établissement de la municipalité, le procureur Robine ne
s’était pas acquitté de la prestation du serment. Par deux fois on a été chez
lui pour l’engager à s’exécuter, par deux fois il a refusé. Ce jour, pour la
troisième fois, on est allé chez lui pour l'engager de se rendre à l'assemblée
pour y prêter le serment, ce qu’il a constamment refusé. En conséquence, la
municipalité décide qu’il sera nommé un autre procureur, on le déclare interdit
d'être électeur, d'être élu et de n’exercer aucune charge à l'avenir. Le sieur
Robine a déclaré que si l'assemblée nationale l'oblige d'accepter la dite
charge, il en exercera les fonctions sans prêter ledit serment. Le
procès-verbal du refus est envoyé à l'assemblée intermédiaire pour par elle
être décidé ce qu'elle avisera.
Nous verrons que par la suite, nous retrouverons notre
meunier mêlé à la vie municipale. En attendant, le 28, pour le remplacer, au
son de la cloche indicative d'une assemblée générale à l'issue des vêpres, est
recommencée l’opération du chapeau. Philippe Lechien Doisnel est élu et Peigny
le remplace dans la fonction de greffier.
Ce dit jour ont signé : excepté Silvain Lafeuille, René
Hénault, Nicolas Charpentier, Louis Latteux, Pierre Limay, Charles Quignot,
Etienne Courson, Jacques Picot qui ont déclarés ne savoir, de ce interpellés
ainsi que Pierre Rabioul. Suivent les signatures: Jean Saint-Lot, maire,
François Roger et Michel Dupré, officiers municipaux, Doisnel, curé, procureur,
Pierre Denis Latteux, notable, François Le Batteux, Boissiquat, Nicolas Thomas,
Malgon, Mathurin Charpentier, Nicolas Taillefer, Etienne Charpentier, François
Saint-Lot.
Le 13 juin 1790, le sieur François Roger, officier
municipal, déclare qu'en raison de son âge et la perte de sa femme qu'il vient
d'éprouver, ce qu'il le nécessite absolument de rester chez lui, il ne peut
plus continuer les fonctions. Le 29, Pierre Denis Latteux le remplace.
Assemblée primaire du canton de Montlhéry. - En
exécution du décret de l'assemblée nationale du 22 décembre 1789, et en
conséquence de la pétition de MM. les députés nommé par le roi, sur la
formation des assemblées et d'électeurs pour l’administrations des départements
et des districts. A savoir pour le canton de Montlhéry du district de Corbeil :
Epinay-sur-Orge, Villemoisson-sur-Orge, Morsang-sur-orge, Grigny, le
Plessis-Paté, Plaissy-le-Comte, Sainte-Geneviève-des-Bois,
Saint-Michel-sur-Orge, Longpont, La Chapelle-Villers et Fleury-Mérogis,
Ce 9 mai 1790, les citoyens actifs après avoir été convoqués
par proclamations et affiches et au son de la cloche se sont réunit à la
chapelle Saint Pierre et Saint Laurent de Montlhéry à l'effet de nommer le
nombre d'électeurs pour concourir au choix des membres d’administration.
Mr. Cadier, père, doyen d'âge a ouvert la séance. L'appel
nominal des citoyens actifs fait par le sieur Mange, secrétaire-greffier de la
paroisse de Morsang, le nombre s'en est trouvé de 602, dont six électeurs qui
sont MM. Robine à Villemoisson, Colin Soumaguat entrepreneur de bâtiment à
Morsang, Louis Bousinard, vigneron à Saint-Michel-sur-Orge, Claude Gouffier,
cabaretier à Longpont, Nicolas Maisonneuve, vigneron à Morsang et Nicolas
Vaudier bourgeois à Epinay-sur-Orge.
Formant le canton, ont les citoyens actifs demeurés en
l'assemblée signés dont la minute est restée lettre en main du secrétaire de la
paroisse de Morsang, signés sur la minute : Gadier, maire de Plessis-Pâté,
Vaudin, maire d'Epinay et président de l'assemblée primaire, Soumagnat dit
Magny, maire de Morsan, Jean François Petit, officier du même lieu, Billarault,
maire de Fleury, Sulpice Bousinard, maire de Saint-Michel, Jean Saint-Lot,
maire de Villemoisson, Rébut, maire de Grigny, André Gabriel Pérot, maire de la
Chapelle-Villers, Louis François Gillet Chaimbault, greffier, Nicolas
Maisonneuve, procureur, Robert Devoist, Claude Daragon, Guigué, Gabriel
Pinoteau, M. C. Mignon, Robert Roinville, Bouvaril, Jean-Baptiste Coudray,
Robine, Chartier, Saint-Lot, Ferdet greffier, Rabourdin, Fichet, Nicolas
Thoruard, Godmet, Pevist procureur, Clauseau, A. L. Fidou, Claude Gouffier,
Hardy, Pierre Gillardeau, Simon Bourgeron, Jean Bourgeron, Pampain, scrutateurs
et Michel Dupré.

Les ateliers de charité et l’utilisation du don patriotique.
- Le seigneur de Villemoisson étant mort, le bailly de Crussol immigré contre
la République naissante n’étant plus pour employer les villageois à travailler
sur leurs terres, un chômage se fait ressentir.
Le 30 mai 1790, les habitants assemblés, le sieur le maire
déclare avoir reçu trois mandats du bureau intermédiaire montant à la somme de
70 livres pour être employés aux ateliers de charité. En conséquence, il est
décidé qu'ils seront employés à réparer le chemin de Villemoisson au Perray.
Que l'orme sur la Butte du Carrefour donné à la commune par les héritiers de
Mr. Bertier et Mr. Le Bailly de Crussol, tous deux seigneurs limitrophes, sera
vendu et l'argent employé aux réparations des chemins. Le dit orme ayant été
crié par trois dimanches consécutifs aux sorties des offices, l'adjudication
est faite à Mr. Sénéchal, propriétaire du château, pour la somme de 36 livres à
la charge par lui de le faire arracher à ses frais et dépens.
Le 19 octobre, le procureur expose que le défaut de travail
à différents particuliers, le besoin le plus urgent, est de venir à leur
secours, qu’il est de toute nécessité d'ouvrir des ateliers de charité pour les
occuper et leur procurer le moyen d'exister. En conséquence, il prie les
habitants assemblés d'autoriser la municipalité à employer la somme de 132
livres, restant de l'argent qui avait été accordé cette année par l'assemblée
intermédiaire pour faire réparer les chemins. Il est représenté que pour
prévenir les abus, et pour s'assurer que les travaux servent à secourir les
familles malheureuses, les journées des ouvriers ne seront point payées en
argent, mais en pain afin que les femmes et les enfants puissent profiter des
travaux de leurs maris.
Le même jour, le procureur expose que n'ayant point de biens
communaux pour indemniser la municipalité des frais qu'elle est obligé de
faire; ce pour payer le greffier dans l'enregistrement des décrets et des
délibérations qui lui prend un temps absolument nécessaire à sa subsistance, ce
qui lui est dans l'impossibilité de continuer ses fonctions s'il n'est point
indemnisé. Demande que soit accordé pour chaque année 120 livres au greffier,
afin de payer les frais à la charge de la municipalité, comme à celle de payer
20 livres au tambour de la paroisse ; que les 89 livres reçues des
particuliers de la commune pour le don patriotique soient accordés afin de
payer les frais dont est chargée· la municipalité. Il est arrêté que la
présente délibération sera envoyée au district de Corbeil pour être autorisée à
délivrer les 89 livres qui sont actuellement aux mains du trésorier de la
commune et de n'être point inquiétée sur cet argent.
Le 25 février 1791 la municipalité consent que monsieur
Veugny, maître maçon, prendra la terre de la butte qui est située dans le
carrefour pour servir de remplir les fondations de l'école, et servir à faire
un jardin au maître d'école. Á la charge que le dit sieur prendra des ouvriers
dans la paroisse et en sus, la butte de terre qui est au pied de la grille de
Mr le Sénéchal en face de la dite école, à charge que le dit sieur Veugny
rendra la place nette et bien charriable.
(La maison du pont servant d’école, il semblerait que l’on
comble de terre le réservoir du moulin pour créer ce jardin).
Elus pour les fêtes de la Fédération. - Le 25 juin
1790, les habitants assemblés au son de la cloche, le maire déclare qu’en vertu
d'une lettre émanant du district de Corbeil par laquelle il est mandé par
décret de l'Assemblée Nationale, que les officiers municipaux de chaque
paroisse soient requit d'assembler leur garde nationale pour nommer dix députés
sur chaque cent. Lesquels se rendront à Corbeil pour que, rassemblés avec les
autres électeurs, choisiront un homme par deux cents de toutes les gardes de
districts afin d'aller à la Fédération Générale qui se fera à Paris le 14
juillet. Pour prouver combien tous les habitants de la commune de Villemoisson
adhérent, sont glorieux et jaloux de défendre les décrets de la dite assemblée,
les citoyens actifs présents étant 42, ils firent le choix de Pierre Le Dour,
vigneron, Jean-Baptiste Ferret et Laurent frères, tous deux tonneliers.
Et le 7 juillet, pour répondre à la demande de choisir par
cent, deux hommes de bonne volonté pour se trouver à la Fédération qui doit
avoir lieu à Versailles. Le cent de citoyens actifs présents se trouvant
quarante, ils ont arrêté qu'il sera nommé un député, et le choix est fixé sur
Jean Baptiste Ferret, tonnelier.
Les décrets affichés à la porte de l’église. - Le 29
octobre, les citoyens assemblés, Mr. le procureur annonce que les décrets
transcrits par le greffier sur le registre sont affichés à la porte de
l'église, et les récépissés signés par la municipalité et envoyés au délégué
général de France; et les originaux déposés au greffe pour y avoir recours en
cas de besoin. Ce jour là est procédé à la nomination de quatre prud'hommes en
vertu d'une proclamation du roi sur les décrets de l'Assemblée Nationale
concernant l'ordre judiciaire.
Nouvelle municipalité. - 21 novembre. Avant d’élire une
nouvelle municipalité, il faut accepter la démission de la charge de maire du
sieur Jean Saint-Lot, dont il a signifié sa démission par Mr. Degoute, premier
huissier audiencier en la châtellenie de Montlhéry. Après quoi il est renouvelé
l’opération du « chapeau-urne » dont les détails sont dans la même
cérémonie du 4 février. Michel François Dupré ayant réuni au second tour de
scrutin 19 voix sur 26 le remplace.
Mais le 12 janvier 1791, à l'issue des vêpres et toujours au
son de la cloche, en la manière accoutumée, les officiers municipaux, notables
et citoyens de la paroisse étant assemblés en la maison d'éducation pour
procéder à la nomination d'un nouveau maire. Attendu que le maire ci-devant est
prud'homme et maire, les deux charges étant incompatibles l'une et l'autre.
Après l’opération du chapeau, François Robine et Nicolas Pescheux, scrutateurs,
font le dépouillement : il résulte que le nommé Nicolas Pescheux ayant
recueilli la majorité des suffrages est maire.

Sur le registre des délibérations, sont portés les
délits et l’enregistrement des lois au fur et à mesure de leurs éditions
Définition des limites de la commune. – Selon
l’article premier du titre deux du décret de l’Assemblée Nationale des 20, 22
et 23 novembre 1790, accepté par le roi le 12 décembre suivant. Lequel article
porte qu’aussitôt que les municipalités auront reçues le décret et sans
attendre le mandement du directoire de district, elles formeront un état
indicatif du nom des différentes divisions de leur territoire, et que les
divisions s’appelleront sections, soit dans les villes soit dans les campagnes.
Le 25 février 1791, sont nommés commissaires, François
Roger, René Hénault pour faire l’estimation d’une partie du territoire de
Villemoisson. François Robine, Henry Boissyquat, François Michel Dupré, Pierre
Limay, nommés commissaires pour faire l’estimation du terrain du territoire
selon leur âme et conscience. Le 6 mars, la commune est donc divisée en 4
sections :
- La section A, appelée
Saint-Jean, est limitée au levant par l’enclos de madame La Forest demeurant à
Morsang, au nord par la rivière d’Orge, au couchant par le chemin qui monte de
la butte à la remise de l’Orme, et au midi par la haie du Merisier qui prend de
l’Orme, qui va tomber au coin du mur de madame La Forest.
- La section B, appelée
Saint-Laurent est limitée : au levant par l’école du village ; au
nord par la rivière entre la chaussée et le déversoir ; au couchant par
une boille qui est au-dessous de la Garenne ; au midi par la Garenne à Mr.
Le Bailly de Crussol et prenant par un chemin du coin de la Garenne venant au
village de Villemoisson et finissant à cette école.
- La section C, appelée
Saint-Leu est limitée : au levant par un chemin prenant de la butte,
montant à la forest, au nord par un chemin prenant de la butte, montant au coin
de la Garenne de Mr. Le Bailly de Crussol, au couchant par Sainte-Geneviève, et
au midi par la forêt des héritiers Bertier.
- La section D, appelée,
Sainte-Geneviève est limitée : au levant par le grand chemin de
Villemoisson à Sainte-Geneviève, au nord par la haye du Merisier, au couchant
par un chemin prenant au coin de la remise de l’Orme, montant à la forêt
jusqu’à la barrière qui donne sur les plants, et au midi par la forêt des
héritiers Bertier.
L’affaire des arbres abattus. - « La
Municipalité de Villemoisson à messieurs les administrateurs et adjoints aux
fonctions directoriales du district de Corbeil, Messieurs. La municipalité a
l’honneur de vous exposer : Que depuis plusieurs années des particuliers
ont fait ouvrir un chemin depuis Grand-Veaux, tendant à Villemoisson et de
Villemoisson à Sainte-Geneviève (actuelle route de Corbeil). Sur ce chemin, a
été planté, sur ses deux côtés des ormes et des peupliers qui, depuis plusieurs
années, sont devenus déjà assez gros pour faire considérablement de tort aux
propriétés voisines, tant par leurs racines que par leurs ombrages. Vu les
torts que ces dits arbres font, la municipalité, le 13 mars, a décidé d’aller à
Sainte-Geneviève-des-Bois chez le sieur Pihet régisseur de messieurs fils
Bertier du ci-devant intendant de la Généralité de Paris, comme fondé de pouvoir
de messieurs Bertier pour le prévenir que nous allons faire arracher ces arbres
sur Villemoisson. Comme ces dits arbres sont plantés sur un chemin nullement
royal, mais seulement à une ou deux maisons de plaisances ; qu’en
conséquence, nous offrons au dit sieur Pihet la coupe conformément au décret du
26 juillet et à l’article 7 du même décret.
« Mais le sieur Pihet répond qu’il ne faut pas les
arracher, et après observations faites par la députation, il leur a répondu,
« arrachez les », sans accepter aucune offre qui lui est faite par
les Villemoissonnais.
« Au retour de la députation, des moyens sont pris pour
mettre des ouvriers à saper les arbres, lorsque le 14 mars, le sieur Pihet
envoie une opposition par huissier. Aussitôt le procureur fait cesser les
ouvriers, non seulement à cause de l’opposition, mais à la surprise que le dit
sieur Pihet se rétracte de la parole qu’il avait donnée à la députation.
« Le dimanche 20 mars, le procureur de Villemoisson est
appelé chez Pihet qui lui reproche d’avoir été si prompt à faire abattre les
arbres. Le procureur répond qu’il n’a fait qu’exécuter ses ordres. Le sieur
Pihet n’a pu s’empêcher de dire en présence de plusieurs personnes, qu’il est
vrai ce qu’il avait dit.
« Nous espérons de vous messieurs toute la justice dont
votre patriotisme est digne. Fait à Villemoisson le 21 mars 1791 ».
Le régisseur poursuit l’affaire : apprenant que l’on
prend les arbres abattus sur la route de Villemoisson, un procès-verbal est
dressé. Il est intéressant de le reproduire, il montre l’incroyable quantité
d’arbres, « 448 », plantés de chaque côté du chemin depuis le pont à
la limite d’Epinay jusqu’à celle de Morsang. Une véritable bande forestière.
C’est dans la mode du temps, on comprend la plainte portée dans le cahier des
doléances sur « les arbres le long des grands chemins réservés aux
propriétaires riverains ».
Le 29 novembre, la municipalité de la commune nomme trois
experts pour faire l’estimation des dits arbres coupés : Nicolas Vaudin,
demeurant à Epinay-sur-Orge, pour vérifier la distance depuis le pied de
l’arbre jusqu’aux murs des particuliers. François Dugrais, maître charron à
Fraumanteaux, paroisse de Juvisy-sur-Orge avec Toussaint Renault aussi maître
charron à Epinay-sur-Orge, pour faire l’estimation des arbres. Dont il
résulte :
- 1°) Le long de la portion
du mur, que l’on appelle Canal (du moulin), 22 arbres tant ormes que peupliers,
étant à la distance du mur de deux, trois et quatre pouces, selon leurs
grosseurs.
- 2°) Le long du mur du sieur
Robine de l’autre côté de la porte d’entrée : 85, tant ormes que
peupliers, à deux pieds demie du mur de l’enclos.
- 3°) De l’autre côté du
chemin, le long du mur du jardin de la Ferme, tant ormes que peupliers, 61.
- 4°) Le long du mur du
potager du curé, tant ormes que peupliers 16 à distance de deux pieds.
- 5°) Le long du jardin de
Blandin, de·son potager, tant ormes que peupliers, 22 sur deux rangées.
- 6°) Depuis le mur de
Robine, dit le Canal, jusqu’au pont, faisant et environnant le jardin du maître
d’école, tant ormes que peupliers, 22.
Soit 258 peupliers estimés à 260 livres et 190 ormes estimés
à 72 livres 8 sols.

Sur cette photo ; à gauche les terres du moulin,
à droite celles du château, suivies du jardin presbytéral. Les arbres sont à
l’intérieur des propriétés, imaginons quand ils se trouvaient de chaque côté,
comment la rue pouvait elle être rétrécie.
Lesénéchal, vend le fief de Beaumont – 6 octobre
1791. Lesénéchal vend son domaine de Villemoisson à Nicolas Pierre Sébastien
Blandin, ancien régisseur général et à Alexandrine Lecourt son épouse pour
70.000 livres, soit 50.000 livres pour le château et 20.000 livres pour les
terres en dehors d’une superficie de 50 arpents. Blandin avait acheté, de
messire Jean Henry Moret de Peyre, maréchal des camps des armées du roi,
demeurant en son château de la Beaume (sans doute responsable des biens de
Bailly de Crussol émigré), une cour et un colombier face à l’hôtel de Beaumont,
sur la rue qui conduit à la chaussée du village pour la somme de 1500 livres.
Les terres faisant partie du ci-devant fief de Beaumont comprennent : La
Pelleterie, petite maison de jardinier avec jardin clos de murs ; le clos
Beaumont contenant 26 arpents de terre labourable, ceint de murs en mauvais
état sur trois côtés et du quatrième de la rivière d’Orge, situé sur la route
de Morsang, derrière la ferme seigneuriale ; une petite maison au
carrefour du village comprenant : cheminée four, grenier et étables à
vaches.
Renouvellement de la municipalité. – Le 13 novembre,
jour de dimanche à l’issue de la messe paroissiale, au son de la principale
cloche, en la manière accoutumée, assemblée générale des citoyens actifs pour
la formation d’une nouvelle municipalité sur le même processus du 4 février.
Soit l’élection de trois scrutateurs : Michel Dupré, André Viel, René
Hénault, des officiers municipaux : François Latteux et Henry Boissyquat,
de trois notables : Charles Quignot, Le Dour et Pierre Limay, d’un
procureur : Jean Pierre Daragon et du maire Charles Petit
La route vers Longpont. - « Á Messieurs les
officiers municipaux de Villemoisson, messieurs, le nommé Jean Donat,
entrepreneur du chemin de Villemoisson à la chaussée de Longpont à recours à
vous à l’effet de vous prier de lui rendre justice, cet entrepreneur ayant eu
l’adjudication des ouvrages le 23 novembre 1786. A cette époque, les transports
des matériaux devaient se faire par corvées. Ces transports ont été faits par
voitures payées par l’entrepreneur, etc. … » Á cette lettre il est
répondu : « Nous, soussignés maire et officiers municipaux de
Villemoisson, certifions que nous n’avons vu aucune voiture de corvée à
travailler sur ce chemin. » Devant ce manque de détails, cette annotation
explique le motif de cette lettre.
De la fin 1791, nous sautons à 1794. Nous noterons quelques
modifications d’appellations : comme citoyens, patriotes, an de la
République Française une et indivisible, commune au lieu de communauté, etc.
La Convention
Les chemins principaux sont encore interdits par les
propriétaires – Á Messieurs les administrateurs du district de Corbeil,
nous avons l’honneur de vous prévenir que nous avons plusieurs chemins qui
servent tant pour desservir les récoltes que pour l’utilité publique interdits,
Soit :
1°) Un chemin de Morsang, à l’église de Villemoisson, au
Breuil et au Perray. Lequel chemin au passage fait tous les jours des
« infirmités » autour de l’église, ne pouvant s’écarter à cause du
chemin qui à été enclos, pavé par le sieur Bertier et que le sieur Pihet,
régisseur a donné à rente.

Rues Saint-Laurent et du Repos : « Un chemin
prenant du moulin montant à l’église et allant à la Croix de
Villemoisson. » interdit
2°) Un chemin prenant du moulin montant à l’église et allant
à la Croix de Villemoisson et conduisant à Fleury-Mérogis (rue actuelle du
Repos) dont, dans le dit chemin est l’ancienne école en masure, qui a coûté 600
livres pour la faire rétablir, qui doivent nous être remboursées avec les
intérêts depuis 9 années au profit des pauvres de la dite paroisse.
3°) Le chemin de la Cousine passant au bout du bois de la
Saussaye et d’autres pâturages. Ce chemin conduisant, passant par la Justice
gagne le chemin des Carriers et que messieurs les administrateurs donnent des
ordres de mettre les fourches patibulaires à bas.
4°) Le « Chemin de la Fosse à Faire Dodo.
5°) Le chemin Royal de Montlhéry à Morsang que le seigneur
s’est opposé à mettre à largeur, sous la menace de faire mettre en prison ou au
dépôt.
6°) Les pâturages que Pihet a échangés avec le Bailly de
Crussol, mis en culture, ce qui empêche le pâturage des dits bestiaux dans la
saison morte.
7°) Nous vous prévenons que l’année dernière il a été abattu
cent arpents de bois de plus que la coupe ordinaire avec tous les chênes
au-dessus de 40 ans. Selon l’ordonnance de 1609 qu’il est défendu d’abattre des
baliveaux au-dessous de 40 ans. Dont doivent être condamnés à l’amende envers
la Nation les enfants mineurs Bertier.
Compléments de la municipalité. – Le 21 ventôse
(11-3-1794), le citoyen Dupré maire, représente à l’assemblée que la
municipalité n’est pas complète, vu qu’il n’y a que deux officiers municipaux y
compris le maire, pendant que la loi dit que dans les plus petites communes il
y doit en avoir trois. L’assemblée est de 35 citoyens pour voter.
Nouveauté : le chapeau est remplacé par un vase. Après trois tours de
scrutins le citoyen François Gaspard Mouroux est enfin élu officier municipal.
Elu notable : Les citoyens Laurent Taillefer et Jean Baptiste Lafeuille
étant égaux en voix, Laurent Taillefer est préféré comme plus ancien d’âge.
Fait et arrêté en la maison commune les dits jour, mois et
an ci-dessus. Suivent les signatures : Angot, Magloire Saint-Lot,
Saint-Lot agent national, Jean Saint-Iot, Bidault, Mouroux père scrutateurs.
Etienne Charpentier, Nicolas Taillefer, Malgon, Thomas, Mathurin Charpentier,
Lafeuille, Dardenne, Jean Petit, Picot fils, Le Dour, Laurent Ferret et son
frére, Hénault fils, Laurent Taillefer, Denis et Nicolas Taillefer,
Jean-Baptiste Marie, ont déclarés ne savoir signer.
Le 12 germinal, l’an II de la République (1er avril 1794),
le citoyen Jean-Baptiste Saint-Lot, secrétaire-greffier depuis le 9 janvier
1791 donne sa démission, réclamant qu’il lui est dû son traitement de l’année
1793 à raison de 80 livres pour l’année, et depuis le 9 janvier 1794, vieux
style, 120 livres par an. Sur quoi il doit à la commune 54 livres qu’il promet
de rembourser au moment où on lui paiera ses traitements.
Réclamation du citoyen Robine. – Le directoire du
département considérant que le rapport du citoyen Gaper, ingénieur du
département, constate que les arbres réclamés par le citoyen Robine, ne sont
pas plantés sur une route nationale. Que l’article XIV de la loi du 28 août
1792 déclare que tous les arbres existants sur les chemins publics autres que
les grandes routes nationales, et sur les rues des villes, bourgs et villages
sont censés appartenir aux propriétaires riverains, à moins que les communes ne
justifie en avoir acquis la propriété par titre ou possession. Déclare que le
citoyen Robine est autorisé, conformément à la dite loi, à disposer des 60
arbres bordant sa propriété sur le chemin de Villemoisson à Morsang-sur-Orge.
Quant aux six ormes plantés derrière son jardin par lui réclamés, attendu
qu’ils bordent une route nationale, il y a lieu de délibérer. (mars 1794).
Secours aux indigents et aux parents des défenseurs de la
patrie. – L’an 2e de la République Françoise une et indivisible,
conformément à la loi du 13e jour de ventôse qui ordonne l’envoi au comité de
Salut Public un état des patriotes indigents. Le citoyen Dupré, maire,
reconnaît indigents ; André Viel, la veuve Claude Charpentier, la veuve
Nicolas Charpentier, la veuve Taillefer. (mars 1794).
Le 4 germinal (24 mars), concernant les citoyens et
citoyennes qui ont droit au secours de la République, conformément à la loi du
21 pluviôse concernant les paiements des secours des défenseurs de la Patrie.
Les citoyens Pierre Bidault et François Mouroux père remplissent les fonctions
de commissaires vérificateurs, François Robine, Jean-Baptiste Pierre Daragon
commissaires distributeurs, comme étant les deux plus forts contribuables de la
commune. Il ressort que les citoyens et citoyennes Sylvain Lafeuille, Bidaut,
Nicolas Taillefer, les veuves Saint-Lot, François Thomas, ont produits aux officiers
municipaux des titres qui ne sont que des lettres de leurs enfants. A l’égard
du citoyen Robine, la municipalité déclare que le produit du travail de son
enfant n’est pas sensé lui produire des subsistances, et qu’il ne sera pas
porté au rôle des services. La citoyenne Jacob a produit un certificat de son
mari.
Le 20 germinal, (9 avril). Assemblée générale des parents
qui ont droit aux secours. Vérification faite les comptes des secours dus aux parents
des défenseurs de la Patrie jusqu’à ce jour y compris le trimestre d’avance, en
ont arrêté la liste qui contient 16 articles, laquelle se monte à 1069 livres,
1 sol, 1 denier. Sur quoi, il n’a été reçu que 240 livres. Il est encore dû 829
livres 1 sol 1 denier : deux commissaires, Robine et Daragon, sont nommés
pour aller chez le receveur du district, toucher la dite somme.
Le 22 messidor (22 juillet 1794), toujours conformément à un
décret, l’article VIII du titre II de la loi, qui accorde des secours dus aux
parents des défenseurs de la Patrie. L’article porte que les commissaires
pourront se faire aider dans leurs fonctions. Ne trouvant pas dans les parents
deux citoyens ne sachant lire ni écrire, la municipalité charge les citoyens
François Mouroux et Nicolas Taillefer de piéger les contestations qui
pourraient y avoir pour le paiement des dites pensions.
Le 9 fructidor (26 août
1794), est arrêté la liste de la somme due aux parents qui ont droits aux dits
secours, laquelle se monte à 772 livres 13 sols 4 deniers. Il a été reçu 110
livres, 6 sols, 5 deniers, manquant ainsi 671 livres 6 sols 11 deniers. Encore
une fois les citoyens Pierre Latteux et Henry Boissiquat sont chargés d’aller
chez le receveur du district de Corbeil, toucher la somme manquante.
Utilisation des « édifices » nationaux. –
Le septidi de la première décade du mois prairial de l’an 2e de la République
Françoise une et indivisible. Le conseil de la commune délibère au sujet de la
demande des édifices nationaux pour servir à l’instruction publique, de séance
à la municipalité, au comité de surveillance et de la société populaire. Il est
arrêté que la ci-devant église sera conservée pour les séances de la société
populaire et du comité de surveillance, le presbytère pour l’instituteur et
maison des séances de la municipalité. Á l’égard de la ci-devant école sur le
chemin de Corbeil à Versailles (maison située près du pont sur l’Orge), il est
décidé de la conserver pour le corps de garde. L’église est estimée à 2000
livres, le presbytère et le jardin 3000, l’école prés de la rivière 1000, les
masures à Thomas 100. Total 6100 livres.
Fixation des journées de travail et la loi du maximum. –
17 prairial, an II … (5 juin 1794). Le conseil général de la commune, en vertu de
l’arrêté du comité de salut public de la Convention Nationale sur les taxations
les journées de travail, celles de 1790 doivent être augmentées de moitié. Doit
être aussi dressé un état nominatif des citoyens qui sont dans l’usage de
quitter la commune pour aller travailler ailleurs.
En 1790, les journées de
septembre à novembre étaient de 1 livre 10 sols ; de décembre à février de
1 livre ; de mars à mai de 1 livre 10 sols ; de juin à août de 1
livre 16 sols. Suivant l’arrêté du comité
de salut public, ces journées seront évaluées en vendémiaire, brumaire et
frimaire à 2 livres 5 sols ; en nivôse, pluviôse et ventôse à 1 livre 10
sols ; en germinal, floréal et prairial à 2 livres 5 sols ; enfin en
messidor, thermidor et fructidor à 2 livres quatre sols.
Les citoyens travaillant à
l’extérieur sont : Pierre Le Dour, Dupré fils, Charles Quignot, François
Le Batteux, Etienne Courson, Jacques Limay, Etienne Caille, François Malgon,
Jean-Baptiste Ferret père, Jean Baptiste Ferret, Laurent Ferret, ·Jean-Baptiste
Marie, Denis Taillefer, Magloire Saint-Lot, Baptiste Lafeuille, Henry
Boissiquat, Jean Duval, Nicolas Taillefer le jeune, Laurent Taillefer, François
Thomas. Á noter que les citoyens Dupré fils, Charles Quignot, Etienne Caille,
Henry Boissiquat, Jean Duval travaillent la terre, les autres sont des maçon,
tonnelier, carrier, treillageux, bûcherons, couvreurs en tuiles et ardoises et
batteurs en grange.
Loi du maximum (En livres : l, sols : s,
deniers : d) : - Journée d’homme 4l 10s. – Journée de - femme 2l 5s.
– Charretier : 13livres
5sols.
– Garçon de cour : 18 l.
– Batteur en grange : 1
l. 10 s.
– Fauchage de luzerne :
4 l. 10 s.
– Fauchage de trèfle : 4
l. 10 s.
– Fauchage de sainfoin :
4 l. 10 s.
– Fauchage de pré : 4 l.
10 s.
– Fauchage de la 2e
coupe : 3 l.
– Bottelage des foins :
1 l. 17 s. 6 d.
– Ouvrier pour faucher :
3 l. 15 s.
– Ouvrier pour faner : 2
l. 5 s.
– Ouvrier pour ferme : 1
l. 10 s.
– Ouvrier pour scier,
ramasser et trier les blés : 13 l. 10 s.
– Pour les seigles : 12
l.
– Pour
« écourgeon » : 12 l.
– Pour le blé de mars :
12 l.
– Pour les avoines : 12
l.
– Fauchage des orges : 3
l. 15 s.
– Fauchage des avoines :
3 l. 15 s.
– Levage des orges à
l’arpent : 2 l. 5s.
– Levage des avoines à
l’arpent : 2 l. 5 s.
- « calvanage »
depuis la 1ère gerbe jusqu’à la dernière : 54 l.
– Tapage depuis la 1ère gerbe
jusqu’à la dernière : 67 l. 10 s.
- Façon des vignes par
arpents : 75 l.
– Façon des vignes pour homme
à la journée : 2 l. 5 s.
– Façon des vignes pour femme
à la journée : 1 l. 10 s.
- Journée d’homme pour
vendange : 2 l. 52 s.
– Journée pour femme pour
vendange : 1 l. 10 s.
– Labour d’un arpent à la
charrue y compris la rentrée de la moisson : 18 l.
– Labour d’un arpent à la
charrue non compris la rentrée de la moisson : 12 l.
– Labour d’un arpent à
l’outil : 15 l.
– Charriage des grains en
gerbe dans le terroir : 6 l.
– Charriage des grains hors
le terroir : 9 l.
– Journée de charrois :
3 l.
– Journée de
bourrelier : 3 l.
- Prix d’un cheval de
somme : 2 l. 5 s.
– Prix d’une voiture attelée
d’un cheval : 9 l.
– Prix d’une voiture attelée
de 2 chevaux : 13 l. 10 s.
– Prix d’une voiture attelée
de 3 chevaux : 18 l.
– Pressoir pour mare
(eau-de-vie) : 4 l. 10 s.
– Faucilles : 1 l. 10 s.
– Faux : 3 l. 15 s.
– Houe : 6 l. 15 s.
– Bêche : 4 l. 10 s.
– Cognée : 3 l. 15 s.
– Pioche : 3 l.
– Serpe : 3 l.
– Serfouette
(serpette) : 1 l. 2 s 6 d.
– Bènette la pièce
(binette ?) : 2 l. 12 s 6 d.
– Crochet à vigne : 3 l.
15 s.
– Crochet à fumier : 1
l. 10 s.
– Fourche à fumier : 2
l. 5 s.
– Fer à cheval 1ère
classe : 18 s.
– Fer à cheval 2e
classe : 15 s.
– Fer a cheval 3e
classe : 012 s.
– Coûte de charrue
(couteau) : 4 l. 10 s.
– Soc de charrue neuf :
12 l.
– Forgure de soc : 3 l.
15 s.
– Forgure de pioche : 1
l. 2 s 6 d.
– Forgure de tourné : 3
l.
– Forgure de crochet à
vigne : 1 l. 2 s 6 d.
Deux jeunes Villemoissonnais pour le Champ-de-Mars. –
Ce 6 messidor, an II (24 juin 1794). En vertu d’une lettre de la Société des
amis de la Liberté et de l’Egalité de la commune de Montlhéry, adressée à nous
par l’agent national du district de Corbeil, pour faire le choix d’un ou deux
citoyens de l’âge de 16 à 18 ans, les plus vertueux patriotes, vigoureux et
intelligent. Pour concourir dans le choix de ceux destinés à composer le camp
du Champ de Mars ordonné par la Convention Nationale, y recevoir les
instructions propres à former de vertueux citoyens, de braves républicains et
de vaillants défenseurs de la Patrie.
N’ayant environ que sept ou
huit citoyens de cet âge, la municipalité fait le choix des citoyens Louis
Mouroux, 17 ans au mois de juillet prochain vieux style, taille de 5 pieds 4
pouces chaussé, et Pierre Petit, 17 ans et trois mois environ, taille de 5
pieds et 1 pouce 6 lignes aussi chaussé.
Nouveau prénom à la mode. – La mode à l’état-civil.
Au registre des baptêmes est noté l’enfant du citoyen François, nommé Taillefer
et de Suzanne Neufortier son épouse de Paris section de la Halle au blé, lequel
se nomme Victor Messidor, né 8 messidor.
La terreur

Procès-verbal concernant ledit Lambert
Le contrôleur général Lambert se cache au château. -
L'an II, le 11 messidor. La citoyenne Blandin, mère, est venue au greffe
déclarer qu'ayant apprise que le glaive de la loi a frappé Lambert, ex-contrôleur
général, elle se croit obligée de faire la déclaration suivante : « Ledit
Lambert est venu chez elle à Villemoisson l’été 1792. Il a laissé chez elle
quelques effets dans intention de les reprendre lors de son retour à Paris, il
n’est point revenu. Ces effets consistent en : 12 boites ou cartons dont 11
fermant à clef, le douzième fermant avec des cordons et couvert de parchemin
vert. Un portemanteau de veau jaune fermant avec quatre boucles de fer. Deux
volumes cartonné intitulé : « Tableau général de l'empire Ottoman ».
Quatre volumes reliés, dont deux traitent de la philosophie du chancelie***, le
troisième traitant des opinions religieuses; le quatrième est la sixième partie
du missel de Paris. 24 volumes brochés, contenant le recueil des décrets de l'Assemblée
Nationale, 6 habits, 1 gilet, 7 culottes dans lesquelles il y en a une de peau,
1 chapeau, 1 couteau de chasse monté en argent avec son ceinturon, deux bourses
de velours brodés d'or contenant cent médailles d'argent représentant d'un côté
le ci-devant roi, de l'autre les ci-devant armes de France, autour desquelles
est écrit « Trésorerie générale de la maison du Roy ». Un étui vert
galonné d’or. Une demie douzaine de cuillères à café de vermeil dans un étui de
cuir. »
Lesquels objets, la citoyenne les a déposés au greffe de la
municipalité avec en plus deux tabatières d'or émaillées pour femme. En outre,
la dite citoyenne Blandin a déclaré que le dit Lambert a laissé dans une
remise, une voiture en forme de diligence dont la caisse est peinte en jaune et
le train en rouge.
En conséquence, le 13e jour de messidor, an II (1er juillet
1794), est venu le citoyen Langlois, administrateur du district de Corbeil,
commissaire à l'effet de faire dans la maison de la citoyenne Blandin, des
recherches nécessaires pour l'intérêt de la République, prendre tous les
renseignements convenables.
Ordonnance du Comité Gendarme de la garnison de Versailles.
(28 vendémiaire an III) - Un méfait aurait-il été commis à Villemoisson ?
Les personnages en question sont-ils de Villemoissonnais ? L’état-civil ne
marque pas leurs traces. « Je déclare à l'agent national de la commune de
Villemoisson, que la femme veuve Gérinot, Pierre Gorgnard et François
Groullier, tous trois condamnés par le Tribunal Criminel du département de
Seine-et-Oise, et par un réquisitoire de l'accusateur public, prés le Tribunal,
que les dits sont à être conduits en brigade à la maison de Justice de Corbeil.
Les condamnés ne pouvant marcher, est requit l'agent national de Villemoisson
de donner une voiture, si faire se peut, pour conduire les dits détenus à leur
destination ».
La chasse aux suspects - 3 ventôse an III (21 février 1795).
Après visite, le procès-verbal de suspections du citoyen Blandin, il parait
avoir été suspecté par erreur, ni les citoyens qui sont dans le château. Le 24
germinal (13 avril 1795), comparait le citoyen Oberhausser, commandant de la
gendarmerie nationale de Villeneuve-Saint-Georges, à l'effet de mettre en
exécution un arrêté du citoyen Charles de la Croix, représentant du peuple, qui
ordonne de mettre en arrestation les nommés Nicolas P*** et Pierre Maubert.
Lesquels dénommés sont inconnus dans la commune.
Á la recherche des responsables de la Terreur. - Enfin,
le 13 floréal an III (2 mai 1795), la municipalité assemblée en vertu d'une
lettre de l'agent national du district de Corbeil adressée à l'agent national
de la commune, laquelle porte que l'agent enverra les noms et prénoms des
personnes connues pour avoir participé aux horreurs commises sous la tyrannie
qui à précédé le 9 thermidor. L'agent national, entendu les officiers
municipaux présents, ont arrêtés que dans la commune ils ne connaissent aucun
individu connu sous cette tyrannie.
L’école de la maison du pont retenue pour la garde est
louée. - 10 vendémiaire an III de la République. Le citoyen Mouroux,
officier municipal, étant au service (du châtelain) Blandin, se voyant sans
maison, obtient de la municipalité la location de l'ancienne école située prés
le pont. Mais il sera tenu de livrer le bas de cette maison toutes les fois que
l'on sera obligé de monter la garde, car ce logement appartient à la Nation. Il
sera éventuellement tenu de se conformer si cette maison doit être vendue au
profit de la Nation. Il paiera à la commune ou à la Nation la somme de 60
livres y compris la cave du presbytère.
Recensements divers - Le 23 brumaire an III (13
novembre 1794), l'agent national du district de Corbeil demande les
recensements des exploitations et de tous les animaux ruraux. Le 11 frimaire
(1er décembre 1794), sont élus les citoyens Latteux l'aîné et Henry Boissyquat,
pour recevoir les déclarations de la filasse.
Démission du secrétaire-greffier. - 20 nivôse an III
(9 janvier 1795). Le citoyen Jean-baptiste Saint-Lot, secrétaire-greffier
représente que depuis quatre ans il exerce les fonctions de greffier, et dit
qu'il ne peut plus continuer cette fonction, il prie les citoyens de nommer un
autre à sa place. Cependant, il continuerait bien ses fonctions moyennant la
somme de 500 livres, qu’il fournirait le papier, la lumière et le bois, mais il
ne consent pas à la tenue du registre de délibérations, ni aux enregistrements
des lois. Les avis sont partagés : Le citoyen Dupré, maire, consent à donner
500 livres à la charge que Saint-Lot donnera la somme de 24 livres au
tambour ; Claude Latteux propose de donner 300 livres, mais il ne veut
consentir au citoyen Saint-Lot, ni au citoyen Daragon, il déclare ne vouloir
rien dire.
Coupes d’arbres dans la Garenne. - 3 pluviôse an III
(22 janvier 1795). Il est constaté un délit commis dans le bois de la Garenne
appartenant au citoyen de Brosse, domicilié à Epinay. La municipalité a
constaté plusieurs pièces de bois coupées par les pieds et plusieurs chênes ont
les branches aussi coupées. Ce délit aurait été commis par des individus de
plusieurs communes.
Le Directoire
La nouvelle municipalité - Á partir de cette époque,
la municipalité n’est plus élue aux suffrages des habitants. Les directives
viennent de l’autorité de tutelle. Le 23 pluviôse (11 février 1795), se
présente à la maison commune un commissaire nommé par l'agent national près le
district de Corbeil pour donner un arrêté du représentant du peuple Charles de
la Croix. Lequel a fait transcrire au registre de délibérations ce qui suit,
sont nommés : François Robine maire, Jean Saint-Lot père et Mouroux officiers
municipaux, Pierre Daragon agent national. Notables : Lafeuille, Taillefer,
Jean Duval, François Latteux, Pierre Ledour, Dupré ex-maire, Jean Saint-Lot
greffier. Après l'appel, les citoyens désignés ont prêtés le serment prescrit
par la loi des mains du commissaire.
Il est arrêté par la municipalité que tous les décadis, à
neuf heures du matin, la cloche sonnera qu’une fois par l'agent national ou une
personne commise en cas d'absence, et sera fait lecture des bulletins des lois.
Location de la grange du presbytère. - Le 8 thermidor
an III (26 juillet 1795). La municipalité procède à la location d'une grange
dépendant du ci-devant presbytère au plus offrant et dernier enchérisseur. Elle
est adjugée au citoyen Mouroux 55 livres. Ensuite, il est loué une chambre
au-dessus de la cuisine. Mise à prix à 25 livres, elle est adjugée au même
officier municipal pour 30 livres.
Elections. - Ce 15 brumaire an IV (5 novembre 1795).
Vu la lettre du canton de Montlhéry émanant du président du département de
Seine-et-Oise, les citoyens de la commune assemblés, procèdent à l'élection
d'un agent municipal et d'un adjoint. Les scrutins sont mis dans le vase par
trois fois pour réussir à élire le citoyen François Robine. Quant à l’adjoint
deux tours suffisent pour Claude Latteux. Mais ni l'un, ni l'autre n'ont voulu
accepter. Finalement, Robine consent, et signe le procès-verbal comme maire.
Lequel sera envoyé à l'administration municipale du canton. Ont signés ensuite
: Saint-Lot officier municipal, Mouroux, Daragon agent national, Magloire
Saint-Lot, Jacques Saint-Lot, Dupré, Dalleux, Jean Claude Saint-Lot, Mathurin
Charpentier, Nicolas Charpentier, Saint-Lot secrétaire-greffier.
Mouroux garde la Maison du Pont. - Le même jour, 15 brumaire, sont vendus deux ormes
morts dans le cimetière (se trouvant devant l’église), un autre sur la butte,
adjugés au citoyen André Thomas au plus offrant pour 153 livres. Est mise en
adjudication la maison située sur le pont. Il est proposé : Daragon 50
livres, Mouroux 60 livres, Pierre Le Dour 100, Mouroux 110, Le Dour 120,
Mouroux 125 livres, Baptiste Saint-Lot 130, Mouroux 135, Le Dour à 140, le
enfin Mouroux avec 150 livres réussit à obtenir cette tant désirée.
17 brumaire an IV (7 novembre
1795), il est décidé de vendre la tonture de neuf têtes de saules, dont un mort
sera coupé et remplacé de deux platanes par l'adjudicataire qui est toujours le
même Mouroux pour 215 livres.
Consulat
Le peuple n’a plus la
parole
Nomination. - 1er thermidor, an VIII (19 juillet 1800). Nous
maire et adjoint provisoires de la commune, fait annoncer dans les carrefours
au son de la caisse, l’assemblée à l'effet de recevoir le nouvel adjoint,
conformément à l'arrêté du 8 prairial an VIII. Le citoyen Jean Baptiste
Saint-Lot est nommé par le préfet du département adjoint, et a prêté le serment
prescrit.
La fête de la fondation de la République qui n’existe que
de nom. - Le 1er vendémiaire an IX (22 septembre 1800). En vertu de la
lettre du préfet de Seine-et-Oise, la municipalité fait annoncer au son de la
caisse, que tous les citoyens se réunissent au temple pour célébrer la fête de
la fondation de la République. Lecture est donné de plusieurs lois et arrêtés
des consuls de la République. Lecture faite, les citoyens se sont retirés et
ont employés le reste de la journée à divers divertissements. La municipalité
arrête que copie du procès-verbal de la cérémonie sera adressée au citoyen
sous-préfet du 4e arrondissement de Seine-et-Oise, en l'instruisant que le
citoyen Mallot, domicilié à Epinay a amusé les citoyens avec plusieurs
instruments.
Le 20 germinal, l'an IX (9
avril 1801). Municipalité et habitants de la commune se sont réunis dans le temple
à l'effet d'y publier la proclamation du 1er consul sur la publication de la
paix conclue entre l'empereur et la République Françoise.
Délimitation des communes. - Le dit jour 20 germinal an
IX, sont nommés commissaires les citoyens Henry Boissiquat et Germain Thomas
pour avec ceux de Sainte-Geneviève et de Morsang, former une ligne de
démarcation entre les communes dans les bois des héritiers Berthier.

Plan ayant servit à l’étude du partage de la forêt de
Séquigny. Remarquer en pointillés les délimitations en haut à gauche.
Nominations préfectorale et communales. - 25
germinal, an XII (14 avril 1804), la municipalité reçoit le citoyen Pierre
Denis Latteux pour adjoint au maire conformément à la nomination faite par le
préfet. Il est requis de prêter serment de fidèlité à la République, (une
république moribonde).
Ce jour là, sont nommés deux gardes champêtres, les citoyens
Mathurin Charpentier et Pierre Limay à l'effet de garder les grains, vignes,
prés et fruits, jusqu'à l'enlèvement entier des fruits, et que, les dits gardes
s'obligent de garder toutes les propriétés gratis à l'exception des vignes qui
leur seront payées à raison de un franc par chaque arpent de vignes. Il leur
sont expressément défendu de se faire payer les délits sans l'autorisation du
propriétaire, et si le propriétaire veut faire grâce du délit, il sera tenu
lui-même de payer au dit garde 4 sous.