La tragédie du monument aux morts

 

 

 

            Suite à la guerre 1914-18, la France déplore 1.357.800 morts, sur 39 millions d’habitants, touchant ou presque toutes les communes du pays qui se couvre de monuments aux morts.

Le 9 novembre 1919, le conseil de la commune décide d’élever un monument aux Villemoissonnais morts pour la France. La dépense (2162 francs) en est acquittée en partie par souscriptions (934 francs) et partie par le Budget communal. L’administration, c’est dans une certaine logique des choses, n’est jamais pressée de régler les travaux qu’elles font faire, en conséquence, au moment de l’inauguration du monument, on retrouve le corps de l’entrepreneur Théophile Marit, marbrier à Epinay, dans le petit puits du cimetière. Cet entrepreneur, non encore payé pour les travaux qu'il a exécuté pour les communes voisines, sommé d'avoir à payer lui-même ses fournisseurs de pierre, le crédit n’étant pas encore généralisé dans la mode du temps, a préféré le suicide à l'obligation de solliciter un délai auprès de créanciers.

 

 

On a retrouvé le villemoissonnais porté disparu

         Officiellement, voir l’article intitulé la « Der des der », 17 villemoissonnais dont un disparu sont morts pour la Patrie. C’est le chiffre relevé sur le site « Mémoire des hommes », dont on ne peu davantage obtenir de renseignement en fournissant seulement le nom et le prénom d’une personne, si l’on ne connaît pas sa date de naissance, etc.

 

         Sur le monument ci-dessus nous relevons 17 noms

         La liste officielle est des 16 noms portés ci-dessous, moins celui du disparu.

1 Robert Avard

2. Léonce Charles Ambroise Bardon

3. Clément Baron,

4. Louis Bourgeois,

5. Auguste Briswalter,

6. Maurice Honorat Couvret,

7. Jules Augustin Victor Dauvergne,

8. Lucien Armand Jean Degraève,

9. Louis Henri Albert Gadois,

10. Emile Louis Guézard,

11. Louis Eugène Hénault,

12. Henri Emmanuel Alphonse Moinet,

13. Edouard Valentin Prévost,

14 Désiré Pierre Auguste Sarrus,

15. Louis Romain Vacheret,

16. Aimé Valette,

         « Dans Villemoisson en Hurepoix », Monsieur Victor Chaudun note, en plus des 16 noms ci-dessus, les deux noms qui suivent :

17 Louis Bardet (disparu)

18 Ernest Bonnefond (il ne donne aucune précision à son sujet)

         Bonnefond étant inscrit sur le monument, c’est donc Louis Bardet, le soldat porté disparu, raison pour laquelle il n’est pas gravé sur la pierre. En fait c’est un total de 18 villemoissonnais morts pour la Patrie.

         Louis Bardet à disparu, et parce qu’on n’a pas retrouvé son corps il n’a pas été porté dans les fichiers. Nous ne connaissons pas les causes de sa disparition qui sont multiples : enterré mort ou vivant sous une avalanche due au bombardement de l’artillerie ; prisonnier dont il n’a pas laissé de nouvelle, peut-être décédé là-bas, etc. ; ou bien, pour l’exemple comme ceux qui aujourd’hui on veut réhabiliter, ont été fusillés parce qu’ils se sont « mutinés », refusés de sortir des tranchés baïonnette au canon. Beaucoup savaient qu’ils partaient pour la boucherie, pour beaucoup sans retour et dont les résultats ont été souvent inutiles ou presque ; devant ces actions sans cesses répétées, devant une guerre sans fin dont ils ne voyaient pas d’issue finale, le moral au plus bas, ils ont craqués. La résistance humaine à des bornes, Louis Bardet quelque soit la cause de sa disparition doit avoir droit à la reconnaissance nationale.

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