Les Prussiens occupent
Villemoisson
Cet article se réfère à des extraits du
livre « Villemoisson-en-Hurepoix » de Mr. Victor Chaudun qui a pu
recueillir les souvenirs auprès des anciens habitants.
La faiblesse de la population française devant celle de
l’Allemagne. Cette force des Allemands rassemblés parce que les Français l’ont
bien voulu. Nous payons les ambitions de Napoléon III, et Chaudun de
conclure : « Nous aurions pu éviter la guerre de 1870, la
défaite ; mais elle nous a finalement débarrassé d’une dynastie qui fut
néfaste finalement au pays. Septembre
1870, Sedan ! « Le 18, la division prussienne Hartmann après une
double tentative de traversée sur un pont de bateau à Juvisy et à Athis, passe
la Seine à Corbeil et envahit toute la contrée. Son premier soin est de
s'emparer du chemin de fer et du télégraphe et d'appliquer son système de
réquisition à outrance. Dés ce jour, les communications avec la capitale furent
complètement interrompues, un dernier train ayant remonté le soir même, le
personnel et une partie du matériel jusqu'a Brétigny d'abord puis jusqu'à
Etampes.
« Les
Allemands installèrent un sous-préfet prussien à Corbeil et un préfet à
Versailles. les maires administrèrent sous leur contrôle.

Soldats prussiens du haut de la tour de Montlhéry
surveillant le siège de Paris
« Dès
le 20 septembre, par suite des réquisitions des Prussiens qui s'emparent du blé
et des fours, les restrictions commencent pour le pain et la viande. Pour
soustraire leurs bestiaux, particulièrement les vaches, à l'emprise ennemie,
les habitants de Villemoisson les cachent dans la forêt où ils vont les faire
paître et les surveiller.
« Quelques propriétaires les vendent à la direction de
Vaucluse qui se trouve, par suite de la négligence de son économe, complètement
démunie de viande pour ses onze cents malades, chose d'autant plus grave que
l'asile de Ville-Evrard a été évacué à Vaucluse ses hospitalisés dès le 6
septembre.
« La commune est occupée par la deuxième division
bavaroise Von der Tann sous le commandement du Prince Royal, tandis que le 4e
régiment de Silésie occupe le Breuil. Ces hussards organisent des chasses dans
la forêt de Sainte-Geneviève, ce qui n'est pas sans inconvénient pour les
villemoissonnais réfractaires aux réquisitions.
« Les excès de ces cavaliers sont particulièrement
odieux de même que la conduite d'un détachement de hussards de la Mort qui
violentent plusieurs femmes pendant que leurs camarades enivrent leurs maris.
L'époux d'une des victimes, surprenant le malfaiteur en flagrant délit, l'abat
d'un coup de fusil et va demander refuge à M. Billod, directeur de Vaucluse,
qui le cache pendant la durée de la guerre. Il le fait d'ailleurs pour d'autres
victimes des brutalités ennemies qui passent ainsi pour aliénées tant que dure
l'invasion.
« Cependant, les travaux des champs
peuvent être faits normalement ainsi que les récoltes de pommes de terre et de
fruits.
Le 5 novembre, le premier train composé d'une locomotive et
de trois wagons passe à toute allure monté et servi par les Prussiens.
« Dans cette première quinzaine de novembre, les
réquisitions s'accentuent pour tourner en rapines, les soldats pillent
particulièrement les caves, les hangars, les jardins, font des brèches dans les
murs, enlèvent les parquets pour trouver l'argent caché. Là encore, les
Villemoissonnais ont recours à la direction de Vaucluse, confient leurs
valeurs, car, par ordre du Prince Royal, l'asile jouit de l'immunité et est
exempt de réquisitions et de perquisitions.
« Au début de l'occupation, les autorités prussiennes
manifestent leur intention de réquisitionner les hommes valides, sous peine de
mort, pour participer aux travaux du siège de Paris. Certains jeunes gens
doivent s'enfuir pour échapper à cette menace et aux coups de fusils des
Prussiens, parmi eux, le fils de l'adjoint, Prosper Dupré. Lui-même raconte
qu'il a été attaché une journée entière à un pommier de la propriété Poirel aux
Franchises. D'autres jeunes gens vont demander asile à Vaucluse et le directeur
leur donne les quelques places d'employés vacantes ».
Il faut savoir que les occupants réquisitionnent la
main-d’œuvre pour participer aux travaux du siège de Paris.
« Sur
une dépendance de l'ancien domaine de Beaumont qui tenait toute la droite de la
rue de l'Eglise …, dépendance aliénée par Louis Lasson en 1846 à Léon Andoche
Colin de Verdière, avocat à la Cour Royale de Paris, propriétaire depuis 1827
d'une maison de campagne, à Epinay-sur-Orge qui fut la mairie de cette ville
puis la gendarmerie, Verdière y a fait construire une maison bourgeoise en 1869
(la future maison Russe). A peine terminé, cet immeuble sert de résidence à un
lieutenant-colonel de la garde royale prussienne. Cet officier, s'opposa aux
brutalités de ses soldats, il punit les pillards, il est correcte envers les
autorités municipales et reste toujours, selon les témoignages, un gentleman
accompli.

« Les témoins disent aussi que, malgré
cela, il y a peu de communes de Seine-et-Oise qui ont tant à souffrir de
l'occupation que celles d'Epinay et de Villemoisson. Le montant des
contributions de guerre allemandes atteignent 2146,55 francs moins une somme de
335 francs remise au maire de Longjumeau et non remise à l'occupant. Les
dépenses de guerre atteignent 1969 francs ».
Le
20 février 1871, nous relevons au registre municipal : Le conseil de la commune
de Villemoisson, étant réuni à la mairie, vu les circonstances exceptionnelles
dans lesquelles on se trouve, autorise Théodore Dupré, adjoint, remplissant les
fonctions de maire, à emprunter les sommes nécessaires pour faire face aux
exigences de la situation.
Le
12 mars 1871, les Allemands évacueront le canton en se retirant vers Corbeil.
Ici Mr. Chaudun rapporte une anecdote.
Derrière la propriété appelée « Collège » il y a
une pièce de terre appelée « Pièce des Eaux ».Dans cette Pièce des
Eaux se trouvent des souterrains, dont il existe encore son entrée condamnée au
bout de « l’allée de la Grotte ». On descend par quelques marches, au
bout desquelles, passe une canalisation d’eau venant en direction du plateau,
vers l’angle de la rue Ferrande avec l’avenue Guy Moquet. Au bas de cet
escalier à droite a été créé un bassin à l’origine de la distribution d’eau du
Collège, à gauche une galerie devenue dangereuse par manque d’entretien et
sujette à éboulement a été condamnée. Cette galerie a été créée dans le but
d’alimenter en eau le château de Villemoisson en passant sous la rue Ferrande,
et par le parc, avant l’arrivée de l’eau courante. Des accès et non des
« trous d’homme » permettait son entretient, ceci nous est précisé
dans un document du XVIIIe siècle.
Primitivement, il nous a été signalé l’existence de la
« Fontaine de Villemoisson », celle-ci se trouvant à l’angle de la
rue Ferrande avec l’avenue Guy Moquet, était la providence des villageois. Ce
n’est que plus tard que les propriétaires du Collège et du château on
intercepté ont intercepté cette eau descendant de la forêt.
Revenons à notre anecdote. « Un vieillard a affirmé,
écrit-il, qu'en 1870, voulant échapper aux Prussiens », avait suivi cette
galerie « conduisant à une chambre carrée possédant des bancs de pierre
dans laquelle il était resté caché pendant trois jours ».
