Sous le premier Empire

 

 

 

         La Révolution est du passé, un passé bien agréable pour quelques uns qu'elle a servi ou enrichi, pour d'autres d'une amertume douloureuse. Nous ne savons peu de choses sur l'état d'esprit de nos concitoyens pendant le grand drame du 1er Empire Français. La vie locale est bâillonnée, l’Etat la recouvre d’une chape de plomb. Maires et adjoints sont nommés par arrêtés préfectoraux.

         Le registre des délibérations municipales de Villemoisson est muet depuis l’an XIII (1804) jusqu’au 4 août 1825. Nous présentons cependant quelques documents dont quelques écrits par Mr. Victor Chaudun.

         Toutefois, nous produisons trois parties relatant cette période : Quelques notes et documents du début l’Empire ; le cadastre napoléonien photographie de Villemoisson en 1811 ; et les conséquences des guerres napoléoniennes.

 

§

 

         Serment d’obéissance à la constitution de l’Empire et de fidélité à l’empereur. - Le 5 messidor, « an XII de la République et Premier de l'Empire Français » (23 juin 1803). « Nous, maire de la commune de Villemoisson-sur-Orge, vu... et d'après la délégation à moi adressée par le préfet à l'effet d'aller prêter le serment entre les mains du maire du canton de Longjumeau, et à l'effet de recevoir entre mes mains, individuellement, celui des membres du conseil.

         « Et d'après avoir été convoqué et averti en date du 2 présent, se sont réunis en la maison du maire les dénommés, savoir : Pierre Denis Latteux, adjoint, Germain Sophie Thomas, Nicolas Charpentier, François Jacques Thomas, François Robine, membres du conseil, François Gaspard Mouroux, membre du conseil et percepteur, Claude Pierre Latteux, trésorier de la Charité, Henri Boissiquat, Jean baptiste Saint-Lot, administrateurs de la Charité, François Latteux, Pierre Limay, marguilliers, qui, tous présents, ont individuellement prêté le serment d'obéissance à la constitution de l'Empire et de fidélité à l'Empereur. Daragon, maire ».

 

         Culte : les Villemoissonnais préfèrent être réunis à Epinay plutôt qu’à Morsang. - « Le 1er fructidor an XII (18 août 1803), comme suite au décret impérial sur les nouvelles circonscriptions (territoriales), la municipalité se rendant compte du peu d'importance de la commune et de la pauvreté de son sol, proteste contre une réunion éventuelle à celle de Morsang. Ayant déjà été réuni à celle-ci, mais ne voulant pas désobéir aux ordres du gouvernement, déclare préférer la réunion à la commune d'Epinay parce que celle-ci est plus proche pour les offices et l'instruction des enfants. (L’instruction scolaire est retournée sous l’emprise administrative de l’Eglise). C'est pourquoi les membres dudit conseil ont délibérés à ce sujet, Cependant si l'intention du gouvernement était de nous laisser un ministre du culte; ce serait pour nous bien plus favorable ».

 

         Sur la réparation d’un pont imposé à Villemoisson - Le 2 nivôse, an XIII (12 décembre 1804). Les soussignés membres du conseil municipal de la commune de Villemoisson-sur-Orge, à monsieur le sous-préfet :

         « Monsieur, Pour répondre à vos circulaires datées du 18 brumaire concernant la réparation à faire du pont et sur les boëles, déchargeant (desservant les) des prairies des communes de Longpont, Sainte-Geneviève-des-Bois et Saint-Michel-sur-Orge.

         « La municipalité convoquée, le maire a rendu compte desdites circulaires, ainsi que le devis montant à 2120,52 francs. Le conseil de la commune est très surpris qu'on leur propose de s'imposer de cette somme pour cette réparation. Il est bien que ce pont soit rétabli, mais comme notre commune n'en tire aucun revenu, et que ce pont ne nous est pas plus utile qu'aux autres communes qui sont Epinay-sur-orge, Savigny, Morsang, Sainte-Geneviève, Saint-Michel ; alors que Montlhéry en tire des revenus par la location des places aux Halles et mêmes d'autres droits.

         « Notre commune n'ayant d'autre revenu que celui qu'elle tire des centimes additionnels et des contributions qui ne suffisent pas pour s'entretenir des besoins qu'elle peut avoir, se trouve hors d'état de pouvoir contribuer. Á moins que les communes dont nous vous parlons ci-dessus y soit comprises, comme leur étant au moins aussi utile qu'à nous.

         « Voila, Monsieur, toutes les observations que nous avons à vous proposer. Nous avons l'honneur de vous saluer ».

         Cette lettre ne précise pas quel est ce pont que l’on suppose être sur l’Orge. Peut-être est-ce celui qui se trouve au bas de Longpont.

 

         Etienne Moreau, propriétaire du Vieux-Logis, nommé maire par le sous-préfet. - Edme-Jean Blaque, marié à Alexandrine Bégonal, se défait du Pavillon Blaque (Vieux-Logis) le 5 frimaire an X (25 novembre 1802) pour le vendre à Denis Etienne-Maris Moreau pour la somme de 30.000 francs.

         « Le dimanche 13 mai 1810, se présente devant nous, adjoint au maire de la commune de Villemoisson, Mr. Jean Barthélemy Moreau, frère et héritier de Denis Etienne Marie, né en 1760, avocat, propriétaire à Villemoisson du Vieux logis. Lequel nous, dit que par un arrêté du préfet de Seine-et-Oise en date du 2 mai, il est nommé pour remplir les fonctions de maire de Villemoisson en remplacement du sieur Daragon décédé.

         « Que par une lettre de Mr. l'auditeur du conseil d'Etat, sous-préfet de l'arrondissement de Corbeil, il a été invité à se rendre par-devant nous à l'effet de prêter entre nos mains le serment prescrit par la loi du Sénatus Consul du 28 floréal an XII. Après quoi nous avons fait lecture de la formule prescrite. Mr. Moreau a juré obéissance aux constitutions de l'Empire et fidélité à l'Empereur. Signé l'adjoint Pierre Denis Latteux ».

 

         Le point de départ de procès qui dureront près d’un siècle. - Le 12 mai 1811, le conseil municipal de la commune, est légalement convoqué par Mr. le maire en vertu de l'autorisation spéciale de Mr. le préfet de Seine-et-Oise, pour délibérer sur la question relative aux droits d'usage appartenant à la commune dans la forêt de Séquigny, dite de Sainte-Geneviève, droits injustement contestés par messieurs Bertier. Si il est de l'intérêt de la commune de poursuivre devant les tribunaux ou s’il ne vaut pas mieux autoriser Mr. le maire à faire choix avec les autres maires des communes usagères d'un arbitre, pour avec celui qui sera nommé par messieurs Bertier, décider de la contestation qu'ils ont élevée sans l'homologation de la décision par les autorités administratives aux termes de la loi.

         Considérant que la soumission à l'arbitrage et à l'assentiment des autorités administratives est la moins dispendieuse, et que d'ailleurs les droits d'usage ont été conservés dans leur intégrité, de temps immémoriaux, tant par l'autorité judiciaire que par celle administrative, qu'ils ne devraient pas même y avoir lieu à contestation. La municipalité est d'avis qu'il y a lieu d'autoriser Monsieur le maire à passer un compromis avec messieurs Bertier ; se réunir avec ces messieurs les autres maires des communes usagères, pour faire choix d'un arbitre, faire tous les actes nécessaires conformément aux lois jusqu'à la décision définitive par l'autorité supérieure administrative.

 

         Autres nominations préfectorales - Le 18 août 1811, comparaissent les sieurs Boissiquat Henri, cultivateur de cette commune, et Limay Pierre. Lesquels exhibent l'acte de nomination fait par Mr. le préfet du 17 juin (désignant ces) personnages pour remplir les fonctions de membres du conseil municipal en remplacement de ceux décédés ou retirés. En conséquence, nous maire, avons fait prêter le serment accoutumé à chacun d'eux et leur en avons donné acte. Ledit Boissiquat a signé avec nous; Pierre Limay a déclaré ne le savoir.

         Le 25 août 1811, comparait Moison Louis François, lequel exhibe l'acte de sa nomination, du 17 juin comme membres du conseil municipal, auquel nous lui avons fait prêter serment.

         Le 28 mars 1813, Moreau Jean Barthélemy est reconduit dans ses fonctions de maire par le préfet de Seine-et-Oise. Mr Moreau nous invite à recevoir le serment prescrit. Le même jour Pierre Denis Latteux présente un arrêté du préfet le reconduisant dans sa fonction d'adjoint.

 

         Á défaut de ne pouvoir suivre les évènements sur le registre municipal devenu muet, il nous reste à nous rabattre sur ce que deviennent le château et le Collège.

 

         Que devient le château de Villemoisson ? - Le Sénéchal vend le 6 octobre 1791 son domaine à Villemoisson à Nicolas-Pierre-Sébastien Blandin, ancien régisseur général et à Alexandrine Lecourt son épouse, pour 70.000 livres, soit 50.000 pour le château et 20.000 livres pour les terres, en dehors d’une superficie de 50 arpents.

         Sébastien Blandin achète aussi de Jean-Henry Moret de Peyre, maréchal des camps des armées du roi, demeurant en son château de Baume, une cour et un colombier, situé à l’angle de la rue de Longpont et de l’avenue Guy Moquet. (Voir plan Napoléon B) pour la somme de 1500 livres, puis le 28 octobre des biens faisant partie du ci-devant fief de Beaumont. C’est-à-dire : la Pelleterie, le Clos Beaumont, une petite maison sise au carrefour de Villemoisson, comprenant : cheminée, four, grenier et étables à vaches, moyennant 30.000 livres. (On suppose que cette maison était située à l’angle de la rue Ferrande avec la rue de l’Eglise).

         Le 18 prairial an VIII, vente est faite par Alexandrine Lecourt, veuve de Sébastien Blandin, à Mme Marie-Jeanne-Denise-Elisabeth Rigoley d'Ogny, épouse divorcée de Bassompierre, du château de Villemoisson pour le prix de 42.050 francs pour l’ensemble et 20.000 pour le mobilier.

 

Château de Villemoisson, gravure datée de 1843

 

         Le 28 juin 1806, vente faites aux enchères par : Pierre Nicolas Blandin ; Jacques Dominique Harmann et Désirée Blandin son épouse ; dame Aglaé Blandin ; et dame Chodron, épouse séparée du sieur Legay-Ferriéres. Tous héritiers pour un quart d'Alexandrine Lecourt, leur mère décédée. Elle comprend : le Clos de Morsang, une terre rue Ferrande, une maison située au carrefour Ferrande (dite du château Gaillard), des terres situées au lieudit Le Caudry, prés du chemin de Montlhéry, la Haie des Merisiers, le Poirier de la Farinette, le Pré de Crouillon et près du bois de l’Epine proche de la forêt.

         Elisabeth Rigoley d'Ogny lègue en 1808 tous ses biens à ses quatre enfants, en précisant que le château de Villemoisson et son mobilier seront la part de son fils Jean Charles Stanislas. Après son décès le 29 janvier 1810, le partage de la succession a lieu. Elle se monte à 220.871 francs. Elle est donc divisée en quatre parts égales le 28 septembre 1813 entre Stanislas, marquis de Bassompierre marié à Claire-Jeanne-Rossoline-Chantal de Villeneuve de Vance, Pauline âgée de 38 ans, mariée à Eléonore de Sérignac, Amélie et Marie.

 

Qui sont les Bassompierre ?

         Les Bassompierre (Dompierre de Bassompierre), d'une ancienne famille de chevalerie d'Haroué-en-Barrois, près de Nancy, dans la châtellenie d'Ormes, fief des Betstein (forme lorraine du nom de Bassompierre), de bet : basson et de stein, forme allemande du terme moyenâgeux, butte ou motte désignant une construction féodale primitive.

         Les Bassompierre prisent surtout le métier des armes et servent divers pays : la Lorraine lorsqu'elle faisait partie de la Confédération germanique, l'Allemagne, la Hongrie, la France, en dernier lieu.

         Ils portaient primitivement d'argent à trois chevrons de gueules, et après l'élévation au marquisat de Léopold-Clément « d'azur au chevron accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un faisan, le tout d’or ». Ce sont ces dernières qui figurent dans le blason de Villemoisson.

         Les marquis de Bassompierre descendent de :

- Olery 1er, sire de Bassompierre, + en 1292, d'où :

- Simon, sire de Bassompierre, + en 1333 ;

- Olery II, sire de Bassompierre, + en 1352 ;

- Geoffroy 1er sire de Bassompierre et de Longchamp, + en 1405 ;

- Jean, sire de Bassompierre et de Longchamp, + en 1423 ;

- Geoffroy II, chevalier, sire de Bassompierre, conseiller du duc de Lorraine ;

- Christophe 1er, chevalier, sire de Bassompierre et d'Haroué, épouse en 1494 Jeanne de Ville-sur-Illon

- François, chevalier, sire de Bassompierre, grand bailli des Vosges, colonel des Lansquenets de Charles-Quint, épouse en 1529 Marguerite de Daumartin ;

- Christophe II, baron d'Harouel, chevalier de Betstein, d'Ormes et de Baudricourt, colonel au service de l'Empereur d'Allemagne; chef des finances de Lorraine, commandant 1500 reîtres. Alors que la Lorraine ne faisait pas partie du royaume de France. Christophe sert la cause des catholiques français. Il épouse, en 1572, Louise Lepicart de Radeval et, meurt le 22 avril 1596, à Nancy.

De Christophe II naît :

- Georges, dit l'Africain, marquis de Remonville, grand bailli des Vosges, grand écuyer de Lorraine

- François …

         François de Bassompierre né en 1579, à Haroué. S'exprime en cinq langues, possède des connaissances en philosophie, fait de nombreux voyages en Europe centrale et en Italie. En 1598 il est adopté par le roi Henri IV Avec le médecin Pierre Milon, le conseiller d'Etat Méry de Vic, il assiste aux derniers moments du Vert-Galant frappé par Ravaillac. Protégé de Marie de Médicis, hardi, simple, insolent même, plaisant aux dames, son influence balance souvent celle du favori Concini.

         Il est nommé colonel-général des Suisses en 1614, maréchal de camp en 1615, grand-maître de l'Artillerie en 1617, ambassadeur extraordinaire en Espagne en 1621, maréchal de France en 1622, commandant l'armée du roi en 1627. Mais Richelieu voyant en lui un redoutable rival obtient du roi en 1631, son internement à la Bastille qu'il ne quitte qu’après la mort du puissant cardinal-ministre en 1643. Ruiné par les agissements de ses créanciers, les malheurs de la guerre de Lorraine, éloigné de Paris par ordre du roi, il meurt s le 12 octobre 1646 dans une hôtellerie de Provins.

         Louis de Bassompierre, fils de François et de sa maîtresse Marie-Charlotte de Balzac d'Entragues (1) - sœur de la marquise de Verneuil, maîtresse d'Henri IV -, fille d'honneur de la reine. Louis, doyen de Saint-Emilion est nommé à l'évêché d'Oléron en 1646, puis à celui de Saintes en 1647. Premier aumônier de Monsieur (frère du roi) en 1651, il obtient les abbayes de Chéry (Cléry ?), Bosche-ville, Saint-Volupien-de-Foix, Il rend de grands services à l'Etat dans les troubles de Guyenne et meurt à Paris en 1676.

         Georges l'Africain, frère de François, épouse en 1610 Henriette de Tornielle, dont il a :

         Gaston-Jaen, marquis de Baudricourt, lieutenant-colonel au service de l'empereur d'Allemagne, marié à Henriette de Rollin, d'où :

         Jean-Claude, capitaine de chevau-légers du duc de Lorraine. Il épouse en 1711 Élisabeth de Bettancourt dont le fils est :

         Léopold-Clément, né en 1713, brigadier des armées du roi en 1747. Estimé du duc de Lorraine, il est créé marquis de Bassompierre en récompense de ses services. Chambellan du roi de Pologne, il épouse en 1734 Charlotte de Beauveau, dont il a :

         Jean-Anaclet, né en 1744, maréchal de camp des armées du roi, marié en 1773 à Elisabeth Rigoley d'Ogny, fille du baron d'Ogny, (la châtelaine de Villemoisson). Émigré en 1791, il fait la campagne des princes en qualité de maréchal de camp, il rentre en France suite aux des lois édictées par Bonaparte en faveur des émigrés. Divorcé, il se remarie à 59 ans avec son ancienne femme le 26 Thermidor, an XI, et meurt d'apoplexie en se rendant de Villemoisson à Longjumeau le 7 octobre 1806. Il est inhumé à Morsang.

         Élisabeth Rigoley d'Ogny, meurt le 29 janvier 1810, à 59 ans, laissant comme héritiers :

- Jean-Charles Stanislas ;

- Clémentine-Elisabeth-Pauline ;

- Marie-Louise-Amélie ;

- Henriette-Françoise-Marie.

         Stanislas est né en 1777, émigre avec son père, entre en France en même temps que lui et sont tous deux l'objet d'une surveillance (2). Soit qu'il ne prise pas le métier des armes autant que ses ancêtres, soit qu'il ne veut pas servir dans les armées consulaires, il se fait remplacer au moment de la conscription (3). Il épouse en 1811, Claire-jeanne de Villeneuve de Vance. Stanislas meurt le 15 novembre 1837 à Villemoisson, il sera inhumé à côté de ses parents dans le cimetière de Morsang. La marquise lui a donné cinq fils morts en bas âge et trois filles qui ont survécu dont la marquise de Pins, comtesse d'Hunolstein décédée le 22 février 1847 et Mme la marquise de Chantérac.

 

         François de Bausset. Pendant de nombreuses années vit au château des Bassompierre leur cousin. François de Bausset est né à Pondichéry, le 14 décembre 1748, dont les armes sont : « d'azur

 

François de Bausset

 

au chevron d'or et en pointe à six copeaux d'argent et la devise « Sola Salus Servire Deo ».Ancien élève du séminaire de Saint-Sulpice, grand vicaire de Digne, chanoine et grand vicaire d'Aix, abbé de Jaussels en 1777, évêque d'Allais le 14 juillet 1784. Atteint de la goutte, il emploie ses loisirs à écrire l’histoire de Fénelon qui a fait grand bruit à l’époque. Enfin il est nommé à la Chambre des Pairs en 1815, académicien en 1816, cardinal en 1817 et décède en juin 1824.

(Internet et des extraits de « Villemoisson en Hurepox » de Victor Chaudun.

 

            (1) Les de Balzac d'Entragues, furent pendant deux siècles seigneurs de Marcoussis à partir de Guillaume qui obtint cette seigneurie en partage le 7 avril 1545, en même temps que celle de Nozay, la Ville-du-Bois, Châtres (Arpajon). Marie-Charlotte qui se disait dame de Bassompierre, hérita de son père Charles, des étangs de Marcoussis, de la ferme de la Ronce et de 397 arpents de bois par sentence du Parlement du 22 juin 1631 alors que son demi-frère César recevait les seigneuries précitées.

            (2). 19 germinal an X. Une surveillance est accordée au C. Anaclet de B., « de la part de la police générale, pour se rendre à Paris, sous la responsabilité du maire de Villemoisson. Signé : Fouché et d’Aragon.

             (3). « Vendémiaire an XII : Extrait du présent arrêté d'expédition délivré au C. Charles, Jean, Stanislas de Bassompierre, conscrit de l'an VII : le préfet du département de la Seine, vu les pièces produites par le C. J-S Bassompierre, conscrit  de l’an VII, demeurant à Paris, rue des Saussaye, n°12, constate qu'il a rempli les conditions pour le remplacement exigées par la loi du 17 ventôse an VIII, vu la décision du ministre de la Guerre, arrête : le citoyen Ch.-S. Bassompierre est admis à se faire remplacer par le citoyen Pierre-Emmanuel Roullet, né à Elbeuf (S.-I.). Fait à Paris, le brumaire an XII ».

 

Suivit de la propriété du Collège,

         Sous la Révolution Louis Mallet, procureur au Châtelet, est propriétaire du Collège, et le 7 messidor an IX (26 juin 1800), vend le domaine à Jean Baptiste Magin, inspecteur général en chef de la navigation des ports du département de la Seine, et à Agathe Marie Jeanne Mérigot, son épouse :

         « Une maison bourgeoise sise à Villemoisson, située sur une avant-cour en demi-lune cintrée plantée de tilleuls, etc., comprenant une basse-cour donnant sur une ruelle ayant sortie sur les champs par le bout d'en haut, murée dans le bout d'en bas. Sur la rue est une laiterie. Le jardin clos de murs est divisé en un parterre ; une petite melonnière et un potager, avec puits et bassin, planté en arbres fruitiers et treilles. Une autre partie en terres labourables et aussi un petit bois de châtaigniers, le tout contenant 9 arpents. Cette vente, grevée d'une hypothèque de 70 livres de rente, est faite pour la somme de 12.000 francs sur laquelle ont été retenus 8.700 francs d'arrérages.

 

 

         Le 2 floréal de l'an X (21 avril 1801), le citoyen Jean Baptiste Magin demeurant avec son épouse Mérigot, quai de la Liberté, division de la Fraternité à Paris, vend au citoyen Pierre de Jacquet de Saussure, homme de lettres, demeurant 2, rue du Helder à Paris, son acquisition du 7 messidor, moyennant :

- l°) le paiement de la contribution foncière à dater du 1er germinal dernier ;

- 2°) de payer les droits d'enregistrement et autres de la présente vente ;

- 3°) de payer tant qu'elle aura cours la rente de 70 livres tournois due au citoyen Delâge de la Landrie...

- 4°) de payer tous les arrérages qui peuvent être dus à la rente de 70 livres ci-dessus énoncée par le contrat de vente du 7 messidor an IX depuis le jour de la Saint-Martin 1779, ce qui au 21 brumaire an IX fait 22 années qui, à raison de 70 livres, font 1610 livres plus 1540 livres dues encore par le citoyen Magin à l'ancien propriétaire Louis Mallet. En outre la présente vente est faite moyennant la somme de 16.060 francs en numéraire métallique francs deniers en or et argent ayant cours.

         Le 26 nivôse an XI (15 janvier 1802), en l'étude de Me Gaillard à Savigny, vente par les huit enfants de Sylvain Lafeuille au citoyen Pierre de Jacquet de Saussure, demeurant ordinairement à Paris, Petite Rue Saint-Pierre à l'Hôtel de la Réunion, moyennant une somme de 550 francs plus une rente foncière de 50 francs, une maison sise sur la Grande Rue de Villemoisson consistant :

         En une chambre à feu par bas servant de cuisine, une petite chambre sans cheminée à côté, grenier au-dessus, couvert de chaume, une laiterie et une étable attenante à ladite maison, cour devant et lesdits bâtiments ayant leur entrée sur la rue ou chemin pavé allant à Montlhéry, un petit jardin longeant ladite rue, le tout clos de murs contenant 18 perches de 3 pieds pour l'ensemble. Lesdits biens proviennent de la communauté Sylvain Lafeuille, Marie Saint-Lot, son épouse, père et mère des vendeurs qui les tenaient de Louis Petit, cultivateur, par acte passé devant Me Pinet notaire à Sainte-Geneviève moyennant une rente perpétuelle de 50 livres, lequel en était propriétaire comme faisant partie de la prise à rente qui lui avait été faite par le marquis de Crussol, propriétaire de Vaucluse, par acte passé devant Me Suzanne, notaire à Montlhéry le 12 mars 1785. (Sylvain Lafeuille, né à Arnac-en-Limousin, maçon marié à Marie Geneviève Saint-Lot, le 12 novembre 1764, veuf en premières noces de Marie Monteil, conseiller municipal de Villemoisson en 1790.)

         L’emplacement de cette maison reste à déterminer.

 

Qui sont les Pierre de Jacquet de Saussure ?

         « Pierre de Jacquet, fils de Jean et de Marie de Saussure, est né le 26 septembre 1772 à Genève, baptisé en l'église de Saint-Germain le 17 novembre 1772 par le pasteur Spectable J. Fine, tenu par son grand-père Pierre de Jaquet.

         Son père, jean Jacquet, appartenait à une famille de l'ancien diocèse de Genève, citoyenne dès le XVIe siècle ;

         Sa mère, Marie, était fille de Georges de Saussure, docteur en droit et avocat à Genève, membre du Conseil des CC et capitaine au service des Etats Généraux de Hollande), il appartenait à une branche vaudoise de la famille de Saussure.

         Georges de Saussure, avait épousé Judith de Saussure, soeur de Nicolas de Saussure, agronome, tante d’Horace-Bénédict de Saussure, professeur de philosophie et de sciences naturelles à l'Académie de Genève, vainqueur du Mont Blanc.

         Pierre Jaquet décède le 27 novembre 1834, apparemment sans alliance et sans postérité. »

(Á suivre)

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