Le
destin d’un patrimoine communal.
Le
Vieux Logis
C’est une bévue d’écrire que
le « fief » de la Chapelle existait déjà au Moyen-Âge, dont le
« Collège » aurait été peut-être même un démembrement. Le mot fief,
domaine vassal, remonte aux premiers siècle de notre ère, mais il était
toujours pratiqué pour désigner un domaine d’influence, d’une autorité, encore
au XVIIIe siècle. Donc cela ne justifie pas parce que ce mot à une origine
moyenâgeuse pour qu’une possession, ou fief assujetti, soit d’une origine si
ancienne. Le mot fief tombé en désuétude pourrait d’ailleurs s’appliquer
aujourd’hui, avec imagination, à tous possesseurs fonciers, redevables de taxes
à la commune, à la région et à l’Etat ; nous retrouvons là l’ancienne
« pyramide » féodale.
Dans l’inventaire des fiefs
dépendants du comté de Montlhéry, XVIIIe s, (ADE), parmi les prévôts royaux de
Montlhéry, nous trouvons en 1317 Guillaume de la Chapelle ; mais nulles traces
de ce fief sont dans la déclaration des fiefs mouvants du « Chastel et
chastellenie de Mont-le-Héry » en 1352.
Villemoisson y est désigné
comme un « petit fief », ou « arrière-fief », appelé
« le fief et manoir du Sauvage ou des Sauvages », il ni a pas
d’autres fiefs de désignés, il est le seul.
D’argumenter que le manoir
primitif du fief de la Chapelle se trouvait en face de l'ancienne petite école
de 1832 (derrière la salle communale) avec certains vestiges comme par exemple
un vieux puits hypothétique et la tourelle se trouvant à l’angle du parc :
cela reste à prouver. Cette tourelle n’a aucun caractère moyenâgeux; sa base
carrée pourrait avoir été aménagée en porte de sortie vers des terres
cultivables.

Enfin en conclusion :
« il est curieux de constater que
le « fief de la Chapelle n'apparaît sur aucun aveu des seigneurs de
Villemoisson aussi loin que nous pouvons remonter et nous ignorons de qui il
dépendait ». C’est pourtant vrai, cela montre qu’il n’existait
certainement pas, son origine remonte seulement au XVIIe portant le nom de son
créateur : Christophe Joguet de la Chapelle. Les choses supposées peuvent
être parfois interprétées pour véridiques.
Le fief de la Chapelle
apparaît à Villemoisson pour la première fois dans une déclaration de
Christophe Joguet au duc de Noailles, seigneur du lieu, le 8 septembre 1671.
Soit :
1°) « Une maison et
lieux consistant en un pavillon dans lequel il y a deux chambres, cuisine,
salle, deux chambres hautes, grenier, cour. Le tout couvert de tuiles, grange,
écurie, vacherie, pressoir, volet à pigeons, poulailler, jardin et clos sur le
derrière planté d’arbres fruitiers, vignes et bois de futaye. Le tout contenant
en fond de terre 11 arpents ou environ. Tenant d’une part à la rue ou chemin
qui conduit du dit Villemoisson à la chaussée du Breuil ».

Avec cette
description, ce « pavillon » ne ressemble en rien au bâtiment
principal du Vieux Logis du XXe siècle.
2°) « Une petite maison
et lieux, proche et à l’opposite de celle cy-dessus, contenant deux espaces couverts
de chaume, chambre basse à feu, foulerie, cour. Tenant d’une part à la rue,
d’un bout au dit Joguet »
3°) Différentes terres et
vignes.
Près d’un siècle plus tard le
terrier de 1768 donne une nouvelle description de l’habitation et apporte
quelques précisions nouvelles.
Le propriétaire est le
« Sieur Nicolas Liger, directeur de la pourvoierie du roy (2), demeurant
ordinairement à Versailles à la pourvoierie du roy, paroisse Notre-Dame. …
Lequel a reconnu et confesse être détempteur, propriétaire, possesseur et tenir
en la censive de mon dit sieur et ma dite dame de Sauvigny … les biens
immeubles et héritages dont la déclaration ensuit : »
L’habitation.
« Une maison bourgeoise,
située sur la rue qui conduit dudit lieu au Breuil. Dont l’entrée est par une
porte cochère donnant sur la dite rue. Ladite porte entrant dans une avant cour
au bout de laquelle est le corps de bâtiment de ladite maison bourgeoise,
appliquée en cuisine, office, salle et autres appartements par bas, chambres à
cheminée et cabinets au-dessus. Le tout planchéié et greniers au-dessus,
couvert d’ardoise et tuiles. Dans ladite cour sont encore d’autres bâtiments
appliqués en une grange, écurie, remise, vacherie, toits à porcs, poulaillers
et greniers couverts en tuiles. Au bas de laquelle basse-cour est une autre
petite maison appliquée en cuisine et autre bâtiment servant de logement au
jardinier qui étoit anciennement séparé de ladite maison bourgeoise et qui a
été réunie et enclavée en icelle depuis longtemps. Lesdits derniers bâtiments
conservés partie en tuiles, partie en chaume ».
Nous ne sommes
plus devant le pavillon de 1671, mais devant un bâtiment pouvant ressembler à
celui que nous avons connu. Entre ces deux dates, sa construction.
Nous constatons un
« jardin et clos au bout et derrière lesdits bâtiments, plantés en arbres
fruitiers, avenue, charmille et bosquet de bois. Le tout clos de murs et
contenant en totalité 10 arpents 54 perches… ». C’est-à-dire le parc.

Sur cette photo extraite du plan d’intendance du XVIIIe siècle (ADE), exagérément agrandie pour la circonstance, nous distinguons : En bas à gauche, formant équerre, le Vieux Logis avec le logement du jardinier. Derrière, le parc. De g. à dr. Un verger, une dizaine de carrés potagers. Dessous un parc boisé avec des allées. Le long de l’actuelle Marcel Girard deux parterres gazonnés bordés peut-être de buis.
« Le tout, chargé de 26
sols 1 denier de cens et de 36 sols 3 deniers de rente foncière seigneuriale et
non racheptable. Savoir :
- 21 sols 9 deniers pour ladite
maison, clos et jardins, qui ne contenoient anciennement que 8 arpents 52
perches ou environ ;
- 4 deniers de cens pour
raison de 2 perches de terrain enclavés dans ledit jardin anciennement
concédées audit esfet par feu monsieur le duc de Noailles, lors seigneur dudit
Villemoisson en faveur de défunte demoiselle Jeanne Bellingier, veuve de sieur
Christophe Joguet, receveur des tailles en l’élection de Clamecy) le 22
septembre 1700,
- 2 sols 9 deniers obole pite
de cens à cause de ladite maison du jardinier, petite cour et jardin en
dépendant qui contiennent en totalité 1 quartier et demi de terrains en trois
quartiers de terre qui étoient contiguë, où il y avoit un puits. Le tout
enclavé dans la cour de ladite maison et jardin d’icelle ».
« Le défunt sieur Christophe
Joguet de la Chapelle avoit acquis pour faire lesdites réunions de Jacques
Taillefer et Vincent Taillefer son fils, le 7 janvier 1732. ...à cause de 3
quartiers et demi aussy de terrain enclavé dans le même jardin et clos.
Acquis de Blaise Brocq et
Etienne Brocq, frères, enfants et héritiers de défunt Etienne Brocq et Marie
Barbillon sa femme leurs père et mère, 3 quartiers et demi de terrain que ledit
sieur maréchal duc de Noailles avoit délaissé aux dits défunts Etienne Bocq et
Barbillon et sa femme, le 4 octobre 1689. »
« Déclare pareillement
être propriétaire et détempteur d’une vieille maison sise audit Villemoisson en
masure et mauvais état, consistant en salle par bas, bouge et autres
commodités, tenant d’un côté sur le chemin du Breuil. Laquelle maison ledit
sieur Liger, après avoir été vendue par le dit sieur et dame du Coudray et la
pièce de terre. Contre laquelle vente il entend se pourvoir pourquoy et ne pas
préjudicier à ses droits et actions ».
La suite du terrier détaille
les différentes terres extérieures à l’habitation principale. En 1774, le
domaine s’étend sur 14 arpents environ. Plus différentes pièces de terres tant
labourables que plantées en vignes et 22 arpents de bois taillis.
« Le sieur Liger
reconnoit tous lesdits biens cy-dessus au moyen de l’adjudication …comme plus
offrant et dernier enchérisseur desdits biens saisis réellement à la requête de
Michelle Fournillon, veuve de Pierre Coquentin fermière à Mory, paroisse de
Saint-Pierre de Perray près Corbeil, sur le sieur Joguet de Monville, marchand
amidonnier à Paris, le 3 juin 1761…
Ladite adjudication qui lui
avoit été faite de la nue propriété les fonds et superficie desdits biens à la
charge de l’usufruit d’iceux qui en appartenoient à dame Marie Chambre, épouse
de François Jean Touchain de la Justière, écuyer, seigneur du Coudray, qui esté
avant venue du sieur Christophe Joguet son premier mary… »
« Reconnoissant en outre
ledit sieur Liger que tous les biens et héritages cy-dessus déclarés sont
sujets à tous droits de haute moyenne et basse justice et de voierie en toute
l’étendue de ladite seigneurie de Villemoisson et les terres lorsqu’elles sont
en nature et rapport de vignes :
- au droit de pressurage des
marcs des vins qui se récoltent ;
- aux pressoirs banneaux
desdits seigneurs et du paiement du droit dudit pressurage à raison du
cinquième seau de vin qui en proviendront ;
- et de tous autres droits,
soit d’eschanges, devoirs, et autres tels qu’ils appartiennent et ont de temps
immémorial appartenus auxdits seigneur et dame de Villemoisson et leurs hoirs.
Le tout suivant et conformément à leurs titres de propriété, possession et
jouissance, qu’ils en ont de temps immémorial, et ainsi qu’ils sont contenus
aux aveux et dénombrements qui en sont rendus au seigneur dominant de ladite
seigneurie de Villemoisson ».

Christophe Joguet décède le
10 septembre 1684. Son fils Christophe lui succède. Le 24 septembre 1709, on relève le décès de Charlotte Tielmans, dame
de la Chapelle, épouse de Christophe Joguet, écuyer, sieur de la Chapelle,
contrôleur ordinaire des guerres, inhumé dans le choeur de l'église.
Le dernier Joguet sieur de
Montville, marchand amidonnier est marié à Marie Chambre qui à sa mort devient
son héritière, puis épouse François Jean Toussaint de la Justicière, écuyer,
sieur de Coudray. A la suite de la saisie faite à la requête de Michèle
Fournillon, veuve de Pierre Coquentin, les biens de Marie Chambre, hors
l'usufruit, sont adjugés à Nicolas Léger.
Cette saisie ayant été faite le 3 juin 1761,
l'usufruit sera éteinte par la mort de la dame du Coudray le 18 février
1769.
Lors de l'ensaisinement, le 3
mai 1763, d'Harnoncourt reconnaît les biens de Liger comme fief sous le nom de
La Chapelle. Le 16 août 1768, le sieur Liger déclare sa propriété au terrier.
C'est alors que les fermiers du domaine lui réclame les droits de franc-fief
(3). Liger se défend en prétendant que ce qu'il possède est en roture et non en
fief.
De là s'élève un différend.
Louis Jean Bertier de Sauvigny, a toutes les raisons de reconnaître les biens
de Liger en roture. Pour lui, en excluant la notion d'un fief de possession
noble, vassale de la « Tour de Montlhéry » représentant l'autorité
royale : il subordonne la propriété à sa seigneurie. L'affaire se poursuit
au moins jusqu’en 1773, et sa conclusion reste provisoire, imprécise et restera
en souffrance.

D’autre part, 22 arpents
« de bois taillis » n’ont pas été déclarés au terrier de 1768.
« Il s'agit donc de se livrer à la recherche et à l'examen de la
déclaration de 1671 et de tous les autres titres qu'on pourra recouvrer sur cet
objet. Mais tout ce qu'on vient d'observer ne s'applique qu'aux maisons, clos,
jardins, terres labourables et vignes, à l'égard des 22 arpents de bois compris
dans l'adjudication du sieur Liger, on ne voit pas qu'il en ait été fait
mention dans la reconnaissance de 1768, de manière que les choses sont entières
sur ce point relativement à la qualification de fief insérée dans
l'ensaisinement de monsieur d'Harnoncourt de 1763 ».
Par le décès de Nicolas
Léger, le 5 février 1774 à Versailles, le
domaine de la Chapelle, devient possession par héritage de ses deux
soeurs : Marie-Françoise épouse de Germain Pierre Duneuf, et Marie Louise
épouse de Julien Antoine Vallée, maître vinaigrier à Paris. Françoise Léger,
devenant seule propriétaire par la suite, cède le domaine à M. Blacque père le 6
mai 1774. Son fils et héritier,
Edme Jean Blaque, marié à Alexandrine Bégonal, s'en défait le 5 frimaire
an X (25 novembre 1802) et le vend à Denis Etienne Marie Moreau pour la
somme de 30 000 francs. La Révolution est passée, pour les villageois, le
« fief de la Chapelle » prend le nom de son nouveau propriétaire, le
« pavillon Blaque » qui restera en
usage jusqu'à la
guerre 14-18).
Le 10 septembre 1806, un certificat est délivré à Jean
Barthélemy Moreau, avocat à la Cour de
Cassation, à Denis Etienne Marie son frère, ancien capitaine
d'infanterie, à l'effet d'obtenir un port d'armes.
Jean Barthélemy Moreau, est
né en 1760, père quatre enfants avec un
revenu de 12 000 francs, il
hérite de son frère Denis Etienne Marie.
« Le dimanche 13 mai
1810, s'est présenté devant nous, adjoint au maire de la commune de
Villemoisson, M. Jean Barthélemy Moreau, avocat, propriétaire à Villemoisson.
Lequel nous a dit que par un arrêté du préfet de Seine-et-Oise en date du 2 mai
présent mois, il avoit été nommé pour remplir les fonctions de maire de
Villemoisson en remplacement du sieur Daragon décédé. Que par une lettre de Mr.
l'auditeur du conseil d'Etat, sous-préfet de l'arrondissement de Corbeil, il
avoit été invité à se rendre par-devant nous à l'effet de prêter entre nos
mains le serment prescrit par la loi du Sénatus Consul du 28 floréal an 12. Après
quoi nous avons fait lecture de la formule prescrite. M. Moreau a juré
obéissance aux constitutions de l'Empire et fidélité à l'Empereur. L'adjoint
Pierre Denis Latteux ».
Barthélemy Moreau, maire
opportuniste, sait faire agréer ses services sous l’empire et la Restauration,
il voit sa nomination confirmée par l'ordonnance royale du 19 mai 1816. Mais il
démissionne en novembre 1821.

Le 24 avril 1824, par
adjudication au tribunal civil de la Seine, Jeanne Edmée Bethery, veuve de Barthélemy
Moreau, vend à François André Maurey, avocat à la Cour d’appel de Paris le
« Pavillon Blacque » pour 34.100 francs. François Maurey, né en 1770 est marié à Marie Madeleine Jeanne
Godet dont il a une fille Sophie Madeleine, mariée à Augustin Alexis Damour,
attaché au ministère des Affaires étrangères.
« Le 23 juillet 1825, le
conseil municipal est convoqué extraordinairement en vertu de la lettre de Mr.
le sous-préfet de l'arrondissement de Corbeil, afin de recevoir le serment de
Mr. François André Maurey nommé aux fonctions de maire de la commune en
remplacement de Mr. le marquis de Bassompierre démissionnaire ».
En 1831, Maurey avance la
somme de 800,37 francs pour achever la construction de l’école de
« 1832 ». Dans la mesure ou ce complément ne serait pas obtenu, il ne
réclamera rien à la commune. L'église et le cimetière avaient besoin de
réparations. Les frais de réparations ayant excédé de 73,45 francs la somme
allouée, Mr. le maire, encore une fois, paie de sa poche cette plus value dont il
fait remise à la commune.
M. Maurey meurt le 17 janvier
1849, son gendre Alexis Damour vend la
propriété le 22 mai 1869 à M. et Mme Charbonné-Boutteville, pour la somme de 70 000 francs. A cette époque déjà
l’inflation foncière n’était pas une nouveauté.
3 septembre 1876, M. César
Charbonné est élu maire à la suite de la démission de M. Lasson et reconduit en
janvier 1878 et le 23 janvier 1881. Il décède le 19 mai 1883, et sa
veuve le 31 mai 1891, en l'étude d'Epinay-sur-Orge, vend ses propriétés de
Villemoisson qui comprenant le Pavillon Blacque d'une contenance de 39 700 m2, un pré dans la
prairie de Villemoisson, au lavoir des Franchises et trois autres pièces de
terre pour la somme de 83 000 francs à
Jean Christian Neyret, industriel, 6 avenue
de l'Opéra à Paris.
C’est encore un habitant du
Vieux Logis, M. Neyret, qui est maire de la commune Le 27 juin 1897. Il
démissionne pour raison de santé en juillet 1900 et meurt à Villemoisson à
quatre-vingt-quatre ans, le 18 juin 1911.
Son fils, Marie Léon Neyret,
vend le domaine à Mme la comtesse Pellerin de Latouche en 1920. C'est elle qui donnera le nom de
« Vieux Logis » au Pavillon Blacque. Ne pouvant suffire au train de maison
qu'exigeait la propriété, la nouvelle propriétaire s'en défait rapidement, et les
lotisseurs à qui elle la cède, font du parc du Vieux Logis un morcellement de ses massifs d'arbres, pour implanter des pavillons.
« Le 18 juin 1926 à l'assemblée
municipale, le maire donne connaissance du
plan et du cahier des charges du nouveau lotissement. Et le conseil
délibère de la façon suivante :
1°) Les eaux devront être
dirigées vers la rivière d'Orge. 2°) Une
voie de dégagement devra être prévue en face de la ruelle aux Fourneaux pour
aboutir à la rue de la forêt : l'actuelle rue de la Tourelle. 3°) Les routes projetées devront avoir 5,50 m et les trottoirs 1,50 m. Les
caniveaux devront être pavés ». Le logis lui-même et son enclos seraient
devenu, vers 1930, propriété de M. Albert Gaillet.

Extrait d’une photo IGN, le lotissement du Vieux Logis. Nous
reconnaissons la rue circulaire, du même nom, inscrite dans l’ancien parc. En
haut une ligne claire en trois sections sur presque toute la largeur de la
photo est le mur d’enceinte du parc subsistant. A droite, au retour du mur un
rond clair représente la tourelle. A gauche le manoir du Vieux Logis.
En 1928 Mme Dorothy Paget,
anglaise de Londres fait l’acquisition de la propriété de Verdière, rue
Ferrande, pour recueillir les russes qui ont quitté leur patrie au moment de la
Révolution d’octobre 1917. Ces réfugiés ont de nombreux enfants et la maison
Verdière est devenue insuffisante. N’ayant pas connaissance de la date le Vieux
Logis est acquis et devient ainsi l’annexe de La rue Ferrande. Là sont
hébergées les filles, tandis que les garçons sont logés au Vieux Logis. Enfin
en 1954, les locaux devenant vétustes faute d’entretien, en particulier celui
de la rue Ferrande, la colonie russe quitte Villemoisson pour Montgeron.
Selon des sources verbales,
le Vieux Logis est acheté par le Ministère de l’Intérieur, qui, par
l’intermédiaire d’une association, le gère en maison de retraite utilisée par
la préfecture de police. Des transformations intérieures importantes sont
faites pour son aménagement. Puis le Vieux Logis reste inoccupé, laissé à
l’abandon.

Le Vieux Logis est acheté par
la commune.
« Villemoisson-sur-Orge,
les infos de votre commune. Flash spécial du 16 avril 2003.
« Le Manoir du Vieux Logis : un atout pour la
commune. Ce bâtiment, acquis par la commune fin 2001, est en cours
d'étude de réhabilitation pour y aménager des salles destinées aux activités
associatives et culturelles.
« Que
s'est-il passé ? Hier, mardi 15 avril,
vers 16 heures, les pompiers ont été appelés pour lutter contre un incendie qui
s'est déclaré au Manoir du Vieux Logis. Grâce
à leur intervention rapide et massive, seuls le rez-de-chaussée et une partie
du 1er étage ont brûlé. La toiture n'a pas été atteinte.
« Quelle
est l'origine du sinistre ? Le sinistre a
débuté dans la véranda. On ne peut pas
croire qu'il soit accidentel puisque l'électricité est coupée dans le bâtiment. Très vraisemblablement, des intrus ont mis
le feu volontairement ou involontairement. La
mairie a porté plainte contre X et envisage de se constituer partie civile.
« Quelle
est l'importance des dégâts ? La véranda
est totalement détruite. La plupart
des vitres ont explosé à cause de la chaleur et le plancher du 1er
étage a été touché. Par ailleurs, tout
le bâtiment est détrempé.
« Quel
impact sur le contrat régional ? Grâce
aux pompiers, et par chance, le gros oeuvre n'est pas atteint, ce qui est
l'essentiel, puisque les huisseries, les revêtements intérieurs devaient être
complètement refaits. La ville a
déclaré le sinistre à son assureur pour obtenir un dédommagement dans le cadre
de sa police dommages aux biens. A priori, le sinistre ne remet en cause, ni le
projet de contrat régional, ni les délais de réalisation ».
« Pivo n°36 -
2003) ». Compris dans les travaux dans la commune, nous « avons
obtenu les subventions de la Région, du département et des subventions
exceptionnelles de parlementaires de l’Essonne ».
Selon « Pivo n°41,
janvier 2005. Orientation budgétaire. Programme pour la mise en œuvre des
grands chantiers d’équipements sportifs et associatifs : Le chantier du
manoir du Vieux Logis, soit 1.759.000 euros (subventionné à 62,5% HT), exigera
l’engagement du reste des crédits prévus ». (Soit 37,5% HT pour les
Villemoissonnais ?).
Un panneau dominant le
chantier de restauration du Vieux Logis signale finalement une somme de
2.036.212 euros dont 40% d’apport par la région.









Que reste-t-il de
« l’aspect original » d’un patrimoine de Villemoisson ? Peut-on
toujours l’appeler « Vieux » Logis ? La postérité pourra en
douter.
________________________________________
(1) ADE
(2)
« Sommier d'échanssonnerie du comte de
Provence, directeur de la pourvoirie du roi », selon une autre source).
(3) Franc-fief : En droit
féodal, taxe que devait payer un roturier acquérant un fief. – Fief dont le
détenteur n’était obligé qu’à des services réduits.