Les Amelot Danican.

(1734 – 1743)

 

 

         22, 24 février 1734. « Contrat de vente (des trois seigneuries) par messire Adrien Maurice, duc de Noailles, pair de France, premier capitaine des gardes du corps du roy, et dame Françoise Charlotte Amable d’Aubigné son épouse. A dame Marguerite Danican, veuve de messire Michel Charles Amelot, président à mortier au Parlement de Paris. Consistant les dites terres en justice haute, moyenne et basse, cens et rente, tant en argent que volailles et baux d’héritages, prés, terres labourables, bois, moulin à eau dépendant de la seigneurie de Villemoisson sçis sur la rivière d’Orge avec droit de pèche en icelle. L’office de gruyer en la gruerie de Montlhéry dont est pourvu le sieur de Châteauvieux.

         « Le tout appartenant au dit seigneur duc de Noailles en qualité de seul et unique héritier par bénéfice d’inventaire; quant aux propres du dit feu sieur marquis de Noailles son frère qui en étoit propriétaire, tant au moyen du délaissement qui luy en a été fait par madame la maréchale de Noailles sa mère, et le dit seigneur duc son frère aîné pour partie de sa légitime dans la succession de feu monsieur le maréchal de Noailles son père.

         « Aux charges de payer et continuer 12 livres 10 sols de rente envers l’église de Villemoisson, la dite vente faite en outre moyennant la somme de 45.000 pour la terre et seigneurie de Villemoisson ». (Extraits)

 

Qui sont les Amelot ?

         Famille originaire de la ville d’Orléans, qui a produit un très grand nombre de magistrats qui ont exercé les charges dont ils ont été revêtus. Elle a donné un archevêque à l’église de Tours, et elle s’est alliée non seulement avec les principales familles de robe, mais encore avec quelques-unes des plus grandes du royaume. Filiation directe :

         1. - Jacques Amelot, seigneur de Carnetin, avocat au Parlement, sous le règne de François 1er. Il avait épousé Jeanne Vialard, soeur d’Antoine, archevêque de Bourges, et Jeanne Poncet sa seconde femme.

         2. - Jean Amelot, seigneur de Carnetin, avocat au Parlement de Paris, maître puis président aux requêtes. Il avait épousé Marie de Saint-Germain, fille de Jean, bourgeois de Paris, et d’Agnès Hervieu.

         3. - Jean Amelot, seigneur de Gournay et de Neuvy, second fils de Jean et Marie de Saint-Germain. Conseiller au Parlement en 1598, puis maître des requêtes ordinaire de l’hôtel du roi, etc. Il avait épousé Catherine du Creil, fille de Jean, seigneur de Gournay et de Neuvy-sur-Aronde et d’Adrienne Gamin.

         4. - Charles Amelot, seigneur de Gournay, de Neuvy, successivement, conseiller au Parlement de Paris, maître des Requêtes ordinaire de l’hôtel du roi, président du grand conseil. Marié à Marie Lyonne, fille de Jacques, grand audiencier de France, et de Marie de Grieu.

         5. - Michel Amelot, marquis de Gournay, baron de Brunelles, conseiller ordinaire du roi en ses conseils d’Etat et privé, président au bureau du conseil du commerce, ambassadeur. Marié à Catherine le Pelletier-de-la-Houssaie, fille de Nicolas le Pelletier, seigneur de la Houssaie et de Château-Poissy et de Catherine le Picard-de-Périgny.

         6. - Charles Michel Amelot, marquis de Gournay, d’abord conseiller au Châtelet de Paris, puis reçu au grand conseil, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel du roi, enfin, président à mortier au Parlement de Paris, décédé à 50 ans en 1730. Marié avec Marguerite Pélagie Danican, fille de Noël Danican-de-Lespine, chevalier de l’Ordre de Saint-Michel, maître ordinaire en la Chambre des Comptes à Paris, seigneur du Plessis, Silly, Oiseri, etc., et de Marguerite Chantoiseau.

 

Types de chaumières. - Image extraite de « Histoire de Saint-Martin de la Mer (Source Internet)

 

         Le 17 septembre 1734, « acte passé par les marguilliers de l’église de Saint-Paul de Paris, en présence du curé de la dite paroisse. Par lequel ils ont déclarés agréer la translation d’hypothèque qui a été faite par Adrien Maurice duc de Noailles et la dame son épouse de 330 livres de rente due à la dite église par les dits seigneur et dame pour la fondation faite en la dite église par Anne Jules duc de Noailles en 1681. D’une messe basse chaque jour de l’année à perpétuité, pour le repos de l’âme du dit seigneur son père, sur la terre de Rozières et autres sçises en Auvergne. Et en conséquence ont déchargé les terres et seigneuries de Sainte-Geneviève-des-Bois, Villemoisson, sur lesquelles la dite rente avoit été spécialement affectée et hypothéquée ».

 

Administration, établissement d’un terrier

         27 septembre 1739, « lettres de terrier obtenues au Grand Sceau par la dite dame Marguerite Pélagie Danican, veuve de sieur Michel Charles Amelot, président à mortier du Parlement de Paris, dame de Sainte-Geneviève-des-Bois, Lyers, Villemoisson, le Perray. A l’effet de se faire passer déclaration des héritages dépendants des dites seigneuries par les propriétaires d’iceux et de se faire servir par les vassaux d’icelles. »

         21 avril 1740, « sentence de la prévosté de Montlhéry portant entérinement des dites lettres de terriers et nomination de la personne d’Estienne Lhéritier, notaire à Monlhéry, pour recevoir les déclarations des dites lettres conformément à icelles. 1er may : affiches et publications des dites lettres au-devant des portes et principales entrées des églises paroissiales de Sainte-Geneviève-des-Bois, de Villemoisson, de Saint-Michel, de Savigny, de Janvry et de Montlhéry, à l’issue des messes des paroisses dites et célébrées, par les officiers dénommés aux procès verbaux des dites affiches et publications, à ce que personne n’en prétendit cause d’ignorance ».

 

Château de Villemoisson

         1er février 1736. – « Déclaration passée par Louis Prozelle, héritier de messire Louis Prozelle, son père, à messieurs les religieux de Sainte-Catherine du Val des Ecoliers à Paris, seigneurs de Saulcier près Longjumeau, de 3 arpents 50 perches de bois sçis à Séquigny, lieu-dit la Mare Pavée. Chargés de 16 deniers parisis de cens pour arpent, payable chacun an aux dits religieux le jour Saint-Blaise ». 8 juin. – « Compromis passé entre dame Margerite Pélagie Danican, d’une part; et Louis Prozelle d’autre part. A l’effet de faire faire l’arpentage de la totalité du fief du Perray, dont les deux tiers appartiennent à la dite dame veuve présidente Amelot, et l’autre tiers au dit sieur Prozelle; et de limiter ce qui appartient à chacun. »

 

Ferme seigneuriale, moulin

         6 décembre 1741. « Bail à ferme par dame Marguerite Pélagie Danican, à Germain Philippe, laboureur, demeurant au dit Villemoisson et Jeanne Redon sa femme, de la ferme du dit Villemoisson, consistante en plusieurs bâtiments, terres labourables, lisière de bois et 30 livres de rente en dépendant, perceptible chacun an sur différents particuliers. Le dit bail fait pour 9 années et moyennant la somme de 700 livres par chaque année en deux paiements égaux. Le premier le jour de Noël et le second le jour de Pâques. Bail fait par ladite dame du moulin de Villemoisson aussi pour neuf années à ***. Moyennant la somme de 800 livres pour chacune des dites neuf années. »

 

Chaumière. - Image extraite de « Histoire de Saint-Martin de la Mer (Source Internet)

 

Baux, divers

         « 17 may 1734 et 27 may 1738, baux à rente faits par Michel Guézard et Marguerite Carré sa femme au profit de François Saint-Lot et Barbe Guézard sa femme : 1°) D’une maison sçise sur les franchises de Villemoisson, couverte de chaume, contenant trois espaces, consistante en une chambre basse à feu, grenier au-dessus, allée, estable, toit à porcs, cour, grange, cave, jardin derrière. Contenant le tout en fond de terre, environ trois quartiers et demy. Tenant par derrière à la ruelle tendante au pont du Breuil. 2°) Un quartier et demy de terre sçis au dit terroir de Villemoisson; chantier de la Landerie, tenant d’un bout à la seigneurie de Sainte-Geneviève-des-Bois et d’autre au sieur Joguet de la Chapelle. – Chargé du cens ordinaire et outre moyennant 43 livres de rente foncière non racheptable, payable chacun an aux dits Guézard et sa femme le jour Saint-Martin d’hyver ».

         Le 12 juillet 1738. « Exploit d’assignation donnée à la requeste de dame Marguerite Pélagie Danican à Pierre Latteux, pour se voir condamné à luy payer 29 années d’arrérages de la rente de 11 livres 10 sols par an qu’il luy doit comme détempteur d’une maison et héritages sçis à Villemoisson ».

         Le 23 aoust 1740, vente faite par le sieur Concordant pour madame la présidente Amelot, à Fiacre Alorge, marchand de bois demeurant à la Ville-du-Bois, de la coupe du bois taillis appelé le Fond de Calais (lieu-dit s’étendant sur Villemoisson et Sainte-Geneviève-des-Bois), en plusieurs pièces contenant 60 arpents, moyennant la somme de 3000 livres.

 

La succession de dame Pélagie Danican décédée dans les dettes.

         Le 17 décembre 1742, « procès-verbal de visite, prisée et estimation fait par Quentin Desboeufs, architecte expert, nommé par sentence du Châtelet du 27 novembre, des terres et seigneuries de Sainte-Geneviève-des-Bois, Lyers, Le Perray, Villemoisson et dépendances. A la requeste de messire Michel Marie Noël Amelot, maistre des requestes, fils aîné et principal héritier de dame Marguerite Pélagie Danican, veuve de Michel Charles Amelot. A l’effet de parvenir aux héritages des biens de la dite dame entre luy et messire Joseph Antoine Crozat, président honoraire au Parlement de Paris et dame Michèle Catherine Marguerite Amelot son épouse, et Jean-Baptiste Michel Antoine Amelot, mineur, aussy enfants et héritiers de la dite dame Amelot leur mère.

         « Par lequel appert que les dites terres ont été estimées, outre les charges de rentes et devoirs seigneuriaux à la somme de 165.684 livres; la terre et seigneurie de Villemoisson avec son moulin, terres, prés, bois en dépendants, outre les charges, à celle de 40.625 livres et celle du Perray, aussy avec ses dépendances et appartenances à celle de 24.010 livres. Le tout revenant ensemble à la somme de 230.319 livres. A noter que le dit procès-verbal contient un extrait peu fidèle des titres des dits seigneurs et qui étoit entièrement inutile pour parvenir à l’estimation d’icelle ».

 

         4 avril 1743. « Sentence au Châtelet de Paris, par laquelle le sieur Lancel, bourgeois de Paris, a été élu tuteur de messire Jean-Baptiste Antoine Michel Amelot de Vervan, fils mineur de feu messire Michel Charles Amelot, chevalier, marquis de Gournay et autres lieux et de défunte dame Marie Pélagie Danican, ses père et mère. A l’effet de vendre conjointement avec messire Michel Marie Noël Amelot, maistre des requestes et le sieur et dame Croizat ces seigneuries. Et d’employer le prix de la dite vente au paiement des créancier, tant hypothécaires que privilégiés sur la succession et biens de la dite défunte dame Amelot ».

 

(Rxtraits)

         29 avril 1743. « Obligation par messires Michel Marie Noël Amelot, Joseph Antoine Crozat et dame Michèle Catherine Marguerite Amelot son épouse, et Jean-Baptiste Michel Antoine Amelot, chevalier, mineur. Au profit de monseigneur Pierre Durey d’Harnoncourt, écuyer, de la somme de 66.000 livres. » Le 16 juillet, c’est la vente par messieurs Amelot et dame de Tugny au profit de monsieur d’Harnoncourt. « Furent présents messire Michel Marie Noël Amelot, chevalier, conseiller du roy en ses conseils, maître des requestres ordinaires de son hôtel, demeurant à Paris rue Dauphine, paroisse Saint-André des Arts. Messire Joseph Antoine Crozat, chevalier, seigneur de Tugny et autres lieux, conseiller du roy, président honoraire du Parlement de Paris, dame Michèle Catherine Marguerite Amelot son épouse qu’il autorise, demeurant place de Louis Legrand, paroisse Saint-Roch. Et sieur Jean-Baptiste Lancel, bourgeois de Paris y demeurant, rue d’Enfer, paroisse Saint-Sulpice. Au nom et comme tuteur spécialement pour ces présentes de messire Jean-Baptiste Michel Antoine Amelot, chevalier, mineur, suivant l’avis de messieurs les parents et amis du dit sieur mineur, étant au registre de caquet greffier de la chambre civile, dont l’original en parchemin est demeuré ci-joint pour y avoir recours.

         « Les dits sieurs Amelot, la dite dame de Tugny et Amelot, mineur, seuls enfants et héritiers de feue dame Marguerite Pélagie Danican leur mère. Lesquels, après que les publications requises des biens ci-après ont été faites au Châtelet de Paris suivant certificat délivré par Rochon, greffier de l’audience le 28 juin dernier. Ont par ces présentes vendu, quitté, délaissé et abandonné du tout dès à toujours, promis et se sont obligés solidairement l’un pour l’autre, chacun d’eux seul pour le tout sous les renonciations requises garantir de tous troubles dont dettes, douaires, évictions, substitutions, aliénations et autre empeschements généralement quelconques.

         « A Pierre Durey d’Harnoncourt, écuyer, conseiller du roy, receveur général des finances du comté de Bourgogne, demeurant à Paris, rue Vendôme, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs. A ce présent et acceptant, acquéreur pour luy, ses hoirs et ayant cause, les terres et seigneuries de Sainte-Geneviève-des-Bois, Lyair y joint, Villemoisson, Le Perray en partie, avec toutes leurs appartenances, circonstances et dépendances. Est compris en la présente vente l’office de gruyer en la gruerie de Montlhéry dont est actuellement pourvu le sieur de Châteauvieux.

         « Le sieur d’Harnoncourt touchera les revenus à compter du jour de Saint-Martin d’hiver, fermages, arrérages de rentes seigneuriales portant lods et ventes, saisines et amendes quand le cas y échoit. Et ne comptera point aux dits sieurs vendeurs des fruits et légumes des jardins et potagers, non plus que du croît des pigeons du colombier. Cette vente faite à la charge des cens et devoirs seigneuriaux à compter du jour de Saint-Martin d’hiver ».

         « Durey d’Harnoncourt doit payer pour les trois seigneuries 228.519 livres, dont 38.825 livres pour la terre de Villemoisson. « En déduction de laquelle somme le dit sieur d’Harnoncourt a payé aux dits sieurs et dame vendeurs 319 livres, et retiendra 66.000 livres contenu en l’obligation des dits sieurs et dame vendeurs à son profit pour être employés au paiement de partie des dettes de la dite feue dame présidente Amelot, et de quelques dettes particulières du dit sieur Amelot. Et pour le surplus du dit prix montant à 162.200 livres les dits sieurs et dame vendeurs payeront à l’acquéreur, Sçavoir :

         40.000 livres à la dame Anne Thérèse de Gourry, veuve de Urbain René du Plessis, marquis de Jarsé.

         90.000 livres à Benoist Antoine Turgot de Saint-Clair, conseiller au Parlement,

         10.000 livres à dame Madeleine Marguerite Leforestier,

         10.000 livres à Jean Vallard maître orfèvre,

         8000 livres à Jean-Baptiste Dorival, procureur au Parlement,

         4200 livres à messire Gaudilard, chevalier, seigneur de Vauguyon

 

 

Concernant Prozelle propriétaire du château de Villemoisson :

         « Le dit sieur d’Harnoncourt sera tenu de reprendre ou poursuivre en son nom, en sa qualité d’acquéreur, et à ses risques, deux causes commencées par feue madame Amelot. L’une pendante à la Table de Marbre des Eaux et Forests pour fait de chasse sur l’appel interjeté par le garde du sieur Louis Prozelle, auditeur des comptes, prenant qualité de seigneur du Perray. D’une sentence rendue en la gruerie royale de Montlhéry le 27 novembre 1741, qui sur le rapport de celuy de Sainte-Geneviève l’a condamné en une amande de dix livres et en pareille somme de dommages intérêts. Sur lequel appel le dit sieur Prozelle a pris le fait et cause de son garde sur le fondement que l’endroit ou il avoit été trouvé chassant faisoit partie de son fief du Perray.

         « L’autre pendante aux requestes du Palais sur pareille prise de fait et cause par le dit sieur Prozelle, pour Pierre Marchand son fermier, sur la demande de ma dite dame Amelot contre ce fermier pour raison de l’exploitation par luy faite de cinq quartiers de bois taillis faisant partie d’une pièce de deux arpents de la dépendance de la terre de Sainte-Geneviève dont madame Amelot a répété le prix ».

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