Fief de la Gilquinière

Eclatement du fief de Beaumont

(Extraits)

 

 

A. - Mise en vente par Marchant de Beaumont de ses biens

 

Actes d’allégeance au seigneur du Plessis-Paté et Montpipeau :

- 4 janvier 1487, par Jehan Desnoyers à Jehan de Blosset,

- 14 mars 1489 par Guillaume Guérin à Jehan de Blosset.

Les deux frères de Martines se partagent la seigneurie du Perray : l’aîné Pierre Louis hérite des deux tiers ; Charles l’autre tiers. Nous suivons ce dernier dont le tiers de cette seigneurie représentera le fief de la Gilquinière.

- 1 octobre 1620, Charles de Martines fait allégeance à Jehan de Montbron

- 14 octobre 1624, par demoiselle Judie de Martines épouse séparée d'avec Thibault de Haute-Terre seigneur de « Gilquimin » à Jehan de Montbron

- 8 octobre 1628, par Isabelle de La Guette veuve de Laurent Davy de la Fautrière, à J.de Montbron,

- 4 novembre 1631, souffrance accordée aux enfants mineurs de Laurent Davy, seigneur de la Fautrière et de dame Isabelle de la Guette, dame de la Gilquimin son épouse, par messire Jehan de Montbron,

- 14 juillet 1641, du tiers par Charles de Martines à messire Jehan de Montbron,

- 5 may 1654, par Ambroise Ferry à dame Louise de l'Aubespine, veuve de messire de Montbron,

- 6 juin 1656, par Ambroise Ferry à Geoffroy de Laigne,

- 11 novembre 1656, par René Davy, seigneur de la Fautrière et de la Gilquinière à de Laigne,

- 26 juin 1718, par Jacques Lhéritier, fondé de pouvoir de Guillaume Davy, seigneur de la Gilquinière à Charles Louis Kadot, comte de Sebeville, seigneur du Plessis et du fief de Montpipeau

- 22 juillet 1719, par Louis Prozelle (propriétaire du château de Villemoisson seigneur de Beaumont) à messire Charles Louis Kadot, comte de Sebeville, seigneur du Plessis

- 30 octobre 1748, par Claude Humbert Piaron de Chamousset (propriétaire du château de Villemoisson seigneur de Beaumont) à messire Bernardin Louis Kadot

- 28 juin 1751, par dame Marie Hélène Moreau de Séchelles, veuve de messire Hérault (propriétaire du château de Villemoisson seigneur de Beaumont), à madame la comtesse de Sebeville.

- 9 janvier 1758, Hélène Moreau de Séchelles vend la terre de la Gilquinière à François Marchant et sa femme le fief de la Gilquinière, relevant du fief de Montpipeau, ensainé par M. d'Esclignac. Cette vente ne concerne pas seulement que ce fief.

 

1783. - Terres de la Gilquinière de Beaumont et du Perray à vendre par Marchant de Beaumont.

         Ces terres consistent dans le fief de la Gilquiniere paroisse d'Epinay-sur-Orge, celui de Beaumont, Paroisse de Villemoisson & portion de celui du Perray, Paroisse de Sainte-Geneviève-des-Bois; tout se joignants : château, trois fermes, terres, prés & bois en fief & en roture, Justices, censives rentes foncières & seigneuriales, droits de Chasse & de pêche; le tout à cinq lieues.

 

A. - Fief de la Gilquinière

          Le château de la Gilquiniere est agréablement situé, précédé d'avenues avant-cour, où se trouvent les écuries & remises, cour où sont sur deux ailes qui accompagnent le corps du château, les bâtiments servant à l'exploitation des vignes & des prés, le logement du concierge, ceux des domestiques & la Chapelle ; le tout convenablement décoré & meublé.

         De l'autre côté du château est un grand parterre à l'angloise terminé par une grande pièce d'eau, colonnade & massifs ; le tout élevé en terrasse au dessus du potager, & dominé par une autre très grande terrasse, décorée de portiques, où l'on monte par un magnifique escalier à deux rampes. Cette belle terrasse est ornée de sphinx & figures en pierre, communique dans toute sa longueur à un bois de haute futaye. Le potager est de huit arpents, s'étend au-dessous du parterre & des bâtiments, est bordé d'un bout à l'autre par la rivière d'Orge, qui en fait la clôture. Le tout fait partie d’un grand parc, dont vingt-quatre arpents & demi son en futaye & taillis, quatorze en bâtiments, cours, avenues, parterre & terrasse, huit en potager; le reste en prés , luzernes, vignes & terres labourables.

 

 

Le fief de la Gilquinière. – A droite, sous le hameau du Breuil, son moulin. Le long de l’Orge, s’égrènent de chaque côté du château, dessus des parterres, dessous des communs, suivi d’une longue allée bordée d’une double rangée d’arbres, aboutissant sur l’actuelle l’avenue du Docteur Pinel montant sur Villiers. Remarquer le restant de la propriété partagée en par cet bois. (Plan d’intendance, XVIIIe siècle)

 

         De l'autre côté de la rivière, sont des prairies bordées d'arbres, la plupart du domaine de la Gilquiniere, & ensuite de ces prairies, vis-à-vis les terrasses du parc, y faisant face, un bois taillis entouré de murs de près de quarante arpents dont les allées répondent à celles du Parc. Le tout clos de murs de trois côtés, & bordé de l'autre par la rivière d'Orge,·& contenant 82 arpents 30 perches Relevant pour la plus grande partie, du roi, à cause de la Tour de Montlhéry, le reste en roture, de M. Cochin, seigneur d'Epinay & du Breuil.

         La chasse dépendante de la Gilquinière, ainsi que des fiefs de Beaumont & du Perray qui se joignent est très peuplée de menu gibier, faisans, perdrix rouges & grises, bécasses, bécassines, canards sauvages, lièvres, lapins, etc. La Pêche dans la rivière d'Orge s'étend en trois parties sur environ une lieue de son cours.

- Le clos Tustan, contenant environ huit arpents, tenant au parc de la Gilquinière par un pont de bois, potager, verger & labour, en roture en la censive du Breuil. 7 arpents 99 perches.

- Une portion du fief de vingt-quatre arpents cinquante-quatre perches de prés en la prairie du Perray, qui n'est séparée de la Gilquinière que par la rivière d'Orge.

         Ce fief relevant de Madame la comtesse d'Esclignac à cause de son fief de Montpipeau.

- Au Breuil :- Un pré en la praire de 3 arpents, une vigne dite la pièce du Réservoir, 1 arpent 92 perches, deux pièces de terre totalisant 11 arpents 26 perches.

- A Villiers : une vignes 2 arpents 50 perches. Ces quatre articles ci-dessus aussi en censive du seigneur d'Epinay.

- A Ballainvilliers, une sablonnière, 1 arpent 39 perches.

- A Sainte-Geneviève : Deux petites pièces de bois dans la forêt 1 arpent 35 perches.

         Total des arpents dépendants de la Gilquinière : 136 arpents 25 perches.

Prisée

         En terres labourables, 515 livres ; En bois taillis & de haute futaye, 450 livres. En vignes 3330 livres. En prés 2115 livres. Deux baux à loyers 216 livres. Rentes foncières 836 livres. Le potager avec 3000 pieds d'arbres fruitiers. Le Colombier & la chasse. Le tout mémoire & pour compenser les frais.

Montant du produit de la Gilquinière seule, 7462 livres.

 

B. - Villemoisson :

         Consistance du fief de Beaumont & ses dépendances. - Consistant : En une grande ferme (de Beaumont), bâtiments, cour, granges & jardin, & colombier. Terres : la pièce du Breuil, 18.arpents ; le clos de Morsan : 26 arpents 50 perches ; le pré Feuillette, 2 arpents 80 perches. Un bois, close de murs, dite la Garenne ou la Choltière : 39 arpents. La censive sur une partie des maisons du village de Villemoisson, sur 8 à 10 arpents du fief de la forest. Les droits de moyenne & basse justice. Ledit Fief de Beaumont relevant de M. Berthier, seigneur de Villemoisson.

         Dépendances en roture. - Terres labourables : 63 arpents 75 perches à Villemoisson : 33 arpents 58 perches au terroir de Morsan. Prés : 1 arpent 35 perches à Villemoisson. Une petite ferme à Morsang, 1arpent 50 perches. A Viry, en censive de Mr. le Marquis du Luc : 5 arpents 55 perches de terre. Un pré en la censive d'Epinay: 75 perches. Plus rentes foncières afférentes.

 

C. – Le Perray

         Appartient à Bertier, seigneur de Sainte-geneviève, consistant : Une ferme au hameau du Perray, 68 arpents 80 perches de terres labourables un de pré 5 arpents 25 perches. Une terre en friche & roches, servant de pâture aux moutons : 19 arpents. Tous ces objets en fief relevant de Madame la Comtesse d'Esclignac.

         Dépendances en roture. - 306 arpents 25 perches de terres labourables.

         Les Rentes foncières, tant de Beaumont que du Perray, montant à : 300 livres 10 sols

Total du produit : 6598 livres 10 sols.

         A déduire la rente foncière due au curé de Villemoisson: 50 livres du curé de Morsan : 50 livres, à la Fabrique de Montlhéry: 10 livres, la redevance de 7 boisseaux & demi de froment au prieuré de Longpont : 10 livres. Ensemble 120 livres. Soit le produit de Beaumont & du Perray, net: 6478 livres 10 sols.

         Le produit net de la Gilquinière comme ci-devant, est de 7462 livres. Le produit net de Beaumont & du Perray, comme ci-dessus, de 6478 livres 10 sols. Le produit total Gilquinière, Beaumont e t du Perray est de 13.980 livres 10 sols.

 

D. - Une maison à Paris.

         Rue des Fossés Montmartre, habitée par M. Nouette, trésorier des Invalides de la Marines.

Cette maison consistant : en un corps de logis sur la rue, simple en profondeur, élevé de trois étages carrés, au-dessus de celui du rez-de-chaussée, & grenier au-dessus ; un corps de logis en aile, à droite, élevé de trois étages carrés, au-dessus de celui du rez-de-chaussée, & greniers au-dessus. Un autre corps de logis au fond de la cour, élevé de deux étages carrés, au-dessus de celui du rez-de-chaussée, avec greniers. Un corps de logis en aile, à gauche, sur la petite cour, élevé de deux étages carrés, au-dessus de celui du rez-de-chaussée, & grenier au-dessus, pratiqué dans le comble. Un autre corps de logis au fond de la petite cour, formant galerie, avec cabinet d'aisance, élevé de deux étages carrés, au-dessus de celui du rez-de-Chaussée, & grenier perdu au-dessus, pratiqué dans le comble. Etage de caves au-dessous desdits corps de logis. Cette maison est louée par bail, moyennant 1000 livres. S'adresser audit maître Giard et à maître Jurien, procureur au Châtelet, rue de la Harpe, vis-à-vis la rue des Deux-Portes.

 

B. – Acquisition des biens de Marchant de Beaumont par le Bailly de Crussol.

 

Qui sont les Crussol ?

         Armes: écartelé aux 1 et 4 parti: fascé d'or et de sinople de dix pièces, qui est de Crussol, et d'or à trois chevrons de sable, qui est de Lévis; aux 2 et 3 contre-écartelé : aux I et IV d'azur à trois étoiles d’or, posées en pal, qui est de Gourdon; aux II et III d'or à trois bandes de gueules, qui est de Genouillac ; sur le tout de gueules à trois bandes d’or, qui est d'Uzès. – Supports : deux lions d'or. – Cimier : une tête de lévrier d’argent. - Couronne ducale. - Manteau de pair de France. - Devise : Ferro non auro.

 

 

Les Crussol d’Uzès.

         La maison de Crussol d'Uzès est une des plus considérables de la haute noblesse française.

         Pons Bastet suivit le roi Philippe-Auguste à la troisième Croisade (1191)

         Géraud Bastet au XIIIe siècle

         Géraud Bastet était fils de Jean Bastet, simple apothicaire de Valence, épousa l’héritière du château de Crussol situé sur le territoire de la paroisse de Saint-Péray, en Vivarais, au sommet d'une montagne qui domine le Rhône, en face de Valence. Héritage et qu'il anobli en 1304 par l’évêque de Valence. En 1310 il maria son fils, Jean Bastet, avec Béatrix de Poitiers

         Géraud Bastet, Sgr de Crussol, petit-fils de Jean et de Béatrix de Poitiers, épousa successivement en 1392 Louise de Clermont, en 1412 Jeanne de Tournon et enfin, le 26 janvier 1420, Alix de Lastic,

         L'aîné de ses fils, Louis, Sgr de Crussol et de Beaudiner, jouit de la faveur du roi Louis XI qui le nomma grand panetier de France et gouverneur du Dauphiné. Il avait épousé, le 22 juillet 1452, Jeanne de Lévis, héritière de la seigneurie de Florensac.

         Ce fut son fils, Jacques, Sgr de Crussol, de Beaudiner, de Florensac, etc., sénéchal de Nîmes et de Beaucaire en l503, grand panetier de France, qui épousa, en 1486, Simone, fille unique: et héritière de Jean, vicomte d'Uzès, et d'Anne de Brancas.

         Jean de Crussol fut père de Charles de Crussol, chevalier, vicomte d'Uzès, Sgr de Crussol, de Lévis, de Beaudiner, de Florensac, etc., grand panetier de France, sénéchal de Nîmes et de Beaucaire, épousa en 1523 Jeanne de Genouillac, dame d'Acier. Il obtint l'érection de sa vicomté d'Uzès d'abord en duché. En 1565, puis en duché-pairie, en 1572, et qui mourut en 1573 sans avoir eu d'enfants de son mariage avec Louise de Clermont, comtesse de Tonnerre.

         Jacques de Crussol, Sgr d'Acier, né en 1540, second fils de Charles, vicomte d'Uzès, et de Jeanne de Genouillac, fut un des principaux chefs des protestants du Languedoc. Après la mort de son frère il recueillit le duché d'Uzès et la dignité de pair de France. Il fut le second chevalier du Saint-Esprit en 1579. Il avait épousé en 1568 Françoise de Clermont et mourut en 1584 après avoir abjuré le calvinisme.

         Son fils, Emmanuel de Crussol, troisième duc d'Uzès, pair de France, décédé à Florensac en 1657, avait épousé Claude d'Hébrard, dame de Saint-Sulpice. Il eut plusieurs fils dont François, Jacques et Alexandre-Galliot, qui furent les auteurs de trois grandes branches.

         L'auteur de la branche aînée, François de Crussol, quatrième duc d'Uzès, pair de France, gouverneur de Saintonge et d'Angoumois, chevalier d'honneur de la reine Anne d'Autriche, épousa en 1636 Marguerite d'Apchier. Deux de ses fils, Emmanuel de Crussol, cinquième duc d'Uzès, pair de France, gouverneur de Saintonge et d'Angoumois, marié en 1664 à Julie de Sainte-Maure, fille unique du duc de Montausier, et Louis de Crussol, marquis de Florensac, maréchal de camp en 1694, marié en 1688 à Marie-Thérèse de Senneterre, furent les auteurs de deux rameaux.

         1er rameau : Charles-Emmanuel, duc d'Uzès, huitième duc d'Uzès, pair de France, fils de Jean-Charles, fut brigadier des armées du Roi; il épousa en 1724 Emilie de la Rochefoucauld et continua la lignée. Il eut, entre autres enfants, trois fils : Louis, sixième duc d'Uzès, pair de France, tué en 1693 à la bataille de Nerwinden. - Jean-Charles, septième duc d'Uzès, pair de France, né en 1675, qui épousa d'abord en 1696 Anne Grimaldi, fille du prince de Monaco, puis en 1706 Anne-Marguerite de Bullion. - François, comte d'Uzès, lieutenant général des armées du Roi en 1718, qui épousa en 1705 Mademoiselle de Franclieu dont la descendance, connue sous le nom de Crussol-Montausier, paraît s'être éteinte en 1838

         Le second rameau s'éteignit avec deux frères : 1°) Henri-Emmanuel, connu sous le titre de baron de Crussol, né à Paris en 1741, grand-bailli d'épée de Bar-sur-Seine, député de la noblesse de Champagne aux États généraux de 1789, lieutenant général des armées du Roi en1815, marié en 1770 à mademoiselle de Boulainvilliers, décédé sans postérité en 1818. 2°) Alexandre-Emmanuel, connu sous le titre de bailli de Crussol, né en 1743, chevalier de Malte, député de la noblesse de la vicomté de Paris aux états généraux de 1789, lieutenant général des armées du Roi et pair de France en 1814, décédé sans alliance en décembre 1815. - Dont il est question dans notre relation.

 

Acte de vente (18 septembre 1784).

         Par devant les quatre créanciers syndics et directeurs des droits des autres créanciers de François Michel Marchant de Beaumont (il apparaît que Mr. Marchant soit dans les dettes), écuyer, et dame Marie Victoire Bauvin son épouse, d’une part. Et très haut et très puissant seigneur, monseigneur Alexandre Emmanuel de Crussol, Bailly, grand croix non profès de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, chevalier des ordres du Roy et de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, maréchal des camps et armées de sa Majesté et capitaine des gardes du corps de monseigneur le comte d’Artois, demeurant à Paris au palais du Temple, paroisse Sainte-Marie, adjudicataire des terres et fiefs dont il va être parlé, d’autre part.

         Que les dits terres et fiefs ont été adjugés définitivement, moyennant la somme de deux cent mille livres outre et par-dessus des charges, clauses et conditions insérées en le dernier procès-verbal en faveur de monseigneur le Bailly de Crussol. Lesdits syndics et directeurs ont vendu et promis garantir de tous troubles, dons, douaires, dettes, hypothèques, évictions, substitutions, aliénations et autres empêchements généralement quelconque à mon dit seigneur le Bailly de Crussol.

 

1. - Fief et seigneurie de la Gilquinière.

- La seigneurie de la Gilquinière, relevant en plein fief du Roy, dont a été donné aveu à Sa Majesté par Isaac de Martines, conseiller du Parlement de Bretagne le 23 avril 1596.

- Consistant en un château principal manoir, bâtiment édifices, chapelle, pressoir, parc, potager, bois, vignes, prez, luzerne et terres labourables. Le tout réuni en un seul morceau enclos

- Une portion du chantier dit le prez Renard

- Le clos Tustan et le long du mur dudit clos

- Une terre appelée la pièce du réservoir sur le chemin de Froid-Cul.

- Des vignes attenants ladite pièce du réservoir.

- Une terre dépendant autrefois de la ferme de Villiers

Ces quatre derniers articles en roture en la censive du seigneur du Breuil et d’Epinay

- Une terre appelée la Sablonnière, sur le terroir de Ballainvilliers, chantier de Bellebat.

- Deux pièces de bois taillis en ceux de Sainte-Geneviève.

- 836 livres 12 sols six deniers de rente foncière en baux d’héritages

- 53 livres de rente foncière en quatre parties à prendre sur héritages en roture

- Une portion du fief et seigneurie de Beaumont située en la paroisse de Villemoisson-sur-Orge, anciennement appelé le fief de la Châtière (Cholletière) et plus anciennement le fief du Sauvage,

- Le tiers de la seigneurie du Perray en plein fief foy et hommage de madame la comtesse d’Esclignac

 

Le château de la Gilquinière aujourd’hui

 

2. - Terroir de Villemoisson.

         Terres et fiefs faisant partie de celui de Beaumont mouvant de Villemoisson avec le droit de moyenne et basse justice ressortissant des hautes, moyenne et basse justice de Villemoisson. Soit :

- Une cour et un colombier en face de l’hôtel seigneurial de Beaumont, observant les sieurs syndics et directeurs que les sieur et dame Lesénéchal (propriétaire du château de Villemoisson) ont droit de jouir en usufruit pendant leur vie de ce colombier.

- Un pré lieu-dit le Pré Feuillet,

- L’enclos et la ferme dudit fief de Beaumont.

- Un parc clos de murs de tous côtés planté en bois, appelé la châtière (Cholletière) ou la Garenne, chantier des Franchises

- Une pièce de terre labourable appelée la pièce de la pointe.

- Une petite maison de jardinier, clos de murs, appelée la maison de la Pelleterie.

- Un clos en terres labourables et prez, clos de murs de trois côtés et le quatrième et dernier côté par le bas bordé de la rivière d’Orge.

- Une petite maison sur le carrefour dudit lieu.

- Le droit d’avoir un pressoir pour pressurer les vins

- Le droit de pécher concurremment avec les seigneurs et dame dudit Villemoisson

 

         Cens, surcens et rentes foncières et seigneuriales à prendre sur des maisons, héritages et terres dépendants dudit fief de Beaumont :

- 4 sols de cens, 6 poules de surcens et 35 livres de rente, sur Jacques Charpentier, à cause d’une petite maison

- 4 sols 6 deniers de cens, 4 poulettes de surcens et 15 livres de rente sur Thomas Ruelle, vigneron,

- 3 deniers de cens, deux poules à surcens et 8 livres 2 sols de rente foncière sur Pierre Charpentier à cause et pour raison d’une petite maison

- 4 livres au principal de la somme de 80 due par Thomas Ruelle à prendre sur une maison

- 1 sol 6 deniers obole pite de cens et 3 livres de rente foncière sur Pierre Latteux, menuisier pour raison d’une pièce de terre

- 36 livres de cens et rente due par Pierre Horry, vigneron à Sceaux-les-Chartreux, pour cause d’une maison

- 7 livres de cens et rente dus par dame Catherine Thérèse Bouillon, veuve de messire Louis Nicolas Mallet, procureur au Châtelet de Paris, à cause d’une maison anciennement appelée le Collège,

         Sur toutes lesquelles maisons, terres et héritages l’acquéreur pourra exercer tous les droits de moyenne et basse justice, profits et amandes jusqu'à 8 livres 15 sols, suivant la coutume de Paris, lods et vente en cas de mutation à raison du douzième denier, saisine et amande quand le cas y échoit suivant ladite coutume. Droit de nommer et instituer les officiers nécessaires comme prévôt, procureur fiscal, greffier et sergent, commettre et instituer geôlier pour la garde des dites prisons.

 

Réserves faites du fief de Beaumont :

         L’hôtel seigneurial et principal manoir dudit fief de Beaumont. Une petite maison consistant en un corps de bâtiment servant de logement au concierge et supplément de basse-cour. Le tout fermé de murs avec une porte cochère et formant l’article deux dudit aveu. Une maison, clos et prés avec oseraie, et petit canal servant d’abreuvoir et en partie potager. Clos de murs de tous les côtés et dont un côté est bordé par la rivière. Un petit jardin dans lequel est le réservoir des eaux dudit hôtel. Une place ou il y avoit anciennement une maison actuellement démolie. La jouissance d’un banc formé dans la chapelle de l’église paroissiale de Villemoisson.

         Terres en roture : au chantier de la Haie des Merisiers, au lieu-dit les hautes terres, au chantier de la Fosse d’Adam (La Fosse à faire Dodo selon d’autres documents), la pièce des Noyers, au lieu-dit au-dessus des jardins ; une terre labourable, friches et roches chantier du bois ; une terre labourable, lieu-dit la Bonne Etable (la Borne d’Erable selon dont d’autres textes). Des bas-prez lieu-dit les prés des Crouillères, sur ladite prairie, lieu-dit Laulnette à Carré.

 

3. - Terroir de Morsang.

         16 pièces de terre en rotures comprises en la censive des seigneurs de Morsan : Au chantier de la Grande Rue, au chantier du Mouton, au chantier de Compiègne, à la Régalle, au chantier des Franchises, au chantier de la Porte des Biches.

 

4. - Terroir du Perray.

         Terres en fief comprises en la vente relevant de la seigneurie de la Mothe de Montpipault et formant le tiers du fief du Perray.

- Deux terres labourables au nord au parc de la Garenne de Launay Gobard (Gohart)

- Une terre dont partie en bois taillis,

- Une terre plantée de saules et de peupliers,

- Deux terres labourables chantier communément appelé l’Orme de la Cousine.

- Une terre labourable près ledit lieu du Perray.

- Une terre sise sur la rue du dit lieu, proche et devant la ferme.

- Une ferme consistante en plusieurs espèces de bâtiments, cour et petit jardin, close de murs,

- Une terre et bois au-dessus de ladite ferme.

- Un pré

- Les cens dus à cause du fief du Perray et les biens en roture aussi compris en ladite vente étant en la censive de différents seigneurs.

 

         Les rentes foncières comprises dans toutes les seigneuries en la présente vente.

         Ne sont point compris en la présente vente les objets cy-après réservés par ladite dame Hérault : un fief dans la forêt de Secquigny relevant de la seigneurie de Launay, une pièce appartenant au seigneur de Ballainvilliers, aboutissant au chemin de la Marre Pavée, une pièce dans le canton appelé le Fond-de-Calais qui borde les terres labourables du Perray. Ces deux dernières relevant des religieux de la Couture Sainte-Catherine de Paris. Un pré et une terre situés au Breuil,

 

Propriétés.

         Et enfin les dits sieurs syndics et directeurs entendent vendre tous ces biens, avec tous les droits utiles et honorifiques dépendants sans aucune exception ni réserve et tel que n’ont joui ou dû jouir lesdits sieur et dame Marchant de Beaumont et sans être les créanciers desdits sieur et dame Marchant de Beaumont anciennement garants du mauvais état des biens de mobiliers, dégradations ou détériorations d’yceux.

 

 

         Le fief terre et seigneurie de la Gilquinière : appartiennent aux dits sieur et dame Marchant de Beaumont au moyen de la donation qui en a été faite audit sieur Marchant de Beaumont par François Marchant, écuyer, conseiller, secrétaire du roy honoraire et dame Marie-Anne Tardif son épouse, ses père et mère, le 7 novembre 1771. Lesquels sieur et dame Marchant père et mère en étaient propriétaires au moyen de l’acquisition qu’ils en avoient faite le 9 janvier 1758, de dame Marie Françoise Perrot de Tournières de la Cossière, veuve du dit sieur Drouilhet qui en étoit propriétaire.

         Les portions des fiefs de Beaumont et du Perray appartiennent aux dits sieur et dame Marchand de Beaumont au moyen de l’acquisition qu’ils en ont faite le 12 janvier 1770, de dame Marie Hélène Moreau de Séchelles, veuve de messire René Hérault. Ladite dame veuve Hérault en étoit propriétaire au moyen de l’acquisition faite de messire Claude Humbert Piarron de Chamousset, le 15 may 1751.

 

Cette vente est faite à la charge par mon dit seigneur le Bailly de Crussol qui s’y oblige :

- De payer et acquitter les cens rentes devoirs seigneuriaux et féodaux. Les droits de requint, lods et ventes, centième deniers, dix sols pour livre d’iceluy et tous autres droit généralement quelconques.

- 2°) De payer et acquitter les partie de rentes dues aux seigneur et dame de Villemoisson de 18 livres 7 sols 6 deniers de cens et rentes de la nature.

- 50 livres au curé de Villemoisson,

- 50 livres envers l’œuvre et fabrique de Morsan

- 10 livres à l’œuvre et fabrique de la Trinité de montlhéry.

- 7 boisseaux et demi de froment, mesure de Montlhéry, en nature ou en argent chaque année au prieuré de Longpont.

- D’entretenir et exécuter les baux à ferme et à loyer desdits biens

- De ne pouvoir chasser ni envoyer chasser dans les jardin et parc de l’hôtel seigneurial et principal manoir du fief de Beaumont, ni sur aucunes des portions du Breuil réservée par ladite dame Hérault.

- De ne pouvoir planter dans le pré Feuillet, ni sur le bord de la rivière d’Orge, ni en alignement, des saules, peuplier et autres espèces d’arbres qui puissent boucher les trois allées d’ormes plantées dans le clos de l’Osier réservé par ladite dame Hérault.

- Sera permis à ladite dame Hérault toutefois qu’il en sera nécessaire de faire ouvrir le puits qui a été fait dans une pièce de terre labourable derrière le clos de la ferme pour descendre dans les voûtes et conduits qui aboutissent au réservoir des eaux de ladite maison de Beaumont, et ce pour nettoyer ou autres réparations qu’il y auroit à y faire.

         Ladite vente est faite moyennant le prix et somme de 200.000 livres : pour le fief de la Gilquinière 54.500 livres :

- Pour le pré Renard 16.500 livres.

- Pour les biens en rotures relevant de la seigneurie du Breuil et d’Epinay ; 18.200 livres.

- Pour celui étant en la censive du seigneur de Ballainvilliers, 140 livres.

- Pour celui de Sainte-Geneviève, 600 livres.

- Pour les rentes montant ensemble à 889 livres 12 sols 6 deniers : 20.060 livres.

- Pour le colombier du fief de Beaumont, bâtiments de la ferme, jardin, terres, près, bois, censives, en poules et argent composant la portion du fief de Beaumont : 22.800 livres.

- Pour les biens en roture relevant de la seigneurie de Villemoisson et de Morsan, 24.000 livres.

- Pour les 101 arpents 41 perches de terre et pré, droit de justice, pèche et chasse formant le tiers de la seigneurie du Perray, relevant de celle de Montpipeau : 21.600 livres.

- Pour la terre en roture au chantier des Pruniers, terroir du Plessis Sebbeville, 800 livres.

- Pour les 17 arpents ou environ situés au Perray étant en la censive de différents seigneurs, 3400 livres.

- Pour les 6 arpents aux terroir de Savigny et de Viry 1200 livres.

- Pour une vigne en deux pièces au terroir d’Epinay, 200 livres.

- Pour les bois taillis de la Garenne 6000 livres.

- Pour les rentes foncières de la terre de Beaumont, 10.000 livres.

         Laquelle somme totale de 200.000 livres, mon dit seigneur le Bailly de Crussol s’oblige de déposer en espèce sonnantes, ayant cours, sans aucun billets ni effets de quelque nature avec les intérêts de ladite somme sur le pied du denier vingt à la déduction des impositions royales.

 

Echange convenu entre M. le Bailly de Crussol et M. Bertier.

         Echange entre monseigneur Bertier, seigneur de Sainte-Geneviève de Séquigny et le Bailly de Crussol, seigneur de Vaucluse. Ces échanges dont les préliminaires et pourparlers commencèrent en 1788, se concluent le 22 octobre 1790. A cette dernière date Bertier est mort et le Bailly de Crussol est immigré, ce sont aux régisseurs de l’un et de l’autre de régler l’affaire. Ces échanges en dernier lieu modifiés consistent : « M. de Crussol cède : 25 arpents 61 perches 9 pieds. M. Bertier cède : 16 arpents 60 perches 6 pieds, soit 9 arpents 1 perche 3 pieds en moins. Au principal : M. de Crussol cède 8587 livres 10 sols, M. Bertier 7025 livres 6 sols 8 deniers, soit 11.562 livres 3 sols 4 deniers en moins. »

 

Vaucluse, autrefois la Gilquinière. En bas de part et d’autre de l’Orge étaient les prairies. Dessus se distingue à droite le château et dans le prolongement les arbres délimitant l’ancienne l’allée. Les bois ont subsistés, mais dans le parc sont les bâtiments administratifs de Vaucluse. (Voir en comparaison le plan d’intendance du XVIIIe s, ci-dessus)

 

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