Les Villemoissonnais et l’Empire

 

 

 

         Louis Napoléon est tenté par l’aventure de son oncle Napoléon 1er, l’épopée napoléonienne est encore dans le cœur de beaucoup de Français. Ils l’ont plébiscité en décembre 1851.Ils ont espérés un avenir meilleurs ; d’autres, ceux qui croient en la République, se sont insurgés et sont réprimés dans le sang. Maintenant c’est la dictature, la guerre pour la grandeur, en Crimée, au Mexique. De grands travaux sont entrepris, se sont les affaires, mais le petit peuple peine toujours. La France impériale encore une fois va sombrer dans la guerre franco prussienne qui coûtera si cher à la population Française, à l’humiliation ; ainsi conduit souvent l’impérialisme.

 

         Suite au coup d’Etat du 2 décembre 1851. - Le 9 mai 1852. « Nous, Charles Etienne Latteux, maire de la commune de Villemoisson avons, en vertu de la circulaire de Mr. le préfet, réuni les membres du conseil municipal pour procéder à la prestation du serment prescrit par l'article 14 de la Constitution. A cette réunion sont présents MM. Antoine Vincent, adjoint, Honoré Dupré, Nicolas Savinien Gaudy, Paul Saint-Lot, Augustin Alain Damour. En présence des susnommés, nous avons lu la formule du serment ainsi conçus : « Je Jure obéissance à la constitution et fidélité au président ». Moi, Latteux, maire et Vincent, adjoint, avons immédiatement prêté le dit serment. Après quoi nous avons reçu individuellement de chacun des membres du conseil municipal le serment prescrit ».

Suite au coup d'Etat, l'expulsion de France des députés républicains, la publication de la Constitution, le président en question est Louis Napoléon : nous avons déjà un pied dans le second Empire.

 

         Etablissement de la municipalité impériale. - 20 novembre, le maire, par arrêté préfectoral, convoque les membres du conseil ayant pour but d'installer régulièrement le corps municipal. Il fait l'appel nominal des conseillers nouvellement nommés et chacun d'eux se lève pour prononcer le serment : « Je Jure obéissance à la Constitution et fidélité au président ». Savoir MM. Denis Latteux, Paul Saint-Lot, Vincent, Honoré Dupré, Charles Mouroux, Louis Mouroux, Sylvain Picot.

 

         Fêter l’Empire à bon compte. - Enfin, le 11 décembre, les municipalités du pays sont invitées à se réunir pour célébrer la proclamation de l'empereur par des distributions faites aux pauvres de la commune, selon le désir de sa majesté impériale. Les membres du conseil de Villemoisson et ceux du Bureau de Bienfaisance, également présents, arrêtent que 15 plus pauvres de la commune recevront en portions égales du pain, de la viande et du vin pour la somme de 26,50 francs, somme prise sur les ressources du Bureau de Bienfaisance. Mr. le maire propose ensuite d'associer tous les électeurs de la commune à la solennité de la proclamation de l'empire, en les réunissant tous en un banquet.

Les électeurs sont les plus fortunés, le désir de sa majesté ne lui coûte pas cher, tout cela bien entendu, est à la charge du contribuable pour la somme de 47,75 francs prise sur l'article « fête publique », non déductible des impôts.

 

         Le serment de fidélité, deux fois plutôt qu’une. - Le 20 février 1853. Une circulaire préfectorale invite les municipalités à prêter le serment prescrit par l'article 14 de la Constitution modifiée par le sénatus-consulte du 23 décembre dernier. Sont présents, Mrs : Denis Latteux, Paul Saint-Lot, Antoine Vincent, Louis Mouroux, Charles Mouroux, Sylvain Picot, Charles Etienne Latteux, Honoré Dupré. Absents : Mrs. Alexis Damour et Gaudy pour cause inconnue. Ces deux conseillers sont d’ailleurs absents depuis plusieurs séances, il semblerait que l'avènement de l'empire ne leur est pas réussit. Tous les membres du conseil municipal, en présence des susnommés, ont levé la main et prononcé la formule du serment : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur » - L’empereur à remplacé le Président - . Ensuite, ils ont reçu individuellement le serment de chacun.

         Afin de bien de graver par ce moyen l'image de l'Empereur dans l'esprit des enfants - 18 novembre 1854. Mr. le préfet ayant exprimé le désir que le buste de Sa Majesté l'Empereur soit placé dans l'école communale, « ce même jour, le conseil décide de s'associer à la pensée du préfet en reconnaissant qu'il est bien de graver par ce moyen l'image de l'Empereur dans l'esprit des enfants ». Il adopte à l'unanimité ce projet, et est d'avis qu'il sera prélevé au budget de 1854, à l'article « dépenses imprévues » la somme de 15 francs pour couvrir les frais de cet achat. Le conseil donne aussi avis au préfet que la commune a déjà souscrit pour l'achat d'un buste semblable à placer dans le local de la mairie.

 

Procès-verbal de la délibération concernant la présence du buste de Napoléon III dans l’école.

 

 

         Un acte de servilité qui valut des tableaux - 22 mars 1856. La municipalité se réunit sous la présidence de Mr. Latteux, maire, en vertu d'une circulaire préfectorale, à l'occasion de la naissance du prince impériale. Le conseil arrête à l'unanimité le projet d'adresse suivant :

« Sire, le conseil municipal de Villemoisson est heureux de s'associer aux voeux et aux félicitations unanimes qui vous sont adressées de toutes parts sur le bonheur dont vous jouissez et comme père par la naissance d'un fils, et comme souverain d'une grande nation par la naissance d'un héritier qui continuera sur la France le règne glorieux de votre majesté. C'est ce que désirent, sire, vos fidèles sujets, les membres du conseil municipal de Villemoisson ».

L’avenir très prochain se chargea de donner un tragique démenti à ce servile pronostique, mais ces compliments valent tout de même à notre paroisse la donation d'un « Chemin de la Croix » qui orne toujours les murs de l'église. Don, dont n’est pas précisé qui la payé.

Le dimanche des Rameaux, 25 mars 1866, est célébré l’anniversaire par l'abbé Gauthier, curé de Savigny, du don impérial du « Chemin de la Croix » et de ses tableaux.

 

         L’affaire des armes et les détails intéressants à découvrir - Suite aux mouvements subversifs comme en 1830, 1848, 1852, les gardes nationales ont été dissoutes, l’Empire pour se prévenir à de telles nouvelles manifestations cherche à désarmer les populations.

16 novembre 1856. Le conseil. Vu une réclamation des autorités supérieures s'élevant à 273,70 francs pour réparation de 16 fusils, 2 pistolets et 14 sabres réintégrés dans les magasins de l'Etat par la commune de Villemoisson. Considérant que les armes confiées par ledit Etat aux gardes nationaux de Villemoisson ont été tenus constamment en bon état ; il n'en pouvait être autrement puisque plusieurs fois chaque année il y avait des revues d'armement et des vérifications d'armes. Elles ont été rendues en bon état aussitôt que l'ordre de dépôt à la mairie est arrivé. Mais entre ce dépôt et l'enlèvement des armes, il s'est écoulé plusieurs mois pendant lesquels les armes ont pu se rouiller, car la mairie ou ces armes étaient déposées à l'inconvénient d'être humide. De plus ces armes avant d'arriver à l'arsenal de l'Etat ont subies plusieurs chargements et déchargements qui les ont plus ou moins détériorées.

La commune ne peut être responsable des détériorations que les armes ont subies par suite de leur dépôt et de leur abandon à la mairie, puisqu'elle obéissait à l'autorité supérieure. Elle ne peut être non plus responsable des dégradations que les armes peuvent avoir éprouvées par suite de leurs divers transports pour arriver aux arsenaux.

Outre les fusils confiés par l'Etat aux communes en 1830 et 1831, plusieurs gardes nationaux de Villemoisson avaient des armes leur appartenant et qu'ils ont également rendues en bon état. Par une circulaire du 1er octobre 1830, Mr. Aubernon, préfet de Seine-et-Oise, invitait les communes et les particuliers aisés à se pourvoir d'armes à leurs frais. Plusieurs habitants de Villemoisson se sont conformés à cette invitation et ont acheté des fusils, et il semble que l'Etat, en s'emparant de ces armes, devrait indemniser les propriétaires.

D'autres particuliers ont également rendu des armes dont ils étaient en possession depuis de longues années. Lors des désastres de 1814 et de 1815, plusieurs soldats ont abandonnés leurs armes ; on en a trouvé dans la rivière, dans la forêt, on en a trouvé partout. Ceux qui ont ramassés ces armes les ont gardées chez eux. Le temps, l'usage et le non usage les ont sans doute beaucoup détériorées; mais ceux qui les avaient les ont rendues à la première réquisition dans l'état qu'elles se trouvaient. Un habitant déclare avoir rendu un pistolet qui n'avait pas de chien : il l'avait trouvé tel il y a plus de 40 ans. Plusieurs ont rendu des sabres qui venaient des anciens soldats de la République que l'on congédiait alors avec leur équipement.

Par ces motifs le conseil remercie Mr. le préfet des efforts qu'il a faits pour obtenir un dégrèvement, et le prie instamment de redoubler de persévérance pour avoir la remise entière de la somme réclamée à la commune de Villemoisson, une des moindres du département.

 

         Cette épître n’est pas particulière à Villemoisson. - 19 janvier 1858. A l'occasion de 1'attentat du 14 courant contre l'Empereur, la municipalité formule cette adresse :

« A l’Empereur. Sire, c'est avec la plus vive douleur que nous avons appris l'horrible attentat commis le jeudi 14 janvier contre votre personne. Nous partageons l'indignation générale de la France et du monde entier contre les misérables qui ne reculent pas devant l’assassinat et le sacrifice de nombreuses victimes pour assouvir leurs passions haineuses. Mais la providence veillait sur les jours précieux de l'Empereur, et nous lui devons d'ardentes actions de grâces d'avoir encore une fois préservé le souverain qui a donné la sécurité, la gloire et la prospérité à notre Patrie, et sur la tête duquel repose la tranquillité de l'Europe et de toute la société toute entière. Le conseil municipal de Villemoisson prie Mr. le préfet d'être l’interprète de ses sentiments auprès de l'Empereur ».

 

         Les biens faits de l’impératrice toujours aux frais du contribuable. - 22 juin 1862. Il est donné lecture du rapport fait à sa Majesté l'impératrice par son excellence le ministre de l'agriculture au sujet de la « Société du Prince Impérial », ayant trait auprès de l'enfance au travail. Après avoir délibéré, le conseil, considérant que la commune n'a aucune ressource disponible, exprime le regret de ne pouvoir présentement rien voter pour la « Société » en question.

 

         De Charles Etienne Latteux à Charles Eugène Lasson - Déjà maire depuis 1850, le 12 août 1855, Charles Etienne Latteux, est de nouveau maire par arrêté préfectoral de 16 juin. Il est fait l'appel nominal des conseillers nouvellement nommés et chacun d'eux s'est levé et prononcé le serment. Soit : Charles Mouroux, Louis Mouroux, Charles Latteux, Denis Latteux, Paul Saint-Lot, Stanislas Daragon, Dupré Honoré, Dupré Théodore, Sylvain Picot, Mary Saffroy.

Le 17 octobre 1860. Charles Latteux est encore renouvelé dans sa fonction par arrêté préfectoral. Il déclare que la raison de la réunion du conseil est l'installation régulière du corps municipal. Après la formalité du serment, le nouveau est constitué ainsi : MM. Charles Mouroux, Louis Mouroux, Marie Saffroy, Silvain Picot, Jean Abraham Stoky, Quentin Mouton, Pierre Auguste Danne, Adolphe Diard, Prançois Baptiste Boéte. Diard étant adjoint au maire.

Le 20 août 1865, les membres du nouveau conseil sont : Charles Mouroux, Louis Mouroux, Pierre Auguste Danne, Sylvain Picot, Adolphe Diard, Louis Joseph Boudineau, François Baptiste Boëte, Eugéne Antoine Dautier. Paul Saint-Lot a donné sa démission et ne s'est pas présenté à la séance.

Le 21 septembre, par arrêté préfectoral, Charles Latteux est de nouveau nommé maire et le 12 décembre, toujours par arrêté préfectoral, Charles Nicolas Mouroux est désigné pour adjoint.

Le 7 mars 1869 : installation régulière de trois conseillers municipaux : Eugène Lasson, Jean André Vazille, Théodore Dupré.

25 avril 1869. Mr. Eugène Lasson, par arrêté préfectoral, est nommé maire en remplacement de Charles Etienne Latteux ; le 20 juin, réunion du conseil pour l’installation de Mr. Philippe Théodore Dupré, nommé adjoint par arrêté préfectoral.

 

Eugène Lasson

 

Le 22 mai 1870, le conseil municipal de la commune de Villemoisson, se compose de : Lasson maire, Théodore Dupré, Eugène Dauthier, Baptiste Boëte, Danne, Vazille, Boudineau; assistés, conformément à l’article 42 de la loi du 18 juillet 1837, des plus forts contribuables : Denis Dauthier, Paul Saint-Lot, Charbonné. Renault, Vincent Treyvaud, Charles Latteux, Paul Mouroux, Caillette, Mouton.

Le 27 août 1870, nouvelle municipalité : Eugène Lasson est toujours maire, les conseillers nouvellement nommés sont : César Auguste Charbonné, Jean André Vazille, Théodore Dupré, Joseph Boudineau, Eugène Dauthier, Naudet, Louis Alfred Hénault, Charles Joseph Girard, Jules. Demessant.

 

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