Fleury-Mérogis
(1)
Un propriétaire au nom romain de Fleurus.
Fleury-Mérogis
est un nom qui a commencé à ce voir au XIIIe siècle, il serait tiré d'un des
possesseurs de cette terre qui s'appelait Guillaume Meraugis. Mais, avant ce
temps-là on disait Flory ou Flury, ou bien Fleury tout simplement, car ce lieu
est connu sous le nom de « Fluriacum » dès la fin du onzième siècle
dans le cartulaire de Longpont, environ l'an 1093.
Selon
M. de Valois (dans sa notice des Gaules) « Floriacum » viendrait de
quelque possesseur primitif ou même du fondateur du lieu du nom romain de
« Florus ». Il serait possible que cette origine soit correcte, car
une voie romaine traversait le territoire ; elle était formée d’un pavage
de grés trouvé à un mètre environ au-dessous du sol lors des travaux de
drainage entrepris à la fin du XIXe siècle sur les terres de la ferme du
Plessis-le-Comte. Une hache en silex a été trouvée dans un champ avoisinant le
passage de ladite voie.
Un plat pays.
Le
territoire de Fleury est presque tout entier en plaine, il n'y a qu'une seule
petite éminence ou butte sur la pente de laquelle est bâtie l'église
paroissiale et le village, laquelle butte s’appelait autrefois le Tertre, sur
son côté le plus favorable il y avait quelques vignes.
Selon
Barranger, Fleury serait une ancienne forteresse et dans la monographie de
l’instituteur, l’auteur pense que la butte où se trouve le télégraphe a pu en
être son piédestal. Il ajoute : Mérogis, c’est Mexor, partage de terres
incultes entre les habitants.
Le
Dictionnaire Universel Géographique de France, publié en 1726, assure qu'il
avait 73 habitants à Fleury ; Pinard en compte 250 habitants avec ceux de
l'ancienne paroisse du Plessis-le-Comte, son annexe.

Plan d’intendance déposé aux archives départementales
de l’Essonne
Les tribulations de la
paroisse de Fleury
La
paroisse de Fleury était tombée dans l'oubli, soit en raison des guerres de du
XVIe siècle, soit par la négligence des seigneurs du même temps, et peut-être
aussi à cause de la pauvreté et du petit nombre des habitants qui ne pouvaient
entretenir ses bâtiments.
L'ancienne
église paroissiale n'était qu'une chapelle du titre de la Vierge, qui se
trouvait dans l'avant-cour du Château. Un dénombrement de la seigneurie donné
en 1399, faisait ainsi la description de ce château : « le fief
Fleury-Mérogis, maistre hôtel assis audit Fleury, qui aboutit au chemin du Roi
devant le Moustier (église) de Fleury. Une autre cour et le colombier tenant au
chemin du Roi d'une part, et au curé de Fleury d'autre ».
Il
y avait dans cette petite église une tombe sur laquelle était gravée la figure
d'un homme revêtu d'une espèce de tunique sans bras, ornée de quatre rangs de
fleurs de lys mises les unes sur les autres, tenant de sa main gauche son
bouclier garni de six fleurs de lys et de sa main droite une arme dont se
voyait que le bout inférieur, laquelle ne ressemblait point à une épée ni à un
glaive. Cet homme était tête nue, les cheveux très courts. Deux anges
entouraient sa tête; ses pieds étaient posés sur une levrette. La tombe était
aussi parsemée de fleurs de lys, ce qui était assez commun vers l'an 1300 ou
même avant. (Ces fleurs de lys ne signifiaient pas qu'il était de sang royal,
non plus que les trois fleurs de lys et un oiseau au milieu qui sont celles
d'Eustachia, abbesse d'Hierres). Autour était gravé en lettres gothiques
capitales : « Ici gîst Munseignor Guill : Meraugis le Seignor de
Flori. Priet por lame Dex en net peitei ».
Cette
ancienne église menaçait de ruine, on fut obligé de l’abattre vers l’an 1722,
(ainsi que le vieux château-fort ! !). Par sa lettre du 2 novembre
1719, M. l’archevêque de Paris permettait à madame Fleury, née Louise Bérault,
veuve de M. Joseph-Omer de Fleury, avocat général, de faire démolir l’ancienne
église, trop petite, humide et en ruines, pour la reconstruire. Il permettait
également de prendre une partie de l’ancien cimetière pour l’agrandissement de
l’église. Le cimetière qui se trouvait auprès de l’ancienne église ayant été en
partie distrait, madame de Fleury donna alors pour en créer un autre un terrain
situé au lieu-dit « les Boulevards ». En 1769, le cimetière fut de
nouveau ramené autour de l’église. Le 29 avril 1787 il fut procédé à la
désaffection du cimetière des Boulevards et les ossements rapportés près de
l’église. La nouvelle église fut finie en 1725, sa forme est celle d'une croix
latine. C'est un édifice dédié au Rédempteur, et d'une grandeur proportionnée
au nombre des habitants.

On
ne sait pas en qu’elle année Fleury fut érigée une paroisse. Au XIe siècle,
Fleury était une dépendance de l'église de Bondoufle. Mais au XIIIe siècle,
Fleury avait été démembré de la paroisse de Bondoufle qui avait été donnée au
monastère de Longpont par des laïques. Cependant, par une suite de la calamité
des temps au XVIIe siècle, la cure de Fleury revint à Bondoufle. Puis selon la
monographie de l’Instituteur, par un décret du 11 septembre 1675, sur la
réclamation de ses habitants, Fleury fut à nouveau séparé de Bondoufle.
François de Fleury procura un fond pour la cure qui fut alors érigée de nouveau
: le Presbytère fut rebâti et l'archevêque de Paris permit qu'on prît pour cela
une partie du cimetière. L'église fut rebâtie quarante ans après le retour de
Fleury en cure.
Les
premiers seigneurs de Fleury.
Le
plus ancien seigneur de Fleury est mentionné Dans le cartulaire de Logpont au XIIe
siècle, il se nommait « Robertus de Fluriaco ». Sur la fin du XIIIe
siècle ou au commencement du suivant, mourut Guillaume Méraugis, qualifié
seigneur de « Flori » sur sa tombe qui était dans l’ancienne église.
Le village fut surnommé Méraugis, puis Mérogis. Pour les anciennes cartes de
Sanson, Fleury et « Merongis » étaient deux lieux contigus ou réunis.
C'est
par les aveux et dénombrements des seigneurs venus depuis que nous apprenons
que cette terre relevait du château d’Hiere en Brie. (Aujourd’hui Yerres). Jean
de Saint-Port, écuyer, sous le règne de Charles VI, l'avoit eue du côté de sa
femme. Il rendit foi et hommage en 1399
à Jean de la Rivière dit Buriau, seigneur de la Rivière d'Armeel et de
Rochefort, et premier chambellan du Roi à cause de son chastel d'Yerres.
Il
y avait des bois et des « molières » autour de
« l'Hôtel-Bas », dont les cens étaient payables à la Saint Remi et à
la Saint Guenault ; le champart était de onze gerbes l'une que les tenanciers
devaient mener en la grange du seigneur,
On
note les noms de différents lieux-dits : le Pré au Maistre, La Haye au
Prestre, les Murgiers, la terre de Grés, Poillebrebis, les Hayes d'Illiers ou
de Liers qui séparaient les châtellenies de Montlhéry et de Corbeil, Lannoy, la
Viezville, Longuion ou Noguion au-dessous du tertre; le Buisson Chevrier, les
viels vignes sous le tertre, la Hate Charlo, Boyvin, la garenne au dessus de
Fleury au lieu dit le tertre. Il y avait quelques fiefs dépendants de la
seigneurie de Fleury, l'un situé à Savigny-sur-Orge, foi et hommage fut rendu
au seigneur de Fleury par dame Jeanne d’Agoust, épouse de Claude de la Baune,
comte de Montrevel. D'autres à Mardilly, paroisse d'Evry-en-Brie. D’après les
aveux de 1399, 1500, 1509 et 1721, il s’agissait d’un château avec parc de 458
arpents de terres labourables, 28 arpents de pré, 117 arpents de bois et 3
arpents de vignes.
La
ferme de Charcoix au Plessis-Pâté faisait également partie du domaine, elle
appartenait à Louis Huart et Jeanne Lamoureux son épouse (1606). La ferme et
métairie de Bondoufle a été acquise par M. de Fleury le 1er juillet
1603 des religieux de Bondoufle. Il est stipulé que les Célestins cédèrent la
terre de Bondoufle afin de trouver l’argent nécessaire au paiement de la maison
de Heaulme aux Halles, paiement pour lequel ils étaient poursuivis et aussi
pour acquitter un emprunt fait pour deux maisons de la rue de la Cerisaie.
Selon
la Monographie, on trouve parmi les premiers seigneurs : Honoré Cubert,
valet de chambre du roi, Jean de Saint-Port en 1399, Gilles de Saint-Port en
1400, Jean de Mortemont à cause de sa femme veuve du précédent en 1410 ;
la même année Pierre de Fleury. La généalogie seigneuriale semble différer de
celle proposée par l’abbé Lebeuf).

La
terre de Fleury-Mérogis était entrée dans une famille nommée de Fleury, à moins
qu’elle n’est prise le nom de cette terre. En 1454, François de Fleury, écuyer,
fit foi et hommage à Dreux Budé, garde des chartes du trésor du Roi, audiencier
en sa chancellerie, seigneur d'Yerres-le-Châtel.
Pierre
de Fleury posséda ensuite cette terre. Son fils aîné et principal héritier
nommé François, en jouit après sa mort, et en rendit hommage en 1512 à Dreux
Budé, seigneur d'Yerres. Dans son dénombrement se trouve un lieu-dit appelé le
Chêne de l’assemblée.
De
là cette terre passa en partie à Jacques de Fleury en 1520.
Après
lui, Fiacre de Saint-Berthevin, Seigneur de Ponthas ou Ponthus, jouit de la
terre de Fleury, comme ayant épousé Anne de Fleury, fille de Jacques. Le 24
Mars 1557 en l'hôtel de Jacqueline de Bailly, veuve de Jean Budé, seigneur
d'Yerres, trésorier et garde des chartes du Roi, situé rue des Barres à Paris,
il rendit hommage à la dame d'Yerres. Ce Fiacre de Saint-Berthevin mourut avant
l'an 1571. Il était probablement père ou frère d'Anne de Saint-Berthevin, femme
de Jean Blosset, deuxième du nom, seigneur du Plessis-Pasté, de laquelle on
trouva le corps sans corruption à Saint-Pierre de Brétigny plus de cent ans
après sa mort.
Anne
de Fleury, sa veuve, épousa en secondes noces Georges de Villecardel,
chevalier, seigneur de Saudreville (ou Sandreville), maître d'hôtel du Roi,
lequel le 19 Juin 1571, rendit foi et hommage à Dreux Budé, seigneur d'Yerres,
notaire et secrétaire du Roi. Elle eut main-levée de la saisie de la terre,
qu’avait faite Budé.
Anne
de Fleury étant devenue veuve une seconde fois, épousa en troisièmes noces
François de Rivière, écuyer, sieur de Mongrenon, gentilhomme servant de la
Maison du Roi. Après la mort de ce dernier mari, elle rendit de nouveau hommage
le 1er mars 1584 à Dreux Budé, l'un des quatre notaires et
secrétaires du Roi en sa Cour du Parlement, seigneur d'Yerres, et à Pierre
Budé, son frère, écuyer, seigneur en partie du même lieu et de
Villiers-sur-Marne.
Les Joly de Fleury.
La
terre de Fleury fut acquise le 25 août 1602 par François Joly, maître des
requêtes de Navarre depuis l'an 1500. Il était second fils de Barthélemy Joly
deuxième du nom, greffier en chef du Parlement de Dijon, et qui en cette
qualité fut présent au Lit de Justice de Charles IX tenu à Dijon en 1564,
lequel Barthélemy fut aussi greffier des Etats de Bourgogne.
François
Joly, était à Paris avocat, et chef du conseil du cardinal de Richelieu. Après
avoir acquis en 1612 la terre de la Mousse au Maine, il décéda à Paris le 22
octobre 1635. Il avait épousé Charlotte Boudon, fille d'Etienne Boudon et de
Charlotte le Lièvre. Les Joly était d'une famille originaire de Bourgogne, qui
tire sa noblesse des offices de judicature; elle a pour armes depuis 1648,
concession d'un quartier d'azur au léopard d'or, armé de gueules. Elle porte à
présent au 1 et 4 d'azur au lis au naturel d'argent au chef d'or, chargé d'une
croix pattée de sable ; au 2 et 3 d'azur au léopard d'or, armé de gueules.
Jean
Joly, son fils aîné, conseiller au Grand Conseil, posséda ensuite la seigneurie
de Fleury en 1646; et il en rendit foi et hommage le 5 février 1648 dans
l'hôtel d'Angoulême, à Charles de Valois, duc d'Angoulême, comme seigneur
« chastelain d'Hierre » et procureur général de Louis de Valois,
comte d'Alais, son fils. Il avait épousé Charlotte Bourlon, (ne pas confondre
les deux Charlottes) sœur d'un évêque de Soissons, morte dans sa quarantième
année en 1684, dont il eut une fille Charlotte, mariée à Denis Boutillier, père
de l’abbé (réformateur) de la Trappe ; et un fils nommé Jean-François.
Jean-François
épousa Magdeleine Talon, (Armes : d'azur au chevron d'or, accompagné de trois
croissants chargés d'épis de même; deux en chef et l'autre en pointe.). Ils laissèrent Joseph-Omer Joly, seigneur de
Fleury, avocat général, mort le 5 décembre 1704, qui eut de Louise Bérault,
morte le 31 décembre 1738, Jean-Omer Joly, chanoine de Paris, et Jeanne Louise,
première femme du maréchal d'Asfeld, morte sans enfants.
Guillaume
François Joly, puîné de Joseph-Omer, devint seigneur de Fleury. Il a été
procureur général au parlement de Paris et décéda en cette ville le 17 mars
1756, à 80 ans. Il fut père de Louis Guillaume François Joly, procureur
général, dont le fils.
Louis
Guillaume François, fils de Guillaume, posséda la charge de procureur en 1747.
Il fut seigneur de Fleury et de Grigny dont il avait fait l'acquisition. Il fit
faire tous les plans et avenues d'ormes et de noyers qui sont au-dessous de
Fleury du côté de la Greffière, et plusieurs autres embellissements dans le parc.
Il a laissé en manuscrit des mémoires sur des questions de droit. Il eut de son
mariage avec Marie-Françoise le Maître (morte à 83 ans, le 1er
décembre 1759), plusieurs enfants.
Guillaume-François-Louis
Joly, l’aîné, chevalier, devint seigneur de la baronnie de Fleury, de Grigny,
du Plessis-le-Comte, et autres lieux. Il épousa Marie-Rénée Lelièvre de la
Grange- (Armes : d'azur au chevron d'argent accompagné en chef de deux
quinte-feuilles et en pointe d'une aigle éployée, aussi d'argent). Il n'eut
qu'une fille, la marquise de Montmort.
La
terre de Fleury passa à son décès à Omer-Louis-François Joly président du
Parlement de Paris, avec lui Fleury fut érigé en comté. Dernier seigneur de
Fleury, il mourut à Paris, le 29 janvier 1810, à 95 ans, abandonnant quarante
enfants et petits-enfants. Il a été intendant de Bourgogne, conseiller d'État,
et ministre des finances de 1781 à 1783. Il fut l’objet de murmures qui
donnèrent lieu à des chansons. Le refrain de l'une d'elle était :
« Si c’est du Fleury, ce n’est pas Joly ! ». Il eut pour
fille :
Françoise-Bonne-Geneviève,
deuxième femme de Louis d'Estampes, baron de Mauny, (1742 – 1817).
Armand-Guillaume-Marie
Joly, comte de Fleury, petit-fils du précédent (1746 – 1823), Un document de sa
main montre quels moyens on employait pour empêcher l’évolution sociale du
Tiers-Etat à la veille des Etats-Généraux de 1789 : cet imprimé avait pour
titre « Délibération à prendre par le Tiers-Etat dans toutes les
municipalités du royaume de France, à être lacéré et brûlé par l’exécuteur de
la haute justice ». Il fut nommé député par le collège électoral de
Seine-et-Oise en 1810, et à la Restauration, reçut le titre de conseiller
d'État honoraire. Angélique-Claudine-Gabrielle-Douet de la Boullaye, sa veuve,
était fille d'un fermier général, morte au château de Fleury, le 12 juillet
1846.
Angélique-Marie-Célestine
Joly de Fleury épouse de Louis François Débonnaire, baron Forges.
Bon-Jean-Gabriel-Guillaume
Joly, comte de Fleury, dernier du nom, décédé en 185. Il aliéna la terre dont
il portait le nom, en 1854, à M. Grandidier, notaire à Paris. Cette propriété
appartint par la suite à M. Bartisol, maire de Fleury-Mérogis, qui est à
l’origine d’un apéritif portant son nom.
Le château de Bartisol.
Au
moment de la destruction, en 1726 du château de Fleury, une vue montre ce
manoir du moyen âge dans son ensemble. Il était enclos de murs garnis de
chaînes en briques. Deux cours précédaient le château : dans la première était
la chapelle. Pour Bartisol cette vue ne lui paraissait pas être réellement
celle de l’ancien château de Fleury. Il a été rebâti alors sur un autre
emplacement, et consiste en un corps de logis flanqué de deux ailes en retour
sur la façade arrière. On y accède par un perron monumental, de chaque côté
duquel se détachent deux statues symbolisant l’une le Rhône et l’autre la
Saône.
En
avant de ce perron se trouve une grande pelouse circulaire avec un bassin, des
massifs d’arbustes et de fleurs. Un grand fossé à revêtement de gré entoure les
bâtiments sur trois côtés, et un pont jeté sur ce fossé permet l’accès du parc.
Près du château, sont situés de vastes communs. Le parc est immense, il est
divisé en terrasses.


La justice seigneuriale.
La
seigneurie de Fleury avait droit de haute, moyenne et basse justice, Les
fourches patibulaires, autrement dit le gibet, s’élevaient sur la butte appelée
tantôt Montaigu, tantôt Montesques, au XIXe siècle la butte du télégraphe. Dans
un acte du 23 août 1487, Pierre de Fleury eut recours au roi pour le rétablissement
de ses fourches patibulaires à trois piliers. Ces fourches s’étaient effondrées
parce que Fleury était inhabité à cause des guerres qui avaient ruiné le
royaume de France. Louis XIV, le 11 avril 1672, confirmait le droit des
seigneurs au rétablissement des fourches patibulaires.
Nous
avons un exemple du droit de justice du seigneur de Fleury. « Pierre
Piedebourg, condamné à être pendu et étranglé dans la grande rue de Fleury, fut
en fait battu et fustigé nu de verges, ayant la corde au col », par les
carrefours du village. Banni de la prévôté et vicomté de Paris le temps de neuf
ans il fut condamné à dix écus d’amende envers la dame de Fleury. (5 septembre
1584).
Les
seigneurs de Fleury avaient en outre le droit de rouage qui consistait dans
perception de 4 écus parisis pour chaque charretée de vin se chargeant à Fleury
et 2 écus pour chaque charretée traversant la seigneurie. Le droit de forage
qui consistait dans la perception de 6 pintes de vin par chaque demi-muid et
sur chaque homme tenant auberge à Fleury. Le droit de colombier à pied avec
boulins au rez-de-chaussée. Le droit de four banal, taxe sur la cuisson du
pain. Le droit de Champart qui consistait en droit sur les champs (11 gerbes à
l’arpent). De droiture sur les terres appartenant au curé qui consistait dans
la perception d’un setier d’avoine, un minot et demi de froment 3 chapons et 9
écus. Droit de cens sur les maisons et jardins ; droits de garenne à
« connils et chasse en icelle », de patronage dans l'église, etc. Pour
l’exercice de cette justice, il y avait un prévôt, un procureur d’office, un
sergent et un tabellion.

Plessis-le-Comte.
Plessis
« qui étoit construits proche les bois dans une enceinte de claies ou de
branches d'arbres pliées ». Le nom de Plessis marque que ce fut dans les
bois que Plessis était situé ; en 1739 on l'avait aussi appelé « le
Plessis-aux-Biches » .
Dans
le cartulaire ou registre du roi Philippe Auguste on y lit que Jean de Corbeil
était tenu de garder durant deux mois le château de Montlhéry en raison des
terres de Plessis-le-Comte et de Grigny qu’il possédait. Mais il fut dit que
cette châtellenie avait perdu des dépendances de trois côtés, savoir: quatre ou
cinq terres du côté d'Etampes; Grigny et le Plessis-le-Comte-Raoul du côté de
Corbeil; Palaiseau et Champlan du côté de Paris. C’est pourquoi Plessis et
Grigny se seraient trouvés dans la dépendance de Corbeil.
Aux
XIIe et XIIIe siècles en parlant du Plessis-le-Comte, on ajoutait quelquefois
le nom du Comte qui était Raoul, en sorte que l'on disait « le
Plessis-le-Comte-Raoul ». Quel était le comte Raoul dont le Plessis a pris
le nom ? L’abbé Lebeuf ne vois que Raoul, comte de Vermandois sénéchal de
France. Louis VII l'établit régent du royaume avec l'abbé Suger en 1147
lorsqu'il partit pour la terre sainte ; il est à présumer qu'en cette occasion
il lui donna quelque forêt dans le voisinage de Paris et qu'ayant eu la forêt
de Séquigny qui était alors très grande, il s'y serait fait construire une
maison de campagne sous le nom de Plessis.
L'usage
de dire « Plessis-le-Comte-Raoul fait que pour plus de commodité il fut de
dire le Plessis-le-Comte. Joint à Orangis, il n’y avait que 79 habitants en
1745. A Plessis-le-Comte, on y distingue deux fermes : la Greffière et
Baudoin. Ce pays de labourage n'est qu'une plaine sans vignes.
L'église
Saint Barthélemy du XVe ou XVIe siècle, est très petite. Elle ne consiste que
dans un chœur et un sanctuaire voûtés. Elle serait peut être le reste d'un plus
grand bâtiment construit sous le Comte Raoul. Elle fut longtemps vacante sous
les rois Louis XI et Charles VIII et pouvait avoir été succursale de Viry,
comme l'avait été l'église de Grigny.
On
trouve au milieu du XVIe siècle Geneviève Boulanger de l'Estoc qui apporta les
deux seigneuries à François de Luyne président au Parlement de Paris.
Antoinette de Luyne, épousa Lubin d'Allier docteur en droit, d'où la fille
Marie porta les seigneuries en mariage à Jean Mercier, de Jean fut issu Josias
Mercier. M. de Chevilly, lieutenant général des armées du roi, les possédait en
1720, et les vendit à Joly de Fleury, procureur général.
Lebeuf
y remarque un fief du nom de Crônes au territoire de Plessis-le-Comte. Jeanne
de Salligaut y avait huit arpents de bois taillis avec le fief de Crônes. Les religieuses de Saint-Eutrope de
Chanteloup-lez-Arpajon avaient droit de censive sur du bien au Plessis-le-Comte
qu'elles ont vendu. La famille Pons de Rennepont acquit ces terres de MM. Joly
de Fleury sous la Restauration,elle les a aliénées en 1854.
Fleury
se trouvait sur la ligne télégraphique de Bayonne et Lyon ; elle y avait un
poste.

(1) D’après, et extraits de
l’« Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris » de l’abbé
Lebeuf (v. 1750), la monographie de l’Instituteur (1899) et l’« Histoire
du canton de Longjumeau » de M. Pinard
Cartes postales : collection M.
Davoine