Le chemin de fer à Villemoisson.

 

 

 

 

 

Pour comprendre la création de certaines voies aux Franchises due par l’arrivée du chemin de fer, il faut se représenter le quartier à la fin du XVIIIe (ici le dessin) qui était le même au début du XIXe siècle. A partir de la Place Lisfranc, en haut à gauche, partent les chemins « de Villemoisson au Breuil » et son prolongement «de Villemoisson au Perray », ils sont l’actuelle rue de la Garenne. C’est ici la seule liaison longeant l’Orge pour gagner le Perray. Il en existait une autre qui est le Vieux chemin de Villemoisson faisant suite à la rue de la Plaine. Le hameau des Franchises est limité entre la rue de l’Orge et la rue Emile Bouton.

 

Nous verrons que la Garenne à droite sera percée, depuis la rue du Maréchal Gallieni par une voie en direction de Sainte-Geneviève ; qu’une liaison se fera entre la rue de L’Orge et le pont en face de la place Lisfranc (prolongation de la rue du Maréchal Gallieni) ; qu’une autre liaison sera crée (les rues de Verdun et de la Forêt) depuis la place Lisfranc jusqu’à la rue Emile Bouton, traversant les lieux dits de la Nouvelle France et des Fourneaux.

 

 

 

Autrefois le R.E.R. « C » s’appelait « le Paris-Orléans », d’où communément le « P.O ».

 

Desideratum de la commune adressé à la Compagnie du P.O.

En 1838 est voté la loi permettant à une compagnie disposant de 40 millions d’établir une ligne de chemin de fer de Paris à Orléans. Le 25 avril 1841, il est soumis au conseil municipal : 1°) Le plan parcellaire des terrains et bâtiments à acquérir par la Compagnie du chemin de fer. 2°) Le plan général de la partie de la commune traversée par ce chemin de fer. 3°) Le procès verbal ouvert à la mairie contenant sept réclamations.

 

La liaison se trouvant coupée entre le village et les Franchises par le chemin de fer proposé, il est demandé à la Compagnie une nouvelle liaison depuis la place Lisfranc devant l’ancienne mairie, jusqu’à la rue de l’Orge aux Franchises et la création d’un passage à niveau pour permettre de traverser les voies.

 

Création de la rue de Verdun

 

Le passage à niveau rue de Verdun

 

Il est demandé à la Compagnie pour raison de cette coupure, une liaison avec la gare d’Epinay, en créant un chemin depuis le passage à niveau. C’est-à-dire la partie de la rue Maréchal Gallieni depuis le passage souterrain rue de Verdun jusqu’au le chemin latéral allant au pont Mouton. Soit un chemin d'exploitation de 3 mètres à droite des voies ferrées.

 

Pour permettre aux habitants des Franchises un accès aux terres opposées à la ligne du chemin de fer, un nouveau chemin depuis le passage à niveau jusqu’à celui de la Garenne appelé aujourd’hui « rue Emile Bouton », doit être créé, c’est de nos jours la rue de la Forêt. La Compagnie demandant la suppression du chemin vicinal de la Garenne (E. Bouton), le Conseil municipal fait observer que le chemin étant en surplomb de 8,30 mètres, il est facile à la compagnie d'établir un passage par-dessus : ce sera le petit pont au bas de la rue Emile Bouton.

 

Au bas de la rue Emile Bouton, pont permettant ici le passage de deux voies.

 

Réclamations et problèmes du viaduc.

3 septembre 1839. - Suivant le plan général de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, déposé à la mairie le 18 avril dernier il devait être construit un viaduc sur le bassin de l'Orge depuis le chemin communal longeant la rive gauche de cette rivière jusqu'à la place. Lisfranc. Ce travail avait été considéré par MM. les ingénieurs comme étant d'une nécessité indispensable pour l'écoulement des eaux dans les saisons pluvieuses, époque pendant lesquelles elles s'élèvent souvent à plus de 1,70 m au-dessus de son niveau ordinaire dans toute la longueur du bas pré.

 

Mais depuis, cette Compagnie a fait à son plan primitif des modifications qui, si elles étaient approuvées par l'administration, causeraient un préjudice notable aux propriétés. Selon le nouveau projet, un remblai remplacerait le viaduc indiqué dans toute la traversée des prés ; quelques arches seraient seulement établies sur le chemin communal d'Epinay et sur la rivière.

 

Mais comme ces arches seront construits sur une ligne diagonale, et que le sol sur lequel elles seront établies est plus élevé que celui des prés, il en résultera que les eaux étant barrées par le remblai de terre, au lieu de prendre leur cours par les arches reflueront jusqu'au moulin du Breuil ; et au-delà les prairies seront submergées pendant plus de six mois de l'année et le sentier conduisant au petit pont Maurey (Mouton), si utile pour la communication des deux communes, sera interrompu pendant le même temps. M. le maire désapprouve donc le nouveau projet mais il sera quand même réalisé : c’est le viaduc des « Cinq Arches ».

 

Gravure de Champin

 

Le 15 juin 1839, le conseil faisait savoir qu'il ne s'opposait pas à la coupure de la ruelle des Fourneaux, mais demandait par contre la création du chemin latéral au chemin de fer.

 

Création du chemin latéral, la rue de la Forêt

 

Le 8 novembre 1841. - Il est porté attention sur l'état déplorable dans lequel la compagnie du Chemin de Fer d'Orléans a mis plusieurs chemins communaux. Celui notamment qui conduit de Villemoisson aux hameaux des Franchises et du Breuil est devenu tellement mauvais que les communications avec ces deux hameaux sont entièrement coupées. L'immense quantité de matériaux employés à la construction du viaduc établi sur l'Orge à été transportée par ce chemin, et malgré les demandes réitérées, MM. les ingénieurs se sont constamment refusés à faire la plus légère réparation, prétendant que d'après une décision du conseil d'état, la Compagnie est dispensée de payer aux communes les subventions dont parle l'article 14 de la loi du 21 mai 1836.

 

Il ne faut surtout pas oublier les souffrances endurées par les habitants des Franchises occasionnées par les travaux. D’un côté, vers Sainte-Geneviève, le creusement d’une immense tranchée à travers la Garenne ; de l’autre l’établissement d’un talus dans la vallée de l’Orge. De cet énorme charroi des terres enlevées d’un côté vers l’autre, quel pouvait être l’état de la rue du Maréchal Gallieni par ce trafic et lors des intempéries durant plusieurs années !

 

Aperçut de la « tranchée » en direction de Sainte-Geneviève, prise du pont.

 

Prolongation de la rue du Maréchal Gallieni.

23 août 1857. - Création d'un chemin, sur le terrain de la Compagnie, pour piétons de 1,66 mètre de large au bas du talus du chemin de fer dans sa traversée sur la commune de Villemoisson, du côté du hameau des Franchises, suivant le bas et le long du talus en passant sur les contre-murs qui servent de soutènement sur une longueur de 62 mètres. Ce chemin est établi du consentement de la compagnie au moyen d'une souscription des usagers de Villemoisson et d’Epinay, pour lequel le conseil accepte les conditions de la Compagnie.

 

Partie de la rue du maréchal Gallieni crée

 

En résumé le chemin de fer Du P.O. a entraîné la création des rues de Verdun et de la Forêt, la prolongation de la rue du maréchal Gallieni jusqu’à la rue de la Garenne ; cette dernière rue était la seule liaison entre le village et les Franchises. Le sentier vers le pont Mouton existant est reconnu par la Compagnie.

 

Ouverture d’une route le long de la voie ferrée reliant Villemoisson au Perray.

Les années passent, mais peu avant la guerre de 1870, s’installe dans la pairie du Perray l’hôpital de Vaucluse.

 

Jadis, le chemin pour se rendre de Villemoisson au Perray, empruntait la rue de la Garenne, passait sous le bois du même nom, traversait les prés de Vaucluse, pour se relier au vieux chemin du Perray à Sainte-Geneviève des-Bois ; en quelque sorte il longeait l’Orge. Mais depuis l’installation de l’asile de Vaucluse appartenant au département de la Seine, son administration souhaite détourner ce chemin. Aussi le département de la Seine trouve la solution en ouvrant une route le long de la voie ferrée ; il apporterait son soutien financier.

 

Le 2 août 1874. - Les deux municipalités de Sainte-Geneviève et de Villemoisson se mettent d'accord pour la création d’une liaison entre elles, coupée par l’hôpital.

 

16 janvier 1876. – Mais, attendu que les charges excessives dont la commune de Villemoisson est grevée, elle se trouve dans l'impossibilité absolue de faire face, ne lui permettent pas de s'engager dans aucune nouvelle dépense; que d'ailleurs l'entretien de la partie du nouveau chemin à réaliser sur son territoire. Cependant le conseil approuve sous la réserve que dans la traversée du bois de la Garenne le chemin sera ouvert sur une largeur de 6 mètres, non compris deux fossés de un mètre de largeur sous la condition que le département de la Seine fera exécuter à ses frais les travaux de construction ou versera dans la caisse municipale de Villemoisson pour être employée à ces travaux une somme de 3000 francs. Le 3 août, l'administration de la voirie départementale fixe à 1150 francs pour Sainte-Geneviève et à 1380 pour Villemoisson son apport à la réalisation du projet.

 

La liaison Franchises de Villemoisson à Sainte-Geneviève.

 

 

Les problèmes de l’ouverture d’un pont en face de l’ancienne mairie.

21 septembre 1900. – La Compagnie d'Orléans maintient, quant à présent du moins, le passage à niveau de Villemoisson. Cette décision fait suite à son avant projet des travaux du dédoublement des voies jusqu'à Brétigny (c’est-à-dire du passage de deux voies à quatre voies). La municipalité demande l'aménagement de passerelles supérieures et inférieures.

Considérant que la traversée du passage à niveau est très fréquenté non seulement par les habitants de ce village, mais aussi par les enfants du hameau des Franchises et de celui du Breuil, forcés d'emprunter quatre fois par jour pour aller et revenir de l'école de Villemoisson située à la mairie. De plus, il est emprunté part des voitures tant des villemoissonnais que celles des communes voisines (entendons par là les voitures à chevaux). Ce passage à niveau est peut-être le plus dangereux de toute la ligne en raison de la courbe très accentuée des voies et deviendra pratiquement impraticable quand les voies seront dédoublées Le conseil municipal de Villemoisson demande instamment à la Compagnie d'Orléans de construire à sa proximité un pont inférieur indispensable à la sécurité des piétons et des voitures.

 

13 octobre 1901.- Le conseil demande le maintien du passage à niveau et réclame instamment que la Compagnie du chemin de fer d'Orléans soit tenue de construire à la proximité du passage à niveau un « viaduc inférieur » à une largeur minimum de 7 m, comportant le passage de deux voitures et de deux trottoirs avec une hauteur de 4 m indispensable pour la sécurité des piétons et des enfants qui fréquentent l'école de la commune.

 

Le 9 février 1902, La municipalité est surprise que la Compagnie n'ait tenu aucun compte de ses délibérations relatives à l'établissement d'un passage inférieur pour les voitures et les piétons. Elle fait remarquer, en outre des inconvénients déjà cité, la coupure par le passage à niveau du chemin de grande communication n°25 et qu’il partage la commune de Villemoisson en deux parties. Elle proteste contre cette manière d’agir et trouve étrange que l’on refuse à Villemoisson ce qu’on accorde à la commune de Saint-Michel (sic).

 

Le 18 mai 1902. – La commune refuse, suite à l’acceptation du projet par la Compagnie d’un passage inférieur, toute participation aux frais, attendu que la route n’appartient pas à la commune, mais qu’elle est classée départementale n°25. Conséquence, ladite Compagnie se rétracte sur ce projet. Toutefois ce pont sera réalisé.

 

Construction du « pont inférieur face à l’ancienne mairie

 

Le 22 juin 1902. – Protestation au sujet du pont de la Garenne (En Bas de la rue Emile Bouton) coupé par la Compagnie pour travaux. L'autorisation de couper le pont a été accordée à condition qu'une passerelle soit faite pour les piétons. Entrepreneur et Compagnie ne veulent faire les frais de la passerelle. Dans ces conditions, le conseil autorise Mr. le maire à se servir d'un huissier pour sommer la Compagnie de s'exécuter.

 

Le passage en arcade sous le pont de la Garenne (photo ci-dessus) est démoli pour lui donner une forme à angles droits permettant la circulation sur quatre voies.

 

Réalisation d’un passage souterrain pour supprimer le passage à niveau.

9 novembre 1902. – Vu que la circulation des piétons et des voitures va devenir presque impossible sur le passage à niveau par suite du doublement des voies. Vu que l'offre faite par la Compagnie d'Orléans d'établir une passerelle aérienne à sa place n'est pas acceptable. La municipalité demande un passage souterrain et ajoute que faire participer la commune de Villemoisson à la dépense qu'entraînerait l'exécution de ce projet est contraires à tout esprit de justice. Enfin il faut attendre le 25 février 1906 pour que la Compagnie du P.O, propose un passage souterrain pour piétons à la place du passage à niveau, en remplacement d’une passerelle aérienne.

 

Entrée du souterrain et fermeture du passage à niveau

 

voeu de la commune refusé par le P.O.

Le 21 septembre 1900 et le 17 novembre 1924. - Il est demandé que la dénomination de Villemoisson-sur-Orge soit ajoutée au nom de gare d'Epinay-sur-orge, pour le motif suivant : Par suite de création de divers lotissements, la population s'accroît rapidement et beaucoup de personnes venant visiter la région ignorent la gare desservant la commune de Villemoisson. La dénomination Epinay-Villemoisson-sur-Orge, prêterait moins à confusion avec les noms d'Epinay-sur-Seine et Epinay-sous-Sénart.

 

(Sources : registres des délibérations communales)

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