Villemoissonnais morts pour la France
Guerre 1914-1918
(Photos extraites d’un hebdomadaire
contemporain : « Le Miroir »).
La der des ders
Ma
mémoire me raconte la der des ders,
Comme
me l'a conté mon enfance,
Un
brave homme, mon père.
Il
était parti, comme tant d'autres
Des
gamins à peine sortis de l'enfance,
Fleurs
à la boutonnière, certains de leur chance.
Tassés
dans des wagons de bois, les uns sur les autres,
Chantant
a tue tête des refrains guerriers,
Peut-être
pour cacher leur peur,
De
laisser loin derrière les leurs.
Pour
quelques mois, six mois au plus.
S'ils
avaient pu savoir ce qui les attendait.
Combien
d'entre eux ne reverraient plus,

Leurs
villages, leurs épouses, leurs enfants.
Ils
auraient pleuré des larmes de sang.
Arrivés
au front ils ont creusés des tranchées,
Sous
la pluie, le froid, la neige glacée.
Pas
à pas ils ont lutté, mètre par mètre,
Centimètre
par centimètre,
Sous
la mitraille qui comme l'orage
Les
bombardait avec hargne, sans pitié.
Et
quand l'ordre arrivait « baïonnette au canon »
Ils
trinquaient dans leurs quarts culottés,
Pour
oublier et se donner rage et courage
Pour
reprendre le terrain, ils partaient à l'assaut.
Sous
le tir impitoyable des canons
Qui
faisait des trous dans les rangs
De
ses forts et jeunes garçons.
Ils
tombaient sanglants en gémissant,
Certains
blessés les autres mourant.
Les
brancardiers ramassaient les blessés,
Laissaient
les mourants et les morts.
Les
grenades continuaient à tomber,
Le
corps à corps engagé sans pitié.
Et
il fallait ensuite retirer
La
baïonnette rougie, ensanglantée
Du
corps de l'autre qui avait
La
bouche ouverte, l'air étonné
De
finir ainsi sa jeune vie.
Le
soir la tranchée était reprise,
Et
les vivants tombaient épuisés,
Dans
un coin sombre de la tranchée,
Cherchant
du regard l'appelé,
Son
copain, hélas il n'y était plus.
Le
lendemain sur le laconique rapport,
Génot
jules 20 ans disparu.
Le
champ de bataille était jonché,
Inondé
d'enfants roidis, défigurés,
Avec l'odeur épouvantable de la
mort.
On
ne pouvait évacuer tous les blessés,
Qui
étaient couchés dans la tranchée,
Râlant,
gémissant, malgré le laudanum
Pour
les évacuer on attendait l'accalmie
Père
m'a souvent dit et redit
Son
chemin des Dames, Baccarat et Verdun
Les
tranchées envahies par les gaz.
L'horreur
de cette effroyable guerre,
La
der des DER.
Poème
de Madame Balch


Combien de Villemoissonnais sont parti pour l’holocauste ?
Ce qui est certain, dix-sept d’entre eux ne sont pas revenu. Lourd tribu pour
une population d’environ 450 habitants.
Lesquels sont-ils ? 1. Robert Avard né le 28 avril 1893
à Villemoisson. – 2. Léonce Charles Ambroise Bardon né le 16 juillet 1890 à
Morsang-sur-Orge . – 3. Clément Baron, né le 31 août 1893 à Villemoisson.
– 4. Louis Bourgeois, né le 21 février 1892 à Morsang-sur-Orge. – 5. Auguste
Briswalter, né le 28 janvier 1874 en Alsace. - 6. Maurice Honorat Couvret, né
le 17 mai 1887 à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne). – 7. Jules Augustin Victor
Dauvergne, né le 8 août 1898 à Chateaudun. – 8. Lucien Armand Jean Degraève, né
le 6 novembre 1893 à Paris. – 9. Louis Henri Albert Gadois, né 17 décembre 1894
à Goussainville (Eure et Loir). – 10. Emile Louis Guézard, né le 5 mai 1880 à
Villiers-sur-Orge. – 11. Louis Eugène Hénault, né le 5 avril 1892 à
Villemoisson . – 12. Henri Emmanuel Alphonse Moinet, né le 11 septembre 1891
à Villemoisson. – 13. Edouard Valentin Prévost, né le 19 octobre 1890 à
Villiers-sur-Orge. – 14 Désiré Pierre Auguste Sarrus, né le 11 novembre 1887 à
Monnaie (Indre-et-Loire). – 15. Louis Romain Vacheret, né le 1 décembre 1880 à
Villemoisson. – 16. Aimé Valette, né le 12 avril 1897 à Paris. - Enfin le
dix-septième étant porté disparu. Nous ne connaissons pas son nom.

1914 : Bataille de la Marne
Les Allemands pénètrent en Belgique, pays neutre, pour
prendre à revers les Français massés à l’Est. En un mois ils sont jusqu’à 24 km
de Paris. Les Français se sont repliés en ordre, tandis que l’ennemi encouragé
ne pense au danger d’une contre-offensive qui se déclare le 4 septembre :
c’est la bataille de la Marne, ce sont les taxis de Paris, dans le souvenir ils
seront appelés les « taxis de la Marne », qui transportent les
renforts sur le front avec célérité. Les Allemands reculent et l’invasion de la
Belgique contraint les alliés à étendre le front vers la Manche, puis il se
stabilise
.
Dans ce mois de septembre, cinq
Villemoissonnais tombent au combat :
-
Henri Moinet, soldat au 4e RI*, tué le 2 septembre aux environs de
Cierges (Varennes-en-Argonne, Meuse).
-
Emile Guézard, soldat au 89e RI, tué le 6 septembre à Sommeilles
(Meuse)
-
Robert Avard, soldat au 149e RI, tué le 14 septembre à *ouain
(Marne)
-
Louis Hénault, soldat au 162e RI, tué le 16 septembre à Champenoux
(Meurthe et Moselle)
-
Aimé Valette, soldat au 312e RI, tué le 29 septembre à Maizey
(Meuse)



1915 La guerre de position.
C’est la guerre de position, on s’enterre dans les
tranchées. Joffre passe à l’attaque partout : février en Champagne, mai en
Artois, puis en Champagne. A chaque fois pour un gain territorial minime c’est un
maximum de pertes. L’armée française abandonne son pantalon garance trop voyant
et reçoit un casque à la place du képi. Malgré l’interdiction de la Hayes, les
Allemands utilisent les gaz asphyxiants. En Salonique, Sarrail débarque en
octobre pour soutenir les Serbes.


Cette année
1915, six Villemoissonnais payent de leur vie :
- Edouard Prévost, soldat de
1ère classe au 46e RI, disparaît au combat le 23 février
à Vauquois (Meuse)
- Louis Vacheret, sergent au
120e RI décède des suites de blessures le 11 avril à l’hôpital
temporaire de Verdun. Avec Prévost, il a sans doute participé à l’offensive de
Champagne.
- Louis Gadois, soldat au 9e
bataillon de chasseur à pied est tué le 24 juin à Calonne (Meuse).
- Maurice Couvret, caporal au
106e RI, tué aux Epargnes (Meuse) le 19 septembre
- Auguste Briswalter, caporal
au 315e RI, tué le 23 septembre au combat d’Auberive Suippes (Marne)
- Lucien Degraève, soldat au
161e RI, le 10 octobre à Mourmelon-le-Grand (Marne)



1916. Verdun
Falkenhayn, général allemand, veut décimer l’armée française
en attaquant sur Verdun saillant sur notre front. Après une formidable
préparation d’artillerie, l’ennemi s’empare de Douaumont, puis le fort de Vaux,
mais le front français ne cède pas. Pétain succède à Castelnau. L’enfer et les
pertes sont tels que les unités sont constamment relevées. « La voie
sacrée » s’organise, sans cesse : 4000 camions acheminent des troupes
fraîches. 220.000 morts, 215.000 blessés français ; 330.000 morts et
blessés allemands. La terre prend un aspect lunaire, jonchée de morts, les
trous d’obus servent de refuge.


Cette année là, parmi les morts, un
villemoissonnais, Léonce Bardon, sergent au 49e bataillon de
chasseur à pied, tué le 9 juin à Bois Fleury (Verdun)


Dans la Somme, Français et Anglais déclenchent en juillet
une offensive et avancent de quelques kilomètres, mais l’apparition des chars
d’assaut ralentit les Anglais ; cependant en septembre des chars plus
importants deviennent plus efficace. Les résultats restent médiocres et coûte
chère en vies humaines.

Parmi elles, un villemoissonnais, Clément Baron, sergent au
42e bataillon des chasseurs à pied, mort à l’ambulance 14/17 du 33e
C.A., accidenté en service commandé le 8 octobre à Morcourt (Somme)



1917
Une crise morale s’installe parmi les pays belligérants,
particulièrement en France. Les Russes signent l’armistice, les Italiens sont
en débandade. Devant un certain défaitisme, se crée une mutinerie parmi
l’armée, Pétain s’efforce de rétablir le moral, accélèrent les permissions,
améliore l’ordinaire, mais la lassitude demeure. Des généraux sont relevés.
Cependant les combats continuent, Désiré Sarrus, soldat au
12e régiment de cuirassiers, est tué le 25 avril à
Beaumont-sur-Vesle – Mourmelon-le-Grand- (Marne)




1918
Les Américains demandent réparation à l’Allemagne, pour la
mort en mer de leurs compatriotes, dont le paquebot où ils se trouvaient a été coulé
par un sous-marin allemand. Sur le refus de l’Allemagne les U.S.A déclare la
guerre à ce pays, et en juin, les premiers contingents du général Pershing
arrivent en France.



A la fin Mars les Allemands atteignent la Somme. Leurs gros
canons bombardent Paris, l’un d’eux, est appelé la « Grosse Bertha ».
Par une offensive du chemin des Dames ils atteignent à nouveau la Marne.
Depuis juillet dans la
bataille d’Ypres, les Anglais piétinent.
Enfin c’est la contre-offensive alliée avec 600 avions et
1000 chars, avec l’aide des Américains entraînés à la hâte. Menacés
d’encerclement les Allemands refoulent en déroute sur leur ligne de départ à la
fin de l’été. Mais il faudra encore attendre le 11 novembre pour que le carnage
cesse.
En cette fin d’été, l’aspirant Jules Dauvergne, au 24e
RI, est tué le 19 août à Canny-sur-Matz (Oise)
En Salonique, un mois avant l’armistice, parmi le corps
expéditionnaire français, le Villemoissonnais, Louis Bourgeois, sapeur au 2e
génie, meurt le 12 octobre de maladie contractée en service à Abrida (Serbie)

Un dix-septième Villemoissionnais est porté disparu

Collection Madame Balch
*
R.I. ou régiment d’infanterie.