Au
temps des Noailles
(1659-1734)
10 juillet 1659. – « Contrat (familial) d’échange fait
entre Anne comte de Noailles et dame Louise Boyer son épouse d’une part, et
Antoine Boyer, chevalier, seigneur de Villemoisson, etc., par lequel le comte de
Noailles hérite de ses seigneuries ».
La famille de Noailles va régner sur Villemoisson sous les
noms de :
1°) Anne de Noailles (1659 – 1678) – 1681. 1er
duc de Noailles, marquis de... (1). Gouverneur du comté de Roussillon,
lieutenant général d’Auvergne, sénéchal de Rouergue, lieutenant général des
armées du roi.

2°) Anne Jules duc de Noailles (1681 – 1707).
« Après le décès d’Anne Noailles, les terres et seigneuries sont passées
entre les mains d’Anne Jules duc de Noailles, pair et maréchal de France,
premier capitaine des gardes du roy, son fils, et à dame Marie Françoise de
Bournonville, son épouse, au moyen du délaissement qui leur a été fait par la
dite dame Louise Boyer sa mère et à laquelle le tout appartenoit tant de son
chef que comme ayant les droits cédés de messieurs ses autres enfants et ce
pour demeurer quitte envers le dit sieur Anne Jules duc de Noailles son fils de
la somme de 79.465 livres qui restoit à luy payer pour parfaire les 40.000
livres de rente à luy promises par contrat de d'hoirie sur la succession lors
future de la dite dame Boyer sa mère suivant la transaction passée entre eux
devant Lauverdy et son confrère notaires à Paris le 20 mars 1681 ». (2)

3°) Adrien Maurice de Noailles (1707 – 1725). -
« Ensuite, le dit seigneur Anne Jules duc de Noailles auroit par son
testament olographe du 1er may 1707 donné et légué à messire Adrien
Maurice duc de Noailles, pair de Fiance, chevalier de la Toison d'Or, grand
d'Espagne et premier capitaine des gardes du corps du roy, qu'il a institué son
légataire universel, les dites terres et seigneuries. » (3). Il Naquit en
1678, commença dans les mousquetaires du roi, épousa 1698
Françoise-Charlotte-Amable d’Aubigné, fille de Charles, comte d’Aubigné,
gouverneur de Berry, et de Geneviève Piètre; et nièce et héritière de Françoise
d’Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV.
« Adrien Maurice duc de Noailles a ensuite cédé et
délaissé par différents actes, datés les uns et les autres du 11 may 1710 et du
consentement de la dite dame de Bournonville sa mère et ses frères et sœurs,
savoir :
- « 1/5e au total à
Jules Adrien, comte de Noailles;
- Un autre cinquième à
demoiselle Vranie de Noailles ;
- Un autre cinquième à
demoiselle Anne Louise de Noailles;
- Et deux autres cinquièmes à
Jean Emmanuel, marquis de Noailles.
« Le tout pour demeurer quitte et déchargé envers les
dits sieurs frères et sœurs de partie des legs particuliers qui leur avoit été
faits à chacun d'eux par le dit feu sieur maréchal de Noailles leur père commun
par testament sus-daté et pour leur tenir lieu de légitimité. Le dit feu sieur
Adrien Maurice duc de Noailles étant redevenu propriétaire d'un cinquième au
total dans les dites terres, tant comme héritier de Jules Adrien, comte de
Noailles, son frère décédé sans postérité, que de la dite demoiselle Vranie de
Noailles sa sœur au moyen de sa profession de religieuse, auroit formé sa
demande au Châtelet de Paris en licitation des dites terres et seigneuries à
l'encontre du dit Jean Emmanuel, marquis de Noailles et contre la dite Anne
Louise de Noailles sa sœur, les dites terres furent adjugées au dit Jean
Emmanuel, marquis de Noailles par sentence d'adjudication du Châtelet de paris
du 11 juillet 1714. Au moyen de laquelle adjudication il est resté seul
propriétaire des dites terres jusqu'au mois de décembre 1725 qu'il est décédé
sans postérité ».

4°) Jean Emmanuel de Noailles (1725 – 1733 -
« Par ce décès le dit feu seigneur Adrien Maurice duc de Noailles son
frère aîné et son seul héritier par bénéfice d'inventaire quant aux propres est
devenu entièrement propriétaire des seigneuries, ainsy que les dits offices de
juge gruyer, garde-marteau et greffier de la gruerie de Montlhéry et forest de
Séquigny, tant au moyen des renonciations qui furent faites à la succession du
dit Jean Emmanuel, marquis de Noailles par ses frères et sœurs, neveux, nièces,
passées. Qu'en conséquence des cessions et abandonnements qui ont été faits au
dit Adrien Maurice duc de Noailles par la dite dame de Bournonville sa mère
héritière bénéficiaire quant aux meubles et acquêts du dit Jean Emmanuel,
marquis de Noailles son fils, de tous les droits, noms, raisons et actions
qu'elle pouvoit prétendre en sa succession par acte passé devant Ballot et son
confrère notaires à Paris le 12 aoust 1733 ».
Qui sont les
Noailles ?
(Source :
« Histoire et généalogie de la maison de Noailles » de Georges
Martin.
Cette maison est originaire du Limousin. La terre et le
château de Noailles sont situés près de Brive et de Turenne.
Nous trouvons parmi cette famille :
1°) Guintrand de Noailles, seigneur de Noailles et de Nabus
de Ségur.
2°) Pierre de Noailles, il est dit qu’il a épousé Hélis de
Rosiers.
3°) Hugues de Noailles, chevalier, il entrepris un voyage de
Terre-Sainte avec le roi Saint-Louis, où il y mourut. Il épousa en 1240, Luce
fille d’Archambault VI, vicomte de Comborn, et de Guicharde de Beaujeu.
4°) Hélie 1er de Noailles. Il épousa vers 1280,
Doucette d’Astorg, dame de Noaillac ou Noailhac, qu’elle porta dans la maison
de Noailles.
5°) Guillaume de Noailles, seigneur de Noailles, de
Noaillac, de Chambres, il fut fait capitaine et gouverneur du Limousin. Il
rendit hommage en 1337 pour sa terre de Noailles à Mathe de l’Isle, comtesse de
Comminges. Il épousa Marguerite, dame de Montclar, fille d’Aymeric, seigneur de
Montclar et de Chambres.
6°) Hélie II de Noailles, seigneur de Noailles, de la
Maréchaussée, de Noaillac, de Montclar, de Chambres, fidèle au roi de France et
guerroya contre le prince de Galles qui ravagea ses terres du Limousin. Il
épousa en 1349, Marguerite de Maulmont, sœur de Pierre de Maulmont.
7°) Jean 1er de Noailles, servit le roi dans ses
guerres de Flandre sous le commandement du duc de Berry (1383). Il épousa en
1386, Marguerite de Lasteyrie du Saillant, fille de Guy, seigneur du Saillant,
sénéchal et capitaine du Rouergue, et de Jeanne d’Ornhac..
8°) François de Noailles. Seigneur de Noailles, de Noaillac,
de Montclar, de Chambres, de Davazac, de Sarrazac, de Chastel-Cousages (Chasteaux),
de Brive, de Jugeal, de Chartriers, de Lissac, de Saint-Pantaléon, de
Saint-Senin, de Turenne, de Cressensac, de Ligneyrac, de Collonges, de
Dampniat, mourut le 10 février 1472. Il épousa en premières noces, Jeanne de
Claviers, fille de Bertrand, seigneur de Murat-la-Barbe et de Châteauneuf. En
seconde noces, en 1430, Marguerite de Roffignac, fille de Jean et de Louise de
Monteruc, petite-nièce du pape Innocent VI.
Jean II, fils de François, n’ayant eut que deux filles,
institua héritier Aimar de Noailles son cousin, fils de Jean III, frère de
François son père.
9°) Jean III de Noailles. Frère de François, il obtient les
terres, châteaux et châtellenie de Chambres et Montclar en Auvergne, seigneur
d’Anglards-de-Salers, Chalvignac, de Sescles, de Darazac, de Bort, de
Saint-Julien-aux-Bois. Il épouse, avec dispense du pape Eugène IV, sa cousine,
Jeanne de Gimel, veuve de Vincent de Monceau, seigneur de Bar, décède en 1479.
10°) Aimar de Noailles. Les enfants de Louise de Noailles,
dame de Cosnac, lui disputent les domaines par un grand procès. Il épousa
Antoinette de Saint-Exupéry, dite de Miremont, fille de Guillaume, seigneur de
Miremont, et d’Elis d’Estaing. Il mourut en 1486.
11°) Louis de Noailles. Naquit le 16 juin 1483. Il devint
seigneur de Noailles et de Noaillac, par arrêt du Parlement de Paris du 24 mars
1528, en vertu des substitutions faites par ses prédécesseurs. Il servit dans
les guerres d’Italie et fut fait chevalier par Louis XII. Il mourut en 1540. Il
épousa Catherine de Pierre-Buffière, fille de Pierre-Buffière, baron de
Châteauneuf, et de Catherine, vicomtesse de Comborn.; elle eut 19 enfants.
12°) Antoine de Noailles. Seigneur de Noailles de … (4).
Naquit en 1504. Il épousa en 1540, Jeanne de Gontaut, fille de Raymond de Gontaut,
seigneur de Cabrerès, et de Françoise de Bonafos, dame de Lentour.
13°) Henri de Noailles. Seigneur de … (5). Naquit à Londres,
pendant l’ambassade de son père, le 15 juillet 1554, mourut le 13 mai 1623. Il
épousa avec dispense, le 22 juin 1578, Jeanne Germaine d’Espagne, fille de
Jacques Mathieu d’Espagne, seigneur de Panassac, et de Catherine de Narbonne,
baronne de Léron.
14°) François de Noailles. Seigneur de (6)... Naquit le 19
juin 1584 et mourut en 1645. Il épousa en 1601 Rose de Roquelaure, fille
d’Antoine, seigneur de Roquelaure, baron de Lavardens, maréchal de France, et
de Catherine d’Ornezan.
Villemoisson baillé en
fermage.
La famille Noailles qui possède tant d’héritages se
désintéresse de leurs seigneuries de Villemoisson et Sainte-Geneviève et les
confie à des gérants dans un but de rapport, lesquels, à leur tour confièrent à
des métayers le soin de leur fonctionnement. Pauvres habitants à qui toutes les
charges tombent sur leur travail. Parmi ces gérants nous trouvons : Louis
Monnerot (1698-1720) ; Henri Bartel de Bonneval (1721-1732) ;
François de Godde, seigneur de Morsang (1727).
En 1721, « le sieur Bartel de Bonneval, fermier
général, jouissoit des terres de Villemoisson et Sainte-Geneviève-des-Bois au
moyen de la vente qui luy avoit été faite à vie par le marquis de Noailles,
moyennant une somme de 200.000 livres. En 1732, le sieur de Bonneval a consenti
la résiliation du dit contrat de vente en faveur d’Adrien Maurice duc de
Noailles au moyen d'une pension viagère de 5400 livres qu'il luy a constitué, à
prendre sur les terres. Et en 1734 transporte l'hypothèque et le paiement de la
dite rente viagère sur les autres terres sçises en Picardie ».
Qui sont les Bonneval ? - Terre considérable dans le Limousin, près de
Limoges, tant en revenus qu’en droits seigneuriaux. Elle est composée d’un
château, d’un parc, d’un bourg fermé, et de 60 villages. C’est de cette terre
que la maison de Bonneval tire son nom. Nous trouvons :
- Géraud de Bonneval. -
(1055)
- Roger de Bonneval. (XIIIè
siècle), marié à Anne de Lestrange.
- Jean 1er,
seigneur de Bonneval, qui épousa Agnès, fille d’Audouin Béchade (1370), vers
1390, Alix d’Aix,
- Jean Il, seigneur de
Bonneval, (1400) chevalier, capitaine d’une compagnie de gendarmes. Il avait
épousé Eude de Tranchelyon
- Jean III, chevalier, tint
avec ses frères le parti anglais. Déclaré rebelle ses biens furent donnés au
connétable Dugesclin. Il épousa Aux de Brème. Sans successions mâles, la maison
passa à son frère :
- Aimerie de Bonneval. Du
parti anglais il revint à Charles V en 1373. Sa femme Sibylle de Combom.
- Jean IV de Bonneval; sa
femme Catherine de Montvert. (1430)
- Bernard de Bonneval. Sous
Charles VII, il défendit Paris pour les Anglois. Sa femme Marguerite de
Pierrebussière; mort en 1480.
- Antoine de Bonneval. Mourut
en 1505. Sa femme fut Marguerite de Foix
- Germain de Bonneval. Suivit
Charles VIII et François 1er en Italie. Il fut tué à Pavie en 1524.
Il avait épousé en 1505 Jeanne de Beaumont, puis Marie de Graville. Sans succession
mâle, la maison passa à son frère.
- Jean V de Bonneval.
Prisonnier à Pavie. Il épousa en 1526 Françoise de Varie.
- Gabriel de Bonneval.
Chevalier, il épousa en 1557, Jeanne d’Anglure, fille d’honneur de la reine
Catherine de Médicis.
- Horace de Bonneval,
seigneur de Montaigu et Salignac, fini maréchal d’Aumont, sa femme Marguerite
de Neuville. La maison passe ensuite à :
- Henri 1er de
Bonneval, dit la Grand-Barbe, troisième fils de Gabrîel. Servit Henri IV et
Louis XIII, mourut en 1642; il avait épousé Marie de Pons, puis Jeanne de
Lastours.
- Henri II de Bonneval, comte
de Bonneval. Mourut en 1656. Il eut pour femmes Elisabeth de Saint-Mathieu,
Isabeau d’Oyneau.
- Jean-François de Bonneval,
connu sous le nom de marquis de Bonneval. Mourut en 1682 à 52 ans. Il avait
épousé Claude Monceaux.
- César-Phoebus, marquis de
Bonneval et autres lieux, né en 1671. Sa femme Marie Angélique d’Hautefort
- César-Phoebus-François,
comte de Bonneval, né en 1703, marié à Marie de Beynac.
(Les armes : d‘azur, à un
lion d‘or, armé et lampassé de gueules. Supports : deux griffons d’or).
Qui est Goddes de Varennes? - Auguste
ou Augustin François de Goddes, marquis de Varennes, lieutenant général des
armées du roi, le plus anciens des commandeurs de l’Ordre de Saint-Louis,
gouverneur pour le roi des château d’If et îles adjacentes, nommé chevalier de
Saint-Louis en 1713, par Louis XIV et commandeur du même Ordre en 1738, est
mort à Saint-Nicolas d’Angers le 4 janvier 1771 dans sa 87è année. Sa femme
Elisabeth Geneviève de Vassan, dame de Morsang-sur-Orge. (Les armes : d’argent,
à la face de gueules, accompagnée en chef de deux étoiles de sable, et en
pointe d’une hure de sanglier de même, défendue d’argent).
Les fermiers de la ferme
seigneuriale.
Le seigneur de Villemoisson ayant gardé la directe sur
l’ancien manoir (devenu la ferme seigneuriale et son moulin banal, nous
trouvons ce dernier à la date du 8 novembre 1660, baillé à Rémy Baron et Barbe
Besnard sa femme, demeurant à Montlhéry, pour six années ; le 16 janvier
1665, ce bail est prorogé. Revenons à la ferme.
Anne comte de Noailles, nouveau seigneur, charge Thomas
Formentin, fermier de sa terre et seigneurie de Villemoisson, receveur de ses
seigneuries, de faire payer les années d’arrérages dont Jean Tambonneau, tuteur
d’Antoine Boyer alors mineur, avait négligé de faire rentrer les rentes que des
habitants doivent.
Le 8 mai 1661. « Saisie est faite à la requeste de
Formentin pour cause de 29 années d’arrérages de la rente de 11 livres 10 sols
par an des loyers dus par Nicolas Nouveau et Charles Lefebvre à la seigneurie
de Villemoisson. Cette rente ensuite due à Jean Charpentier où ses héritiers
successeurs et comme héritiers à l’origine de Balthazar Desboullets ; avec
assignation aux dits Nouveau et Lefebvre pour affirmer ce qu’ils
doivent ».
21, 24 novembre 1661. « Exploit d’opposition faite à la
requeste de Formentin de la saisie entre les mains du gardien des meubles sur
Charles Lefebvre, pour les arrérages dus par les héritiers Charpentiers »
et « exploit d’assignation donné à la requeste du même Formentin à Jean
Fournier et Marguerite Poirier sa femme et leurs cohéritiers de la succession
de Balthazar Desboullets, toujours pour les mêmes arrérages. »
Les choses semblent stagner quand :
Le 9 novembre 1663, de nouveau c’est un « Exploit de
saisie et arrest fait à la requeste de la veuve Thomas Formentin, dont la ferme
revient maintenant entre les mains de Denis Pellé, jardinier demeurant au dit
lieu, sur les héritiers Balthazar Desboulets, faute de paiement de la somme de
80 livres 10 sols pour sept années d’arrérages de 11 livres 10 sols de rente
par eux dues en la qualité d’héritiers du sieur Balthazar Desboulets; à prendre
sur leurs héritages par eux possédés. Ensuite est la dénonciation du même jour de
la sus dite saisie à Jean Fournier, sa femme et autres héritiers du dit
Balthazar Desboulets ».
Il semble que la veuve est pris un nouveau compagnon, car le
25 novembre de la même année : « Consentement est donné par Georges
Chandelier, demeurant à Villemoisson, que Marie Chardon, veuve de Thomas Fromentin,
reçoive du nommé Pellé 16 livres tournois qu’il doit au dit Chandelier pour une
année de loyer de la dite maison que le dit Pellé occupe ».
De ces actes difficiles à analyser, il ressort que ces rappels
d’impositions sont sur des biens que Jean Charpentier a hérité de Balthazar
Desboullets, lesquels ont peut-être été « sous-loués » à Nicolas
Nouveau et Charles Lefebvre, Jean Fournier et Marguerite Poirier sa femme et
Denis Pellé. Déduction aussi douteuse que de ce qui précède.
En 1726, la ferme est baillée par Henry Bartel de Bonneval,
à Pierre Hernieux et Jeanne Redon sa femme, bail consistant en 30 livres de
rente perceptible chaque an sur différents particuliers.
Puis le du 27 janvier 1733. (Extraits)
« A tous ceux que ces présentes lettres verront.
Gabriel Jérôme de Bulion, chevalier, comte de Gelimont, mestre des camps du
régiment de Provence Infanterie, conseiller du roy, prévost de la ville,
prévosté et vicomté de Paris, salut. Sçavoir, faisons que par devant
conseillers du roy, notaires à Paris soussignés, furent présents.
« Très haut et très puissant seigneur, monseigneur
Adrien Maurice, duc de Noailles, pair de France, Grand d’Espagne, chevalier des
Ordres du Roy et de la Toison d’Or, premier capitaine des gardes du corps de Sa
Majesté, lieutenant général de ses armées, gouverneur du Roussillon et des
ville et citadelle de Perpignan, gouverneur et capitaine des chasses de
Saint-Germain-en-Laye, Versailles, Marly et dépendances. Demeurant en son
hôtel, rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Roch.
« Lequel a par ces présentes donné et délaissé à titre
de ferme et prix d’argent, jusque et pour neuf années et neuf dépouilles
consécutives, à commencer a lever les guérets en la présente année, semer l’année
prochaine et faire la prochaine récolte de l’année 1735, et promet pendant le
dit temps faire jouir à Germain Philippe, laboureur à Villemoisson et Jeanne
Redon, elle auparavant veuve Hernieux, laboureur fermier de la ferme cy-après.
« C’est à sçavoir la ferme du dit Villemoisson,
consistante en plusieurs bâtiments, terres labourables, lisières de bois,
rentes en dépendantes, montantes à 30 livres par an dues (à la charge) par les
héritiers Nicolas Taillefer, Bro, Clerfeuille, et la veuve Jacques Saulton ;
clos, jardins, circonstances, dépendances, sans rien excepter de l’état et
consistances. (Nous constatons qu’une partie du village de Villemoisson était
censitaire de la ferme seigneuriale, et l’autre partie censitaire du fief de
Beaumont).
« Ce bail fait moyennant le prix et somme de 700 livres
de loyer de fermage pour et par an chacune des neuf années et neuf dépouilles
que les dits preneurs seront tenus …
« Que les dits preneurs s’y oblige, d’entretenir les
bastiments et édifices de la dite ferme … De bien et dûment labourer, cultiver,
fumer et ensemencer les dites terres par sols et saisons convenables, fautes
dessoler ny dessaisonner. Convertir les pailles en fumier pour fumer les terres
et prez. Faire la faulche des prez et la coupe des lisières. A rendre et
laisser le tout en fin du dit bail en bon estat. De fournir et faire, pour mon
dit seigneur bailleur, deux voitures avec leur charrette et chevaux du dit
Villemoisson à Paris ou quatre voitures à la campagne au choix de mondit
seigneur bailleur par chacun an. »

Les prétentions du
seigneur du fief de Beaumont
Le domaine passe des mains de Jacques Chollet dans celles de
François Joubert vers 1664, secrétaire de la Reine Anne d’Autriche, qui avait dut
connaître Villemoisson par les bons offices de Louise Boyer, dame d’atours de
la Reine et dame de Villemoisson. Il portait : d’azur avec chevron d’or
accompagné de trois coquilles, deux en chef, une en pointe.
François Joubert, à son tour le vendit à Lucien Boizard,
avocat au Parlement, déjà propriétaire du fief de Launay à
Saint-Michel-sur-Orge, le 13 mars 1670 et demande par testament à être enterré
à Villemoisson. Il mourut à Paris le 10 avril 1685.
Lucien Boizart
20 mars 1670. « Foy et hommage rendu par Lucien Boizart
à monseigneur le duc de Noailles, seigneur de Villemoisson. Pour raison du fief
qu’il a en l’étendue de la terre de Villemoisson. A laquelle foy et hommage le
dit seigneur de Noailles dit avoir été satisfait de tous les droits de quint,
relief, délit de vente et autres droits généralement quelconque ».
Le 21 juillet.1671. « Aveu et dénombrement rendu par
Lucien Boizart et Marguerite Gelée son épouse à Anne duc de Noailles, seigneur
de Villemoisson, pour raison du fief de Beaumont
Le 8 août 1671. – « Blâme donné par monseigneur de
Noailles à Lucien Boizart et damoiselle Marguerite Gelée son épouse, contre son
aveu et dénombrement, savoir entre autres :
« Que le dit Boizart ne peut se qualifier de seigneur
en partie de Villemoisson, vu que par les actes de foy et hommage; aveux et
dénombrements des prédécesseurs des dits seigneurs, ils se sont qualifiés
seigneurs et propriétaires d’un fief sçitué en la seigneurie du dit
Villemoisson.
« Que le dit Boizart ne peut avoir de pressoir vu que
ses prédécesseurs n’en ont jamais fait mention dans leurs anciens aveux et
dénombrements, et que les seigneurs de Villemoisson n’ont jamais consentis à en
établir aucun comme ayant le pressoir banal sur leurs sujets.
« Que le dit Boizart n’a point déclaré la consistance
des jardins dépendants de son manoir.
« Qu’il doit déclarer le dit fief par tenants et
aboutissants.
« Que c’est mal à propos qu’il augmente le dit fief de
41 arpents de plus, qui sont en roture et non en fief en la censive du dit seigneur.
« Qu’il n’a point de droit de justice moyenne et basse
comme il le prétend. ( ?)
« N’ayant point le droit de pêche que le dit Boizart
prétend avoir dans la rivière d’Orge depuis le pont du dit Villemoisson jusqu’à
l’aulnette; qu’il n’a au contraire le droit de pèche que depuis les planches du
dit Villemoisson en remontant vers le pont du Breuil ».
9 novembre 1671. – « Sentence pour Anne duc de
Noailles, seigneur de Villemoisson, contre Lucien Boizart. Par laquelle le dit
Boizart est condamné à reformer l’aveu et dénombrement qu’il a présenté au dit
seigneur de Noailles de son fief et de le fournir incessamment conformément aux
blâmes qui ont été signifiés par le dit seigneur au dit Boizart ».
4 décembre 1674. « Transaction faite entre le duc de Noailles,
seigneur de Villemoisson et Lucien Boizart et sa femme, seigneur du fief de
Beaumont, dit Sauvage. Par laquelle les contestations qui étoient entre
eux pour raison de l’aveu et dénombrement du fief de Beaumont, sont réglés à
l’amiable. Ici apparaît pour la première fois le nom de Beaumont donné au fief
de Lucien Boizard. Il faut cependant constater l’erreur par laquelle le duc de
Noailles refusait le droit de justice moyenne et basse, puisque les précédents
propriétaires de ce fief avaient droit.
Le 2 novembre 1677 : aveu et dénombrement. – « Par
devant Accuvse Cornillier, notaire royal, tabellion héréditaire en la ville,
comté, prévosté et châtellenie de Montlhéry soussigné, furent présents messire
Boizart, avocat au Parlement, sieur de Launay et de Beaumont, et damoiselle
Marguerite Gelée son épouse, demeurant à Paris, rue Saint-Victor, paroisse
Saint-Nicolas du Chardonnet.
« Lesquels ont advoués et advouent tenir en foy et
hommage de haut et puissant seigneur messire Anne duc de Noailles, pair de
France, chevalier, commandeur des ordres du roy, premier capitaine des gardes
du corps de Sa majesté, capitaine et gouverneur général pour sa dite Majesté de
la ville et citadelle de Perpignan, seigneur de Sainte-Geneviève-des-Bois,
Villemoisson, le Perray et autres lieux.
« Le fief, terre et seigneurie de Beaumont, sçis et
assis en et au dedans de la paroisse, terre et seigneurie de Villemoisson et
faisant partie du dit village à cause de l’acquisition par eux faicte du sieur
François Joubert, secrétaire ordinaire de la royne, par contrat du 15 mars
1670. C’est à sçavoir :
« La maison noble et principal manoir du dit fief,
consistant en chambres basses, salle et fournil, chambres haultes et grenier
au-dessus; écurie, vacheries, bergerie, grange à colombier, pressoir, cour et
clos derrière, partie en jardin et parterre et plan d’arbres fruitiers. Au
milieu duquel parterre il y a fontaine jaillissante. « 40 années sont et
plus ». Et un autre petit jardin derrière la susdite grange. Les dits lieux,
ainsy qu’ils se poursuivent et comportent environnés de murailles de toutes
parts.
« Tenant d’une part au chemin tendant de l’église de
Villemoisson au carrefour, d’autre part à un aultre chemin descendant du moulin
de Villemoisson à la rivière d’Orge; aboutissant d’un bout à la rue du dit
carrefour, et d’aultre bout vers l’église sur une pièce de terre dépendante du
presbytère de l’église du dit Villemoisson. Contenant le tout 7 arpents ou
environ, compris le jardin anciennement nommé les Ouches.
« Le droit de moyenne et basse justice, tant sur
l’hostel et principal manoir du dit fief et enclos, que sur les lieux, terres
et maisons cy-après déclarés :
a) La pelleterie (7). - « Sur un lieu clos de
murailles, contenant 7 quartiers ou environ, ou il y avoit autrefois maison
couverte de chaulmes appartenant aux hoirs ou ayant cause de défunt Pierre
Chemin. Tenant par haut au chemin de Villemoisson à Morsan et par bas sur la
prairie. Et chargé envers les dits advouants de 5 sols 8 deniers de cens et de
30 sols de rente portant directe seigneurie, lods, ventes, saisines et amendes
quand le y échu.
b) « Une autre maison appartenant aux hoirs ou ayant
cause feu André Huret. Chargée de 3 deniers de cens et 3 livres de rente, y
compris la cour et jardin attenant. Tenant par derrière à la pièce de terre
appelée la Pointe, d’autre par devant sur la rue qui tend de Villemoisson au
pont.
c) « Sur une autre maison qui a cy-devant appartenue à
défunt Ruelle. Chargée de moitié de 5 sols 2 poules, et de la moitié de 5 livres
de rente ; y compris la cour et jardin en dépendant. Tenant d’une part au
chemin qui tend du carrefour de l’Orme au Perray, d’autre part à la maison qui
cy-devant a appartenue au nommé Deschamps.
d) « Sur une maison, cour et jardin qui appartenoit cy-devant
à défunt Deschamps, chargés de l’autre moitié des 5 sols de cens et deux poules
et des dites 5 livres de rente.
e) « Sur une maison, cour et jardin, estable et grange,
appartenant à Estienne Charpentier, comme ayant les droits de la veuve Pasquier.
Chargés de 3 deniers 1 poule de cens et 6 livres de rente.
f) « Sur une aultre maison en deux corps de bâtiment
séparés, cour et jardin derrière. Contenant un arpent ou environ. A présent
appartenant aux héritiers ou ayant cause feu Jehan Charpentier, Philippe et
René Boullet. Aboutissant par devant sur la rue qui tend de Villemoisson au
Perray. Y compris un lieu ou eschange de terre, ou jadis soulloit 5pouvait)
être le four à ban qui joignoit la maison de Simon Caille. Les dits lieux
chargés de 5 sols et une poule et 100 sols de rente portant directe seigneurie,
lods, vente, saisines et amendes quand le cas y échu.
Différentes terres et vignes. « Le droit de pèche en la
rivière d’Orge, depuis l’encoignure du clos des advouants en remontant vers le
hameau du Breuil, jusque à l’aulnette à la Carée ».
Lucien Boizart qui a ajouté à son nom celui de de Beaumont,
vend son domaine à Louis de Prozelle
Louis Prozelle
Le 24 septembre 1717, Louis de Prozelle, auditeur des
Comptes, nouvel acquéreur fait « aveu et dénombrement à Jean Emmanuel,
marquis de Noailles, pour raison du fief de Beaumont. Dans la consistance du
fief, nous relevons :
« La maison et principal manoir du fief, un clos
inféodé joint au principal manoir sur lequel est une maison et cour : 7 arpent.
- Terres : une pièce de 17 arpents 50 perches sur le chemin de
Villemoisson à Morsan ; 21 arpents 75 perches appelés la Pointe, jadis
plantée en ozeraie ; 36 arpents appelée les Hautes Terres ; une autre
terre de 4 arpents. Cinq pièces de prés, plus les prés de Louans : 10
arpents. Une pièce sçise au fief de la Forest donnée à cens et rente à Delage
et plusieurs particuliers : 7 arpents et demy. Vignes à cens et rente au sieur
Delage : 2 arpents 50 perches.
« Le parc ou garenne de la Choltière, cy-devant de 30
arpents, augmenté de 7 arpents acquis du seigneur le 23 janvier 1690 et d’un
arpent acquis de Badau du Breuil, clos de murs : 38 arpents ». La Garenne
crée à titre de réserve de chasse par Jacques Cholet, appelée la Choltière, est
limitée de nos jours par les prairies de l’Orge, la rue Emile Bouton, l’avenue
de la République et la limite de Villemoisson avec Sainte-Geneviève. C’est
l’anciennement Aulnay Gohard.
« Droit de pèche et la justice moyenne et basse jusqu’à
60 sols parisis sur les maisons notées sur l’aveu précédent. Censives du fief :
4 poules, 29 livres 12 sols 9 deniers ».
D’autre part le fief de Beaumont comprend une partie du fief
du Perray (aujourd’hui le territoire occupé par l’hôpital de Vaucluse que nous
retrouverons sous le nom de la Gilquinière). Dont voici les étapes
historiques :
« 11 janvier 1606. - Partages du Perray entre Louis de
Martines, escuyer, seigneur du Perray et Charles de Martines son frère des
biens de la succession de défunt Pierre Louis de Martines. Il en appartiendra
les deux tiers à Louis l’aisné, et l’autre tiers à Charles de Martines le
cadet.
« 1er décembre 1640. - Contrat de vente par
Louis de Martines, sieur du Perray, à Antoine Boyer, seigneur de
Sainte-Geneviève-des-Bois et Villemoisson de ses deux tiers du fief et
seigneurie du Perray. Il résulte que les deux tiers de la seigneurie, haute,
moyenne et basse justice appartient à M. le marquis de Noailles, et l’autre
tiers à M. Prozelle.
La Pelleterie. – Le 6 mars 1733, « par devant les
conseillers du roy notaires à Paris fut présent messire Louis Prozelle, écuyer,
conseiller du roi auditeur ordinaire en ses Chambres des Comptes, demeurant à
Paris, rue Barbette au Marais, paroisse Saint-Gervais. Lequel a déclaré avoir
et tenir à titre de cens de messire Auguste de Godde de Varennes, chevalier,
seigneur de Morsan à cause de dame Elisabeth Geneviève de Vassan son épouse
pour sa terre de Morsan, au moyen de la transaction passée entre les dits sieur
et dame de Varennes et haut et puissant seigneur Jean de Vins Dagoult de
Montauban chevalier, marquis de Vins et de Savigny, seigneur de Viry et autres
lieux au sujet de la terre et seigneurie de Morsan : Une maison appelée la
Pelleterie sise au dit lieu de Morsan consistant en un corps de logis, couvert
de tuiles, autres bâtiments

Le « Collège »
L’origine de ce nom reste inexpliquée. Monsieur Victor
Chaudun a avancé que peut-être c’était un ancien établissement religieux,
appartenant à l’église Saint-Benoit-le-Bien-Tourné à Paris, mais il ne donne
pas la raison de son allégation ; son rapprochement avec l’appellation de
« Collège » reste invérifiable. D’autre part la comparaison avec le
nom de « Château Gaillard » est encore illusoire, aucun texte le
confirme.
Le domaine apparaît pour la première fois appartenant à
Etienne Le Maignant, confirmé le 13 juin 1666 par une « Déclaration faite par Marie Roberdet,
veuve de Etienne Le Maignan, tant en son nom que comme tutrice de ses enfants,
au profit de monseigneur de Noailles de :
« Une maison et lieux sur la grande rue qui conduit au
lieu seigneurial à Montlhéry. Consistant en un corps de logis en pavillon,
cave, foulerie, chambre haute, grenier couvert de tuiles, cour, estables à
vaches, poulailler et autres édifices, jardin derrière. Tenant le tout d’une part
à M. Thomas Doublet, d’autre sur la susdite rue et chemin qui conduit de
Villemoisson à la forest de Secquigny, appelé le chemin de la Landerie; d’un
bout sur la susdite rue et d’autre par derrière à une ruelle ou chemin qui
conduit de Morsan au Perray.
« Une autre maison et lieu au-dessous, contenant trois
espaces, couverte de chaume, chambre basse, four, cheminée, grange, cour
jardin. Le tout contenant en fond de terre 5 quartes ou environ. Tenant d’une
part à la rue qui conduit du dit Villemoisson au Breuil, d’autre part à la rue
Ferou (Ferrand); d’un bout sur le carrefour de Villemoisson, et d’autre bout à
...
« Un clos planté de vignes et arbres fruitiers, lieudit
le chemin de la Landerie, au-dessus et derrière la maison et la maison
cy-dessus première déclarée, contenant 4 arpents ou environ fermé de murs.
Tenant d’une part au susdit chemin de la Landerie, d’autre part au sieur Joguet
(propriétaire du fief de la Chapelle) ; d’un bout par haut au sieur Joubert, et
d’autre bout par bas à la susdite ruelle et chemin de Morsan au Perray ».
Nous voyons plus loin par sa déclaration, Pierre Delage
acquérir la propriété au plus tard en 1670. Un « Mémoire (non daté) de ce
que M. Pierre Delage doit au duc de Noailles conjointement avec Jean Fournier à
cause de Marguerite Poirier sa femme, et Charles Martin à cause de Marie
Charpentier sa femme, héritiers de Balthazar Desboulets, une rente de 11 livres
10 sols par an prendre sur des héritages sçitués à Villemoisson, qu’ils
possèdent en qualité d’héritiers ». Ce mémoire fait suite à l’exploit du
24 novembre 1661 sur la succession de Balthazar Desboulets et de l’arrérage de
cette rente.
« Le 10 mars.1670. – « Sentence du juge de
Montlhéry rendue au profit d’Anne duc de Noailles, seigneur de Villemoisson qui
condamne le sieur de Lage (Delage) et autres y susnommés à payer 11 livres 6
sols tournois de rente par an à prendre sur une maison et héritages.
« Le 20 mai 1670. – « Déclaration, titre nouvel,
est fait par Pierre de Lage, procureur au Parlement, bourgeois de Paris, y
demeurant rue des Mathurins, de maison des champs, au profit de monseigneur de
Noailles, seigneur de Villemoisson, de :
« Une maison et lieux sçis sur la grande rue qui
conduit du dit lieu à Montlhéry, consistant en un corps de logis en pavillon,
cave, foulerie, allée au milieu ; salle, cuisine, chambre haute, cabinet,
grenier. Le tout couvert de tuiles. Cour, estable, poulailler, petit logement
pour jardinier, consistant en une chambre basse, jardin clos par derrière. Le
tout contenant 4 arpents où environ. Tenant d’une part à Thomas Doublet,
d’autre sur la rue qui va du dit village à Montlhéry, appelé le chemin de la
Landerie; d’un bout par le devant sur la sur la même rue ou chemin, et d’autre
par derrière sur une ruelle où l’on va de Morsan au Perray.
« Un clos planté de vignes et arbres fruitiers…
« Une autre maison et lieux contenant 3 espaces,
cheminée, four, grenier, cave, le tout couvert de chaume; cour estable, jardin.
…
« Une autre petite maison couverte de chaume, consistant
en une chambre, four, grenier, cour, estable, toit à porcs. Jardin et 5 perches
de terre au-dessous. Laquelle avec le jardin sont plantés en arbres fruitiers
contenant le tout un arpent de terre ou environ. Tenant d’une part à la veuve
et héritier de défunt Jehan Charpentier, d’autre au dit Serourge; d’un bout par
bas à la veuve et héritiers André Huret, et d’autre bout par haut à la rue qui
va du dit Villemoisson au Breuil ».
Si M. Delage en s’acquittant d’une certaine somme
représentant les rentes réclamées qui lui a permit de faire la déclaration
ci-dessus, le duc de Noailles n’abandonne pas pour autant le paiement d’autres
charges dues à la prise de possession des biens acquis. Ainsi le …
2 juin 1670. – « Sentence par laquelle Pierre de Lage
est condamné à payer à Anne duc de Noailles, seigneur de Villemoisson, 23
années de cens montant à la somme de 97 livres 8 sols 6 deniers; 23 années de
40 sols de rente, montant à la somme de 46 livres; pour une vacation 3 livres;
pour l’amende 3 livres 15 sols; pour droits de lods et vente 28 sols 4 deniers
et pour dépens 100 sols ».
N’ayant pas de document sur la suite de cette sentence, sans
doute que Pierre Delage c’est acquitté de ces arriérés.
Les Delage avaient plusieurs domestiques : Marie Charbonnier
et Marie Barbillon servantes, Charles Bézaud, Claude Bercier, Antoine Guérin et
son fils, le jeune Pierre-François, « eseholier », jardiniers. « Avec Pierre Delage, marié à ,Jeanne
Deforge, vivaient sa sœur Renée et ses filles Jeanne, Anne et Marguerite. Il
avait perdu deux fils dans leur jeune âge en 1669 et 1674. Le témoin de
l’inhumation du dernier est messire de la Saussaye, chirurgien ordinaire de sa
Majesté.
Le fief de la Chapelle (Vieux Logis)
Ici apparaît une propriété qui n’a pas été signalée
auparavant. Sous l’ancien régime les possessions foncières, ou fief,
appartenant à une personne prenait le nom de cette personne quelque soit son
importance dans la hiérarchie féodale : Ceci faisait partie d’ailleurs des
« coutumes ». Nous avons vu d’autres fiefs à Villemoisson non
habités, comme les fiefs : des prés d’Athis, de la Potence, de la
Commission, de Machevillain qui sont des prés et bois. Tous ces fiefs comme
celui de Beaumont sont des arrière-fiefs de la seigneurie de Villemoisson. L’acquisition
de Joguet prendra le nom de fief de la Chapelle, propriété connue aujourd’hui
sous le nom de Vieux-Logis.
Le fief de la Chapelle apparaît par une déclaration du 8
septembre 1671 faite par Christophe Joguet, dit de la Chapelle,
bourgeois de Paris, receveur de tailles à Clamecy au duc de Noailles, seigneur
de Villemoisson. (Décédé à Villemoisson en 1683).
D’« Une maison et lieux consistant en un pavillon dans
lequel il y a deux chambres, cuisine, salle, deux chambres hautes, grenier,
cour. Le tout couvert de tuiles, grange, écurie, vacherie, pressoir, volet à
pigeons, poulailler, jardin et clos sur le derrière planté d’arbres fruitiers,
vignes et bois de futaye. Le tout contenant en fond de terre 11 arpents ou
environ. Tenant d’une part à la rue ou chemin qui conduit du dit Villemoisson à
la chaussée du Breuil et à Sébastien Taillefer, d’autre part à Jacques Garrier;
d’un bout par devant sur la dite rue.
« Une petite maison et lieux proche et à l’opposite de
celle cy-dessus, contenant deux espaces couverts de chaume, chambre basse à
feu, foulerie, cour. Tenant d’une part à la rue, d’un bout au dit
Joguet ».
Ce descriptif ne montre pas l’apparence du Vieux Logis que
l’on connaît. La déclaration qu’il fait montre une maison couverte de tuiles
qui la différencie des chaumières du village et que l’on nomme pavillon. Bien
modeste était ce pavillon par rapport au manoir d’aujourd’hui. Quant au reste
de l’immeuble il a toutes les apparences d’une ferme. A l’opposé de la cour est
une petite chaumière. Le fief de la Chapelle prend donc ici naissance avec son
auteur et son bâtisseur. Nulle part ailleurs, dans aucune citation, ni dans les
aveux des seigneurs de Villemoisson n’apparaît ce fief, il n’a donc pas
l’ancienneté qu’on lui a prêtée. Nous pourrions ajouter qu’il constitue une
nouvelle prolongation du village par la rue Marcel Girard.
Aux registre paroissiaux de Villemoisson, on relève au 24
septembre 1709, le décès de Charlotte Tielmans, dame de la Chapelle, épouse de
Christophe Joguet, écuyer, sieur de La Chapelle, contrôleur ordinaire des
guerres, inhumé dans l’église de Villemoisson.
Le 7 janvier 1732, Christophe Joguet, fils du précédent,
faisait « acquisition de Jacques Taillefer, Vincent son fils, et Marie
Marguerite Broc sa femme, d’une maison en la rue tendant du dit lieu (de
Villemoisson) au Breuil appelée le « Carrefour », contenant en tout
trois espaces, le tout couvert de chaume. Consistant en une cuisine, four,
cheminée, planchéiés, et grenier au-dessus, cour, close de murs, grange, petit
jardin clos partie de hayes et partie de murs, garni de quelques arbres
fruitiers. Tenant la totalité d’une part au dit sieur acquéreur, d’autre à la
veuve Pierre Taillefer; d’un bout en pointe sur la rue du dit carrefour ».
(Cette maison appelée « Le Carrefour » est peut-être à la jonction de
la rue Marcel Girard avec l’avenue Guy Moquet).

Déclarations faites au
seigneur de Villemoisson
(extraits) :
1er septembre 1664 : 1°) « … par Marin
Garrier d’une maison contenant trois espaces où environ couverts de chaulme,
appliquée en une chambre basse à feu, four, deux autres chambres basses,
grenier au-dessus, cour devant, jardin derrière. Tenant à Jean Selourge, et sur
la rue qui conduit de Villemoisson au Breuil ». 2°) « … par Jean Selourge
d’une maison en la grande rue qui conduit au Breuil, contenant deux espaces,
appliquée en une chambre basse en cuisine, une autre chambre basse joignant, et
une autre petite, grenier au-dessus, couverte de chaulme ; grange, foulerie,
cour, jardin. Tenant à Marin Garrier et sur la rue ».
22 janvier 1666. 1°) « … par Robert Moison, fils et
héritier de défunt Jean Moison et Magdeleine Gastineau sa femme. D’une maison
sur la rue Ferrand, contenant trois espaces, couverte de chaulme, cour et
jardin. » 2°) « … par Denis Tarenne pour raison d’une petite maison,
cour, jardin et autres héritages détaillés. »
1er juin 1666. – « … par Jehan Duvau à cause
d’Avoyne Denis sa femme, fille et héritière de feu Lucas Denis et Marie
Chanteclerc, ses père et mère, pour raison d’une masure et héritages, y compris
le four bannier »
20 septembre 1666. – « … par Thomas Doublet, des
trois quarts au total d’une maison et lieux contenant deux petites espaces de
logis; chambre basse, four, grenier, foulerie et allée, deux espaces de grange
à côté; le tout couvert de chaulme. Jardin, clos de murs. Sur la rue du dit
Villemoisson qui conduit de l’église du dit lieu seigneurial à
Montlhéry ».
1er octobre. 1668. – « … par Nicolas Labbé,
d’une maison et lieux sçis lieu-dit les Bas-Fourneaux (Franchises), contenant
deux espaces et demy ; chambre basse, grenier, cour, estable, jardin derrière,
la dite maison couverte de chaulme. Tenant d’une part à la ruelle faisant
séparation des Grands et Petits Fourneaux, d’autre sur les Franchises. »
6 novembre 1670. – « Saisie réelle faite sur François
Rossignol, mouleur de bois, d’une maison et plusieurs héritages à luy
appartenant, faute d’avoir fait de déclaration de ses héritages et de n’avoir
pas payé 29 années d’arrérages des cens et rentes dus pour raison
d’iceux ». Et le 18 décembre, « Déclaration faite par Jehan Prunier
comme procureur de François Rossignol d’une maison, sur la rue Ferrand,
contenant trois espaces, grange y attenant, cour, estable, cave, jardin clos de
hayes ».
10 novembre 1727. – « Titre nouvel fait par Martin
Vaillot au profit de monseigneur François de Godde et dame Geneviève Céline de
Vassan son épouse, seigneur (usufruitier) et dame de Sainte-Geneviève-des-Bois,
Morsan et Villemoisson, d’une maison contenant deux travées couvertes de chaulme.
Tenant par devant à la rue allant au pont du Breuil » (Franchise).
17 mai 1734. – « Bail à rente fait par Michel Guézard :
au profit de François Saint-Lot et Barbe Guézard sa femme : d’une maison
sçise sur les Franchises de Villemoisson, couverte de chaume, contenant trois
espaces, consistante en une chambre basse à feu, grenier au-dessus, allée,
estable, toit à porcs, cour, grange, cave, jardin derrière. Tenant d’un bout
sur les Franchises du dit lieu, et d’autre bout par derrière à la ruelle
tendant au pont du Breuil ».
Vente des seigneuries.
« Le seigneur duc de Noailles et dame Françoise
Charlotte Daubigné son épouse vendent leurs terres et seigneuries, ainsy que
l’offices de gruerie, à dame Marguerite Pélagie Danican, veuve de messire Michel
Charles Amelot, président à mortier au Parlement de Paris, les 22 et 24 février
1734. Moyennant la somme pour Villemoisson de 45.000 livres. Et encore aux
charges des droits et devoirs seigneuriaux et féodaux, des rentes de 17 livres
et de 12 livres 10 sols envers les fabriques de Sainte-Geneviève et de
Villemoisson.
§
(1) Marquis de Montclar et de Mouchy-le-Châtel, vicomte
de Larche et de Carlux, baron de Salignac, de Noaillac, de Malemort, de
Chambres, de Carbonnières, seigneur en partie de Brive, seigneur de Merle, de
Mansac, de Pénières, de Marmiesse, de Lentour, de Launaguet, de Leyrisse, de la
Chapelle-Spinasse, de Lespinasse, de Roussillon-sur-Bru, de Chalvignac,
d’Arsac, de Saint-Julien-aux-Bois, de Terrasson, puis en 1651, seigneur de Cauna
et de Poyale (ou Popalé). Naquit en 1615. Il acheta à Claude Aubry, marquis de
Vatan, la seigneurie de Mouchy-le-Châtel. Il mourut en 1678, Il épousa en 1645,
Anne Louise Boyer, dame de Sainte-Geneviève-des-Bois et Villemoisson. Elle
apporta des biens considérables : Sainte-Geneviève-des-Bois, Villemoisson,
Longvilliers, etc.
(2) Anne Jules de Noailles, duc de Noailles, comte
d’Ayen, marquis de Montclar, seigneur d’Argentat, de Sainte-Geneviève-des-Bois,
Villemoisson, de Mansac, de Terrasson, de Cauna, de la Motte-Tilly, de la Prée
d’Athis, de Fontenay, de Pénière, de Merle, de Poyalé, de l’île d’Olonne, de
Castelnau, de Rougeries, de Carbonnières, vicomte de l’Arche et de Carlux,
baron de Salignac, etc. Naquit en 1650. Il fut créé maréchal de France. Il mourut
en 1708. Il épousa en 1671, Marie Françoise de Bournonville fille unique et
héritière d’Ambroise de La Vieuville, intendant des finances et ministre
d’Etat., duc de Bournonville, gouverneur de Paris. Elle apporta à son mari les
seigneuries de La Prée d’Athis, de Fontenay, La Motte-Tilly et son château,
Fampoux, Roeux. Elle fit acheter par son avocat Jean Béal en 1723 à Jean de
Coustin, les seigneuries de Bourzolles, de Beaurepos et de Carlux. Elle acheta
le 5 février 1718 à Gaspard II de Fieubet, les terres de Jaillac, du
Plessis-Mériot, de Montmitel (Hermé, Seine-et-Marne), de Mont-le-Potier, de
Marival (Villegruis), des Caves (Pont-sur-Seine).
(3) Adrien-Maurice de Noailles. 3e duc de Noailles, comte
d’Ayen, de Sainte-Geneviève-des-Bois, de Villemoisson, de la Motte-Tilly, de
Nogent-le-Roi, marquis de Montclar, vicomte de Carlux, seigneur d’Aillac, de
Berbiguières, de Beynat, de Borrèze, de Bourg et Cominge, de Bourzolles, de
Brive en partie, de Carbonnières, des Caves, de Chameyrat, de Chasteaux, de
Chauffour, de Collonges, de Cauvigny, de Courceroy, de Cressensac, de Cuzance,
de Dampniat, de Fercourt, de Ferrières, de Fontaine-Mâcon, de Fontenay de
Bossery de Gignac, de Gumery, de Jaillac, de Jailly, de Jugeals, de Lanteuil,
de la Prée d’Athis, de La Saulsotte, de Malemort, de Malesse, de Mansac, de
Marival, de Marmiesse, de Martel, de Montmitil, de Montpothier, de Nadaillac,
de Nespouls, de Noaillac, de Nozières, du Plessis-Méripot, de
Port-Saint-Nicolas, de Peyrevignes, de Roeux, de Rougerie, de Saillac, de
Saint-Bonnet, de Saint-Céré, de Saint-Créoin, de Servières, de Silly, de
Terrasson, de Tillart, de Valeyrac, comte de Montfort, vicomte de Larche, baron
de Salagnac, de Merle, de Pénières etc.
(4) Seigneur de Noaillac, de Lentour, de Malesse, de
Saint-Julien-aux-Bois, baron de Chambres, de Montclar, de Carbonnières,
seigneur de Brive en partie, de Merle, de Marmiesse, de Leyrisse, de la
Chapelle-Spinasse, de Roussillon-sur-Bru, de Pénières, de Chalvignac, d’Arsac,
etc.
(5) seigneur Noailles, comte d’Ayen, baron de Chambres,
de Montclar, de Carbonnières, de Mallemort, de prive en partie, de Merle, de
Marmiesse, seigneur d’Arsac , de Larche, de Chalvignac, de Cambrésis, de
Chabrignac, de Brignac, de Cublac, de Coubjours, de Ferrières, de Grèzes, de
Juillac, de Lauganet, de la Chapelle-Spinasse, de Leyrisse, de Lespinasse; de
Le Temple, de Luoignac, de La Feuil, de Ladornac, de Mansac, de Pénières, de
Perpezac, de Roussillon-sur-Bru, de Rosiers, de Pazaignac, de
Saint-Julien-aux-Bois, de Saint-Aulaire, de Saint-Bonnet, de Saint-Salve, de
Saint-Cyprien, de Saint-Maurice, de Saint-Robert, de Saint-Pantaléon, de
Segonzac, de Terrasson, de Varetz, de Vars, d’Yssardon, etc.
(6) seigneur de Noailles, deuxième comte d’Ayen, baron de
Chambres, de Montclar, de Noaillac, de Malemort, seigneur d’Arsac, de Larche,
de Brive en partie, de Chalvignac, de cambrésis, de Chabrignac, de Brignac, de
Cublac, de Coubjours, de Ferrières, de Grèzes, de Juillac, de Launaguet, de
Leyrisse, de Lespinasse, de Le Temple, de Louignac, de La Feuil, de Ladornac,
de La Chapelle, de Carbonnières, de Mansac, de Pénières, de Perpezac, de
Roussillon-du-Bru, de Rosiers, de Paizaigac de Saint-Julien, de Saint-Aulaire,
de Saint-Bonnet, de Saint-Salve, de Saint-Cyprien, de Saint-Maurice, de
Saint-Robert, de Saint-Pantaléon, de Segonzac, de Terrasson, de Varetz, de Var.
(7) La
Pelleterie. – Lieu où l’on travaille ou commerce des peaux et fourrures.