Lieux scolaires de Villemoisson.

 

 

 

 

 

Nul document ne nous permet de dire qu'avant le milieu du XVIIIe siècle une école aurait été fondée à Villemoisson. L'instruction était alors généralement dévolue aux religieux et aux religieuses.

 

C'est en 1738 que des gens de bonne volonté font donation d’une rente suffisante à l'entretien d'une maîtresse d'école. Cette donation est faite à condition qu’il sera établi une maîtresse d'école qui sera tenue d'instruire gratuitement les jeunes filles de la paroisse sous l'inspection du curé et que ladite maîtresse sera prise du nombre des soeurs de la communauté de Sainville près Dourdan.

 

De cette école bâtie sous Louis XV, nous savons qu'elle a été construite près le pont de l'Orge et qu’elle est aujourd'hui démolie pour cause de vétusté. Elle a été bâtie aux frais du seigneur de Villemoisson, Durey d'Harnoncourt, pour la somme de 600 livres.

 

A droite la maison près du pont, route de Corbeil, face à l’entrée du parc du château de Villemoissin

 

Cependant, nous savons encore qu’un bail a été fait le 5 avril 1788 par Bertier de Sauvigny, seigneur de Villemoisson, au baron de Surbeck maréchal des camps et armées du roi, demeurant au château de Morsang-sur-Orge, pour son garde. C’était «un petit corps de bâtiment couvert de thuilles, servant autrefois d'école, consistant en une cuisine, un bûcher, un cellier, et un poulailler dans le bas, deux chambres au-dessus dont l'une avec cheminée, grenier au-dessus, cour nouvellement construite devant, et un quartier environ de jardin au-dessus, tenant à la cour de la ferme seigneuriale»

Cette école, avec celle près du pont, étaient-elles sans doute contemporaines. Si cette dernière était spécifique à l’instruction des jeunes filles, celle de la ferme seigneuriale, lieu subsistant de l’ancienne justice du seigneur, devait recevoir tous les enfants du village.

 

La ferme seigneuriale, la maison du fond probablement l’école. Rue Saint-Laurent

 

Dès le début de la Révolution, avec sa politique anti-religieuse, l’école des sœurs disparaît. Cependant, à l’école « communale », nous trouvons Jean-Baptiste Petit en 1787, il est fils de Jean et de Marie-Geneviève Constantin de la paroisse de Fontenay-en-Brie, il se marie en février 1791 à Françoise Mouroux et quitte Villemoisson pour devenir maître à Epinay entre 1792 et 1794. Jean-Marie Nicolas Médart Vieleminot lui succède.

 

Le 7 prairial an II, le conseil général de la commune délibère au sujet des biens nationaux pour servir à l'instruction publique, et pour servir de séance de la municipalité, du comité de surveillance et de la société populaire. « Le conseil général arrête que la cy-devante église sera conservée pour les séances de la société populaire et du comité de surveillance. Le presbytère sera conservé pour l'instituteur et la maison des séances de la municipalité pour instruire les jeunes citoyens et citoyennes. A l'égard de la cy-devante école (près du pont) ; située sur le chemin de Corbeil à Versailles, comme il y a quatre ou cinq chemins qui aboutissent à cette maison, nous désirerions la conserver pour notre corps de garde ».

 

La « Maison-sous-l’Eglise », autrefois presbytère. Rue Saint-Laurent

 

Le 1er fructidor an XII de la République et premier de l'Empire, il n'y a plus de maître d'école à Villemoisson et les membres du conseil municipal considérant que le territoire de la commune « est peu étendu et peu fertile et qu'il n'y a que 58 ménages, demandent que la commune soit réunie à celle d'Epinay-sur-Orge pour les offices et pour l'instruction des enfants comme étant la commune la plus proche de Villemoisson ».

 

Il faut attendre 1831 pour que « le maire expose que depuis longtemps la commune éprouve le besoin d'une école primaire : elle sera construite l’année suivante rue Marcel Girard.

Anecdote : « Le 20 août 1837, M. le sous-préfet informe que le secrétaire des commandements de S.A.R . Madame la duchesse d’Orléans lui a envoyé 200 francs pour l’école élémentaire primaire dans laquelle la dite princesse a été reçue et complimentée par les jeunes enfants » (sic).

 

L’école construite en 1832, rue Marcel Girard

 

Le 22 mai 1870, le conseil municipal déclare que la salle de classe scolaire est trop petite pour 33 élèves et malsaine, il est décidé la construction d’une nouvelle mairie-école. L’Instituteur faisant fonction de secrétaire de mairie, la petite école construite en 1831 devait servir aussi de salle de réunion. Acquisition de terrain, problèmes de financement. Il y a nécessité d'achever dans le plus bref délai possible les bâtiments scolaires en profitant des avantages qu'offre la nouvelle loi aux communes pauvres. Il faudra attendre 1879 pour que la nouvelle mairie-école soit réalisée.

 

L’ancienne mairie-école rue Marcel Girard

 

Depuis 1893, la Congrégation de la Miséricorde du Sacré-cœur de Jésus, dont le siège est à Isigny possède une succursale à Villemoisson-sur-Orge. Cette école privée pour filles est fermée le 12 juillet 1903, les enfants sont reçus à l'école mixte de la commune. Ceci précède la loi 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat.

 

L’entrée de cette école se trouve à l’angle des rues de l’Eglise et Ferrande,

l’arrière, rue de l’Aubrier

 

1913. - 77 élèves pour un seul maître avec des enseignements différents fréquentent l'école mixte de Villemoisson. Compte tenu de la difficulté d’accepter convenablement toute cette population dans la salle d'école faite en 1879 pour 40 élèves. Compte tenu de l’augmentation de la population avec le développement du lotissement du Bois de Villemoisson. La municipalité décide la création d'une école de filles et une classe enfantine mixte en bordure de la route de grande communication n°25, au lieu dit la Nouvelle-France à 50 m environ de l'école-mairie.

Puis, considérant qu'on ne saurait équitablement traiter de manière différente les enfants des deux sexes, en procurant aux uns des bâtiments neufs, tandis d’autres pourraient demeurer dans des locaux devenus « vétustes », M. Delélo, architecte de la ville de Paris et maire de Villemoisson déclare qu’il serait plus avantageux de créer tout bonnement un groupe scolaire pour tout le monde.

 

1er mars 1914, en attendant la construction de ce groupe scolaire, il y a nécessité absolue de louer une salle pour dégager l'école trop étroite. Il est décidé d'entrer en pourparler avec Mr. Lasson, propriétaire du château de Villemoisson, pour obtenir en location l'ancienne salle d'école des filles. Cette salle d'école située à l’angle des rues de l’Eglise et Ferrande, était l’école tenue par les soeurs avant la laïcisation de la scolarité.

 

Malheureusement le projet de groupe scolaire ne verra pas le jour de sitôt, il sera interrompu par la guerre. L'instituteur mobilisé est remplacé par une jeune maîtresse. En octobre 1917, il est créé une seconde classe mixte dans le local occupé par la garderie.

 

En 1920. - M. le maire est invité à s'entendre avec le conseil d'administration de l'orphelinat des Travailleurs municipaux de la Seine et de la Ville de Paris, possesseur de l'orphelinat créé à Villemoisson dans l’ancien moulin (aujourd'hui lieu de l'annexe des Archives de Paris). Il est décidé le transfert de la seconde classe de l'école dans un local appartenant à l'orphelinat, prêté par cette administration.

 

Le moulin au temps de l’orphelinat autrefois route de Corbeil face à la rue Saint-Laurent. Le local : quelque part dans ces bâtiments.

 

En 1921, devant une démographie toujours galopante, il est repris l’idée de la création d’une école de filles ; puis, en 1926, on ressort le projet du groupe scolaire pour le situer entre le village et le lotissement du Bois en développement constant.

 

C’est l’acquisition d’un terrain appartenant à M. Prosper Dupré, propriétaire domicilié à Ballainvilliers, lieu dit le « Poirier de la Farinette ». La carrière ouverte sur une surface minime du terrain cédé par Mr. Dupré sera comblée par les fouilles provenant de la construction scolaire. L’école est inaugurée le 14 avril 1929, on lui donne le nom de « Groupe scolaire Emile Bouton », en raison de sa participation aux frais de sa construction par une somme prêtée sans intérêts.

 

Ecole Emile Bouton à l’angle de l’avenue de la République et de la rue Emile Bouton

 

Après, toutes les délibérations pour en arriver là, la construction enfin réalisée, mais déjà trop juste et l’on parle d’agrandissement. Tandis que les classes sont engorgées, (moyenne 66 enfants par classe), on discute et on tergiverse. Encore une fois la guerre interrompt les projets.

 

En 1953 réapparaît le projet d’agrandissement du groupe scolaire dressé en 1939. En attendant, une classe pour enfants de 6 à 7 ans serait suffisante pour octobre 1954. Le procédé le plus rapide et le plus économique serait de se servir d’un des préaux Toute extension classique des bâtiments demanderait de trop longs délais pour résoudre le problème qui se pose dans l'immédiat.

 

En 1961, une note du ministre de l’éducation nationale, fait connaître que la commune est proposée pour l’octroi d’un prêt destiné à la réalisation d’une construction scolaire de deux classes filles, deux classes garçons et deux logements de direction. Mais en 1965, la construction des groupes scolaires prototypes filles et garçons n’est pas encore réalisée.

 

1967. - La population en constante augmentation, il y a lieu de solliciter l’installation au plan des constructions scolaires un groupe de quatre classes maternelles. En décembre, il est décidé la création d’une troisième classe maternelle, 72 enfants n’ayant pu être accueilli par manque de locaux en plus des 112 enfants répartis dans les deux classes existantes. Les « prototypes » sont toujours en attente. Le Conseil décide l’acquisition d’un bâtiment préfabriqué comprenant deux classes.

 

1969. - Vu le nombre d’élèves de la commune fréquentant le CES de Morsang, demandant une participation au fonctionnement de ce C.E.S, Villemoisson s’acquitte des frais pour 66 enfants de la commune. En conséquence, le Conseil Municipal demande aux autorités de tutelle de prévoir dans un proche avenir la création d’un C.E.S. à Villemoisson.

 

1970. - Vu le nombre croissant des constructions : 26 pavillons dans le lotissement « La résidence du Parc », rue de l’Eglise ; 64 logements par la société « La Sablière » rue de Longpont. Il est proposé d’envisager la surélévation de groupe scolaire de la rue Emile Bouton pour quatre classes primaires avec les annexes de deux classes polyvalentes. Il est toujours question du projet de construction de l’école maternelle et du projet de construction d’un C.E.S 600.

 

Ecole maternelle allée du Bocage

 

En 1971. - La commune confie à l’Etat la direction et la responsabilité des travaux de la construction du C.E.S., s’engage à s’endetter d’un remboursement en 20 ans. M. l’inspecteur de l’Académie sollicite de la commune la prise en charge de l’ensemble des dépenses de fonctionnement du CES, dans l’attente d’une nationalisation. Par suite d’installation d’une école maternelle de quatre classes, M. l’inspecteur envisage la suppression de quatre classes correspondantes à l’école des filles. En 1972, le C.E.S. Blaise Pascal., il ouvre ses portes, il reçoit les enfants des communes de Villemoisson et de Villiers-sur-Orge.

 

C.E.S., allée du Bocage

 

1982

La commission municipale scolaire se penche sur l'accroissement des équipements scolaires avec la construction de la Z.A.C. du Plateau, il est décidé une implantation scolaire dont l’entrée est avenue de Séquigny. Il sera ouvert en 1988. Au total avec les autres établissements la population scolaire est de 1130 élèves : 309 en maternelle, 463 en primaire, 358 au C.E.S. comportant 212 élèves de Villiers-sur-Orge et 18 venant d'autres communes.

 

Groupe scolaire des Erables, avenue de Séquigny

 

L’histoire scolaire de Villemoisson est une course poursuite dont le développement démographique contraint la municipalité à suivre, parfois avec difficulté, cet accroissement. Aujourd’hui nous pouvons penser être arrivés à saturation.

 

Retour à l’accueil