Jean de la Fosse

(1596 – 1628)

 

 

 

         Les guerres de religion qui ont ensanglanté de pays ont pris fin. Après l’adjuration d’Henri IV il semble unifié sous son règne de 1589 à 1610. Nos paysans respirent, comme ceux du reste de la France. L’agriculture est mise à l’honneur : « labourage et pâturage », dit-on, sont les deux mamelles de la France ». Malheureusement ce calme est de courte durée, avec la minorité de son successeur, Louis XIII, les troubles reprennent durant la régence. Pendant ce temps …

 

Flasch sur Villemoisson sous Henri IV

         Madeleine, héritière des Barbeau, femme de Louis de la Ferté, vends la seigneurie de Villemoisson les 23 mars et 18 décembre 1596. Le descriptif de cette vente donne un aperçut de Villemoisson sous Henri IV.

         C’est une acquisition « faite par Jehan de la Fosse, seigneur de Varennes, sur noble homme Louis de la Ferté, escuyer, et damoiselle Madeleine de Barbeau son épouse, de la terre et seigneurie de Villemoisson-sur-Orge, ses appartenances et dépendances consistant, savoir en toute justice haute, moyenne et basse :

         « 1°) En un hostel et manoir seigneurial couvert de tuiles clos de hautes murailles, cours, jardins, clos autres dépendances, contenant le tout en fond de terre 7 arpents ou environ. Tenant d’une part par bas à la rue tendant du dit Villemoisson à Morsan, d’autre part par haut aux vignes dépendantes du dit manoir, le chemin tendant à Fleury entre deux; d’un bout à la pièce de terre cy-après, contenant 36 arpents, d’autre au chemin conduisant au moulin cy-après déclaré. (Ces tenants et aboutissants confirment que cet hôtel est l’actuelle ferme seigneuriale ; le chemin de Fleury est la rue du Repos).

         « 2°) Un moulin à eau, banal, consistant en un corps d’hostel sçis sur la rivière d’Orge, au-dessous du dit manoir seigneurial, consistant en plusieurs bâtiments couvert de tuiles, contenant trois espaces, grange, cour, estable.

         « 3°) Le jardin du dit moulin contenant 1 arpent 50 perches tant en terre labourable que saussaye. Tenant d’une part à la rivière d’Orge, d’autre au clos de la cure de Villemoisson ; d’un bout à la grange du dit moulin.

         « 4°) Une saussaye, tenant d’une part au fossé de Morte-Eau du près d’Athis, d’autre à la dite rivière; d’un bout aux héritiers de feu M. Odoart (Odouart, Audouart) et M. de Lyon et d’autre au dit moulin.

         « 5°) 5 quartiers de pré ou environ, tenant et aboutissant de toutes parts à la dite rivière d’Orge et aux terres de la dite seigneurie, un fossé plein d’eau entre deux.

         « 6°) Le clos ou est la maison seigneuriale, contenant avec le pourpris 7 arpents où environ, dont 2 arpents de vignes, un plan d’arbres fruitiers, cerisaye, jardin potager, petite cour tenant au corps d’hostel. (Cet article se confond avec le premier, il s’agit du même clos).

         « 7°) Un clos fermé de murs contenant 2 arpents et demy, sçis au-dessous du dit manoir, un chemin entre deux. Tenant d’une part au chemin tendant de l’église du dit Villemoisson à Morsan, d’autre au clos de la dite seigneurie cy-après ; d’un bout aux terres de la damoiselle Odoart, d’autre au chemin tendant du dit manoir au moulin de Villemoisson.

         « 8°) Un autre clos contenant 2 arpents et demy, sçis au dit lieu. Tenant d’une part par haut au chemin sus-déclaré, un fossé entre deux, d’autre part par bas aux 7 quartiers de pré cy-après; d’un bout aux terres du sieur Odoart, d’autre au jardin de messire Mathurin Houssaye

         « 9°) Un clos de vignes contenant 3 arpents, le chemin tendant à Fleury (rue du Repos) entre deux. Tenant d’une part au chemin tendant du dit manoir à Fleury, d’autre aux terres du sieur Sanguin et Balthazar Croulant; d’un bout par bas au cimetière du dit lieu, le chemin entre deux, d’autre bout par haut aux terres des Closeaux.

         « 10°) 36 arpents de terre en une pièce sçise au terroir du dit Villemoisson. Prenant d’une part à l’enceinte du dit manoir seigneurial et au chemin de Fleury, d’autre aux terres du dit Morsan; d’un bout par haut aux terres De Moully, d’autre au chemin tendant à Morsan.

         « 11°) 1 arpent 50 perches de terre sçis au dit terroir, lieu-dit les Closeaux. Tenant d’une part au chemin de Fleury, d’autre aux héritiers M. Sanguin, des deux bouts aux sieurs du dit Villemoisson.

         « 12°) 150 perches de terre au lieu-dit les Closeaux, tenant d’une part au chemin de Fleury, d’autre aux héritiers du sieur sanguin; des deux bouts au sieur de Villemoisson.

         « 13°) 3 arpents de terre sçis au dit terroir au lieu-dit le Clos Saint-Jean. Tenant d’une part aux dits Odoart, d’autre part au chemin de Fleury; et des deux bouts à la seigneurie de Villemoisson.

         « 14°) 5 arpents de terre en une pièce appelée la Pièce du dit Aguenetier (ou d’Aguenetier). Tenant d’une part au chemin de Fleury, d’autre aux terres de M. Sanguin; d’un bout au chemin de Montlhéry, d’autre au chemin qui tend du cimetière de Morsan dans la forest de Secquigny.

         « 15°) 9 arpents de terre en une pièce. Tenant d’une part aux héritiers M. Odoart, d’autre part au chemin de Fleury; d’un bout au chemin de Montlhéry et d’autre au chemin tendant du cimetière de Morsan à la dite forest de Secquigny.

         « 16°) 4 arpents de terre en une pièce. Tenant d’une part aux bois des religieux de la Saussaye, d’autre aux héritiers de M. Odoart; d’un bout aux bois du dit sieur de la Fosse et d’autre au dit chemin tendant à la dite forest de Secquigny.

         « 17°) 5 arpents de terre en pièce appelée Le Cul-de-Sac de Villemoisson. Tenant d’une part au bois de la Commission, d’autre part au bois de la seigneurie du dit Villemoisson; d’un bout au bois des héritiers de feu M. de Montault et d’autre aux terres des Chartreux de Paris.

         « 18°) 50 perches de terre ou sont les fourches patibulaires de la justice du dit Villemoisson. Tenant des deux parts et d’un bout aux dits héritiers Odoart, d’autre au chemin de Montlhéry.

         « 19°) 7 arpents de terre en une pièce. Tenant d’une part aux dits héritiers feu M. Odoart, d’autre part à la rue Ferrand; d’un bout à la rue et d’autre bout au chemin de Montlhéry.

         « 20°) 1 arpent de terre près les dits 7 arpents. Tenant d’une part au dit sieur de Villemoisson, d’autre aux héritiers M. Odoart; d’un bout aux terres des Charteux et d’autre bout au dit chemin de Montlhéry.

         « 21°) 1 arpent 50 perches de terre sçis au dit terroir de Villemoisson. Tenant d’une part à M. Sanguin, d’autre part aux terres de l’église de Morsan; d’un bout aux terres du dit Morsan et d’autre bout au sieur du dit Villemoisson

         « 22°) 5 arpents 62 perches et demy de terre en une pièce. Tenant d’une part en hache aux terres de M. Sanguin, et au sieur de Villemoisson, d’autre part au dit sieur; d’un bout au chemin de Montlhéry et d’autre au bois de la dite seigneurie.

         « 23°) 8 arpents 25 perches de terre sçis au terroir de Villemoisson. Tenant d’une part et aboutissant d’un bout au chemin de Montlhéry, d’autre part au bois Paulmier, et d’autre bout au sieur du dit Villemoisson.

         « 24°) Une autre pièce de terre sçise au dit terroir dit la Forest de Villemoisson. Tenant d’une part aux terres de la dite forest, d’autre part aux terres de M. Odoart; d’un bout au chemin de Montlhéry, et d’autre bout aux plants de vignes appelés le chantier des Graviers.

         « 25°) 2 arpents 25 perches de terre. Tenant d’une part et aboutissant d’un bout aux dits sieurs Odoart, d’autre part au sieur de Villemoisson.

         « 26°) 4 arpents en une pièce sçis au dit Villemoisson. Tenant et aboutissant d’un bout au dit sieur, d’autre aux héritiers Noël Gastineau et autres; d’autre bout au chemin tendant du dit Villemoisson au Perray.

         « 27°) 13 arpents de terre en une pièce, sçis au dit terroir de Villemoisson. tenant d’une part en hache aux terres de maître Gérard Chapperon, et au chemin tendant du carrefour de la Planche du Breuil aux Franchises du dit Villemoisson; d’un bout au chemin tendant du dit lieu au Perray

         « 28°) 4 arpents de pré sçitués en la prairie du dit Villemoisson. Tenant d’une part à la rivière d’Orge, et en hache aux prez de M. Odouart, d’autre part aux terres de la dite seigneurie; d’un bout aux près de la cure de Villemoisson, et d’autre bout aux prez de M. le lieutenant particulier.

         « 29°) 6 arpents de bois sçis en la forest de Secquigny. Tenant d’une part aux bois Paulmier, d’autre aux héritiers de feu M. Montault; d’un bout aux bois de M. de Grigny, et d’autre aux terres de la dite seigneurie de Villemoisson.

         « 30°) Le droit de four banal, de moulin banal, droit de pèche et de rivière depuis la Gayère du Breuil jusqu’au Gay (gué ?) de Morsan-sur-Orge, et tous autres droits circonstances et dépendances quelconques. En la justice, haute, moyenne et basse, cens, rentes et tous et tels autres droits féodaux ou seigneuriaux annexés à la dite terre et seigneurie du dit Villemoisson.

         « Mouvante de la dite terre et seigneurie du May (Mée), près Melun aux us et coutumes de la prévosté et vicomté de Paris, franche de toutes dettes et droits seigneuriaux, excepté de 4 écus 10 sols tournois pour valeur de 12 livres 10 sols tournois de rente due à l’église du dit Villemoisson. Moyennant 4333 écus et un tiers d’écu soleil et 50 écus soleil de pot-de-vin. Le tout payable dans les termes portés par le dit contrat. »

 

         Que savons-nous sur le nouveau seigneur de Villemoisson ? Jehan de la Fosse, surintendant des vivres, munitions et magasins de France, commissaire général des armées (seigneur de Varennes et autres lieux), avait épousé Louise Rochon, fille et unique héritière de Pierre Rochon. Celui-ci avait acquit plusieurs terres labourables, bois et près, tant à Liers, Sainte-Geneviève et Le Perray et autres lieux, comme Bondoufle. Il était donc héritier de son beau-père. Le 7 septembre 1597, il achète enfin aux administrateurs de l’Hôtel dieu de Paris, aux enchères, la seigneurie de Sainte-Geneviève-des-Bois moyennant la somme de 7300 écus soleil. Ainsi les deux seigneuries se trouvent réunies sous une même autorité, elles le resteront jusqu’à la chute de l’ancien régime.

 

         8 juin 1599. « Acte de foy et hommage, servant d’aveu et dénombrement, rendu par Georges Defant, sieur de Blanville à Jehan de la Fosse, seigneur de Villemoisson, en parlant à Jehan de Saint-Rémy son receveur au dit lieu, pour raison de 10 arpents de terre en une pièce sçis au terroir de Villemoisson ».

         Le 26 juillet 1599, un mémoire désigne Hervieux (ou Hernieux), fermier de la terre et seigneurie de Villemoisson. Le vieux manoir ancestral est converti en ferme seigneuriale du fait de son délaissement par le seigneur de Villemoisson. La ferme seigneuriale et le moulin banal qui ne sont pas compris dans le fief enclavé restent directement dépendants du seigneur et seront baillés par lui jusqu’à la Révolution.

 

Les prés du fief d’Athis.

         « Le 4 juin 1597, saisie féodale faite à la requête du procureur fiscal de Villemoisson, par Gardien, sergent de la seigneurie. Sur les prés d’Athis. Nous sommes au moment de la prise de possession de la seigneurie de Villemoisson par Jean de la Fosse ; cette saisie étant faite faute de foi hommage et aveu de dénombrement. En réaction, le 12 juin, Guillaume Boucherat rend foi et hommage pour 2 arpents 11 perches de pré à lui appartenant comme seigneur en partie du fief Pied-de-Fer sis au village d’Athis-sur-Orge, et à cause de la succession de ses père et mère, faisant partie des 4 arpents 10 perches de ce fief. Concernant la deuxième partie, le 6 juillet, Briçonnet, à son tour fait acte de foi hommage pour 7 quartiers de pré, compris dans le fief d’Athis, appartenant comme héritier de Marguerite Asselin, sa mère. Le 15 avril 1621, Jean Boucherat, conseiller du roy et maître ordinaires en sa Chambre des comptes, renouvelle son allégeance ». Ces prés d’Athis sont situés près du moulin de Villemoisson, tenant d’une part à monsieur de Vaulx, et d’un bout à la chaussée du pont de Villemoisson. Ledit Boucherat, étant héritier Guillaume Boucherat, son père, et des parts de ses soeurs, et de celle de Louise Boucherat, sa tante.

 

 

Forêt de Séquigny.

         Les 14 arpents. « Le 9 septembre 1598, saisie féodale faite à la requeste de Jehan de la Fosse, nouveau seigneur, sur Pierre de Viole, seigneur d’Athis. De 14 arpents ou environ de bois taillis en la forêt de Séquigny, lieu-dit la Potence, tenant à la grande voie et d’un bout aux Franchises de Morsan. Saisie faite faute d’homme, droits et devoirs non faits et payés. En conséquence, le 26 octobre Pierre de Viole rend foi et hommage au seigneur de Villemoisson.

         « Le 15 février 1610, contrat de vente fait par messire Pierre Viole à Gervais de Pradines, de 7 arpents 3 quartiers faisant partie d’une pièce de bois taillis de 14 arpents. Moyennant 240 livres tournois. - Le 28 février 1611, foy hommage est fait à Jean de la Fosse, par Anne Bizet, veuve de Gervais de Pradines, serviteur ordinaire de la Chambre du Roy, bourgeois de Paris, au nom et comme tutrice des enfants mineurs d’elle et du défunt. - Le 22 août 1616, dénonciation est faite par Alexandre de Chesnelong, tuteur des enfants mineurs de Gervais de Pradines et de dame Anne Bizet sa femme, de l’exploit demandé de Louis Descamin, seigneur de Launay Saint-Michel-sur-Orge, à Jean de la Fosse, pour raison de ces 7 arpents 3 quartiers de bois taillis.

         « 7 février 1626. Foy et hommage portant aveu et dénombrement rendu par Pierre Beauxamy, sieur de Saint-Perrany la Colombe, tant pour lui que pour les héritiers de défunt messire Pierre Beauxamy et de défunte Anne Boissines sa seconde femme, à messire Louis Descamin, seigneur de Launay Saint-Michel-sur-Orge. Pour raison du fief de 14 arpents de bois. Déclarant le dit sieur de Saint-Perrany, qu’il n’est dû pour le dit fief aucun profit, et a requist du dit sieur Descamin de luy donner mainlevée de la dite saisie féodale ».

         Les 100 arpents – « Le 22 novembre 1608, sentence d’adjudication au profit de Louise Rochon, femme autorisée au ressort de Jehan de la Fosse, son mari, de 100 arpents de bois en trois pièces, soit : 47 arpents, appelés la pièce de 50 arpents et le fief Machevillain ; 44 arpents, appelés le Bois de la Fosse ; 8 arpents à prendre en 24 arpents, appelés de la Commission. Ces 100 arpents « saisis à la requeste de la dite Rochon sur Gabriel Richer, au nom et comme curateur créé par justice au déguerpissement fait des dits cent arpents de bois par Claude Lemasson, veuve de maître Pierre Rochon, ses père et mère. Faute de paiement de 400 livres de rente dues à Louise Rochon. La dite adjudication faite moyennant 2500 livres. »

         Autres pièces de bois dans la forêt de Séquigny dépendantes de la seigneurie de Villemoisson appartenant à : Robert Boüste 22 arpents, Claude Faulcon 10 arpents, Magdeleine Laubigeois, veuve de Guillaume Mortier, tant à cause de son douaire, que comme créancière du dit défunt Mortier son mari, 12 arpents 3 quartiers et une quarte.

 

Rappel des lieux et noms cités par rapport à aujourd’hui.

Assemblage de différents plans terriers de 1769. Au début du XVIIe siècle les parcs des grandes propriétés n’étaient que des jardins et vergers. Le « Collège » était une ferme ; Le « Vieux Logis » inexistant.

 

1. - La pièce de 17 arpents

2. - Clos Saint-Jean : clinique Saint-Laurent vers Morsang

3. – La ferme seigneuriale

4. – Le moulin

5. - Prés d’Athis et des Louans

6. – La Morte eau, bras ou boèle longeant une partie de l’Orge

7. – château de Villemoisson (du métayer)

8. – Le pigeonnier

9 – L’ozeraie

10 – La pointe

11. - Saussaye, lieu planté de saules

12. - L’aulnaye Gohard : ancien nom de la Cholletière, de nos jours la Garenne.

13. - Bois des religieux de la Saussaye,

14. - Bois de la Commission (le bois Paulmier est derrière)

15. - Les fourches patibulaires de la justice du dit Villemoisson (voir article particulier), elles semblent avoir été créées au temps des Barbeau

16. – Les Hautes Terres (compris la Cerisaye, lieu planté de cerisiers) La pièce de 36 arpents.

En rouge : Chemin de Villemoisson au Perray comprenant : - La rue tendant de Villemoisson à Morsang, de nos jours disparue, elle prenait face à la maison sous l’église (parfois dit de l’église, il passait sous le manoir seigneurial et se raccorde à la rue de Morsang – Et le prolongement de la rue de l’Eglise, de l’avenue Guy Moquer vers les Franchises (au Breuil).

En orange : le chemin tendant vers Fleury (la rue du Repos)

En vert : Chemin tendant vers la forêt de Séquigny.

En jaune : Chemin de Montlhéry (Partant du cimetière de Morsang) : avenue des Gardes messiers, rue de la Plaine, Vieux chemin de Villemoisson.

En bleu : Chemin des Hautes Terre (rue Ferrande)

En violet : chemin de Villemoisson à Sainte-Geneviève.

Planche : pont sommaire sur la rivière

Carrefour de l’Orme. - Il est difficile de déterminer son emplacement. Il est certain qu’il se trouve sur le chemin de Villemoisson au Breuil. Nous le trouvons tantôt du côté des « Ouches » (vers l’église, le manoir seigneurial. Certains veulent qu’il soit rendu justice sous cet arbre, c’est justifiable étant près du manoir ; mais c’est une pratique du XIIIe siècle). Tantôt avant le carrefour du carcan ou tantôt après, à moins que, ce qui ne correspond pas avec les textes, que le carcan n’étant plus, le carrefour a pris le nom de l’Orme. Nous trouvons cité « la grande rue du carrefour de l’Orme » qui est peut-être l’actuelle avenue Guy Moquet.

 

Le fief du Sauvage

         Suite à la « création d’un fief enclavé » dans la seigneurie de Villemoisson, celui-ci devait garder l’appellation de fief du Sauvage. Ce fief a été créé à l’intention d’une personne chargée de l’exploitation de la seigneurie et d’en payer le bail au seigneur de Villemoisson, avec seulement la moyenne et basse justice sur ce fief comprenant la surface du futur château de Villemoisson et plusieurs habitations dans le village ; nous pouvons donner à cette personne la fonction d’intendant ou de métayer. Au cours des différents actes nous trouvons ce domaine appelé « fief du Sanguin, ce qui est une confusion, puis il restera sous le nom de Beaumont.

         Nous allons suivre son évolution en comparant les aveux et dénombrements de 1598, 1609 et 1626

 

1°) De la maison de l’intendant au château de Villemoisson

         Etienne Destat et sa femme Nicole Turquaut ont succédé à Pierre Turquaut et Lesbahy Jacqueline sa femme. Etienne Destas obtient la gérance de Villemoisson avec la moyenne et basse et justice ; ils établissent leur lieu seigneurial dans l’actuelle propriété du château de Villemoisson, habitant une maison avec grange. Marie Destas, fille d’Estienne, épouse Jean Odoart (ou Odouart).

         Par suite le fief appartient à la famille Odoart : outre Jean, nous y voyons Georges. Marie Destas décédée, Jean Odoart se remarie. Puis, ce dernier disparu, à Georges la propriété échoue par indivis aux propriétaires. Les 9 juin et 9 juillet 1598, demoiselle Françoise de Casenove (ou Caseneuve), veuve de feu Georges Odoart et Charles de Marillac au nom et comme tuteur de Jacques Odoart, fils mineur de défunt Jean Odoart et de demoiselle Marguerite Gueldrop sa femme, (nous savons qu’il s’est remarié après le décès de Marie Destas), à présent femme du dit sieur de Marillac, rendent chacun par moitié aveu et dénombrement du fief à Jehan de la Fosse.

         Le 16 août 1602. « Foy et hommage est rendu par Mathieu Paysan, commissaire établi à la saisie faite de la maison, lieu et fief du Sauvage, saisie à la requête de damoiselle Charlotte Odoart (1), veuve du sieur Berthe, seigneur de Saint-Germain sur Françoise Cazeneuve. Laquelle foy et hommage faites aux offres de payer les droits seigneuriaux et donner l’aveu et dénombrement du dit fief dans le temps porté par la coutume.

         (1) Sans doute en qualité de sœur de Georges et Jean ou peut-être de Jacques Odouart et Françoise Cazeneuve.

         Enfin, le 4 novembre 1609, un aveu et dénombrement est rendu par le nouveau propriétaire du fief du Sauvage, Pierre Bauxamy procureur en la Cour du Parlement de Paris, à Jean de la Fosse, conseiller du roy, surintendant et commissaire général des Camps, armée et munitions des magasins de France, des héritages qu’il a acquis de Jacques Odoart et demoiselle Françoise Cazeneuve, veuve de Georges Odouart.

         Le 22 octobre 1626, la propriété change main. Foy et hommage est rendu par sieur Jacques Cholet, avocat au Parlement de Paris, à Louise Rochon, veuve de Jean de la Fosse, dame de Villemoisson. Pour raison du fief du Sauvage, appartenant au dit Cholet à cause de Claude Beauxamy son épouse, par le décès de M. Pierre Beauxamy, son père, et en conséquence du partage fait entre tous les cohéritiers en la succession du dit défunt Pierre Beauxamy et Anne Bauguet. Il fait son aveu et dénombrement de son fief le 22 février 1627. Jacques Chollet est d’une famille de chevalerie très ancienne (1148) ayant fondé la ville de Chollet (Maine et Loire). Elle portait : d’argent au chevron d’azur chargé sur le chef d’une étoile d’or accompagnée de trois hures de sanglier de sable, deux en chef et une en pointe, au chef d’azur chargé d’une levrette d’argent colletée de sable. Cimier : une levrette en demi corps.

 

         Nous avons suivi la succession des propriétaires du fief de « Beaumont », il nous reste à détailler les divers aveux de ce fief qui se sont suivis, mais voyons auparavant particulièrement ceux concernant le siège seigneurial.

         En 1598, la famille Odoart déclare : « Une maison, grange, estables, pressoir, cour et jardin derrière. Tenant d’une part au chemin qui tend de l’église du dit lieu au carrefour ou étoit « anciennement » le carcan ou poteau de la justice du dit lieu, d’autre part au chemin tendant au moulin du dit Villemoisson et à la rivière d’Orge. D’un bout à la rue du dit carrefour et d’autre bout à un jardin ou terre anciennement appelé les Ouches. Le dit jardin où lieu appelé les Ouches, (tenant aux bâtiments ci-dessus déclarés et au presbytère). Plus un essauge et place de terre ou étoit anciennement le four à ban, près et tenant à la dite maison. »

         En 1609, Pierre Beauxamis déclare : « Une maison consistant en chambres basses, hautes et greniers dessus, estables, bergerie, grange, colombier à pied, cour et jardin derrière. (Même surface et tenants). Le tout clos de murailles ».

         En 1627, Jacques Cholet déclare : « La maison du principal manoir du dit fief, consistant en chambres basses, salles, four, fournil, chambres hautes, estables, bergerie, grange, colombier et autres bâtiments ou étoit anciennement un pressoir, cour, clos derrière, partie en jardin et partie en arbres fruitiers; autre petit jardin derrière, grange, le tout clos de murailles. » (Même surface et tenants).

         Il est clair qu’au travers de ces trois aveux, nous constatons l’apparition du château de Villemoisson : de la ferme des Odoart, en passant par une maison à deux niveaux et au manoir. Chaque déclaration accompagnant une prise de possession nous voyons les étapes de l’évolution du fief de « Beaumont ». Nous devons aux Odoart l’agrandissement de la maison, l’apparition d’un colombier, avec Pierre Beauxamis, la propriété devient le manoir, c’est donc a lui que nous devons le château.

         Autres constatations : le pressoir a disparu avec Beauxamis et surtout déjà avant Odoart (1598) le carcan n’est plus, à la place Jehan de Fosse déclare des « fourches patibulaires ». Le plan terrier (XVIIIe siècle) montre un pigeonnier à l’entrée de la route actuelle de Longpont, laquelle à l’époque n’était pas ouverte.

         Le 1er mars 1627 : « Foy et hommage portant aveu et dénombrement est rendu par Jacques Cholet, pour Pierre Beauxamy, sieur de Saint-Perrany, tant pour luy que pour ses cohéritiers en la succession du défunt sieur Pierre Beauxamy, procureur au Parlement ». Acte adressé à Louis Descamin, seigneur de Launay et Saint-Michel-sur-Orge. Pour raison du fief de 14 arpents de bois taillis en la forest de Secquigny, faisant le quart de 56 arpents. Portant main levée de la saisie féodale faite sur le fief. Moyennant la somme de 3 livres 4 sols qui en ont été payés pour les frais. »

 

 

2°) Consistance du fief de « Beaumont »

         Il nous reste, toujours à l’aide de la comparaison des aveux et dénombrements de 1598, 1609 et 1626) à décrire la composition de ce fief.

         « 1°) Une pièce de terre appelée La Pointe, contenant 21 arpents 75 perches de terre ou environ comprenant une ozeraie. Tenant d’une part à la rivière d’Orge et aux prés de dit Villemoisson et au chemin de Villemoisson aux Franchises du Breuil ; d’un bout en pointe au pont du dit Villemoisson, et d’autre au chemin tendant aux Franchises.

         « 2°) Une pièce appelée Les Hautes-Terres contenant 36 arpents ou environ. Tenant d’une part et d’autre au dit seigneur de Villemoisson et à la pièce de terre sur laquelle est assise sa justice; d’un bout aux hoirs et ayant cause de feu Thomas Ferrand, d’autre bout aux bois des religieuses de la Saussaye. Dedans laquelle pièce passe le chemin qui tend de Grigny à Montlhéry. (Av. des Gardes messiers, rue de la Plaine, Vieux chemin de Villemoisson)

         « 3°) Une pièce de terre contenant 4 arpents ou environ, sçituée près la justice du dit lieu. Tenant d’une part aux 36 arpents et cy-dessus et à la pièce de terre ou est assise la justice de Villemoisson, d’autre part aux Chartreux de Paris; d’un bout au chemin de Montlhéry.

         « 4°) Une pièce de terre sçise au dit Villemoisson et vers Morsan, contenant 17 arpents et demy ou environ. Tenant au chemin tendant du dit Villemoisson à Morsan ; d’un bout aux terres du seigneur, vers le moulin ; d’autre bout aux terres appartenant au sieur Pierre Chantecler, faisant la séparation de la justice de Villemoisson à Morsan, sans y comprendre la masure, cour et jardin appartenant aux héritiers feu Jehan Chorin, puis de Pierre Duchemin, qui sont au-dedans de la dite justice de Villemoisson ». (Déclarations de 1609 et 1627).

         « 5°) Sur une autre pièce de terre appelée l’aulnaye Gohard, contenant 30 arpent ou environ (Il n’est pas question ici des vignes signalées dans la déclaration d’Odouart en 1598 dans laquelle il est dit : « Aux charges par les détempteurs de pressurer les vendanges des dites vignes au pressoir d’iceluy Jacques Odoart ». Cette pièce de terre faisant la séparation de la seigneurie de Villemoisson et du Perray » (1627).

         « 6°) Une autre pièce de terre sçise au fief de la Forest du dit Villemoisson, contenant 7 arpents et demy ou environ.

         « 7°) Dans l’aveu de 1598, il est question d’un « essauge et place de terre ou étoit anciennement le four à ban, près et tenant à la dite maison » contestée par le seigneur de Villemoisson.

         En 1627, il est écrit : « un échange de terre ou étoit le four à ban, à présent appartenant au dit Boullet. Tenant d’une part à la maison de la veuve Pasquier, d’autre part à la maison et jardin de Boullet ; d’un bout à la grande rue du carrefour de l’Orme. » Ce four à ban semble se trouver à l’Est de l’avenue Guy Moquet aujourd’hui, peut-être au niveau de l’impasse de l’avenue ; car nous verrons qu’ici sera signalée plus tard la ferme du fief de Beaumont ».

         « 8°) Un certain nombre d’articles qui sont des prés en la prairie de l’Orge, y compris en 1627 les prés des Louans, dont la surface est variable selon les déclarations.

         « 9°) Droit de pêche en la rivière d’Orge depuis les deux planches servant de passage tenant à l’ozeraye du dit avouant et sa maison, en tirant contre mont jusqu’à la planche d’Epinay ». (Une modification été apportée à la suite du blâme).

 

         « La justice moyenne et basse jusqu’à 60 sols parisis et au-dessous sur les lieux et maisons cy-après déclarés »

         a) La Pelleterie. – « Sur une maison et lieu couverts de chaulme, cour et jardin appartenant aux héritiers Chorin (1598) ; puis un lieu clos et jardin (3 quartiers) ou étoit anciennement une maison couverte de chaulme, appartenant aux dits héritiers feu Jehan Chorin (1609 et 1627). Tenant d’une part au capitaine Ramet, demeurant à Morsan, (en 1627 au dit Duchemin) faisant la séparation de la justice du dit Villemoisson et Morsan, et d’autre à la pièce de 17 arpents et demy de terre dépendant dudit fief ; d’un bout au chemin tendant du dit Villemoisson à Morsan, d’autre bout par bas à la dite pièce de terre.

         b) – « Une maison, jardin, appartenant à la veuve et héritiers feu Jehan Deschamps le Jeune, (à Denis Deschamps en 1609). Tenant d’une part à Jehan Pelon, (à Jacques Drouart en 1627), d’un bout à la pièce de terre appelée la Pointe, et d’autre bout au chemin qui tend du dit Villemoisson au pont et moulin du dit lieu ». (1609, 1627).

         c) – « Deux masures et cour, appartenant au dit Pelon (1598, 1609), devenues lesdites masures :

- 1°) une maison, cour et jardin appartenant à Jacques Drouart (1627), tenant d’une part au chemin tendant du carrefour ou étoit le carcan de la justice du dit lieu au carrefour de l’Orme et au Perray (1598, 1609), d’autre part au dit Pelon et d’autre à la masure de la veuve Carouel (1627). D’un bout au chemin descendant du dit carrefour à la rivière (av. Guy Moquet).

- 2°) une masure et cour appartenant à la veuve, tenant d’une part à la maison du dit Drouart, d’autre au chemin du dit carrefour de l’Orme au Perray et à la maison d’Estienne Pasquier ».

         d). – « Une maison, cour et estables au dit Jehan Pelon (1598), devenue une maison, cour, estable, jardin et grange, appartenant à la veuve d’Estienne Pasquier en 1627. Tenant d’une part à René Boullet, d’autre au chemin tendant du dit carrefour ou étoit le dit carcan au dit carrefour de l’Orme; d’un bout au dit Pelon remplacé par la veuve Carouel en 1627.

         e). – « Une maison appartenant au dit René Boullet, puis une maison, cour et jardin et deux corps séparés de bâtiments derrière, appartenant au même en 1627. Tenant d’une part à Jehan Pelon puis la veuve Estienne Pasquier en 1627, d’autre à Jacques Drouet; d’un bout à la terre des Pointes dépendante du fief, d’autre à la rue du carrefour de l’Orme ».

         Enfin, en 1627, il est écrit : « un échange de terre ou étoit le four à ban, à présent appartenant au dit Boullet. Tenant d’une part à la maison de la veuve Pasquier, d’autre part à la maison et jardin de Boullet ; d’un bout à la grande rue du carrefour de l’Orme. » Ce four à ban semble se trouver à l’Est de l’avenue Guy Moquet aujourd’hui, peut-être au niveau de l’impasse de l’avenue ; car nous verrons qu’ici sera signalée plus tard la ferme du fief de Beaumont ».

 

De l’actuelle propriété du « Collège »

         Pierre Delâge, marié à Jeanne Fournier, l’a acheté à Balthazar Croulant, fils et héritier de Jean Croulant, et doit à Pierre Martin par contrat du 4 février 1622, 11 livres 10 sols de rente constituée par ledit Croulant. Cette rente sera transportée le 9 juin 1632 par Pierre Martin et sa femme Denise Bin au seigneur Antoine Boyer.

 

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