Le
château de Villemoisson

C’est
davantage l’histoire des châtelains de Villemoisson, plutôt que celle des
seigneurs qui n’ont jamais habité le château. Dès la fin du Moyen-âge, ceux-ci,
« seigneurs d’autres lieux » n’habitaient plus Villemoisson. La
seigneurie reléguée au rôle d’arrière-fief était confiée à un régisseur, gérant
où métayer qui devait des compte, ayant moyenne et basse justice. Au début
ceux-ci demeuraient au manoir seigneurial de l’ancien « fief du
Sauvage ». Toutefois le seigneur de Villemoisson remplissait ses devoirs
de vassalité à son suzerain immédiat.
11 juillet 1506, Aveu
et dénombrement rendu à Marguerite Fournier, veuve de Michel Champront, dame du
Mée-les-Melun, par Jacques Fourquault, de la terre et seigneurie de
Villemoisson-sur-Orge, soit un
hôtel et manoir seigneurial, grange, étables, bergeries, cour close de murs et
grand jardin. Contenant 6 arpents.
24 décembre 1509,
Henri Barbeau, pour la même raison, déclarait un hôtel et manoir seigneurial,
grange, étables, bergeries, cour et jardin, le tout clos de murs contenant 6
arpents.
Le
25 octobre 1536 Laurette Fourquaut, veuve de Henri Barbeau et Claude Barbeau
son fils aîné font allégeance à Catherine de Champrond, veuve de messire
Lambert Mesgret (Maigret), dame du Mée-les-Melun, d’un hôtel et manoir
seigneurial, cour, granges, étables, bergeries, jardin, etc. De plusieurs
masures et jardins au-dessous du dit manoir seigneurial sur la rue du dit lieu
au moulin (rue Saint-Laurent), tenant à maître Etienne Destas et à la rue de
l'église de Villemoisson à Morsang ; d’un moulin, du fief de la Motte de
Savigny, d’un fief enclavé dans la justice de Villemoisson consistant en
maison, grange, étables, cour, jardins, terres, prés. (L’actuel
« Collège »)
Nous
allons voir que ce Destas est le régisseur.
15 décembre 1541. - Foy et hommage portant aveu et dénombrement rendu par Estienne Destas,
avocat au Parlement, et Nicole Turquan sa femme, fille et héritière de feu
Jehan Turquan (Le Collège), à Claude Barbeau, seigneur de Villemoisson. Pour
raison d'un fief consistant en : « Une maison, grange, estable, cour,
jardins derrière le lieu. Tenant d'une part au chemin qui tend de l'église au
carrefour où est le carcan où poteau de la justice (actuelle rue de l’Eglise),
d'autre part à un autre chemin descendant au moulin de Villemoisson à la
rivière d'Orge; d'un bout à la rue du dit carrefour, d'autre bout derrière
l'église à un jardin où terre vulgairement appelé les Ouches ». Le fief en
question correspond à l’emplacement du château actuel, mais il est question
encore d’une ferme.
Le
18 décembre 1596, sous Henri IV. La seigneurie de Villemoisson échoue à la mort
de René Barbeau à sa fille Madeleine, mariée à Louis de la Ferté, qui ne
conserve que fort peu de temps l'héritage de son père. Jehan de la Fosse,
seigneur de Varennes, est acquéreur de Villemoisson, lequel déclare :
« Un hostel et manoir seigneurial couvert de tuiles clos de hautes
murailles, cours, jardins, clos autres dépendances, contenant le tout 7
arpents. Tenant d’une part par bas à la rue tendant du dit Villemoisson à
Morsan, d’autre part par haut aux vignes dépendantes du dit manoir sur le
chemin tendant à Fleury ». (Rue du Repos). Le clos ou est la maison
seigneuriale, contenant, avec le pourpris, 7 arpents où environ, dont 2 arpents
de vignes, un plan d’arbres fruitiers, cerisaie, jardin potager, petite cour
tenant au corps d’hôtel. Un clos de vignes contenant 3 arpents, tenant d’une
part au chemin tendant de la dite maison à Fleury, d’un bout par bas au
cimetière (la petite place devant l’église)
En
1598, le fief d’Etienne Destas est la propriété de la famille Odouart.
Françoise de Caseneuve, veuve de Georges Odoart et Charles de Marillac au nom
et comme tuteur de Jacques Odoart, fils mineur de défunt Jean Odoart et
Marguerite Gueldrop sa femme, à présent femme du dit sieur de Marillac, rendent
chacun par moitié aveu et dénombrement à Jehan de la Fosse du fief par indivis.
Ces aveux ont pour conséquence un blâme qui sera suivi d’une saisie le 23 août.
Les raisons sont nombreuses, comme par exemple la prétention au pressoir banal.
« Le droit de pêche depuis les deux planches servant de passage tenant à
l’ozeraye et à la maison de la dite Destas en tirant contre mont jusqu’à la
planche de Poully, et non la longueur d’un trait d’arc »,
Le
4 novembre 1609, Pierre Beauxamy, procureur en la Cour du Parlement de Paris,
sieur de Saint-Perrany rend aveu à Jean de la Fosse, conseiller du roi,
surintendant et commissaire général des Camps, armée et munitions des magasins
de France, du fief par échange fait avec Jacques Odouart et Françoise Cazeneuve
Le
17 octobre 1626 Jacques Cholet
(1), encore un avocat au Parlement, par sa femme Claude Beauxamy, hérite du
fief ayant appartenu auparavant aux Odouart, Destas et en rend hommage de
vassalité à Louise Rochon, veuve de Jean de la Fosse, dame de Villemoisson.
(1)
D’une famille de chevalerie très ancienne (1148) ayant fondé la ville de Chollet
(M et L). Les Chollet portaient : d’argent au chevron d’azur chargé sur le
chef d’une étoile d’or accompagnée de trois hures de sanglier de sable, deux en
chef et une en pointe, au chef d’azur chargé d’une levrette d’argent colletée
de sable. Cimier : une levrette en demi corps.

Archives départementales de l’Essonne
En
1598, il était déclaré : « Une maison consistant en maison, estable,
grange, pressoir, cour et jardin derrière » ; en 1609 :
« Une maison consistante en chambres basses, hautes et greniers dessus,
estables, bergerie, grange, colombier à pied, cour et jardin derrière » En
1627, une : « maison du principal manoir du dit fief, consistant en
chambres basses, salles, four, fournil, chambres hautes, estables, bergerie, grange,
colombier et autres bâtiments ou étoit anciennement un pressoir, cour, clos
derrière, partie en jardin et partie en arbres fruitiers; un autre petit jardin
derrière, grange, le tout clos de muraille. Tenant d’une part au chemin qui
tend de l’église du dit lieu au carrefour ou étoit le carcan ou poteau de la
justice du dit lieu (rue de l’Eglise), d’autre part à un autre chemin
descendant du moulin du dit lieu à la rivière d’Orge (rue Saint-Laurent); d’un
bout à la rue du dit carrefour, et d’autre bout vers l’église à un jardin ou
terre vulgairement appelée les Ouches ».
Ici
il très intéressant de noter : la ferme s’est transformée en château.
D’autre
part, le 26 juillet, un nommé Hervieux est fermier de la terre et seigneurie de
Villemoisson. Le vieux manoir ancestral est converti en ferme seigneuriale.
20 mars 1671. - Foi
et hommage est rendu par Lucien Boizart au duc de Noailles, seigneur de
Villemoisson. « Pour raison du fief qu’il a en l’étendue de la terre de
Villemoisson, a lui appartenant au moyen de l’acquisition qu’il en a faite de
messire François Joubert par contrat le 15 du présent mois.
8 août 1671. -
Blâme donné par le seigneur de Villemoisson, à Lucien Boizart et Marguerite
Gelée son épouse, contre l’aveu et dénombrement par eux rendu au seigneur de
Noailles le 21 juillet 1671. Raison principale, Boizart ne peu se qualifier de
seigneur en partie de Villemoisson.
En
conséquence, le 2 novembre 1677, Boizart,
avocat au Parlement, comme ses prédécessers, sieur de Launay et de Beaumont et
Marguerite Gelée son épouse, demeurant à Paris, rue Saint-Victor, paroisse
Saint-Nicolas du Chardonnet, font foi et hommage à Anne duc de Noailles, pair
de France, chevalier, commandeur des ordres du roi, premier capitaine des
gardes du corps de Sa majesté, capitaine et gouverneur général pour sa dite
Majesté de la ville et citadelle de Perpignan, seigneur de
Sainte-Geneviève-des-Bois, Villemoisson, le Perray et autres lieux, du fief,
terre et seigneurie de Beaumont. Fief acquis de François Joubert, secrétaire
ordinaire de la reine, le 15 mars 1670. Il est déclaré une « maison noble
et principal manoir du dit fief , consistant en chambre basse, salle et
fournil, chambres haultes et grenier au-dessus; écurie, vacheries, bergerie,
grange à colombier, pressoir, cour et clos derrière, partie en jardin et
parterre et plan d’arbres fruitiers. Au milieu duquel parterre il y a fontaine
jaillissante.
24 septembre 1717. –Acte d’aveu et dénombrement
rendu par Louis Prozelle, auditeur des Comptes à Jean Emmanuel, marquis de
Noailles, seigneur de Sainte-Geneviève-des-Bois et Villemoisson, pour raison du
fief de Beaumont. M. Prozelle est en plus
propriétaire d’un tiers de la seigneurie du Perray. (Partie du Perray où se
trouve aujourd’hui l’asile de Vaucluse).
17
juin 1768. – Madame Marie Hélène Moreau
de Séchelles, veuve de René Hérault, chevalier, seigneur de Fontaine
Labbé, Vaucresson et autres lieux, conseiller d'Etat et d'honneur au Grand
Conseil, surintendant de Paris. Demeurant en son hôtel rue Basse du Rempart,
paroisse de la Madeleine, dame du fief et seigneurie de Beaumont à
Villemoisson, anciennement appelé le fief de la Choltière et plus anciennement
du Sauvage, d’une part.
Monsieur
Bertier de Sauvigny, conseiller d’Etat, intendant de justice, police et
finances de la généralité de Paris et madame Louise Bernarde Durey
d’Harnoncourt son épouse, seigneurs dominant du fief de Beaumont, demeurant à
Paris en leur hôtel rue de Vendôme au Marais, paroisse Saint-Nicolas des
Champs, d’autre part.
Suit
un rappel des propriétaires antérieur du fief :
-
Madame Hérault, ayant acquis le domaine de Claude Humbert Piarron de
Chamousset, chevalier, conseiller du roy, maître ordinaire de sa Chambre des
Comptes, en présence de messire Anne Simon Piarron de Chamousset, son frère,
chevalier, conseiller du roi en le dit conseil, maître des requêtes ordinaires
de son hôtel, qui s'est obligé solidairement à la garantie de la dite vente le
15 mai 1751. Ensaisinée alors par M. Durey d’Harnoncourt, père de madame de
Sauvigny.
-
Lequel Chamousset, a acquis le fief de Beaumont, après avoir payé toutes
hypothèques, de Louis Prozelle, écuyer, conseiller du roi, auditeur honoraire
en la chambre des comptes de Paris, et dame Elisabeth Brigitte Michelin son
épouse, le 29 août 1748.
Tous
lesdits biens lui ayant été délaissés par Louis Prozelle son père, pour son
contrat de mariage avec dame Michelin le 18 novembre 1706. Le 9 janvier 1708,
M. Prozelle, en sa qualité de seigneur de Beaumont, à droit de pain béni après
le seigneur haut justicier par préférence à tous autres permission accordée par
l'archevêque Paris. Les curé, marguilliers et habitants de la paroisse de
Villemoisson lui accordent de faire agrandir le banc qu'il a dans l'église de
la paroisse.
-
Auquel, M. Prozelle père, le fief de Beaumont lui appartient au moyen de la
vente que lui est faite par les créanciers de Lucien Boizard, le 29 septembre
1685.
-
Au sieur et dame Boizard le domaine appartient de l’acquisition qu’ils en ont
faite de François Joubert, le 15 septembre 1670. Il rend hommages au seigneur
de Villemoisson, comme seigneurs dominant, du fief de Beaumont, anciennement
appelé fief de la Choltière et plus anciennement du Sauvage.
-
Un aveu et dénombrement dudit arrière fief est rendu par Marie Destas, veuve de
Jean Odoart au profit de René Barbeau, seigneur de Villemoisson le 16 août
1564.
Enfin
un autre hommage a été rendu par Etienne Destas à Claude Barbeau, lors seigneur
de Villemoisson le 15 décembre 1541.
Les
choses étant en cet état, madame Hérault rend son aveu et dénombrement du fief
de Beaumont :
« Un
hôtel seigneurial et principal manoir consistant dans des bâtiments. En un
grand corps de logis de dix croisées de face en son rez-de-chaussée, avec
chapelle dans ledit hôtel seigneurial. Un premier étage et un second étage en
mansarde. Un autre petit corps de logis attenant de cinq croisées de face
composé de cuisine, office, salle à manger et logement de domestique ; Une
grande cour où sont les bûchers, logement de jardinier, remises, granges,
serres et grenier au-dessus. Le tout couvert de tuiles et quelques parties en
ardoise.

Dessin de Champin (1843)
« Et
jardin en face de ladite cour et maison seigneuriale, consistant en parterre,
« boullaingrains », allées plantées d’ormes en terrasse et potager
au-dessous avec fontaine d’eau jaillissante ayant une conduite en plomb qui
donne de l’eau dans le principal manoir. A côté et au-dessus desquels jardin et
potager est le parc de l’hôtel seigneurial. On communique par une double rampe
d’escalier en voûte traversant la rue (de l’Eglise) qui sépare le parc d’avec
le jardin. Lequel parc a deux entrées, l’une à porte cochère donnant dans le
village, l’autre par une grille de fer à l’extrémité du parc du côté de Morsang
(sur le coude actuel de la rue du Repos). Le tout entièrement fermé de murs
« Une
maison servant de logement au concierge et supplément de basse-cour, appliquée
en cuisine, chambres, greniers, remises, poulailler et cour. Le tout fermé de
murs avec porte cochère. Située sur le carrefour, tenant au parc, sur la ruelle
conduisant du village au cimetière.

La porte cochère
« Une
autre maison composée appliquée en écuries, étables, toits à porcs et autres.
Cour devant où est un colombier à pied ; clos et jardin derrière partie en
ozerayes au bas desquels est un petit canal servant d’abreuvoir, et l’autre en
potager aboutissant sur la rivière.
« L’enclos
de la ferme du fief de Beaumont, consistant en une cour où sont les bâtiments
logement du fermier, appliqués en cuisine, chambres et greniers ; granges,
écurie, bergeries, étables, toits à porcs, poulaillers, hangars, remise et
autres bâtiments couverts en tuiles. Jardin et clos de ladite ferme fermés de
murs. Située sur la grande rue du village. (L’impasse de l’avenue donnant sur
l’avenue Guy Mocquet)
« Un
parc clos de murs, planté en bois, appelé la Choltière ou la Garenne, situé au
Franchises ».
Diverses
maisons dans le village, dont celle de Catherine Bouillon, veuve de Louis
Nicolas Mallet, procureur au Châtelet de Paris, demeurant rue de Grenelle
Saint-Honoré, paroisse Saint-Eustache, appelée Le Collège.
Droit
d’avoir dans les bâtiments de son fief un pressoir « pour pressurer, sans
pouvoir pressurer aucuns marcs des vins que les habitants vassaux et
censitaires ».
Droits
de pêche dans une partie de la rivière, « à prendre depuis l’encoignure du
clos d’osier et en remontant vers le Breuil jusque vis à vis d’un petit bois
taillis appelé l’aulnette à Carré ».
Permission
de mettre un banc fermé dans la chapelle de l’église paroissiale qui est à
droite de la nef (à droite en entrant dans le chœur de l’église).
Droits :
« de moyenne et basse justice, profits et amendes jusqu’à 3 livres 15 sols
suivant la coutume de Paris, lods et ventes en cas de mutations des biens à
raison du douzième denier ; de nommer et instituer les officiers
nécessaire pour l’exercice comme prévôt, procureur fiscal et sergent. Les
appellations de toutes sentences du prévôt de Beaumont, tant civil que criminel
doivent être relevées par appel devant le bailli de Villemoisson à cause de la
haute justice que détient le seigneur du lieu. Droit d’avoir auditions et
prisons au rez-de-chaussée et geôlier.

Plan cadastral napoléonien. – 1. Château de Villemoisson. – 2. Logement du concierge. – 3. Le pigeonnier. – 4. La ferme du château. – 5 L’ancien manoir seigneurial, devenu la ferme seigneuriale.
18
décembre 1770, vente du fief de Beaumont à François Marie Gayot, conseiller
d'Etat, intendant des armées de Sa Majesté, demeurant à Paris, rue de la
Louvière, paroisse Saint-Roch. C’est-à-dire : « Une maison formant
l'hôtel seigneurial et le principal manoir, consistant en un grand corps de
logis de dix croisées de face sur le parterre de la dite maison composée d'un
rez-de-chaussée et de deux étages au-dessus, et plusieurs autres bâtiments
adossés au principal manoir en prolongation le long de la cour d'entrée. Depuis
la grille, cinq remises, et dans la dite cour un autre bâtiment neuf contenant
étables à vaches, toits à porcs, écuries de 16 chevaux de front, grand grenier
au-dessus, et trois chambres de domestiques.
« Une
maison séparée par la rue du village (rue de l’Eglise), adossée au parc pour le
logement du concierge, dans laquelle il a été construit depuis douze ans un
grand bâtiment couvert de tuiles, de 50 pieds de longueur, divisé le
rez-de-chaussée en trois grandes remises, et une écurie de huit chevaux, avec
un grenier au-dessus arrêté dans toutes la longueur.
« Jardins,
parterres, allées en terrasse, au-dessus, plantées en trois rangées d'ormes,
bassin et fontaine d'eau jaillissante dont la conduite est en plomb avec des
distributions dans le principal manoir.
« Un
parc contigu à l'allée en terrasse de plus de 14 arpents planté en bois bordé
de charmilles et d'ormes avec bosquets, aussi clos de murs. Un potager séparé
de celui de l'intérieur, clos de murs. Un petit potager appelé « le Jardin
des Eaux », dans lequel est le réservoir de la source qui communique dans
la maison, contenant un tiers d'arpent ».


Il
faut savoir de l’acquisition de la propriété que madame Hérault a faite de M.
Chamousset, le fief de Beaumont est composé des deux tiers, et de l’autre
tiers, de la seigneurie du Perray qu’elle a vendu le 12 janvier 1770 (La partie
actuelle de l’asile de Vaucluse) à Mr. François Michel Marchant, écuyer, et à
dame Marie Victoire Sauvin son épouse. Aussi par cette vente à François Marie
Gayot, Madame Hérault émet exception sur la partie du Perray qu’elle a vendue.
Il
est précisé en outre qu'il n'y a aucun pressoir dans les bâtiments et lieux
réservés à la dite dame Hérault, qu’elle y a renoncé de le faire construire
afin que M. Marchant puisse jouir seul du droit de pressoir cédé par ledit
contrat.
Madame
Hérault sera maître de la pièce de terre labourable derrière le clos de sa
ferme (av. Guy Mocquet), de descendre dans les voûtes et conduits qui
aboutissent au réservoir des eaux de sa maison, pour en faire faire
l’entretient ; ce qui ne pourra néanmoins jamais être fait qu'après le
temps de la moisson. (Il s’agit du réservoir situé au bout de l’allée de la grotte)
Dans
la présente vente, M. Gayot accepte tous les meubles, glaces, trumeaux,
batterie de cuisine, ustensiles de jardin, vases et ornements de chapelle, et
autres meubles et effets, mobilier qui sont dans les bâtiments, desquels est
dressé un état contenant 19 rôles.
3
mai 1776. Projet d’aveu à rendre à Mr. le président Fraguier, seigneur de
Mée-les-Melun, par Mr. Bertier intendant de la généralité de Paris, de sa terre
et seigneurie de Villemoisson-sur-Orge. Nous relevons :
- (L’ancien)
manoir principal ou ferme seigneuriale où sont l’auditoire et les prisons,
baillé à cens et rente au baron de Surbeck (propriétaire de château de Morsan)
pour son garde, à François Robine et Jean-Baptiste Dautier pour fermage. Le
fief de Beaumont est divisé entre deux propriétaires qui sont Mr. le Bailly de
Crussol et Mr. Sénéchal.
-
La petite maison où loge le concierge qui sert de supplément de basse-cour,
avec cuisine, chambres, greniers, remises, poulaillers et cour. Le tout clos de
murs, assise sur le carrefour de Villemoisson.
-
Une maison, où il y a écurie, étable, toits à porcs couverts de tuiles, cour,
colombier, clos et jardin, petit canal servant d’abreuvoir, clos de murs de
trois côtés et le quatrième bordé par la rivière.
-
L’enclos de la ferme du dit fief de Beaumont, ou il y a cour, bâtiments et
logement du fermier, cuisine, chambres, greniers, grange, écurie, bergerie,
étable, toits à porcs, poulailler, hangars, remises et autres bâtiments
couverts de tuiles. Jardin et clos, le tout fermé de murs. (Sur l’avenue Guy
Mocquet, marqué par l’impasse de l’Avenue)
-
Un parc clos de murs de toutes parts, planté de bois, appelé la Garenne ou la
Choltière. Situé au chantier des Franchises.
-
Une petite maison de jardinier, composée de cuisine, chambre et grenier,
couverte de tuiles, cour, jardin, le tout clos de murs, sur la rue allant à
Morsang.
-
Une autre petite maison de jardinier composée de cuisine et grenier, couverte
de chaumes, cour et petit jardin sur le carrefour. (En face rue Ferrande)
Droit
de censive et rentes foncières et seigneuriales à prendre sur héritages situés
en l’étendue de son dit fief de Beaumont et dus par les vassaux et censitaires,
montant au total à 10 sols 3 deniers obole pite de cens payables le jour
Saint-Rémy, 1er octobre, 12 poulets en nature de surcens et 98
livres de rentes foncières seigneuriales non rachetable, payables le jour
Saint-Martin d’hiver, 11 novembre, de chacun an et dues par les détenteurs
vassaux :
-
Par la veuve et hoirs Jacques Charpentier, vignerons à Villemoisson, sur une
petite maison, bâtiments, cour et jardin et de 3 arpents 20 perches de terre,
-
Par la veuve et hoirs Pierre Charpentier, vignerons à Villemoisson sur une
petite maison, composée de cuisine, grenier, étable et toit à porcs, couverts
de chaumes; cour commune et jardin.
-
Par Thomas Ruelle charretier à « Vilcouplé », sur une
maison composée d’une cuisine, chambre, grenier, étable, toit à porcs et
poulailler, couverts de chaumes, cour et jardin dans laquelle est une grange, et
sur une pièce de terre en luzerne
-
Par Pierre Latteux, meunier à cause de 2 arpents de terre
-
Par Pierre Garry, vigneron à Saulx-les-Chartreux, sur une maison composée d’une
cuisine.
-
Par Catherine Thérèse Bouillon, veuve de Mr. Louis Nicolas Mallet, procureur au
Châtelet de Paris, y demeurant, rue de Grenelle Saint-Honoré, paroisse
Saint-Eustache, à cause d’une maison anciennement appelée « Le Collège », composée d’une
cour, 3 chambres, greniers, grange, foulerie, laiterie, écurie, autre grange,
le tout couvert de chaumes, et jardin clos de murs en partie.
Sur
tous lesquels hôtel seigneurial, maisons et héritages ci-dessus déclarés et
contenus au dit aveu et dénombrement les propriétaires de fief de Beaumont ont
droit de moyenne et basse justice, profit et amendes jusqu’à 3 livres 15 sols,
suivant la coutume de Paris, lods et ventes en cas de mutation des biens
relevant du domaine à raison du douzième denier, et saisine quand le cas y
échoit suivant la coutume de Paris. Droit de nommer et instituer les officiers
nécessaires pour l’exercice, comme prévôt, procureur fiscal, greffier et
sergent. Les appellations des sentences du prévôt de Beaumont tant au civil
qu’au criminel, doivent être relevées par devant le sieur bailli de
Villemoisson à cause de la haute justice qui appartient au seigneur Bertier.
Mais en cas de matières criminelles dont les condamnations pourraient être à
peines afflictives, une amende excédante 3 livres 15 sols, le prévôt du fief de
Beaumont n’en peut connaître que jusqu’à la plainte.
Mars 1786. Dans
l’aveu et dénombrement de la seigneurie de Villemoisson, portant foi et hommage
porté par Bénigne Bertier de Sauvigny, nous trouvons :
L’ancien
manoir seigneurial appelé « l’ancien château qui compose à présent la
ferme seigneuriale, dans laquelle est la salle d’audience de la justice et la
prison, où loge le fermier de ladite seigneurie.
« L’entrée
du dit lieu ou ferme seigneuriale est par une porte cochère à deux battants,
petite porte sommière à côté, grande cour murée.
« A
main gauche, en entrant dans laquelle cour sont les logements du fermier
appliqués en une cuisine par bas où il y a four et cheminée, chambre au bout
d’icelle ou il y a aussi cheminée ; le tout planchéié. Chambres et
greniers au-dessus. Escalier en œuvre pour monter aux dites chambres et
greniers ; lequel escalier est en forme de pavillon, au-dessus duquel est
un volet à pigeon.
« Au
bout desquels bâtiments sont un bûcher et deux travées et ensuite, une vacherie
et une bergerie, le tout aussi planchéié et greniers dessus. Au bout de
laquelle bergerie est un petit bâtiment en appentis appliqué en trois toits à
porcs. En retour est la grange à bled de cinq travées compris l’aire; au bout
de la grange se trouvent deux travers de hangars;
« A
droite en entrant est un petit bâtiment où loge un des gardes de Morsan. Tous
les dits bâtiments couverts de tuiles. Laiterie voûtée sous le jardin, à côté
un petit caveau. Au bout et à côté de l’ancienl lieu seigneurial est le jardin
où clos d’icelui, fermé de murs, dans lequel sont plusieurs arbres fruitiers à
hautes tiges ».
Quant
au fief de Beaumont il est déclaré divisé en deux parties : l’une
appartenant au Bailly de Crussol, l’autre appartenant à M. Sénéchal qui est le
château de Villemoisson
Le
5 octobre 1791, Nicolas Pierre Sébastien Blandin, ancien régisseur général et
Alexandrine Lecourt, son épouse, achète le domaine à M. Sénéchal. Il achète
aussi à Jean Henri Moret de Peyre, demeurant
en son château de Baume, une petite maison faisant partie de la vente de
la terre de Vaucluse faite à M. de Peyre par Le Bailly de Crussol, le 23 avril 1791, bien que M.
Crussol tient de Michel Marchant de
Beaumont, comprenant une cour et un colombier. (voir plan).


Le 18 prairial, an
VIII, Alexandrine Lecourt, veuve de Sébastien Blandin, vend le château à Mme Marie Jeanne Denise Elisabeth
Rigoley d'Ogny, épouse divorcée de Bassompierre. Et le 28 juin 1806, Pierre
Nicolas, fils de Sébastien Blandin, qui n'habite plus la commune
avec les héritiers vendent aux enchères publiques
des terres qu'ils avaient conservées de l'héritage de son père, provenant du fief de
Beaumont.
Elisabeth
Rigoley d'Ogny, remariée avec le marquis de Bassompierre, veuve en 1806, légue en 1808 ses biens à ses quatre enfants.
Morte le 29 janvier 1810, les biens sont partagés, le 13 septembre 1813, entre Jean-Charles de Stanislas, marquis de Bassompierre,
marié à Claire Jeanne Rosaline Chantal de Villeneuve de Vance, qui hérite du
château ; Pauline, âgée de 38 ans, mariée à Eléonore de Sérignac et Amélie et
Marie.
Le dernier marquis de Bassompierre (maire de Villemoisson de 1821 à 1825)
meurt le 15 novembre 1837, laissant
deux filles. La marquise de Bassompierre tutrice légale de ses deux enfants,
Marie Chantal Henriette et Chantal Julie Placide, vend le 28 avril 1839, à l'audience des criées du tribunal civil de la Seine, le château de Villemoisson et ses dépendances à Charles Cossonet, propriétaire au Perray.


Le
23 juin 1839, Charles Cossonet et sa femme Geneviève Herson, aliènent une
partie de leur acquisition à M. Lisfranc de Saint-Martin, propriétaire du
« Collège » soit : « La pièce des Eaux » (lotissement dit du château
Gaillard, ancien parc du « Collège »), permettant ainsi le contrôle des conduits des eaux. L'autre
partie comprenant le château, le potager
devant la grille du château, tenant à la route de l'abreuvoir de Nicolas
Savinien Gaudry, à dame Geneviève Lasson, à Louis Lasson et son épouse Marie
Gaudry, demeurant à Paris, 79, rue du Faubourg Saint-Martin.


Louis
Lasson, fils de Jean, rentier et seul propriétaire du château, né à Paris le 28 octobre 1778,
meurt le 29 mai 1863, laissant comme héritier son fils
Eugène qui a été maire de la commune de 1870 à
1876,
il décède le 19 mai 1896. Son
petit-neveu, Louis vend la propriété à
Emile Bouton, né à Sétif en Algérie le 14
février 1868, maire de Villemoisson de 1925 jusqu'à sa mort le 8 octobre 1941.
Enfin sa veuve vend le domaine qui
devient une « maison de retraite », après avoir détruit le pavillon à
droite de l'entrée pour l'agrandir tout en
respectant sa facture originale.


