La naissance du quartier

du bois de Villemoisson.

 

 

 

Au seuil du XXe siècle, les propriétaires de la forêt de Sainte-Geneviève, l’antique forêt de Séquigny, vendent aux spéculateurs un des fleurons forestier de l’Ile-de-France. C’est la règle irréversible, où l’urbanisation centrale émanant de la capitale, grignote inexorablement les campagnes pour satisfaire à l’expansion démographique et surtout à la concentration économique faisant appel à la main d’œuvre venant de tous les horizons.

 

 

Monsieur Achille Laurent achète à la Société des Meulières des Hauts-de-Seine, qui a déjà défiguré la forêt par ses trous d’extraction, une partie du bois de Villemoisson. L’autre partie, est le lieu-dit du « Fond de Calais », à partir de l’avenue d’Epinay et s’étendant sur Sainte-Geneviève, c’est l’ancienne propriété du marchand de sucre Henry Say, possesseur du château de Lormoy à Longpont.

Cette partie était connue par nos anciens sous le nom du bois du Perray ; beaucoup de cartes postales de l’époque proposent des vues du quartier de la gare à Sainte-Geneviève sous le titre du « bois du Perray ».

 

 

Monsieur Laurent a fait bâtir son « Castel d’Orgeval » et met en lotissement le Bois de Villemoisson. Tout est organisé pour orienter les éventuels acheteurs à partir de la gare d’Epinay.

 

Gare d’Epinay-sur-Orge, côté arrivée de Paris. A gauche du café, l’agence de vente immobilière ; à droite, le bureau de renseignements de M. Desché mandaté à la vente du lotissement.

 

Deux directions sont proposées pour gagner le bois de Villemoisson : par la route de Corbeil où des voitures hippomobile acheminent les voyageurs ; par l’avenue du Bois.

 

Route de Corbeil, bureau de vente à l’entrée de la rue des Rouges-Gorges.

 

A l’angle de la route de Corbeil et de l’avenue des Roses : « la Ferme ». En fait à l’origine c’était une « cantine », nom donné à un lieu d’accueil pour des ouvriers, souvent étrangers, carriers pour la plupart. Pour l’époque qui nous intéresse, le propriétaire la convertie en relais dont le but est de véhiculer les voyageurs entre la gare d’Epinay et Sainte-Geneviève-des-Bois.

 

Par l’avenue du Bois :

 

Sur ce plan, on distingue l’alignement des poteaux, acheminant depuis l’agence de la gare, une ligne téléphonique vers le bureau permanent de vente installé à l’entrée du Bois de Villemoisson.

 

Accueil à l’entrée du Bois. A gauche le bureau de vente.

Le bureau de vente, qui pour la circonstance sert aussi des boissons, est tenu par M. Bouché, qui, quand le bois sera lotis, sera embauché garde-champêtre ; en attendant, il guide les acheteurs.

Le bureau de vente à la libération.

L’emplacement du bureau de vente aujourd’hui.

 

La « place » des Six routes. Au centre, l’abri des visiteurs du lotissement. De cet endroit, dit-on, partait un « tramway », mû par un cheval, pour faire visiter le lotissement. A gauche l’Ermitage.

 

La « place » des Six routes à l’origine ; la place des Fêtes au moment de la création du quartier du Bois ; la place des Alliés entre les deux guerres ; La place de la Libération depuis. La place aujourd’hui.

 

Dès le commencement du développement du quartier du Bois, s’établit entre les avenues de Montlhéry et de Longjumeau une épicerie restaurant. En 1905, l’Ermitage est à louer : s’adresser au 18, rue des Arcades à Paris. On suppose qu’il a été édifié dans un but commercial.

 

Un siècle sépare ces deux photos

 

 

Ici le propriétaire est M. Clerc

 

Au temps de la place des Fêtes.

 

Le propriétaire est M. Charpentier

 

« Vins, Restaurant, Liqueurs ». Dans les années 60, Maurice et Gigi tiennent l’établissement : Chez « Gisèle » (madame Hineau). Là se tient « L’Aimable Pétanque que M. Michel, il habite juste en face, avenue de Séquigny.

Aujourd’hui l’Ermitage est la pharmacie Murat-Loude. On notera que si le nom du propriétaire ne figure pas sur la façade de l’établissement, le souvenir « A l’Ermitage du Bois de Villemoisson » est conservé.

 

Par son appellation, l’« Hôtel des Alliés » pourrait avoir été bâti après « l’Ermitage », c’est-à-dire après la première guerre mondiale. En 1922 il est tenu par M. Albouze, ensuite par les familles Pascal Modéna et Choquet. On raconte qu’à une époque cet établissement avait des fréquentations douteuses et était de mauvaise renommée ; la bande de « Pierrot le Fou », le célèbre gangster s’y réunissait. Aujourd’hui, c’est le restaurant « La Frégate », dont la renommée fait oublier ces origines louches.

 

 

Ci-dessous, adjonction d’une dépendance à droite de l’hôtel

 

 

Le mur de clôture est supprimé et le bâtiment est prolongé jusqu’au trottoir et sur le côté du bâtiment.

L’entrée du restaurant est insérée entre l’extension et la dépendance.

 

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