L’école jusqu’à la loi de 1905

 

 

       Chaque année une classe de 34 élèves. - 1872 - 17 garçons et 17 filles sont admis gratuitement à l'école, savoir : Jules et Louise Avard ; Léonie Brément ; Julie Briére ; Jacques, Marie et Claire Choisy ; Charles et Julie Demessant ; Augustin et Marie Douillet ; Edouard et Pauline Grivot ; Antoinette, Denis, Etienne Hénault ; Céline Laporte ; Marie Mouleau ; Félix, Louise et Berthe Moinet ; Victor et Louise Moisy ; François Moreau ; Eugène, Alfred et Julie Rémy ; Rosine Richard ; Emile Rousselle ; Joseph Repérant ; Eugène Mouroux ; Alexis Moreau ; Léon Renaudin ; Constance Saint-Lot.

 

Pour l'année scolaire 1874-75, 15 garçons et 19 filles sont admis gratuitement à l'école, savoir: Louise et Elisa Avard, Léonie Brément, Julie Brière, Auguste, Marie et Claire Choisy, Auguste Denus, Ernest Denus, Augustin et Marie Bouillet, Antoinette Denis, Marie Dupré, Victor, Edouard, Marie et Alphonsine Grivot, Etienne Hénault, Alexandre Masson, Josephine Masson, Félix, Eugène, Louise et Berthe Moinet, Charles et François Moreau, Joseph et Eugéne Repérant, Emile Rousselle, Lucie Richard, Rose et Adèle Renaudin, Constance et Emilie Saint-Lot. (Au total 42 enfants, nous sommes loin des 33 inscrits en 1872).

 

Source Internet

 

       Construction de la nouvelle mairie-école en deux étapes. - 1872, 1873. - La classe étant trop petite et malsaine, il est indispensable de construire une nouvelle mairie-école. Mr. Adolphe Diard, cultivateur à Villemoisson possède en face de la maison d'école un terrain qui serait convenable. Diard s'engage à échanger ce terrain d'une valeur estimative de 1827,74 francs en échange d'un terrain situé aux Franchises, d'une valeur de 1825,04 francs appartenant à la commune de Villemoisson, sans « soulte ni retour » de part et d'autre. Les plans et devis de la mairie-école projetée s'élèvent à environ 22.000 francs, la commune n'ayant aucune ressource disponible, il semble impossible d'entreprendre la construction. Le moyen le plus simple est d'approuver le plan d'ensemble, et de ne faire construire que la classe seule, puis d'achever la construction dans quelques années.

Le 8 mars 1874. - Vu la demande du sieur Diard tendant à l’annulation de sa soumission d’échange, Mr. Lasson, maire propose d’accepter ses conditions. Le conseil et les plus imposés sont d’avis d’accepter, et s’engagent à rembourser à Mr. le maire dans un délai de 9 ans au plus et sans intérêts la somme 6270,73 francs, montant de la construction de la classe; le terrain étant obtenu par échange.

Cette salle de classe est construite et Lasson fait la promesse de vente suivante : «Je soussigné, Eugène Lasson, propriétaire à Villemoisson, m'engage à vendre à la commune de Villemoisson, un terrain situé prés de l'école-mairie actuelle d'une contenance de 9,56 ares et d'une valeur de 1758,13 francs; un bâtiment de 9 m de long sur 8 m de large, construit sur le dit terrain en 1874, par Mr. Laroche architecte suivant un plan adopté par le conseil municipal. Ce bâtiment ayant coûté, selon le mémoire réglé par l'architecte 5797,59 francs, faisant un total avec le terrain de 7555,72 francs. Cette somme me sera payée sans intérêts par la commune dans un délai de dix ans à partir de 1876 à raison de 800 francs par an. Toutefois le secours accordé à la commune servira à me rembourser par anticipation et viendra en déduction du nombre d'années de payements ».

Le montant de l’extension de la nouvelle mairie s'élevant à 19.659,61 francs, à ceci il convient d'ajouter 2.784,67 francs pour prix de la clôture du terrain, du préau, du corps de garde, etc. Ces deux sommes s'ajoutant à la construction initiale font un total de 30.000 francs, prix faisant l’objet d'une imposition.

Le Conseil, considérant : que la commune est déjà imposée de 3 centimes extraordinaires pendant 30 ans pour emprunt à la caisse des chemins vicinaux ; que le principal des quatre contributions directes est de 4155,58 francs et qu'une imposition extraordinaire de 20 centimes produira annuellement environ 830 francs. Aussi le dit conseil et les plus imposés votent la somme de 8300 francs et prie l'administration d'avoir égard à la position de la commune et de lui accorder les secours nécessaires pour compléter la dépense, soit 21.700 francs. Mais le 10 octobre 1875. La commune se trouvant actuellement trop pauvre pour entreprendre la construction d'une nouvelle mairie et d'un logement convenable pour l'instituteur, abandonne momentanément le projet qu'elle avait élaboré à ce sujet. En conséquence, le logement de ce dernier sera conservé dans l'ancienne école sise prés de la nouvelle.

 

Plan 1875, (photo Mr. Saint-Sevin). En brun, l’école de 1832 avec sa partie mairie et derrière la cour, au fond les W.C. En haut à droite le projet école-mairie et devant le redressement du chemin vicinal n°1. La nouvelle mairie n’est pas encore édifiée.

 

       La nouvelle mairie- - 3 mars 1878 : demande d’autorisation d'emprunt afin de pourvoir à la dépense nécessaire pour achever la construction du bâtiment mairie-scolaire de la commune. La population de la commune s'accroît, le recensement de 1876 constate une augmentation de 38 habitants sur 322, sans y comprendre les familles qui habitent la commune que pendant l'été et qui représentent environ 40 à 50 habitants dont plusieurs envoient leurs enfants à l'école. L'ouverture du chemin vicinal ordinaire n°3 traversant les bois de la Garenne depuis l'asile de Vaucluse pour aboutir au hameau des Franchises amènera des enfants du Perray, hameau éloigné de la commune de Sainte-Geneviève-des-Bois, au lieu d'aller à Longpont qui est beaucoup plus éloigné.

Le nombre d'enfants qui fréquentent l'école en 1878 est de 45 au-dessus de 6 ans. Dans les vieux bâtiments communaux (école de 1832) se tient le secrétariat de la mairie qui incombe à l'instituteur, Compte tenu de la distance avec la nouvelle salle scolaire, il devient impossible de le concilier avec la surveillance de la classe et sa discipline. L'habitation de l'instituteur dans ces vieux bâtiments n'est plus convenable au point de vue hygiène ; la garderie dans ces lieux des enfants au-dessous de 6 ans est insalubre, la pièce est trop exiguë. Par tous ces motifs, il y a nécessité d'achever dans le plus bref délai la nouvelle mairie en profitant des avantages qu'offre la nouvelle loi aux communes pauvres.

Les dépenses de salle d'école en date du 9 novembre 1875 s’élèvent à 7555,72 francs. Le devis des travaux à exécuter pour la construction de l’habitation de l'instituteur et d'une salle de mairie, d’un préau l'établissement d'une clôture et d'une porte d'entrée est de 20.968,42 francs, plus les frais d'enregistrement 837,29, Total : 29.361,43 francs.

       Les plans suivants extraits de la monographie de Monsieur l’Instituteur sont explicites sur les détails.

 

 

 

 

 

       La municipalité se déboutonne - Enfin, le 10 avril 1878, Emile Ernest Lamouche est nommé instituteur. Grand frais : il est acheté tous les livres nécessaires à la réorganisation du service scolaire et le mobilier sera complété suivant les indications données par l'instituteur.

       Le 25 mai 1879, le conseil municipal :

- considérant que l'instruction primaire à pour but d'instruire et de moraliser les générations ;

- que l'état a supprimé la gratification pour la tenue du cours d'adulte ;

- que les fournitures scolaires sont souvent une charge considérable pour les familles ouvrières et par suite une cause d'absences fréquente et quelques fois de non fréquentation pour certains élèves ;

- que les élèves admis gratuitement à l'école sont très nombreux, (39 en 1879); Que la rétribution mensuelle allouée à l'instituteur pour chacun d'eux, est inférieure de 0,25 francs à celle des élèves payants ;

- que le jardin fourni à l'instituteur par la commune est insuffisant; que pour y remédier il est obligé de louer un terrain ;

- qu'il existe dans le canton de Longjumeau une société de patronage pour l'instruction primaire, dont les services sont grands et réels. (Il n’est pas précisé en quoi consiste ce patronage)

Le conseil décide donc : une indemnité supplémentaire de 65 francs allouée à l'instituteur pour le cours d'adultes ; 100 francs pour préjudices causé à son traitement par le nombre des élèves gratuits. De prendre à sa charge les fournitures scolaires pour tous les écoliers de Villemoisson, la location du terrain loué par l'instituteur, de souscrire à la société de patronage pour le développement de l'instruction primaire pour une somme de 10 francs.

 

Cette photo de Mr. Saint-Sevin, montre l’état de la salle de classe : deux rangées de bancs, en face le pupitre du maître d’école.

 

       Un instituteur tagueur. - Lettre adressée à la municipalité par Mr. l’instituteur : « Villemoisson le 14 février 1880. - Mr. le maire, Mrs les conseillers municipaux. - Désirant reconnaître d'une manière utile et durable la manière dont j'ai été accueilli à mon arrivée dans cette commune par le conseil municipal de Villemoisson, et en même temps vous remercier, Messieurs, de tout ce que vous avez bien voulu faire en faveur de l'instruction primaire, pour me seconder dans ma tâche si délicate et si difficile, j'ai tracé sur les murs de l'école plusieurs cartes à fresques qui serviront à l'instruction de nos enfants. La commune, le canton, l'arrondissement et le département ont été l'objet de mes cartes, lorsqu'il est indispensable que l'enfant connaisse bien ce qui l'entoure. Ces cartes sont aujourd'hui terminées. Je vous les offre, Messieurs, et je viens vous prier de les accepter comme gage de ma reconnaissance envers vous ». Cette « offre » précède son départ.

22 mai 1880. Mr. Joseph Marie Coutarel, né le 19 août 1851 au Moulin-de-Fortune (Lozère) est nommé instituteur. Il ne professera pas longtemps à Villemoisson. (1)

7 août 1881. - Mme Coutarel demande que l'inhumation du corps de son mari, décédé le 5 juin soit faite dans le cimetière de la commune à l’endroit des concessions de 15 années. Ayant égard aux fonctions d’instituteur communal que remplissait Mr. Coutarel, et à la situation de la veuve qui reste seule et sans fortune, la commune décide que l’inhumation sera offerte gratuitement.

 

Le temps des largesses a ses limites : Chauffage et éclairage gratuit à condition d’éviter de trop s’en servir. - 6 novembre 1881. Mr. le maire expose au conseil qu'il y aurait lieu de comprendre dans le chauffage et l'éclairage de l'école, de la garderie des petits enfants, des cours d'adultes et de la mairie, le chauffage et l'éclairage personnel de l'instituteur. L'usage des mêmes lampes pour l'éclairage de ces différents services et d'un travail spécial pour le service de la mairie rend impossible une ligne précise de démarcation entre ces diverses natures de dépenses qui se confondent forcément dans la pratique de chaque jour; que d'ailleurs le bon ordre et l'économie que Mr. l'instituteur apporte dans les dépenses qui dépendent de sa manière de faire, permet d'espérer que son chauffage et son éclairage n'augmenteront nullement la dépense comparativement aux années précédentes.

 

       Le jardin scolaire - 14 novembre 1880. - Mr. le maire appelle l'attention du conseil sur la possibilité d'établir un jardin scolaire dans la cour même de l'école-mairie du côté de la cour des garçons, à gauche de la mairie, séparé par un petit mur surmonté d'un grillage.

       Ce projet semble abandonné, pour être réalisé en dehors de l’enceinte des cours de récréations, à droite vers la place Lisfranc, mais un problème se présente.

27 mars 1887. – Par suite du nouveau chemin n°25 (chemin coupant la Garenne, prenant la rue du Maréchal Gallieni, et la rue de Verdun), ledit chemin coupe diagonalement le jardin en deux le rendant inutilisable. La commune ne peut reporter ce jardin dans la portion de la place Lisfranc qui lui est contiguë sans s'exposer à une action en justice que le voisin Dulac a fait connaître dans l'intention d’intenter ; que dès lors elle veut être obligée d'acquérir une quantité à peu prés égale de terrain pour refaire ce jardin. En conséquence, la commune se considère en droit de demander au département une indemnité égale à l'ensemble des dépenses que pourraient occasionner ces nouveaux frais.

Après avoir entendu Mr. Dulac en ses protestations contre la translation du jardin scolaire en bordure de laquelle est située sa pièce de terre, translation qu'il considère comme lui portant préjudice. Afin de régler à l'amiable ce différend, le conseil propose à Mr. Dulac, lequel est consentant, de laisser le nouveau jardin dans l'état où il vient d'être rétabli à titre provisoire, jusqu'à la décision à intervenir sur l'indemnité que la commune à l'intention de réclamer du département. Le montant de l'indemnité sera consacré à acheter de Mr. Dulac, à raison de 72,5 centimes le m², environ 200 mètres de terrain à prendre à l'extrémité de la dite place Lisfranc et dans l'angle de la pièce de Mr. Dulac, en bordure sur l'ancien chemin des Franchises (Rue de Verdun). Pour le cas où cette indemnité serait refusée ou serait insuffisante pour faire la dite acquisition, la commune se réserve le droit de l'ajourner jusqu'à ce que son budget lui permettra d'en payer le prix. (Nous lisons en marge : « Délibération non approuvée par l'autorité préfectorale »).

 

       Le legs d’un instituteur - On se rappelle que Mr. Lechaud, instituteur à Villemoisson, est parti le 1er juillet 1851 pour la Californie.

23 septembre 1888. - « Me Léon Boutfol, notaire à Argenteuil (Seine-et-0iee) à Monsieur le maire (de Villemoisson). J'ai l'honneur de vous aviser que Mr. François Ludovic Lechaut décédé à Argenteuil le 5 mars dernier avait à la date du 27 mai 1867 passé avec la société « l’Alliance du Département » (actuellement Société de l'Ouest) dont le siége est à Paris, 22 rue des Capucines, un contrat dans lequel il est dit notamment : La Compagnie s'engage suivant les conditions générales énoncées, à verser lors du décès de Mr. Lechaut, né à Cautelin le 12 janvier 1827, la somme de 550 francs à la commune de Villemoisson-sur-Orge, représentée par le maire en exercice qui devra employer cette somme, soit à un lavoir public, soit en faveur de l'école publique, soit en faveur de la bibliothèque communale, s'il en existe une. Par suite du décès de Mr. Lechaut cette somme est actuellement exigible... »

Le conseil municipal décide de disposer de la dite somme pour l'achat de livres destinés à la bibliothèque communale, puis le 10 février 1889, le maire propose et obtient l'abandon de la moitié du legs de Mr. Lechaut à sa veuve et ses enfants vu la triste situation où ils se trouvent.

 

La classe de la nouvelle mairie devenue dangereuse. - 21 avril 1901. Une lettre de l'Inspecteur primaire de Corbeil, selon une dépêche du sous-préfet, enjoint de faire examiner d'urgence, par un architecte l'état actuel de la salle de classe, et en cas de danger de fermer l'école. Un rapport d’architecte, constate, après sondages, qu'une réparation immédiate s'impose et qu'il y a lieu de procéder à la reconstruction totale des murs. En conséquence, le conseil décide que l'instituteur fera la classe dans la garderie et que les petits enfants seront placés dans la grande classe, dans la partie dont le plafond n'est pas crevassé et que cette partie sera séparée de l'autre par un grillage afin de prévenir tout accident. 29 septembre 1901. Les travaux de consolidation de la salle de classe réalisés, notamment les reprises au plafond et aux murs, le conseil autorise l'instituteur à y faire la classe.

 

         L’instruction scolaire commence par le signe de croix et une litanie rituelle (Gravure du XIXe siècle extraite de « Paysages et paysans » d’André Burguière aux éditions Nathan)

 

       Une école pour filles tenue par des religieuses. - En 1886, la loi interdit à un congréganiste d’être instituteur communal. En 1881, c’est la loi Jules Ferry sur l’enseignement primaire : obligatoire, gratuit, laïc. Des Congrégations peuvent continuer l’instruction des enfants. Le 5 janvier 1902, lettre du Sous-préfet de Corbeil, relative à la demande d’autorisation formulée en vertu de la loi du 1er juillet 1901, par la Congrégation de la Miséricorde du Sacré-Cœur de Jésus, dont le siège est à Isigny et qui possède une succursale à Villemoisson-sur-Orge, de poursuivre l’aide et l’éducation qu’elle pratique dans la commune. La lettre demande l’avis du conseil municipal au sujet de cette requête.

Le conseil, considérant que depuis dix ans quelles sont à Villemoisson, les soeurs de la congrégation se sont consacrées constamment au soin des malades et à l’instruction gratuite des filles avec autant de dévouement que d’intelligence ; que les preuves de la bonne direction de leur école résultent à la fois des rapports de l’Inspecteur primaire et des certificats d’Etudes délivrés chaque année, à leurs élèves par la commission d’examen de Longjumeau.

Considérant en outre qu’elles n’occasionnent aucune charge à la commune et qu’elles rendent que des services à ses habitants ; par ces motifs, émet un avis favorable à la demande d’autorisation qu’elles ont adressée au Préfet pour établir un rôle supplémentaire de prestations pour 1902.

       Mais, les lois se suivent, le 12 juillet 1903, la municipalité prend connaissance d'une lettre du sous-préfet de Corbeil l'informant de la fermeture de l'école privée des sœurs, école qu’elles tiennent depuis dix ans. Par suite, les enfants sont reçus à l'école mixte de la commune.

       Cependant des controverses laïques, privées demeurent. Au registre de délibérations municipales en 1946, il est reproché à mademoiselle Asteix, directrice de l’école des filles de ne pas avoir participé, comme la fait le directeur de l’école des garçons, à la « partie artistique » à l’occasion de la distribution des prix. Cette fête coïncidant avec la quinzaine de la défense de l’école laïque.

 

 

A l’angle des rues Ferrande et de l’église, l’ancienne école des sœurs.

 

       (1) Autres instituteurs jusqu’en 1900 :

- Martin Carolus Ludovic Frumance, 17 juin 1881 – 25 août 1881

- Carpentier Charles Ernest, 25 août 1881 – 1er août 1889

- Guérin Louis Victorien Ernest, 1er août 1889 – juillet 1912, né à Bonneval Eure-et-Loir en 1854.

 

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