Sous le premier Empire
La Révolution est du passé, un passé bien agréable pour
quelques uns qu'elle a servi ou enrichi, pour d'autres d'une amertume
douloureuse. Nous ne savons peu de choses sur l'état d'esprit de nos
concitoyens pendant le grand drame du 1er Empire Français. La vie locale est
bâillonnée, l’Etat la recouvre d’une chape de plomb. Maires et adjoints sont
nommés par arrêtés préfectoraux.
Le registre des délibérations municipales de Villemoisson
est muet depuis l’an XIII (1804) jusqu’au 4 août 1825. Nous présentons
cependant quelques documents dont quelques écrits par Mr. Victor Chaudun.
Toutefois, nous produisons trois parties relatant cette
période : Quelques notes et documents du début l’Empire ; le cadastre
napoléonien photographie de Villemoisson en 1811 ; et les conséquences des
guerres napoléoniennes.
§
Serment d’obéissance à la constitution de l’Empire et de
fidélité à l’empereur. - Le 5 messidor, « an XII de la République et
Premier de l'Empire Français » (23 juin 1803). « Nous, maire de la
commune de Villemoisson-sur-Orge, vu... et d'après la délégation à moi adressée
par le préfet à l'effet d'aller prêter le serment entre les mains du maire du
canton de Longjumeau, et à l'effet de recevoir entre mes mains,
individuellement, celui des membres du conseil.
« Et d'après avoir été convoqué et averti en date du 2
présent, se sont réunis en la maison du maire les dénommés, savoir : Pierre
Denis Latteux, adjoint, Germain Sophie Thomas, Nicolas Charpentier, François
Jacques Thomas, François Robine, membres du conseil, François Gaspard Mouroux,
membre du conseil et percepteur, Claude Pierre Latteux, trésorier de la
Charité, Henri Boissiquat, Jean baptiste Saint-Lot, administrateurs de la
Charité, François Latteux, Pierre Limay, marguilliers, qui, tous présents, ont
individuellement prêté le serment d'obéissance à la constitution de l'Empire et
de fidélité à l'Empereur. Daragon, maire ».
Culte : les Villemoissonnais préfèrent être réunis à
Epinay plutôt qu’à Morsang. - « Le 1er fructidor an XII (18 août
1803), comme suite au décret impérial sur les nouvelles circonscriptions
(territoriales), la municipalité se rendant compte du peu d'importance de la
commune et de la pauvreté de son sol, proteste contre une réunion éventuelle à
celle de Morsang. Ayant déjà été réuni à celle-ci, mais ne voulant pas désobéir
aux ordres du gouvernement, déclare préférer la réunion à la commune d'Epinay
parce que celle-ci est plus proche pour les offices et l'instruction des
enfants. (L’instruction scolaire est retournée sous l’emprise administrative de
l’Eglise). C'est pourquoi les membres dudit conseil ont délibérés à ce sujet,
Cependant si l'intention du gouvernement était de nous laisser un ministre du
culte; ce serait pour nous bien plus favorable ».
Sur la réparation d’un pont imposé à Villemoisson -
Le 2 nivôse, an XIII (12 décembre 1804). Les soussignés membres du conseil
municipal de la commune de Villemoisson-sur-Orge, à monsieur le
sous-préfet :
« Monsieur, Pour répondre à vos circulaires datées du
18 brumaire concernant la réparation à faire du pont et sur les boëles,
déchargeant (desservant les) des prairies des communes de Longpont,
Sainte-Geneviève-des-Bois et Saint-Michel-sur-Orge.
« La municipalité convoquée, le maire a rendu compte
desdites circulaires, ainsi que le devis montant à 2120,52 francs. Le conseil
de la commune est très surpris qu'on leur propose de s'imposer de cette somme
pour cette réparation. Il est bien que ce pont soit rétabli, mais comme notre
commune n'en tire aucun revenu, et que ce pont ne nous est pas plus utile
qu'aux autres communes qui sont Epinay-sur-orge, Savigny, Morsang,
Sainte-Geneviève, Saint-Michel ; alors que Montlhéry en tire des revenus
par la location des places aux Halles et mêmes d'autres droits.
« Notre commune n'ayant d'autre revenu que celui
qu'elle tire des centimes additionnels et des contributions qui ne suffisent
pas pour s'entretenir des besoins qu'elle peut avoir, se trouve hors d'état de
pouvoir contribuer. Á moins que les communes dont nous vous parlons ci-dessus y
soit comprises, comme leur étant au moins aussi utile qu'à nous.
« Voila, Monsieur, toutes les observations que nous
avons à vous proposer. Nous avons l'honneur de vous saluer ».
Cette lettre ne précise pas quel est ce pont que l’on
suppose être sur l’Orge. Peut-être est-ce celui qui se trouve au bas de
Longpont.
Etienne Moreau, propriétaire du Vieux-Logis, nommé maire
par le sous-préfet. - Edme-Jean Blaque, marié à Alexandrine Bégonal, se
défait du Pavillon Blaque (Vieux-Logis) le 5 frimaire an X (25 novembre 1802)
pour le vendre à Denis Etienne-Maris Moreau pour la somme de 30.000 francs.
« Le dimanche 13 mai 1810, se présente devant nous,
adjoint au maire de la commune de Villemoisson, Mr. Jean Barthélemy Moreau,
frère et héritier de Denis Etienne Marie, né en 1760, avocat, propriétaire à
Villemoisson du Vieux logis. Lequel nous, dit que par un arrêté du préfet de
Seine-et-Oise en date du 2 mai, il est nommé pour remplir les fonctions de
maire de Villemoisson en remplacement du sieur Daragon décédé.
« Que par une lettre de Mr. l'auditeur du conseil
d'Etat, sous-préfet de l'arrondissement de Corbeil, il a été invité à se rendre
par-devant nous à l'effet de prêter entre nos mains le serment prescrit par la
loi du Sénatus Consul du 28 floréal an XII. Après quoi nous avons fait lecture
de la formule prescrite. Mr. Moreau a juré obéissance aux constitutions de
l'Empire et fidélité à l'Empereur. Signé l'adjoint Pierre Denis Latteux ».

Le point de départ de procès qui dureront près d’un
siècle. - Le 12 mai 1811, le conseil municipal de la commune, est
légalement convoqué par Mr. le maire en vertu de l'autorisation spéciale de Mr.
le préfet de Seine-et-Oise, pour délibérer sur la question relative aux droits
d'usage appartenant à la commune dans la forêt de Séquigny, dite de
Sainte-Geneviève, droits injustement contestés par messieurs Bertier. Si il est
de l'intérêt de la commune de poursuivre devant les tribunaux ou s’il ne vaut
pas mieux autoriser Mr. le maire à faire choix avec les autres maires des
communes usagères d'un arbitre, pour avec celui qui sera nommé par messieurs
Bertier, décider de la contestation qu'ils ont élevée sans l'homologation de la
décision par les autorités administratives aux termes de la loi.
Considérant que la soumission à l'arbitrage et à
l'assentiment des autorités administratives est la moins dispendieuse, et que
d'ailleurs les droits d'usage ont été conservés dans leur intégrité, de temps
immémoriaux, tant par l'autorité judiciaire que par celle administrative,
qu'ils ne devraient pas même y avoir lieu à contestation. La municipalité est
d'avis qu'il y a lieu d'autoriser Monsieur le maire à passer un compromis avec
messieurs Bertier ; se réunir avec ces messieurs les autres maires des communes
usagères, pour faire choix d'un arbitre, faire tous les actes nécessaires
conformément aux lois jusqu'à la décision définitive par l'autorité supérieure
administrative.
Autres nominations préfectorales - Le 18 août 1811,
comparaissent les sieurs Boissiquat Henri, cultivateur de cette commune, et
Limay Pierre. Lesquels exhibent l'acte de nomination fait par Mr. le préfet du
17 juin (désignant ces) personnages pour remplir les fonctions de membres du
conseil municipal en remplacement de ceux décédés ou retirés. En conséquence,
nous maire, avons fait prêter le serment accoutumé à chacun d'eux et leur en
avons donné acte. Ledit Boissiquat a signé avec nous; Pierre Limay a déclaré ne
le savoir.
Le 25 août 1811, comparait Moison Louis François, lequel
exhibe l'acte de sa nomination, du 17 juin comme membres du conseil municipal,
auquel nous lui avons fait prêter serment.
Le 28 mars 1813, Moreau Jean Barthélemy est reconduit dans
ses fonctions de maire par le préfet de Seine-et-Oise. Mr Moreau nous invite à
recevoir le serment prescrit. Le même jour Pierre Denis Latteux présente un
arrêté du préfet le reconduisant dans sa fonction d'adjoint.
Á défaut de ne pouvoir suivre les évènements sur le registre
municipal devenu muet, il nous reste à nous rabattre sur ce que deviennent le
château et le Collège.
Que devient le château de Villemoisson ? - Le
Sénéchal vend le 6 octobre 1791 son domaine à Villemoisson à
Nicolas-Pierre-Sébastien Blandin, ancien régisseur général et à Alexandrine
Lecourt son épouse, pour 70.000 livres, soit 50.000 pour le château et 20.000
livres pour les terres, en dehors d’une superficie de 50 arpents.
Sébastien Blandin achète aussi de Jean-Henry Moret de Peyre,
maréchal des camps des armées du roi, demeurant en son château de Baume, une
cour et un colombier, situé à l’angle de la rue de Longpont et de l’avenue Guy
Moquet. (Voir plan Napoléon B) pour la somme de 1500 livres, puis le 28 octobre
des biens faisant partie du ci-devant fief de Beaumont. C’est-à-dire : la
Pelleterie, le Clos Beaumont, une petite maison sise au carrefour de
Villemoisson, comprenant : cheminée, four, grenier et étables à vaches,
moyennant 30.000 livres. (On suppose que cette maison était située à l’angle de
la rue Ferrande avec la rue de l’Eglise).
Le 18 prairial an VIII, vente est faite par Alexandrine
Lecourt, veuve de Sébastien Blandin, à Mme Marie-Jeanne-Denise-Elisabeth
Rigoley d'Ogny, épouse divorcée de Bassompierre, du château de Villemoisson
pour le prix de 42.050 francs pour l’ensemble et 20.000 pour le mobilier.

Château de Villemoisson, gravure datée de 1843
Le 28 juin 1806, vente faites aux enchères par : Pierre
Nicolas Blandin ; Jacques Dominique Harmann et Désirée Blandin son
épouse ; dame Aglaé Blandin ; et dame Chodron, épouse séparée du
sieur Legay-Ferriéres. Tous héritiers pour un quart d'Alexandrine Lecourt, leur
mère décédée. Elle comprend : le Clos de Morsang, une terre rue Ferrande, une
maison située au carrefour Ferrande (dite du château Gaillard), des terres
situées au lieudit Le Caudry, prés du chemin de Montlhéry, la Haie des
Merisiers, le Poirier de la Farinette, le Pré de Crouillon et près du bois de
l’Epine proche de la forêt.
Elisabeth Rigoley d'Ogny lègue en 1808 tous ses biens à ses
quatre enfants, en précisant que le château de Villemoisson et son mobilier
seront la part de son fils Jean Charles Stanislas. Après son décès le 29
janvier 1810, le partage de la succession a lieu. Elle se monte à 220.871
francs. Elle est donc divisée en quatre parts égales le 28 septembre 1813 entre
Stanislas, marquis de Bassompierre marié à Claire-Jeanne-Rossoline-Chantal de
Villeneuve de Vance, Pauline âgée de 38 ans, mariée à Eléonore de Sérignac,
Amélie et Marie.
Qui sont les
Bassompierre ?
Les Bassompierre (Dompierre de Bassompierre), d'une ancienne
famille de chevalerie d'Haroué-en-Barrois, près de Nancy, dans la châtellenie
d'Ormes, fief des Betstein (forme lorraine du nom de Bassompierre), de bet :
basson et de stein, forme allemande du terme moyenâgeux, butte ou motte
désignant une construction féodale primitive.
Les Bassompierre prisent surtout le métier des armes et
servent divers pays : la Lorraine lorsqu'elle faisait partie de la
Confédération germanique, l'Allemagne, la Hongrie, la France, en dernier lieu.
Ils portaient primitivement d'argent à trois chevrons de
gueules, et après l'élévation au marquisat de Léopold-Clément « d'azur au
chevron accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un faisan, le tout
d’or ». Ce sont ces dernières qui figurent dans le blason de Villemoisson.
Les marquis de Bassompierre descendent de :
- Olery 1er, sire de
Bassompierre, + en 1292, d'où :
- Simon, sire de
Bassompierre, + en 1333 ;
- Olery II, sire de
Bassompierre, + en 1352 ;
- Geoffroy 1er sire de Bassompierre
et de Longchamp, + en 1405 ;
- Jean, sire de Bassompierre
et de Longchamp, + en 1423 ;
- Geoffroy II, chevalier,
sire de Bassompierre, conseiller du duc de Lorraine ;
- Christophe 1er, chevalier,
sire de Bassompierre et d'Haroué, épouse en 1494 Jeanne de Ville-sur-Illon
- François, chevalier, sire
de Bassompierre, grand bailli des Vosges, colonel des Lansquenets de
Charles-Quint, épouse en 1529 Marguerite de Daumartin ;
- Christophe II, baron
d'Harouel, chevalier de Betstein, d'Ormes et de Baudricourt, colonel au service
de l'Empereur d'Allemagne; chef des finances de Lorraine, commandant 1500
reîtres. Alors que la Lorraine ne faisait pas partie du royaume de France.
Christophe sert la cause des catholiques français. Il épouse, en 1572, Louise
Lepicart de Radeval et, meurt le 22 avril 1596, à Nancy.
De Christophe II naît :
- Georges, dit l'Africain,
marquis de Remonville, grand bailli des Vosges, grand écuyer de Lorraine
- François …
François de Bassompierre né en 1579, à Haroué.
S'exprime en cinq langues, possède des connaissances en philosophie, fait de
nombreux voyages en Europe centrale et en Italie. En 1598 il est adopté par le
roi Henri IV Avec le médecin Pierre Milon, le conseiller d'Etat Méry de Vic, il
assiste aux derniers moments du Vert-Galant frappé par Ravaillac. Protégé de
Marie de Médicis, hardi, simple, insolent même, plaisant aux dames, son
influence balance souvent celle du favori Concini.
Il est nommé colonel-général des Suisses en 1614, maréchal
de camp en 1615, grand-maître de l'Artillerie en 1617, ambassadeur
extraordinaire en Espagne en 1621, maréchal de France en 1622, commandant
l'armée du roi en 1627. Mais Richelieu voyant en lui un redoutable rival
obtient du roi en 1631, son internement à la Bastille qu'il ne quitte qu’après
la mort du puissant cardinal-ministre en 1643. Ruiné par les agissements de ses
créanciers, les malheurs de la guerre de Lorraine, éloigné de Paris par ordre
du roi, il meurt s le 12 octobre 1646 dans une hôtellerie de Provins.
Louis de Bassompierre, fils de François et de
sa maîtresse Marie-Charlotte de Balzac d'Entragues (1) - sœur de la marquise de
Verneuil, maîtresse d'Henri IV -, fille d'honneur de la reine. Louis, doyen de
Saint-Emilion est nommé à l'évêché d'Oléron en 1646, puis à celui de Saintes en
1647. Premier aumônier de Monsieur (frère du roi) en 1651, il obtient les
abbayes de Chéry (Cléry ?), Bosche-ville, Saint-Volupien-de-Foix, Il rend
de grands services à l'Etat dans les troubles de Guyenne et meurt à Paris en
1676.
Georges l'Africain, frère de François, épouse
en 1610 Henriette de Tornielle, dont il a :
Gaston-Jaen, marquis de Baudricourt,
lieutenant-colonel au service de l'empereur d'Allemagne, marié à Henriette de
Rollin, d'où :
Jean-Claude, capitaine de chevau-légers du duc
de Lorraine. Il épouse en 1711 Élisabeth de Bettancourt dont le fils est :
Léopold-Clément, né en 1713, brigadier des
armées du roi en 1747. Estimé du duc de Lorraine, il est créé marquis de
Bassompierre en récompense de ses services. Chambellan du roi de Pologne, il
épouse en 1734 Charlotte de Beauveau, dont il a :
Jean-Anaclet, né en 1744, maréchal de camp des
armées du roi, marié en 1773 à Elisabeth Rigoley d'Ogny, fille du baron d'Ogny,
(la châtelaine de Villemoisson). Émigré en 1791, il fait la campagne des
princes en qualité de maréchal de camp, il rentre en France suite aux des lois
édictées par Bonaparte en faveur des émigrés. Divorcé, il se remarie à 59 ans
avec son ancienne femme le 26 Thermidor, an XI, et meurt d'apoplexie en se
rendant de Villemoisson à Longjumeau le 7 octobre 1806. Il est inhumé à
Morsang.
Élisabeth Rigoley d'Ogny, meurt le 29 janvier
1810, à 59 ans, laissant comme héritiers :
- Jean-Charles Stanislas ;
-
Clémentine-Elisabeth-Pauline ;
- Marie-Louise-Amélie ;
- Henriette-Françoise-Marie.
Stanislas est né en 1777, émigre avec son
père, entre en France en même temps que lui et sont tous deux l'objet d'une
surveillance (2). Soit qu'il ne prise pas le métier des armes autant que ses
ancêtres, soit qu'il ne veut pas servir dans les armées consulaires, il se fait
remplacer au moment de la conscription (3). Il épouse en 1811, Claire-jeanne de
Villeneuve de Vance. Stanislas meurt le 15 novembre 1837 à Villemoisson, il
sera inhumé à côté de ses parents dans le cimetière de Morsang. La marquise lui
a donné cinq fils morts en bas âge et trois filles qui ont survécu dont la
marquise de Pins, comtesse d'Hunolstein décédée le 22 février 1847 et Mme la
marquise de Chantérac.
François de Bausset. Pendant de nombreuses
années vit au château des Bassompierre leur cousin. François de Bausset est né
à Pondichéry, le 14 décembre 1748, dont les armes sont : « d'azur

François de Bausset
au chevron d'or et en pointe
à six copeaux d'argent et la devise « Sola Salus Servire Deo ».Ancien élève du
séminaire de Saint-Sulpice, grand vicaire de Digne, chanoine et grand vicaire
d'Aix, abbé de Jaussels en 1777, évêque d'Allais le 14 juillet 1784. Atteint de
la goutte, il emploie ses loisirs à écrire l’histoire de Fénelon qui a fait
grand bruit à l’époque. Enfin il est nommé à la Chambre des Pairs en 1815,
académicien en 1816, cardinal en 1817 et décède en juin 1824.
(Internet et des extraits de
« Villemoisson en Hurepox » de Victor Chaudun.
(1) Les de Balzac d'Entragues, furent pendant deux
siècles seigneurs de Marcoussis à partir de Guillaume qui obtint cette
seigneurie en partage le 7 avril 1545, en même temps que celle de Nozay, la
Ville-du-Bois, Châtres (Arpajon). Marie-Charlotte qui se disait dame de
Bassompierre, hérita de son père Charles, des étangs de Marcoussis, de la ferme
de la Ronce et de 397 arpents de bois par sentence du Parlement du 22 juin 1631
alors que son demi-frère César recevait les seigneuries précitées.
(2). 19 germinal an X. Une surveillance est accordée au
C. Anaclet de B., « de la part de la police générale, pour se rendre à Paris,
sous la responsabilité du maire de Villemoisson. Signé : Fouché et d’Aragon.
(3). « Vendémiaire
an XII : Extrait du présent arrêté d'expédition délivré au C. Charles, Jean,
Stanislas de Bassompierre, conscrit de l'an VII : le préfet du département de
la Seine, vu les pièces produites par le C. J-S Bassompierre, conscrit de l’an VII, demeurant à Paris, rue des
Saussaye, n°12, constate qu'il a rempli les conditions pour le remplacement
exigées par la loi du 17 ventôse an VIII, vu la décision du ministre de la
Guerre, arrête : le citoyen Ch.-S. Bassompierre est admis à se faire remplacer
par le citoyen Pierre-Emmanuel Roullet, né à Elbeuf (S.-I.). Fait à Paris, le
brumaire an XII ».
Suivit de la propriété du
Collège,
Sous la Révolution Louis Mallet, procureur au Châtelet, est
propriétaire du Collège, et le 7 messidor an IX (26 juin 1800), vend le domaine
à Jean Baptiste Magin, inspecteur général en chef de la navigation des ports du
département de la Seine, et à Agathe Marie Jeanne Mérigot, son épouse :
« Une maison bourgeoise sise à Villemoisson, située sur une
avant-cour en demi-lune cintrée plantée de tilleuls, etc., comprenant une
basse-cour donnant sur une ruelle ayant sortie sur les champs par le bout d'en
haut, murée dans le bout d'en bas. Sur la rue est une laiterie. Le jardin clos
de murs est divisé en un parterre ; une petite melonnière et un potager, avec
puits et bassin, planté en arbres fruitiers et treilles. Une autre partie en
terres labourables et aussi un petit bois de châtaigniers, le tout contenant 9
arpents. Cette vente, grevée d'une hypothèque de 70 livres de rente, est faite
pour la somme de 12.000 francs sur laquelle ont été retenus 8.700 francs d'arrérages.

Le 2 floréal de l'an X (21 avril 1801), le citoyen Jean
Baptiste Magin demeurant avec son épouse Mérigot, quai de la Liberté, division
de la Fraternité à Paris, vend au citoyen Pierre de Jacquet de Saussure, homme
de lettres, demeurant 2, rue du Helder à Paris, son acquisition du 7 messidor,
moyennant :
- l°) le paiement de la
contribution foncière à dater du 1er germinal dernier ;
- 2°) de payer les droits
d'enregistrement et autres de la présente vente ;
- 3°) de payer tant qu'elle
aura cours la rente de 70 livres tournois due au citoyen Delâge de la
Landrie...
- 4°) de payer tous les
arrérages qui peuvent être dus à la rente de 70 livres ci-dessus énoncée par le
contrat de vente du 7 messidor an IX depuis le jour de la Saint-Martin 1779, ce
qui au 21 brumaire an IX fait 22 années qui, à raison de 70 livres, font 1610
livres plus 1540 livres dues encore par le citoyen Magin à l'ancien
propriétaire Louis Mallet. En outre la présente vente est faite moyennant la
somme de 16.060 francs en numéraire métallique francs deniers en or et argent
ayant cours.
Le 26 nivôse an XI (15 janvier 1802), en l'étude de Me
Gaillard à Savigny, vente par les huit enfants de Sylvain Lafeuille au citoyen
Pierre de Jacquet de Saussure, demeurant ordinairement à Paris, Petite Rue
Saint-Pierre à l'Hôtel de la Réunion, moyennant une somme de 550 francs plus
une rente foncière de 50 francs, une maison sise sur la Grande Rue de
Villemoisson consistant :
En une chambre à feu par bas servant de cuisine, une petite
chambre sans cheminée à côté, grenier au-dessus, couvert de chaume, une
laiterie et une étable attenante à ladite maison, cour devant et lesdits
bâtiments ayant leur entrée sur la rue ou chemin pavé allant à Montlhéry, un
petit jardin longeant ladite rue, le tout clos de murs contenant 18 perches de
3 pieds pour l'ensemble. Lesdits biens proviennent de la communauté Sylvain
Lafeuille, Marie Saint-Lot, son épouse, père et mère des vendeurs qui les
tenaient de Louis Petit, cultivateur, par acte passé devant Me Pinet notaire à
Sainte-Geneviève moyennant une rente perpétuelle de 50 livres, lequel en était
propriétaire comme faisant partie de la prise à rente qui lui avait été faite
par le marquis de Crussol, propriétaire de Vaucluse, par acte passé devant Me
Suzanne, notaire à Montlhéry le 12 mars 1785. (Sylvain Lafeuille, né à
Arnac-en-Limousin, maçon marié à Marie Geneviève Saint-Lot, le 12 novembre
1764, veuf en premières noces de Marie Monteil, conseiller municipal de
Villemoisson en 1790.)
L’emplacement de cette maison reste à déterminer.
Qui sont les Pierre de
Jacquet de Saussure ?
« Pierre de Jacquet, fils de Jean et de Marie de
Saussure, est né le 26 septembre 1772 à Genève, baptisé en l'église de
Saint-Germain le 17 novembre 1772 par le pasteur Spectable J. Fine, tenu par
son grand-père Pierre de Jaquet.
Son père, jean Jacquet, appartenait à une famille de
l'ancien diocèse de Genève, citoyenne dès le XVIe siècle ;
Sa mère, Marie, était fille de Georges de Saussure, docteur
en droit et avocat à Genève, membre du Conseil des CC et capitaine au service
des Etats Généraux de Hollande), il appartenait à une branche vaudoise de la
famille de Saussure.
Georges de Saussure, avait épousé Judith de Saussure, soeur
de Nicolas de Saussure, agronome, tante d’Horace-Bénédict de Saussure,
professeur de philosophie et de sciences naturelles à l'Académie de Genève,
vainqueur du Mont Blanc.
Pierre Jaquet décède le 27 novembre 1834, apparemment sans
alliance et sans postérité. »
(Á suivre)