Les Boyer (1628 – 1662)

 

 

 

 

Le 20 avril 1628, la veuve de Jean de la Fosse, seigneur de Villemoisson, vend sa seigneurie à Antoine Boyer. Les armes des Boyer étaient de gueules à couronne d’argent chapitrées et basées d’azur, le chef d’or chargé d’un aigle déploré de sable.

    Qui sont les Boyer ? D’après la Biographie Française et le Dictionnaire de Biographie Française, nous avons :

         1°) Guilheim de Boyer (XIIe siècle). Nostradamus, dans son « Histoire de Provence », et le Moine des Isles-d’Or, font descendre cette famille de Nice. Poète provençal, grand mathématicien et aussi physicien. Il meurt en 1355, laissant plusieurs enfants, dont un descendant vint s’établir à Ollioules, proche Toulon.

         2°) André de Boyer. (Fin du XIVe siècle). Il épouse Marguerite de Cambe, dont :

         3°) Antoine de Boyer, marié, le 24 juin 1531, à Marguerite de Martelli. Enfants : Etienne et Vincent, auteur de la branche des seigneurs d’Eguilles.

         4°) Etienne de Boyer. Originaire d’Ollioules, chef de quartier à Toulon et surnommé le Capitaine. Le duc d’Epernon, gouverneur de la province, l’estime beaucoup ; il est l’un des 45 gentilshommes du duc d’Angoulême, et acquit la terre de Bandol. Marié à Jeanne de Beyran, Enfants : Antoine et deux filles.

         5°) Antoine de Boyer. Naît le 18 octobre 1562. Il entre comme gendarme dans la compagnie du Grand Prieur commandant en Provence. Il adhère à la ligue, commandant un corps dans l’armée de Vins, bat les protestants au Cannet en 1586. Est capitaine de Six-Fours en 1588. Il défend Toulon contre les Savoyards en 1590. Nommé gouverneur de Bandol en 1594. En 1595 il se soumettre à Henri IV ; nommé gentilhomme de sa Chambre, il lui confère le fief Viguier de Marseille en 1602. Par lettres patentes, le roi lui donne, en 1603, le monopole de la pêche aux thons. Il est nommé sous-gouverneur de Notre-Dame de la Garde (1604) ; chevalier de l’Ordre de Saint-Michel en 1613. Antoine Boyer gagne la cour royale de Louis XIII. Grâce à l’achat qu’il fait des seigneuries de Sainte-Geneviève-des-Bois et Villemoisson, nous le trouvons dans les fonctions de conseiller d’Etat et intendant des maison et finance de la reine. Il est marié alors à Françoise de Vignancourt. Il décède le 22 mai 1642.

 

Curiosité généalogique :

Antoine Boyer, seigneur de Sainte-Geneviève-des-Bois, Villemoisson est ancêtre de neuf souverains ou chefs de maisons royales. Voici succinctement l'arbre généalogique :

- Antoine Boyer, après un premier mariage en 1617, puis, en 1627 avec Françoise de Vignancourt ; de ce second mariage :

- Louise Boyer (1631-1697), mariée en 1645 à Anne duc de Noailles, seigneur de Sainte-Geneviève-des-Bois, Villemoisson …

- Anne Jules, duc de Noailles (1650-1708), marié en 1671 à Marie de Bournonville (1654-1748), dont :

- Marie Victoire Sophie de Noailles (1688-1766), mariée en 1723 en seconde noces à Louis Alexandre de Bourbon comte de Toulouse (1678-1737), fils légitimé de Louis XIV et de la marquise de Montespan. ...

- Louis Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre (1725-1793), marié à Marie Thérèse Félicité d'Este, princesse de Modène (1726-1754)...

- Louise Marie Adélaïde de Bourbon Penthièvre (1753-1821), mariée en 1767 à Louis Philippe duc d'Orléans, dit Egalité (1747-1793) ...

- Louis-Philippe 1er, roi des Français (1773-1850) ...

De là, plusieurs branches, dont neuf souverains ou prétendants sont issus : Henri d'Orléans, comte de Paris, Juan Carlos 1er de Bourbon, roi d'Espagne, Baudouin 1er, roi des Belges, Siméon II, roi de Bulgarie, Carl, duc de Wurtemberg, Emmanuel de Saxe, margrave de Misnir, Duarte, duc de Bragance, représentant de la maison royale du Portugal, Louis d'Orléans et Bragance, représentant de ma maison royale du Brésil, Louis Napoléon, représentant de la maison impériale française.

Il faut encore ajouter : Anne de Bourbon-Parme épouse de Michel 1er roi de Roumanie, Joséphine Charlotte de Belgique épouse de Jean 1er grand-duc de Luxembourg, Maria-da-Gloria d'Orléans et Bragance, épouse divorcée d'Alexandre de Yougoslavie représentant de cette maison royale.

         Les descendants d'Antoine Boyer se comptent par milliers dans les familles royales, princières et ducales d'Europe.

 

Les seigneuries de Villemoisson et de Sainte-Geneviève-des-Bois sont vendues pour la somme de 156.000 livres dont 20.000 sont payées comptant et le reste à acquitter avant 1641, peu avant la mort d’Antoine Boyer car sa femme, Française de Vignancourt, est qualifiée de veuve eu 1642. Il est nécessaire d’observer ici que le 1er décembre 1640, Antoine Boyer a aussi acquit de Louis de Martines, écuyer, et de Geneviève de Salmatoris son épouse, les deux tiers du fief, terre et seigneurie du Perray, moyennant la somme de 18.500 livres.

         En sorte que Antoine Boyer était propriétaire :

         1°) de la terre et seigneurie de Sainte-Geneviève-des-Bois, le fief et ferme de Liers en dépendant, mouvant du roi pour la plus grande partie.

         2°) de la terre et seigneurie de Villemoisson mouvante de la seigneurie du Mée près de Melun.

         3°) Des deux tiers de la terre et seigneurie du Perray mouvante de la seigneurie ancienne appelée le Plessis-Paté, puis de Plessis-Sebbeville à cause de son fief de Montpipeau. Le tout indépendamment de plusieurs pièces de terres, prés et bois des domaines qui sont tenus et mouvants de différents seigneurs.

Le sieur Boyer étant décédé, laisse six enfants de deux lits, dont deux de son premier mariage :

1°) Marie qui épouse Tambonneau, chevalier, conseiller du roi, président en sa chambre des comptes, où il est pendant quarante-huit ans. Tuteur des mineurs Boyer, il est un moment seigneur de Villemoisson et Sainte-Geneviève. (Il meurt en 1683).

2°) Jeanne, femme de Jean de Ligny, chevalier, seigneur de Grogueuil, Saint-Prat et autres lieux, fils de Jean de Ligny, maître des requêtes et de Charlotte Séguier, sœur du Chancelier.

         De son second mariage avec Françoise de Vignancourt, pendant lequel il a fait toutes les acquisitions ci-dessus, il a quatre enfants :

         3°) Antoine, baron de Mouchy, commandant du régiment Royal-Auvergne. Il cèdera son titre de baron à son beau-frère de Noailles, il est émancipé d’âge après le décès de son père.

         4°) Louise Boyer, lors mariée à Anne, comte de Noailles, premier capitaine des gardes du corps du roi.

         5°) et 6°) Jeanne et Elisabeth toutes deux religieuses à l’abbaye royale de Saint-Antoine des Champs.

 

         Tombonneau, tuteur, gère quelque peu les domaines. Tallemant des Réaut raconte dans ses « Historiettes », que c’est un homme fort débauché et que sa femme est très galante. Ils meurent tous deux de la vérole, le mari faisant des excuses à sa femme de la lui avoir donnée. Presque ruiné, il se remet en prêtant sur gages à 2 sols par écu et par mois se servant pour cela d’une insigne maquerelle qui logeait rue de la Verrerie.

Il a épousé la fille d’Antoine Boyer, âgée de quatorze ans, très jolie qui n’avait nulle envie de l’épouser. Elle n’ose rien dire tant le bonhomme lui parait sévère. Le soir des noces quand Tambonneau vient se coucher, elle fait un grand cri et ne souffre qu’il s’approche d’elle, mais elle s’y habitue et pour se consoler prend des galants. Du reste, le mari fait lit à part. La présidente se rend souvent à Sainte-Geneviève sans que le mari le ache. Y viennent aussi le comte d’Aubijoux, chambellan de Gaston d’Orléans, frère du roi, et Coulon conseiller au Parlement pour friponner avec la sœur de la présidente, la future Mme de Ligny, qui n’était pas si jolie que sa sœur mais encore plus légère.

La rumeur publique dit que Tambonneau doit 100.000 livres de rente de la tutelle des petits Boyer et l’accuse de les avoir pillé tant qu’il avait pu. Ces malfaçons lui aident probablement à payer le bel Hôtel de Bouillon qu’il fit construire quai Malaquais à Paris.

Les Tambonneau portait d’azur à la fasce d’or accompagné de 3 molettes d’éperon, de même en chef et d’un aigle à 2 têtes aussi d’or en pointe ».

 

 

« Au moyen des professions de religieuses de Jeanne et Elisabeth Boyer et des acquisitions que Antoine Boyer, fils aîné, faites des sieurs Tambonneau et Deligny et de leurs épouses, de qui leurs appartenaient dans les terres ci-dessus, Antoine Boyer et la dame Louise Boyer sa sœur, épouse du comte de Noailles restèrent seuls propriétaires des terres et seigneuries.

 « Et pour les conserver en entier sans démembrement, il est passé entre eux, deux contrats d’échange les 10 juillet 1659 et 24 aoust 1662. Par lesquels Antoine Boyer cède au comte de Noailles et la dame son épouse les seigneuries de Villemoisson, Sainte-Geneviève avec les offices de juge gruyer, garde-marteau et greffier de la gruerie de la dite prévôté de Montlhéry aux charges, droits et devoirs seigneuriaux et féodaux et des 29 livres 10 sols de rente envers les dites fabriques de Sainte-Geneviève et de Villemoisson, et outre 490 livres aussi de rente.

« Et en contre échange, le comte de Noailles et la dame son épouse ont transporté au sieur Boyer, leur frère et beau-frère, 9083 livres de rente, dont 2366 comptant. Et par ce moyen le seigneur comte de Noailles et la dame son épouse sont demeurés seuls propriétaires des dites terres et seigneuries de Villemoisson et Sainte-Geneviève-des-Bois, et en cette qualité, le 29 juillet 1673, le comte de Noailles rend au roi l’aveu et dénombrement de ses seigneuries.

 

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