Monarchie de Juillet

Affaires communales

 

 

 

         La paysannerie ne récolte peu malgré ses efforts, l’industrie progresse, la misère s’accroît, les excès ultraroyalistes et Charles X, successeur de Louis VIII, l’émigré, la famille royale de l’ancien régime se déchire, tout cela exaspère et va provoquer les « Trois Glorieuses » un soulèvement populaire (Juillet 1830). Louis-Philippe, descendant du frère de Louis XIV, dit Philippe-Egalité succède, mais c’est le régime des banquiers. Tout est à recommencer. En attendant, comme avant, les Villemoissonnais peine au labeur et la pauvreté est toujours de rigueur, les circulaires préfectorales rythme l’administration des communes, les contributions extraordinaires se succèdent.

         Notons au passage que le 17 février 1832, Bertier de Sauvigny fils de Bénigne, ancien seigneur de Villemoisson et de Sainte-Geneviève-des-Bois, fervent royaliste de la Restauration, tire d’un cabriolet sur Louis-Philippe. C’est raté, cependant Sauvigny est acquitté.

 

         On prend les mêmes et on continue - Monsieur Maurey est toujours maire depuis 1825.

Le 18 décembre 1831, Honoré Dupré est nommé adjoint à la place de Guillaume Lamoureux, ce dernier restant conseiller.

27 septembre 1834. Tirage au sort de la première moitié sortante du conseil municipal. Sont présents Maurey, maire ; Dupré, adjoint ; Lamoureux, Lisfranc de Saint-Martin, F. Dupré, Latteux, Mallet, Lafeuille et Daragon.

Le conseil reconnaît qu'au moyen de la démission donnée par Robine, suivant sa lettre du 30 octobre 1832, le nombre des conseillers qui doit compléter la moitié sortante par le tirage au sort, n'est que de quatre, puisque le conseil n'est composé que de 10 membres.

En conséquence, il est fait 9 bulletins sur chacun desquels a été écrit le nom d'un membre actuel du conseil; ces 9 bulletins sont déposés dans un vase disposé à cet effet. Les quatre noms sortis, que le sort désigne pour cesser de faire partie du conseil sont ceux de Maurey, Lisfranc de Saint-Martin, Dupré adjoint et Daragon. Mais, le 7 décembre, Maurey, est nommé maire de la commune par arrêté du préfet. Avec lui sont désignés : Honoré Dupré, adjoint, Lisfranc de Saint-Martin, Daragon et Vincent.

Lors de la session de mai 1836, on relève les dépenses suivantes : Pour l'achat de 34 pieds de peupliers plantés sur le terrain communal au-dessous du jardin de Mr. de Bassompierre avec plantation : 26 francs.

Le 26 avril 1846, il est donné lecture d’une circulaire préfectorale à l’effet d’approuver une adresse de salutation au roi Louis-Philippe pour avoir échappé si miraculeusement au dernier attentat qui vient d'avoir lieu sur sa personne.

 

         Organisation de la garde nationale. - Le 11 août 1830, quelques jours après les « Trois glorieuses », sur l'invitation du maire, les Villemoissonnais de 18 à 60 ans se réunissent à la mairie pour organiser la garde nationale et procéder à la nomination de l'officier commandant, des sergents et caporaux. Un recensement contient 56 noms, il est procédé au choix de ceux-ci. Sans étonnement, Paul Alexis Lisfranc de Saint-Martin, propriétaire, est nommé capitaine commandant ; François Robine, marchand « farinier », sergent major ; Jugon Diard 2e sergent. Les caporaux choisis sont : Mallet, Daragon, Pierre Etienne Latteux et Lafeuille.

18 août 1832. - Le conseil s'est d'abord occupé des dépenses du « bataillon » de la garde nationale, et observe que le traitement de l'adjudant major parait beaucoup trop élevé et qu'il pourrait être réduit comme dans presque tous les bataillons à 400 francs.

Le dimanche 29 août la garde se réunie et prête serment de fidélité au roi, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du royaume, au maire revêtu de son écharpe tricolores. Le capitaine commandant présente le drapeau dont il fait hommage à la garde. Cette opération se termine aux cris de : « Vive le roi Louis-Philippe ».

Le 31 octobre, le maire, Maurey, expose à l'assemblée municipale que toutes les démarches qu'il a faites pour obtenir des fusils ont été infructueuses et qu'il ne reste d'autre ressource que celle de s'en procurer par voie d'acquisition pour laquelle il est indispensable de voter une imposition extraordinaire ; pour cela on s'impose de 300 francs pour l'achat des fusils. Le 20 novembre, il est obtenu un bon de 15 fusils, livrés sur reçu. De plus, il est obtenu l'autorisation de louer pour la commune, le corps de garde que Lisfranc a fait construire sur son terrain, moyennant un bail annuel de 15 francs pour trois années (le texte ne dit si c’est au bénéfice du commandant). La location, l'entretien du corps de garde et le salaire du tambour de la garde nationale, sont des dépenses d'une nécessité absolue, et au paiement duquel il est urgent de pourvoir selon le commandant. Ces dépenses s'élèvent à 165 francs, ses dispositions sont approuvées unanimement par le conseil et les notables, pour cela il est décidé de s'imposer extraordinairement d'une telle somme.

Le 26 avril 1846, une circulaire préfectorale ordonne de voter une somme de 60 francs pour être employée, comme l'année précédente, à offrir un banquet à la garde nationale et à donner quelques prix d'adresses.

 

         Les Lisfranc de Saint-Martin et la propriété du Collège - Le 9 juillet 1817, Pierre de Jacquet de Saussure, demeurant à Paris, 1, rue Helder, quartier de la Chaussée-d'Antin, vends à Antoine Lisfranc de Saint-Martin, 58, rue Meslée à Paris : « Une maison et dépendances sise à Villemoisson pour la somme de 16.060 francs et le dépôt à la Caisse d'amortissement d'une somme nécessaire pour assurer aux créanciers le paiement de deux rentes, l'une de 70 livres, l'autre de 50 livres, dues sur la propriété vendue.

Le 11 janvier 1819, le sieur Jean Baptiste du Challais, négociant à Beaugency réclame à MM. Louis Mallet, ancien procureur au Châtelet, Jean Baptiste Magin, Jacquet de Saussure, Lisfranc de Saint-Martin, détenteur actuel du Collège, une somme de 4 367 francs pour principal, rente foncière, arrérages et frais de poursuite, qui lui est due.

Antoine Lisfranc de Saint-Martin, est né à Saint-Paul-en-Jarrez (Loire), veuf de Hyacinthe Jeanne Morticau, meurt le 12 septembre 1824 à Villemoisson. Les témoins de son décès sont François Leborgne, curé de Morsang et Villemoisson, Jacques Lisfranc (1), docteur en médecine, trente-six ans, neveu du défunt et Charles Mouroux, son jardinier.

Le fils unique et héritier d'Antoine Lisfranc de Saint-Martin, Paul Alexis, est né à Paris le 10 août 1795, marié le 14 mai 1818 à Anne Joséphine Martin dont il a une fille, Joséphine Antoinette Pauline, mariée à dix-neuf ans, le 28 juillet 1838, à Jean Lemoine, négociant, né à Tours, âgé de trente-sept ans. Nous connaissons l'anecdote que nous avons proposée précédemment le 18 juin 1815, qui nous autorise à croire qu'il passait aux yeux du grand public pour être royaliste.

(1) Jacques Lisfranc de Saint-Martin est né à Saint-Paul-en-Jarrez lui aussi, le 12 avril 1787, de Pierre Lisfranc, maître en chirurgie et de Charlotte de la Roue. Son parrain a été Jacques de la Roue, étudiant en chirurgie à Lyon, puis interne à l'Hôtel-Dieu à Paris. Jacques Lisfranc est élève de Dupuytren et reçu docteur en 1813. Entré au service de santé militaire, il fait la campagne d'Allemagne en 1814. Enseigne ensuite la chirurgie à Paris, agrégé de la Faculté de Médecine en 1824, il est élu membre de l'Académie et président de cette Académie. Il meurt en 1847.

 

Lifranc

 

         La mendicité interdite. - 23 juin 1844. Le préfet demande aux conseils communaux de voter une somme, soit sur fonds libres, soit au moyen d'impositions extraordinaires, pour concourir à la construction d'un établissement de « dépôt pour mendiants» dans le département.

Le conseil de Villemoisson se trouve avec regret, dans l'impossibilité de participer à l'œuvre très utile proposée; n'ayant pas de fonds libres et les 20 centimes extraordinaires que la commune s'impose annuellement, sont absorbés par les dépenses obligatoires. Il estime d’ailleurs que le but très louable que forme l'objet de la circulaire préfectorale ne sera pas rempli par les mesures qu'il provoque. Le seul moyen de créer des ressources suffisantes pour établir un tel établissement si nécessaire pour faire cesser le vagabondage est d'inviter le Conseil Général à voter une contribution extraordinaire recouvrable en plusieurs années par les habitants et en raison de leurs moyens. C'est le mode le plus équitable, toutefois pour se conformer à la circulaire, il sera ouvert à la mairie une souscription volontaire.

Le 10 novembre, nouvelle circulaire préfectorale concernant la mendicité et l'indigence. Seule, à Villemoisson, une femme se livre à la mendicité malgré les secours qu'elle reçoit du bureau de Bienfaisance et de la charité publique. D'autre part, plusieurs des indigents valides, pourraient avoir de l'ouvrage s'ils n'étaient dominés par la paresse et l'inconduite ; à l'égard de ceux qui sont hors d'état de travailler, les ressources du Bureau de Bienfaisance et celles provenant de la charité publique ont été jusqu'à présent suffisantes pour subvenir aux besoins des plus nécessaires de ces indigents. Pour ces raisons, le conseil déclare ne pouvoir imposer aucune charge supplémentaire à la commune, étant déjà grevée d'impositions extraordinaires.

Le 17 février 1845. Suite à une circulaire préfectorale, dans laquelle il est annoncé une mesure prochaine répressive contre la mendicité, les conseils municipaux sont invités à disposer des plaques aux principales entrées du territoire des communes, indiquant l'interdiction de la mendicité dans le département.

 

         Gardes particuliers - Mai 1831. Le conseil, vu la demande de Dabrin, propriétaire de Vaucluse, tendant à ce que Antoine Poupon, son garde particulier, soit agréé ; vu la commission délivrée par le sous-préfet, dans laquelle se trouve visé le certificat de bonne mœurs délivré par le maire de la commune de Rosny, déclare agréer Antoine Poupon comme garde particulier des propriétés de Dabrin situées sur la commune de Villemoisson. (Il s’agit de la Garenne).

1er juillet 1832. Suite à la demande de ce Dabrin, tendant à ce que Jean François Roy qu'il a désigné garde particulier des propriété qu'il possède sur la commune, soit agréé ; le conseil, vu la prestation de serment dudit Roy, donne son accord à cette demande.

Successions des gardes champêtres. - Le 13 novembre 1832, Fourquignon, ne pouvant remplir ses fonctions avec exactitude, vu qu'il n'est pas domicilié dans la commune, est invité à donner sa démission au profit de Claude Latteux, cultivateur, ancien membre du conseil municipal, domicilié dans la commune.  - Le 7 décembre 1834, Claude Latteux, ayant donné sa démission, le maire nomme pour le remplacer Claude Boudat de la commune de Morsang. - Le 5 février 1836. Le maire informe le conseil que le nommé Boudat étant décédé, a fait choix du sieur Jean Charles Fouquignon pour le remplacer. - 9 mars 1843. Nomination du sieur Gaspard Letaire pour remplacer, dans la fonction de garde-champêtre, le sieur Fourquignon démissionnaire. - Le 17 mai 1847, Letaire ayant remis sa démission pour cause de ses infirmités, il est nommé pour le remplacer le sieur Jean Louis Ferdinand Courdoux, 50 ans, demeurant en la commune.

 

         Pour la première fois, l’apparition d’un caniveau dans le village. - Lors de la session ordinaire de mai 1831, le maire déclare que les 50 francs portés au budget pour dépenses diverses sont employés par lui à faire un « ruisseau bloqué » pour l'écoulement des eaux dans la Grande Rue du pays. Doit-on penser à la création d’une sorte de caniveau ?

 

         Le lavoir, non couvert, aurait été bâti vers 1825. - Il faut aussi réparer le lavoir public. La dépense faite pour ces travaux se monte à 69 francs, ce qui excède de 19 francs la somme allouée, aussi le maire qui a payé cet excédent de ses deniers, déclare en faire remise à la commune.

Toutefois et en conséquence, il est voté une contribution extraordinaire pour couvrir l’insuffisance du revenu de la commune, et notamment pour acquitter l’indemnité de logement due au desservant de la chapelle vicariale, le salaire du garde-champêtre, celui du tambour de la garde nationale, le loyer du corps de garde et son entretien de bois et lumière.

22 octobre 1834. Vu la réclamation adressée par Louis Robine, tant en son nom qu'en celui de ses frères, relativement au lavoir établi par la commune sur la rivière d'Orge, par laquelle il demande que le conseil reconnaisse que lui et ses frères sont propriétaires du terrain sur lequel le lavoir est établi et du passage qui y conduit, sans que pour cela ils entendent priver les habitants de l'usage du lavoir.

Le conseil, considérant que si les habitants de Villemoisson sont en possession du droit de laver leur linge dans l'endroit ou le lavoir est établi, la commune n'a jamais eu la prétention d'être propriétaire du sol. Déclare qu’elle n'a d'autre prétention que celle de conserver à ses habitants le droit d'usage dont ils jouissent d'aller laver leur linge à la rivière dans l'endroit ou il a été établi un lavoir il y a environ 9 ou 10 ans, et qu'elle ne conteste pas à MM. Robine la propriété du sol. Cette déclaration est faite sur la demande de MM. Robine qui prendront l'engagement de ne pas troubler les habitants de Villemoisson dans le droit dont ils jouissent depuis longtemps.

 

Le lavoir n’est pas encore couvert

 

         Rétablissement d’un pont au-dessus de la rue actuelle de l’Eglise. - Le 18 août 1833, vu la lettre adressée au maire par de Bassompierre par laquelle il demande à être autorisé à rétablir, sur la rue du Pont, le pont qui y existait il y a quelques années, et a ne lui donner qu'une élévation de 9 pieds sous voûte. Considérant que le chemin, classé comme chemin communal, sur lequel de Bassompierre demande à rétablir un pont de communication entre les deux parcs de son château. Qu'il y passe des voitures chargées du produit des récoltes, qui ont souvent avec leur charge une élévation de 3,50 mètres. Que ce pont ne doit pas avoir une moindre élévation dans toute sa longueur. Le conseil donne son accord, mais à la charge par lui de faire faire ce pont droit et de l'élever de 3,55 mètres dans toute sa longueur au-dessus du sol du milieu du chemin.

 

         Le pont en bois du Breuil dangereux à la circulation. - 25 octobre 1846. - Il est exposé que le pont du Breuil, situé sur la rivière d'Orge, servant de communication par le chemin vicinal entre le hameau des Franchises et celui du Breuil, est dans un tel état de dégradation qu'il n'est plus possible aux voitures d'y passer sans courir de grands dangers. D'un commun accord avec le maire d'Epinay, il est décidé son interdiction tant aux voitures qu'aux chevaux et bestiaux. Un devis de 670 francs ayant été établi par le sieur Durand, entrepreneur de charpente à Longjumeau, lequel devis devant être supporté de moitié avec Epinay. Mais les crédits alloués au budget destinés à l'entretien des chemins vicinaux, provenant des 5 centimes et des prestations étant épuisés, la commune n'ayant pas d'autres ressources, il est décidé une souscription, laquelle a produit 150 francs, somme bien insuffisante pour faire face aux dépenses, aussi les conseils des deux communes décident de recourir au préfet pour obtenir un secours.

14 février 1847. Plusieurs habitants intéressés à ce que le pont du Breuil soit rétabli d'une manière durable, observent qu'il serait préférable de construire un pont de pierre qui demanderait moins d'entretien que le pont de bois existant.

 

 

Procès-verbal d’une demande de secours adressé au Préfet pour la reconstruction du pont du Breuil ; conjointement Epinay-sur-Orge adresse la même demande.

 

 

Réponse : Le Préfet invite les deux communes à renouveler leurs souscriptions jusqu’à l’obtention de la somme nécessaire à la reconstruction du pont, sinon il ne peut autoriser les travaux.

 

         Le nouveau pont est enfin réalisé :

 

 

         Toujours aux Franchises, le 14 août 1843, plusieurs habitants du hameau demandent à être autorisés à construire à frais communs un puits sur un terrain communal situé en face de la propriété du sieur Quignot. (Place contiguë à l'entrée de la ruelle aux Fourneaux). Le conseil arrête avant de prendre une décision, qu'il sera fait une enquête; qu'une affiche indicative de cette demande sera apposée pendant 15 Jours et qu'à expiration de ce délai, il se réunira pour prendre communication des réclamations s'il en survient et accorder l'autorisation s'il y a lieu.

 

         Dans le cimetière il y a de la place - 13 juin 1843. Vu la demande adressée par Florentin Auguste Delaunay Desvarennes, tendant à ce qui lui soit fait une concession à perpétuité du terrain sur lequel reposent les corps de sa mère, de son épouse et de son fils, dans le minuscule cimetière devant l’église ; de l'offre qu'il fait de payer 200 francs à la commune et 100 francs au bureau de Bienfaisance.

Vu le relevé des registres d'état civil, desquels il résulte que pendant les dix dernières années, il est décédé à Villemoisson 53 personnes, dont 5 n'ont pas été inhumés dans le cimetière; ce qui fait une moyenne annuelle de 5 le nombre de corps inhumés. Considérant que selon la matrice cadastrale la contenance du cimetière et du sol de l'église est 5 ares 95 centiares, étendue plus que suffisante pour que les fosses ne soient plus de 20 ans sans être remuées. Le conseil accepte la proposition de Delaunay Desvarennes. (Cette appréciation, à moins dans un but de faire plaisir à Monsieur le demandeur ou l’appât de gain, manque probabilité future ; en 1855, il sera question de transférer le cimetière pour l’agrandir).

19 août 1832. - Il y a, à peine vingt ans, l’église Saint-Laurent avait coûté fort cher aux contribuables, pourtant, il est voté une somme de 463,49 francs pour des travaux de réparations à l'église, dont ne sont pas compris dans ce prix la pose des tyrans en fer pour soutenir le mur de la sacristie. Mais, vu l'impossibilité ou se trouve la commune de supporter les frais, il est sollicité un secours du gouvernement et une somme de 500 francs a été accordée par le ministre du culte. Les frais de réparations ayant encore excédé de 73,45 francs la somme allouée, Mr. le maire, de nouveau, paie de sa poche cette plus value dont il fait remise à la commune.

 

         Curage de l’Orge - Le 4 juin 1839, sur une circulaire préfectorale concernant le curage des cours d’eau non navigables. Le Conseil considère :

- qu’il y a utilité et opportunité, à procéder au curage de la rivière d'Orge ainsi que des boucles et affluents ;

- que le curage soit exécuté préalablement dans toute la partie inférieure depuis le moulin de Villemoisson jusqu'a la Seine, attendu que dans cette partie il n'a pas été fait depuis 1822.

- que les travaux devront être exécutés par adjudications au rabais sur un cahier des charges dressé par une commission syndicale nommée par le préfet. Les frais devront être supportés moitié par les riverains, moitié par les propriétaires d'usine (sans doute des moulins). La largeur de la rivière devra être de 8 mètres, et la profondeur sera fixée lorsque les hauteurs des déversoirs seront réglées d'une manière légale. Les principaux obstacles s'opposant à l'écoulement des eaux proviennent de la surélévation du déversoir du moulin de Savigny et le manque de tirage de fond des vannes de celui de Villemoisson.

 

Voirie

         Empierrement de l’ancienne rue de la plaine - 18 février 1834 - Lors du compte rendu de la session de mai, nous relevons : la somme de 135 francs votée en exécution d’une la loi de 1824, pour prestation en argent employée à l'achat de 55 mètres de pierrailles et grosses pierres pour réparation des chemins. Le maire a de plus reçu une somme de 43 francs de divers exploitants de carrières pour concourir à la réparation du chemin de Morsang à Montlhéry (Rue de la Plaine, partie de l'avenue des Gardes messiers depuis la place de la Louvière à la route de Corbeil), somme également employée à l'achat de pierres.

Cet extrait de compte rendu, montre qu'à cette époque, des carrières étaient exploitées par des entreprises. Villemoisson avait sa petite industrie bien avant déjà, sous la Révolution, nous trouvons des traces d'achat de pierres par la municipalité à des particuliers de la commune pour l'entretien de la voirie. Notons aussi que depuis peu, en sus des prestations en nature consistant en journées de travail par chaque habitant et chevaux attelés, il est voté une nouvelle prestation de 5 centimes par franc additionnels aux contributions directes. Les impôts locaux d'aujourd'hui prennent là, naissance.

 

         La route auxiliaire 25. - Cette route auxiliaire ne finira pas de faire parler d’elle, près d’un siècle plus elle sera encore d’actualité. Au cadastre 1811, la route du Perray à Villemoisson traverse les Franchises, par la rue de la Garenne, la rue Marcel Girard, la Grande rue du Village (av. Guy Moquet) et le pont de Villemoisson. C’est toute une histoire, par la suite : du fait de la création de l’hôpital de Vaucluse, un nouveau tronçon sera créé passant par la rue du Maréchal Gallieni et par une ouverture à travers la Garenne en direction du Perray ; pour éviter la Grande Rue du village, fort étroite on ouvrira la route de Longpont. En anticipant les évènements, il sera même question d’une voie des berges. Devant le goulot de circulation permanant et insoluble au pont de Villemoisson, tout cela sera résolu par la création de la déviation de la route de Corbeil vers l’autoroute. Cette avancée chronologique est pour démontrer l’importance de cette route auxiliaire. Son histoire commence ici.

         Le 28 février 1832, séance extraordinaire à laquelle sont dûment convoqués les 10 plus forts contribuables, savoir : Dabrin, Claude Latteux, Jean Baptiste Saint-Lot, Gaspard Mouroux, Mathieu Blondeau, Antoine Vincent, Martin Jugon Diard, Mathieu Demessan, Charles Quignot et Delaunay Desvarennes ; ces trois derniers remplacent de Bassompierre, Ferdinand et Anne Pierre Bertier, qui ne jugent pas nécessaire de s’abaisser à participer à un conseil communal.

Á l'assemblée est introduit Javary, maire de la commune d'Epinay, membre de la commission instituée par le préfet à l'effet de diriger et surveiller les travaux projetés de la route auxiliaire n°25 de Juvisy à Montlhéry, pour assister à la délibération. Par lettre, le préfet invite le conseil municipal à voter une contribution extraordinaire, à défaut d'autres ressources, pour subvenir à la dépense mise à la charge des communes dans la réparation de la route auxiliaire dont il s'agit. Javary fait valoir l'intérêt des habitants de la commune à la réparation de cette route.

 

En rouge la route auxiliaire n°25, en jaune sera le résultat final

 

La municipalité, considérant : sa grande utilité de communication vers Paris et sa dépense urgente ; que les ressources de la commune sont absorbées par les dépenses ordinaires; que même l'année 1832 se trouve grevée déjà d'une contribution extraordinaire atteignant la limite à ne pas dépasser; émet le voeu que la commune soit autorisée à s'imposer extraordinairement de la somme de 533,33 francs, formant les 2/3 de celle de 800 francs du montant total, payable par tiers pendant les années 1833-34-35. Bien entendu, la commune contribuera à la dépense dans la mesure ou les autres communes subiront les mêmes charges.

Le 12 juin 1836, le conseil décide de classer la route auxiliaire 25, comme « Chemin de Grande Communication n°25 ». Le 19 novembre, il est déclaré que cette route à l'entretien de laquelle, la commune est obligée de contribuer, ne sera mis en état que dans le courant 1837 ; les réparations exigées seront faites par adjudication, Il est voté deux journées de prestations, lesquelles ne seront pas converties en tâches.

Le 15 octobre 1839, sont communiqué les plans et projets d'alignement du C.G.C. 25 dans la traversée des Franchises, sur lesquels le conseil doit donner son avis, et sur un procès verbal d'enquête ouvert le 22 septembre. Considérant que suivant le règlement général du 28 février 1837, la largeur des chemins vicinaux de Grande Communication peut être fixée :

- à 7 mètres dans la partie bordée de constructions;

- que la largeur est beaucoup plus que suffisante pour le passage de deux voitures, même en laissant un espace pour placer les tas de pierres qui seront disposés pour l'entretien du chemin;

- que dans une traversée de Villemoisson où les habitations sont déjà très exiguë, qu’il y aurait un préjudice réel pour les propriétaires si, comme le propose l'agent voyer, on les obligeait à céder 2 ou 3 mètres de terrain pour l'élargissement de ce chemin vicinal qui ne sera jamais très fréquenté;

- que sur l'excédent de largeur du chemin dont il s'agit depuis la route départementale n°27 (ici la route de Corbeil), qu’il existe des arbres appartenant à la commune, utile à conserver ainsi que le terrain sur lequel ils ont été plantés;

- que si les propriétaires riverains étaient autorisés à avancer leurs murs jusqu'à la limite de la largeur légale du chemin, cela nuirait à l'entrée du pays.

Le conseil donne avis favorable à ce que la route soit à 7 mètres de largeur dans la traversée de la commune, que la route départementale n°27 conserve sa largeur, enfin, qu’il n'y a point d'observation concernant le procès-verbal d’enquête.

Le 9 mai 1841. Une répartition des charges relatives aux travaux du C.G.C. 25 propose une augmentation de 50 francs pour 1842. Les agents voyers, après avoir établi le devis des travaux exécutés dans la traverse de Grand-Vaux, ont fait procéder à une adjudication avec un surcroît de dépense de 2000 francs. Le conseil exprime son désaccord et s'élève contre la façon dont celle-ci est conduite, sans égard et sans prendre l'avis de la Commission de Surveillance. Pour lui, ces irrégularités, et sous réserve de se pourvoir devant qui de droit contre les actes émanés des agents voyers, les communes sont contraintes dans des dépenses énormes sans résultats évidents.

Le 12 mai 1845, le conseil considère que :

- l'entretien du C.G.C. 25 est une charge dépassant les ressources communales,

- que ce chemin est en bon état de viabilité,

- que plusieurs autres communes ont demandé qu'il soit classé route départementale,

- que ce chemin remis à neuf est très fréquenté non seulement par les habitants des communes intéressées mais aussi par ceux des communes éloignées,

         Demande instamment le classement de cette voie comme route départementale.

Le 3 juillet de la même année, la municipalité proteste contre le prolongement du C.G.C. 25 demandé par la commune d'Athis-Mons, depuis la Pyramide de Juvisy jusqu'à Villeneuve-Saint-Georges. Elle considère que ce prolongement peut-être d'une grande utilité pour les communes d'Athis-Mons, Juvisy, Ablon, Villeneuve-le-Roi, mais n'intéresse nullement Villemoisson·qui n'a aucune relation avec celles-ci. Ces dépenses doivent être supportées par les communes intéressées, Villemoisson supporte seule les charges le C.G.C. 25 dans la traversée de son territoire.

Le 17 mai 1846, la municipalité considérant que malgré la réticence manifestée par beaucoup de communes, le Conseil général a classé ce prolongement, mais qu'il ne s'y est déterminé que par deux considérations : la première, Athis offre d'y contribuer pour 10.000 francs ; la seconde, la Compagnie des chemins de fer d'Orléans mettra en état de viabilité la partie du chemin qu'elle a établi depuis Mons jusqu'à Ablon. Mais qu’il ne parait pas que ni l'une ni l'autre de ces deux considérations soit encore réalisée, aussi elle demande au Conseil Général de reporter son arrêté en attendant la réalisation des contributions de la commune d'Athis et de la Compagnie des chemins de fer. Ceci nous amène à l’article suivant.

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