Le « Collège »
Nous ne possédons aucun texte expliquant l’origine du nom
du « Collège ». Mr. Victor Chaudun s’aventure à y voir un « ancien
établissement religieux, appartenance de l’église de
Saint-Benoit-le-Bien-Tourné de Paris. » sans avancer les raisons de son
assertion.


Le
« Collège »

En haut de la rue principale du village, aujourd’hui
l’avenue Guy Mocquet, cachée dans la masse de verdure, se laissant à peine
deviner derrière sa clôture, se trouve une des plus anciennes de nos demeures
avec son entrée, devant une demi-lune. Monsieur Chaudun a laissé planer le
doute que cette propriété aurait été le « Château Gaillard », appellation
qui sera exploitée, pourtant il confirme lui-même que le « Château
Gaillard » était ailleurs.
Origines lointaines
1er octobre 1573. - Déclaration passée devant Sarazin notaire. Par
Balthazar Croulant, demeurant à Liers, à René Barbeau, seigneur de Villemoisson
de : 1°) Deux espaces de logis
couvert de chaulme, droit et cour commune, jardin. Le tout contenant un
quartier et demy ou environ sçis à la dite voye de Villemoisson, sur la
grand’rue, d’autre bout sur le carrefour Dupuis. Chargés de 8 deniers parisis
de cens. 2°) Trois espaces de
maison, estable, droit de cour commune; petit jardin. Tenant d’une part au dit
reconnoissant. Chargé de 4 sols 6 deniers tournois de cens, et outre chargé
envers le dit seigneur de 5 sols tournois de rente. 3°) 6 pièces de terre et 6 autres pièces de vignes.
13 juillet 1666. - Déclaration
passée devant Lhéritier, notaire royal en la prévosté de Montlhéry, faite par
Marie Roberdet, veuve de Etienne Le Maignan, tant en son nom que comme
tutrice de ses enfants, au profit de monseigneur de Noailles, seigneur de
Sainte-Geneviève-des-Bois, Villemoisson, de : 1°) Une maison et lieux sçis au dit Villemoisson, sur la grande
rue qui conduit du lieu seigneurial à Montlhéry. Consistant en un corps de
logis en pavillon, cave, foulerie, chambre haute, grenier couvert de tuiles,
cour, estables à vaches, poulailler et autres édifices, jardin derrière, sur la
rue et chemin qui conduit de Villemoisson à la forest de Secquigny, appelé le
chemin de la Landerie. Chargé le total des dits maison et lieux de 8 sols 4
deniers parisis. 2°) Une autre maison et lieu sçis au dit Villemoisson
au-dessous de celle cy-dessus, contenant trois espaces, couverte de chaume,
chambre basse, four, cheminée, grange, cour jardin. Le tout contenant en fond de
terre 5 quartes ou environ. Chargée les dits maison, lieux et jardin de 15 sols
8 deniers tournois de cens.
Les Delage
20 mai 1670. - Pierre Delage achète la propriété à
Balthazar Croulant, fils et héritier de Jean Croulant et en fait la déclaration
au profit d’Anne duc Noailles seigneur de Villemoisson, de :
1°) Une maison et lieux sçis au dit Villemoisson sur la
grande rue qui conduit du dit lieu à Montlhéry, consistant en un corps de logis
en pavillon, cave, foulerie, allée au milieu ; salle, cuisine, chambre haute,
cabinet, cabinet, grenier. Le tout couvert de tuiles. Cour, estable,
poulailler, petit logement pour jardinier, consistant en une chambre basse,
jardin clos par derrière. Le tout contenant 4 arpents où environ. Sur la rue qui va du dit village à Montlhéry,
appelé le chemin de la Landerie, chargé le total des dits lieux, maison et
jardin de 8 sols 4 deniers.
2°) Un clos planté de vignes et arbres fruitiers au-dessus
et derrière le jardin et clos de la dite maison cy-dessus, contenant 4 arpents
ou environ, le tout fermé de murs. Tenant d’une part au susdit chemin de la
Landerie, chargé de 12 deniers parisis de cens par arpent : 4 sols parisis.
3°) Une autre maison contenant 3 espaces, cheminée, four,
grenier, cave, le tout couvert de chaume; cour estable, jardin. Contenant le
tout en fond de terre 5 quartes où environ, tenant à la rue qui conduit du dit
Villemoisson au Breuil (rue Marcel Girard), d’autre par devant au chemin de la
Landerie et au carrefour de Villemoisson. Chargé de 10 sols 8 deniers.
La propriété semble en déshérence
depuis 1647, puisque deux semaines après cette déclaration, le duc de Noailles,
sentence rendue par le juge de Montlhéry.
Par laquelle Pierre de Lage est condamné à payer 23 années de cens montant à la
somme de 97 livres 8 sols 6 deniers et 23 années de 40 sols de rente montant à
la somme de 46 livres et pour l’amende 3 livres 15 sols; pour droits de lods et
vente 28 sols 4 deniers. (2 juin1670)
« Cette maison servait à Pierre Delage, procureur au
Parlement, bourgeois de Paris, y demeurant rue des Mathurins, de maison des
champs, où il devait souvent résider car il y avait plusieurs domestiques et
servantes comme Marie Charbonnier et Marie Barbillon ; des jardiniers
comme Charles Bézaud, Claude Bercier, Antoine Guérin. Avec messire Pierre
Delage, marié à Jeanne Deforge, vivaient sa soeur Renée et ses filles Jeanne,
Anne et Marguerite. Il avait perdu deux fils dans leur jeune âge en 1669 et
1674. Le témoin de l'inhumation du dernier est messire de la Saussaye, chirurgien
ordinaire de sa Majesté » (1).
Relevé sur l’état-civil de Villemoisson :
« Delage Pierre. Procureur au Parlement, bourgeois de Paris, propriétaire
du Collège à Villemoisson. Marié à Jeanne Desforges, décédée le 1er décembre
1694, enfants : Pierre François, né en 1657, clerc tonsuré ; François :
(1668 - 2 septembre 1669) ; Jeanne ; enfant mort né le 3 décembre
1674 ; Catherine, décédée le 27 mars 1720 ; Renée. Nous lisons Delage
de la Landrie aux actes notariaux. Les descendants de Pierre Delage semblent
avoir ajouté à leur nom patronymique celui d'un ancien lieu-dit de Villemoisson
: La Landry.
Par acte en date du 17 juin 1735 passé devant M° Reynault,
notaire à Paris, Jeanne Delage héritait pour un quart de Marie-Catherine
Delage, héritière elle-même de Renée Delage, femme d’Olivier Vauquelin, et
donataire mutuelle entre vifs de défunte Anne Delage, sa soeur, veuve de Pierre
Mativier, marchand bonnetier. Conjointement héritait Maurice de Lage dont les
enfants, Elisabeth Delage de la Landrie, femme de Nicolas Gonthière, praticien
demeurant ordinairement à Beaujency et Hilaire Delage de la Landrie furent
eux-mêmes héritiers.
Nicolas-Roland Goujard,
Le 2 mai 1742, par devant Me Henri Sellier et Pierre
Laideguive, notaires royaux au Châtelet de Paris, en présence de Nicolas
Gonthière, se portant garant de son beau-frère Hilaire Delage, il a été vendu
et cédé quitte et délaissé à titre de rente foncière rachetable à M.
Nicolas-Roland Goujard, licencié en droit, et à dame Françoise-Marguerite
Besson, sa femme une grande maison à porte cochère sise au village de
Villemoisson, consistant en un grand corps de logis sur cave, salle sur le
derrière, cuisine au premier étage, chambres, grenier au-dessus, cour,
bâtiments en icelle où loge le vigneron.
Un grand clos entouré de murailles, autrefois divisé en
deux, planté partie en vignes et partie en arbres fruitiers. Le tout en une
pièce tenant d'un côté au chemin qui va de Villemoisson à la forêt, d'un autre
côté à M. Prozelle, par devant à la grande rue et au fief de la Chapelle, par
derrière à M. Prozelle.
Etant la maison, clos et héritage ci-dessus délaissé en la
censive du seigneur de Villemoisson, les sieurs et dame Goujard jouiront de la
propriété à la saint Martin d'hiver à condition de payer les cens, dîmes,
droits seigneuriaux de quelque nature qu'ils soient.
En outre, moyennant la charge de 140 livres de rente
foncière rachetable de la somme de 2.800 livres à payer au sieur et demoiselle
Gonthière et Hilaire Delage au jour de la saint Martin d'hiver.
Le 27 juin 1756, assignation est faite au Présidial de
Paris à Nicolas-Roland Goujard, licencié ès lois, bibliothécaire des Avocats du
Parlement de Paris et à Françoise-Marguerite, sa femme, d'avoir à payer à
Nicolas Gonthière, notaire royal à Beaugency et à Élisabeth Delage de la
Landrie, son épouse, et Hilaire Delage de la Landrie, écrivain, garde magasin
du Roi au port de Doyapork, demeurant en la ville de Cayenne en Amérique, la
rente de 140 livres pour laquelle ils se sont engagés en 1742.
Louis Mallet (propriétaire entre 1763 et 1801)
Le 17 septembre 1763, en raison des sentences rendues au
Présidial du Châtelet de Paris les 17 septembre 1755 et 15 août 1757 et d'une
ordonnance de parenté du bailly de l'Archipairie de l'Archevêché de Paris du 14
septembre 1760 à la requête d'Augustin Reynaud, maître distillateur en chimie à
Paris et de Marie-Madeleine Lepy, son épouse, avant veuve de Jacques Tissot,
ancien maître-distillateur, en leur nom personnel et comme tuteur du jeune
sieur Tissot, héritier de son père ayant élu domicile chez le sieur Louis
Mallet, procureur au Châtelet. Commandement est fait au sieur Roland Goujard,
bibliothécaire de MM. les avocats du Parlement de Paris, y demeurant, de payer
à l'instance des sieurs et demoiselle Reynaud la somme de 426 livres 9 sols à
laquelle il a été condamné par trois sentences taxées et liquidées sans
préjudice d'autres droits et frais.
Le sieur Goujard ayant refusé de payer cette somme, il lui
a été signifié qu'il serait procédé à la saisie réelle des immeubles lui
appartenant.
« Les dimanches 15 février, 1er mars et 15
mars, M. Degoutte, huissier, s'est transporté à Villemoisson à l'issue de la
grand-messe, les paroissiens sortant d'icelle en grand nombre, et a lu à haute
voix les affiches y apposées devant six témoins et a déclaré qu'il serait
procédé immédiatement à la vente des biens énoncés qui ont été adjugés à la
somme de 350 livres à M. Louis Mallet qui versa immédiatement cette somme en
monnaie d'or et d'argent comme appoint de la rente foncière de 140 livres
rachetable de 2.800 livres constituées par Nicolas Goujard au profit des sieurs
Gonthière et Hilaire Delage. Cette rente appartenait en 1776 à J.-B. du
Challais, négociant et à demoiselle Delage de la Landrie et pour l'autre moitié
aux héritiers d'Hilaire Delage » (1)
Déclaration au terrier (14/7/1768)
Me Louis Mallet, procureur au Châtelet de Paris, y
demeurant rue de Grenelle Saint-Honoré, paroisse Saint-eustache. Lequel a
reconnu et confessé être détempteur et propriétaire, possesseur et tenir en la
censive de mon dit sieur et dame de Sauvigny, les biens immeubles et héritages
dont la déclaration ensuit.
Article 1. - Savoir une maison bourgeoise située audit
Villemoisson sur la grande rue qui conduit dudit lieu à Montlhéry. Consistante
en une avant cour, une porte « cochère», corps de logis bourgeois. Une
autre attenant servant de logement au jardinier et dépendances, un jardin
dernière ladite maison planté en arbres fruitiers. Le tout contenant en totalité
6 arpents 58 perches. Tenant d’une part d’orient au sieur Léger, d’autre
d’occident au chemin qui conduit de Villemoisson à Sainte-Geneviève ; d’un
bout du midy sur les terres de madame Hérault, d’autre bout du septentrion sur
la grande rue dudit Villemoisson à Montlhéry. Chargé de 8 sols 4 deniers pite
de cens.
De laquelle maison, il en a été passé deux déclarations aux
anciens terriers dudit Villemoisson au profit de feu messire Anne duc de
Noailles, pair de France, chevalier, commandeur des ordres du roy, premier
capitaine des gardes du corps de sa majesté, lors seigneur du lieu de
Villemoisson. La première par dame Marie Thérèse Bouillon de défunt Me Etienne
Lemeignant, déclarée au Châtelet de Paris, par acte passé devant Me Lhéritier,
notaire, le 13 juillet 1666. et la seconde par défunt Me Pierre Delage,
procureur au Parlement, par autre acte passé devant ledit Lhéritier le 20 may
1670.
Et audit sieur reconnoissant ladite maison appartient comme
ayant été adjugée par sentence du Châtelet de Paris du 17 décembre 1763, rendue
sur décret forcé, fait à requête du sieur Legrand et consort sur Roland
Goujard, bibliothécaire des avocats, à Me Dupré, procureur au Châtelet de Paris
qui en a passé déclaration au greffe, au profit dudit sieur reconnoissant ;
étant ensuite de ladite sentence d’adjudication, le 26 octobre suivant,
ensaisiné par feu monsieur d’Harnoncourt, père de ma dite dame de Sauvigny, le
12 mars 1765 et insinué à Longjumeau le 20 avril suivant.
Fait et passé audit Villemoisson, en la maison bourgeoise
dudit sieur reconnoissant, par devant ledit notaire royal et commissaire à
terrier susnommé, l’an 1768, le 14 juillet
Auquel acte est rajouté :
Demoiselle Thérèse Catherine Bouillon, veuve de Me Louis
Mallet, procureur au Châtelet de Paris, y demeurant, rue de Grenelle
Saint-Honoré, paroisse Saint-Eustache. Laquelle reconnoissant a confessé être
détempteure, propriétaire, possesseur et tenir en la censive de mon dit sieur
et de ma dite dame de Sauvigny, à cause de ladite terre et seigneurie de
Villemoisson et dépendances, différentes terres.
Lesquels héritages contenus en la présente déclaration ont
été reconnus à l’ancien dernier terrier dudit Villemoisson, à Savoir par défunt
Me Pierre Delage, procureur en Parlement au profit de feu messire Anne duc de
Noailles, pair de France, chevalier, commandeur des ordres du roy, premier
capitaine des gardes du corps de sa majesté, lors seigneur dudit Villemoisson,
par acte passé devant Lhéritier, notaire royal à Montlhéry, le 20 may 1670
Lesquels ont été reconnu par demoiselle Marie Roberdet,
veuve de défunt Me Etienne Le Maignan, procureur au Châtelet de Paris par le
quatrième de sa déclaration, et au profit dudit sieur duc de Noailles ;
par autre acte passé devant ledit Me Lhéritier, notaire, le 13 juillet 1666.
Et ladite dame reconnoissant lesdits héritages cy-dessus
appartiennent comme ayant été adjugés par sentence du Châtelet de Paris du 9
février 1765 ; rendue sur date forcée, fait à la requête du sieur Reynaud
et consors, sur Roland Goujard, bibliothécaire des avocats, à Me Chevallier,
procureur au Châtelet qui en a passé sa déclaration au greffe au profit de
ladite dame reconnoissante, étant ensuite de ladite sentence d’adjudication le
11 dudit mois de février, moyennant la somme de 500 livres y compris le prix
d’autres maisons et jardins énoncés en ladite sentence d’adjudication qui
relevoit de ladite seigneurie du fief de Beaumont. Total desdits cens montent
ensemble à la somme de 5 sols 11 deniers pite.
Fait et passé audit Villemoisson, en la maison bourgeoise
de ladite dame reconnoissante, par devant ledit notaire royal et commissaire à
terrier susnommé, l’an 1768, le 14 juillet avant midy.

D’après le terrier
1768. – 53 le « Collège. – 54. Autre maison située entre les actuelles
avenues Guy Mocquet et la rue Marcel Girard.
§
Sous la Révolution
C. -.J.-B. Magin
« Le 7 messidor an IX, en l'étude de Me Gaillard,
Louis Mallet, procureur du cy-devant Châtelet vendit au C.-.J.-B. Magin,
inspecteur général en chef de la navigation des ports du département de la
Seine et à Agathe-Marie-Jeanne Mérigot, son épouse :
Une maison bourgeoise sise à Villemoisson, située sur une
avant-cour en demi-lune cintrée plantée de tilleuls, etc..., comprenant une
basse-cour donnant sur une ruelle ayant sortie sur les champs par le bout d'en
haut, murée dans le bout d'en bas. Sur la rue est une laiterie. Le jardin clos
de murs est divisé en un parterre avec quinconce, une petite melonnière et un
potager avec puits et bassin planté en arbres fruitiers et treilles, une autre
partie en terres labourables et aussi un petit bois de châtaigniers, le tout
contenant 3 ha 7 ares 50 ça ou 9 arpents. Cette vente grevée d'une hypothèque
de 70 livres moitié de la rente de 140 livres payée le 21 brumaire, franche de toutes
contributions, a été faite pour la somme de 12.000 francs sur laquelle ont été
retenus 1.400 francs représentant le capital de 70 livres de rente plus 1.500
francs pour couvrir les arrérages dus par le non-versement de la rente de 70
livres pendant vingt-deux ans, soit net 8.700 francs.
Pierre de Jacquet de
Saussure
« Le 2 floréal de l'an X, le C.J.B. Magin demeurant
avec son épouse Jeanne Mérigot, quai de la Liberté, division de la Fraternité à
Paris, vendit au C. Pierre de Jacquet de Saussure, homme de lettres, demeurant
2, rue du Helder à Paris, son acquisition du 7 messidor dernier moyennant :
1° le paiement de -la contribution foncière à dater du 1er
germinal dernier ;
2° de payer les droits d'enregistrement et autres de la
présente vente ;
3° de payer tant qu'elle aura cours la rente de 70 livres
tournois due au C. Delâge de la Landrie au principal de 1.400 livres ;
« 4° de payer tous les arrérages qui peuvent être dûs
à la rente de 70 livres ci-dessus énoncée par le contrat de vente du 7 messidor
an IX depuis le jour de la saint Martin 1779, ce qui au 21 brumaire an X
faisait vingt-deux années qui, à raison de 70 livres, font 1.610 livres, compte
tenu de la dépréciation de la monnaie : 1.386 livres plus 1.540 livres dues
encore par le C. Magin à l'ancien propriétaire Louis Mallet et en outre la
présente vente est faite moyennant la somme de 15.060 francs en numéraire
métallique francs deniers en or et argent ayant cours.
Le 26 nivôse an XI, en l'étude de M. Gaillard à Savigny,
fut vendu par les huit enfants de Sylvain Lafeuille au C. de Jacquet de
Saussure, demeurant ordinairement à Paris, petite rue Saint-Pierre à l'Hôtel de
la Réunion, moyennant une somme de 550 francs plus une rente foncière de 50
francs :
« Une maison sise sur la Grande Rue de Villemoisson
consistant en une chambre à feu par bas servant de cuisine, une petite chambre
sans cheminée à côté, grenier au-dessus couvert en chaume, une laiterie et une
étable attenant à ladite maison, cour devant et lesdits bâtiments ayant leur entrée
sur la rue ou chemin pavé allant à Montlhéry, un petit jardin longeant ladite
rue, le tout clos de murs contenant 18 perches 3 p. pour l'ensemble.
« Lesdits biens provenaient de la communauté Sylvain
Lafeuille, Marie Saint-Lot, son épouse, père et mère des vendeurs, qui les
tenaient de Louis Petit cultivateur, par acte passé devant M° Pinet, notaire à
Sainte-Geneviève-des-Bois, moyennant une rente perpétuelle de 50 livres lequel
en était propriétaire comme faisant partie de la prise à rente qui lui en avait
été faite par le marquis de Crusssol, propriétaire de Vaucluse, par acte passé
devant M° Suzanne, notaire à Montlhéry, le 12 mars 1785.
« Pierre de Jacquet, fils de Jean, citoyen, et de
Marie de Saussure sa femme, était né le 26 septembre 1772 à Genève, baptisé en
l'église de Saint-Germain le 17 novembre 1772 par le pasteur Spectable J. Fine.
Il fut tenu par son grand-père Pierre de Jaquet.
« Par son père, il appartenait à une famille de
l'ancien diocèse de Genève, citoyenne dès le XVIe siècle ; par sa mère (Marie,
fille de Georges de Saussure, docteur en droit et avocat à Genève, membre du
Conseil des CC et capitaine au service des Etats Généraux de Hollande), il
appartenait à une branche vaudoise de la famille de Saussure. Son grand-père
maternel, Georges de Saussure, avait épousé Judith de Saussure, soeur de
Nicolas de Saussure, agronome distingué, tante du fameux Horace-Bénédict de
Saussure, professeur de philosophie et de sciences naturelles à l'Académie de
Genève, vainqueur du Mont Blanc. Pierre Jaquet décéda le 27 novembre 1834,
apparemment sans alliance et sans postérité. » (1)
§
Les Lisfranc de
Saint-Martin,
« Le 9 juillet 1817, par devant M° René Augustin
Deshaves et Antoine-Joseph Edon, notaires à Paris, M. Pierre de Jacquet de
Saussure, demeurant à Paris, 1, rue du Helder, quartier de la Chaussée-d'Antin.
A vendu à M. Antoine Lisfranc de Saint-Martin, 58, rue Meslée à Paris :
« Une maison et dépendances sises à Villemoisson d'une
contenance totale de 5 ha 50 a 50 ca pour la somme de 15.060 francs deniers et
le dépôt à la Caisse d'amortissement d'une somme nécessaire pour assurer aux
créanciers le paiement de deux rentes, l'une de 70 livres l'autre de 50 livres,
dues sur la propriété vendue, ce qui sera payable en monnaie d'or et d'argent
sans aucun papier.
« Le .5 août 1818, en l'étude de M° Gaillard, notaire
royal à Savigny, vente par dame Anne-Angélique Petit, épouse du sieur Pierre
Pascal Dautier, cultivateur à Villemoisson, A M. Antoine Lisfranc de
Saint-Martin, propriétaire demeurant à Paris, 50, rue du Pavé-Saint-Sauveur :
« 1° du quart de 6 ares 83 ca (20 perches) entouré de
murs en partie à prendre dans le jardin sis à Villemoisson provenant de la
succession de Louis Petit et de Marie-Catherine Maisonneuve, son épouse, ce
quart tenant d'un côté à l'acquéreur, d'un autre à la femme Taillefer, mur
entre deux par bas, mitoyen avec elle ; d'un bout par haut sur M. de
Bassompierre, mur entre deux qui appartiendra à l'acquéreur en vertu des
présentes ainsi que trois pieds de tour d'échelle au delà ;
« 2° le droit de puiser de l'eau dans le puits étant
sur la portion sud du jardin abandonné par le même partage à la dame Taillefer
avec un passage de trois pieds pour aller à ce puits. En cas de disette d'eau,
M. Lisfranc devra se soumettre aux restrictions comme les autres usagers.
« La présente vente se fera moyennant 800 francs.
« Le 11 janvier 1819, le sieur J.-B. du Challais,
négociant à Beaugency, réclame à M. Louis Mallet, ancien procureur au Châtelet,
M. J.-B. Magin, M. de Jaquet de Saussure, M. Lisfranc de Saint-Martin,
détenteur actuel des biens désignés :
« Maison avec dépendances, bois de châtaigniers, d'une
contenance de 5 ha 58 a 5 ça sise à Villemoisson, Une somme de 4.367 francs
pour principal, rente foncière, arrérages et frais de poursuite, qui lui est
due.
« Antoine Lisfranc de Saint-Martin,
propriétaire depuis 1817, était né à Saint-Paul-en-Jarrez (Loire). Veuf de
Hyacinthe-Jeanne Morticau, il mourut le 12 septembre 1824 à Villemoisson. Les
témoins du décès furent François Leborgne, curé de Morsang et de Ville-moisson.
Jacques Lisfranc, docteur en médecine, trente-six ans, neveu du défunt.
« Jacques Lisfranc de Saint-Martin naquit à
Saint-Paul-en-Jarrez, le 12 avril 1787, de Pierre Lisfranc, maître en chirurgie
audit Saint-Paul, et de Charlotte de la Roue. Son parrain fut Jacques de la
Roue. Etudiant en chirurgie à Lyon, puis interne à l'Hôtel-Dieu à Paris, il fut
l'élève de Dupuytren et reçu docteur en 1813. Entré au service de santé
militaire, il fit la campagne d'Allemagne en 1814, revint à Paris où il
enseigna la chirurgie, et fut en 1818 nommé chirurgien du Bureau Central. Entré
à la Pitié, devenu agrégé de la Faculté de médecine en 1824, il fut élu membre
de l'Académie et président de cette Académie. Il habitait généralement à
Villemoisson chez son cousin Paul-Alexis où il mourut en 1847
« Le fils unique d'Antoine Lisfranc de Saint-Martin,
Paul-Alexis, né à Paris le 10 août 1795, se maria le 14 mai 1818 à
Anne-Joséphine Martin dont il eut une fille, Joséphine-Antoinette-Pauline,
mariée à dix-neuf ans, le 28 juillet 1838 à Jean Lemoine, négociant, né à
Tours, âgé de trente-sept ans.
« Paul-Alexis Lisfranc ne dédaignait pas
s'occuper des affaires publiques, donnant même de sa personne dans les périodes
troublées ; l'anecdote suivante nous autorise de croire qu'il passait aux yeux
du grand public pour être royaliste :
« Le 18 juin 1815 (c'était le jour de Waterloo), cheminant
sur la route de Sainte-Geneviève à Villemoisson vers 10 heures du soir, près de
la berge, il s'entendit interpeller par deux individus qui lui demandèrent d'où
il venait et où il allait tout en le menaçant de le percer de leur sabre.
Lorsque M. Lisfranc eut porté plainte, les individus qui déclarèrent être de
Morsang, prétendirent qu'ils avait été arrêtés par lui à l'effet de crier «
Vive le Roi » ; M. Lisfranc réfuta cette calomnie avec énergie et Constant, son
jardinier, confirma ses dires. »
« Le 22 décembre 1821, il fut nommé conseiller
municipal.
« Le 11 août 1830, après les « Trois Glorieuses »,
capitaine commandant la garde nationale communale, il prêta serment.
« En octobre 1831, il donna une parcelle de terrain de
134 m² au lieudit « Le Breuil » pour y bâtir une école (c'est actuellement
la maisonnette derrière la Salle Communale, la petite école de 1832)

La vente de la pièce des eaux. – « Le 23
juillet 1833, en l'étude de M° P.-A. Pionné, notaire à Epinay : M. Charles
Cossonet, propriétaire cultivateur, et dame Marie-Geneviève Herson, son épouse,
demeurant au Perray ; M. Madeleine, Alexis Cossonet, propriétaire cultivateur,
et sa femme Marie-Victoire Gacheny ; M. Jean-Marie Cossonet, propriétaire
cultivateur, et son épouse Aimée-Nicole Lambert. Vendent à M. Paul Alexis
Lisfranc de Saint-Martin :
« 1° Un ha 93 ares 20 ça ou 5 arpents 65 perches 3
cent. de terres, plantées de jeunes arbres faisant partie d'une pièce de terre
appelée « La Pièce des Eaux » au lieudit La Justice de 2 ha 51 ares tenant d'un
côté à la rue Ferrande avec haie vive le long du chemin, de l'autre côté à un
terrain d'un mètre de large longeant le mur de M. Lisfranc acquéreur, en haut à
l'autre partie de ladite pièce vendue au sieur Daragon, en bas à la portion de
jardin ci-après désignée ;
« 2° Une portion de jardin faisant partie de la Pièce
des Eaux contenant 1 are 53 ça avec un petit bâtiment formant grange tenant
d'un bout à la rue Ferrande, d'autre bout au jardin de l'ancienne ferme, par le
haut à la pièce de terre désignée ci-dessus, par le bas au restant dudit jardin
limité de ce côté par un vieux mur mitoyen étant entendu que ce mur sera
reconstruit par M. Lisfranc à une hauteur de 2 m. 60 ou 8 pieds au moins à
partir du sol.
« Moyennant, outre les charges, la somme principale de
8.505 fr. à raison de 1.400 francs l'arpent. » (1)

L’entrée de la
« grotte » et le boyau conduisant l’eau descendant du plateau
« C'est dans cette Pièce des Eaux que se trouvent les
souterrains, auxquels on descend par quelques de marches, consistant en
plusieurs galeries pierrées convergeant du même point au pied dudit escalier.
La galerie principale forme maintenant bassin parce que plusieurs canalisations
d'eau y aboutissent, mais on peut sur des terre-pleins cimentés gagner les
autres galeries beaucoup plus étroites qui s'en vont assez loin dans le potager
et sous les champs, le château et le parc de Beaumont. Des regards ou trous
d'homme, dit-on, se voyaient encore de tous côtés donnant accès dans les
galeries sèches jusqu'au bord de la route n° 25 et jusque dans l'ancien parc
dit de Verdière. Ces sortes de puits et ces galeries n'ont à notre connaissance
jamais été explorées Un vieillard a affirmé qu'en 1870, voulant échapper aux
Prussiens, il avait suivi une de ces galeries très étroite, taillée dans le
roc, conduisant à une chambre carrée possédant des bancs de pierre dans
laquelle il était resté caché pendant trois jours ; cette galerie passait sous
la rue Ferrande.
« Veuf depuis 1819, Paul-Alexis Lisfranc, épousa à
Saint-Paul-en-Jarrez, le 10 juillet 1822, Elisabeth-Virginie Maniquet. Il en
eut cinq enfants et mourut à Villemoisson le 27 janvier 1849. Virginie Maniquet
était décédée à quarante-cinq ans, le 23 avril 1842.
« Du mariage de Pauline Lisfranc, décédée le 25
janvier 1885, avec Jean Lemoine (A) naquirent deux enfants dont Marie qui
épousa Eugène-Jules Dulac, ingénieur, décédé le 2 avril 1923 dont elle eut six
enfants, dont Marguerite-Marie, née le 4 janvier 1876, qui fut l'épouse du
docteur Bourdel (B), originaire de Chartres, décédé à quatre-vingt-dix ans, le
5 mars 1942.
« (A) Mme Lemoine donna à la commune un terrain de 400
m2 pour l'édification d'une place publique, sous la condition expresse qu'elle
portât le nom de Place Lis franc.
« (B) Le Dr et Mme Bourdel racontaient volontiers que
lorsque M. de Saussure était l'hôte de la maison, le personnel avait une grande
sympathie pour M. Chaussure. Daguerre, aussi, disaient-ils, fut souvent l'hôte
des Lisfranc. Il travaillait à sa découverte à Villemoisson et Lisfranc l'aida
de ses deniers pour la mener à bien. Nous avons vu chez le Dr Bourdel des
plaques de cuivre au mercure non utilisées, laissées là par l'inventeur de la
photographie, ainsi que de splendides daguerrotypes originaux.
« Le 2 mai 1849, il fut procédé, en l'étude de Mes
Trépagne et Sébart, notaires à Paris, à la vente sur licitation des biens de
Paul-Alexis Lisfranc de Saint-Martin entre ses cinq enfants. Ils furent adjugés
à Pauline, femme de Jean Lemoine, pour la somme de 55.600 francs. Plus tard en
hérita Marie Dulac, leur fille qui passa toute sa vie dans la maison où
vécurent ses aïeules et fut mère de André et Simone.
« Depuis février 1948, l'ancien « Collège »
est la propriété de M. Frange dont l'intention est de restaurer la vieille
demeure bien décrépie » (1). Mais l’avenir nous a montrera l’éclatement de
cette propriété dont une partie a été livrée aux lotisseurs.

§
« Le parc n'est plus entretenu et il se dégrade peu à
peu. La préservation des arbres dans le cadre d'un aménagement et l'ouverture
au public de la partie boisée la plus homogène, permettrait d'assurer une
« liaison verte » entre le parc sauvegardé de cette propriété en
passant par le Centre-Ville, pour rejoindre le Parc « Les Erables ».
Mais il n'est pas réaliste d'envisager que la Commune puisse acquérir la
totalité de la propriété : les finances communales ne peuvent pas supporter un
tel investissement sans un accroissement important des impôts.
De nombreux projets extravagants et très importants quant
au nombre de logements sont prévus dans une partie de la propriété classée en
zone non constructible. Pour cela il faut modifier le P.O.S pour bâtir, une
polémique s’installe. Finalement une petite partie du parc privé deviendra parc
communal et sur le reste, devenu partie constructible, le programme ne devra
pas dépasser 40 pavillons et est livré au constructeur Kaufman et Broad.

C’est toute la
partie boisée qui est abandonnées aux lotisseurs
Le lotissement dit
du « Château Gaillard »
Vues avant les travaux.

Aujourd’hui.



(à droite, partie
réservée en parc public)
« 1 » Victor
Chaudun