Brétigny-sur-Orge. (1)

 

 

 

         Brito : surnom ou sobriquet donné aux gens venant de Bretagne. Cette hypothèse vaut ce qu’elle vaut.

         Le village de Brétigny paraît avoir été anciennement fermé de muraille. Il y avait des vestiges à l'entrée du village, deux piliers d'une porte et quelques ruines de tours rondes qui défendaient cette porte, bâti au temps des guerres de religion entre 1560 et 1594.

Situé sur la rivière d'Orge, Brétigny était dans un fond arrosé de plusieurs ruisseaux et fontaines. On y voyait plus d'étang, quoiqu’il y en avait un autrefois, assez grand, dont le lit c’est changé en pré. On en voyait encore la chaussée derrière le petit hameau de Saint-Antoine ; la fontaine de ce hameau allait se rendre dans cet étang, et le pré a été nommé pour cette raison le Pré de l'Etang.

 

 

Brétigny, c’est deux paroisses formées de plusieurs fiefs :

         Trois fiefs relevaient du roi à cause de son château de Montlhéry :

         1°) le fief de Brétigny qui consistait dans la plus grande partie du château et de la cour, la chapelle, la plus grande partie du parc et partie du potager. Avec droits de châtellenie, haute, moyenne et basse justice dans les deux paroisses et dans celles de Saint-Michel et de Marolles, droit de garenne, gruerie, voirie, chasse, et pêche dans une partie de la rivière d'Orge.

         2°) Le fief de la Maison neuve consistait en 120 arpents de terre labourable et quinze arpents de bois taillis.

         3°) Quatre arpents de prés.

         Deux fiefs relevaient de Vaugrigneuse : Le fief de Voisins, le Fief de Saint-Filbert sur lequel étaient l'église et la ferme dite de Brétigny et où était le manoir seigneurial de Saint-Filbert. Sous Philippe-Auguste, Bochard de Vaugrigneuse tenait de Guy, son frère, un fief à Brétigny, et pour cette raison Guy était homme lige du Roi.

         Le fief Saint-Père relevant de l'archevêque de Paris, consistait dans l'emplacement de l'ancien manoir, la garenne et quelques terres.

         Le fief des Halliers et la cens de Rosières relevaient du fief des Carneaux, paroisse de Lisses.

         Un arrière-fief relevait de Brétigny, appelé le fief de Copeaux sis à Paris, grande rue du Faubourg Saint-Victor, possédé par Loyauté, bourgeois de Paris. Lequel fief consistait en un corps de logis, deux écuries, trois arpents de Marais clos de murs en partie et de la rivière des Gobelins. Ce fief a été vendu le 1er décembre 1468 par Jacques de Saint-Benoît, seigneur de Brétigny, à Dumesnil de Maupas.

 

         Les deux paroisses - Brétigny dépendait de la paroisse de Linas ou de Bondoufle. Les seigneurs qui firent ériger une paroisse au XIIIe siècle, furent assez puissants pour en faire ériger une seconde. Jusqu’en 1796, Brétigny formait deux paroisses : Saint-« Philibert » et Saint-Pierre.

 

         La paroisse de Saint-Philbert de Brétigny - (Saint-Filbert, abbé de Jumièges, vivait au septième siècle. Cette paroisse était située au-dessous de la butte sur laquelle est construite l'église de Saint-Pierre. Son église paraît avoir été construite au XIIIe siècle, c'est-à-dire vers le règne de Saint-Louis. Le nom qu'elle portait, lui vient suivant les apparences d'un des coseigneurs de Brétigny qui s'appelait Filbert. Sur sa tombe se lisait : « Ici gist monseigneur Philebert de Brétigny, chevalier, qui trespassa ... » Il est représenté en homme de guerre. Il y avait dans cette église deux autres tombes, sur l’une se lisait : « Cy gist monseigneur Guillaume Bouchard, chevalier de Brétigni, qui trespassa l’an de grâce Mil CCC… » 

         L’église de Saint-Philibert menacée de ruine en 1707 a été interdite au culte. Le 18 décembre les habitants de la paroisse se réunirent chez le tabellion afin de s’entendre et de se cotiser pour sa réparation. Ces travaux mis en adjudications coûtèrent 399 livres en 1708-1709.

         Le dernier curé de Saint-Philibert, l’abbé Pourcin, prêta les serments imposés par la Constitution. L’église et le presbytère ont été vendus comme biens nationaux en 1796 à Sulpice Janvier 6687 livres. La cure de Saint-Philibert disparue, l’église en très mauvais état fut démolie.

 

 

         Valorge, à gauche de la rivière d'Orge, ancienne maison seigneuriale, n'était plus qu'une ferme avec un parc. Elle appartenait à MM. de Leuville, et était de leur marquisat. Le château dit des Halliers était compris dans la paroisse de Saint-Filbert ; il en restait une vieille tour et des fossés. La maison voisine portant le nom de Pavillon, était de ce manoir. Le tout était dans un fond derrière la chaussée du vieil étang. Près de-là était un petit hameau, dit de Saint-Antoine. La population de la paroisse de Saint-Filbert, constituait la plus grande partie de Brétigny.

         Rosières faisait partie de la paroisse de Saint-Filbert. Il y avait des vignes en ce lieu dès le XIIe siècle.

 

 

         La paroisse Saint-Pierre. - L'Eglise de Saint-Pierre était sur le haut d'une butte. Le chœur du XIIIe siècle, la nef et l'un des bas côtés depuis le clocher ont été ajoutés au XVe siècle par Blosset, seigneur du Plessis-Pâté dont les armes étaient à la clef de la voûte.

         Le curé de Saint-Pierre avait droit de dîme sur le territoire de Plessis-Pâté, mais en 1657, malgré l’opposition des habitants et du seigneur de Brétigny, la chapelle de la seigneurie de Plessis-Pâté fut érigée en cure à charge de payer annuellement 20 livres au curé et 12 livres à la fabrique de Saint-Pierre.

 

         La paroisse de Saint-Pierre avait plusieurs hameaux. - Celui sur lequel il y a le plus à dire était Fresne, dont l'ancien nom était Marchais tué. Ce nom n'y est point autrement écrit que « Marches tue ». Il y avait en ce lieu une pièce d'eau qui a été tarie et desséchée. Il y avait dans l'église de Saint-Pierre le fragment d’épitaphe de Nicolas de Freisne, chevalier. Ce hameau a été détruit sous la guerre de religion; il ne restait plus que deux maisons : la maison et ferme de M. Bonnefin et la ferme de M. Mallet de Chantelou, président de la Chambre des Comptes, relevant de Plessis-Paté ; outre ces deux maisons une chapelle du titre de Saint-Côme et Saint-Damien. A cette chapelle étaient attachées des terres proches Fresnes et mouvantes en censive de l'abbaye de Villiers-le-Châtel à cause du fief de Leudeville.

 

 

         Les Cochets. - Les Cochets consistaient en une maison seigneuriale relevant du fief du Plessis-Pâté. Ce lieu était ancien, on le connaissait au XIIe siècle. Ermengarde de Cochet présentant son fils pour être élevé à Longpont, elle donna au monastère la quatrième partie de la dîme de Cochet. Mais peut-être faut-il entendre là Cochet, hameau de la paroisse de Lardy.

 

 

         Cossigny est un petit hameau connu dès le commencement du XIIe siècle. Hersende, sœur d'Henry, prieur de Longpont, en fit donation au même couvent avec d'autres biens, le jour que Milon Breton, leur frère fut inhumé.

Essonville. Hervé « de Donione » avait quatre hôtes qu'il donna en mourant à l'église du même prieuré de Longpont. Il y a avait chapelle domestique à Essonville en 1643, lorsque ce lieu était à Jacques Ferrand, maître des requêtes.

La Garde est une maison bourgeoise tenue en censive du seigneur du Plessis-Pâté, à cause d'un fief appelé le fief de Fontaine, différent de celui de la Fontaine sis sur la paroisse de Saint-Filbert. Anciennement on l’appelait Fontaine la Garde à cause d'une fontaine voisine, et elle fut surnommée de la Garde à cause de Hugues de la Garde qui en était possesseur au seizième siècle.

 

 

         « Vicinum ». Gautier de la Bretonnière y avait la moitié de son patrimoine qu'il donna à l'église de Longpont au commencement du XVIIIe siècle. Ce « Vicinum » est un fief voisin relevant de Vaugrigneuse. Il comprend une partie du château de Brétigny, la ferme de ce château et quelques arpents de terre.

         Les Bordes Hachets ou Pied de Fer. - Plessis-Pâté était primitivement de la paroisse de Saint-Pierre de Brétigny ; il en a été détaché avec les Bords Hachets, autrement Pied de fer, en 1657, lors de l'érection du Plessis en paroisse. Ces Bordes Hachets avoient été érigées en fief en faveur de Robert Pied de fer, dont elles prirent le nom, Ce Fief appartenait au seigneur du Plessis, mais il relevait du fief du Clos Margot enclavé au XVIIIe dans le parc de Brétigny.

 

Autres fiefs.

         Le fief de la Fontaine – Le Fief de la Fontaine est composé de deux maisons seigneuriales séparées par le chemin, relevant toutes les deux de Vaugrigneuse. Ces deux maisons contiguës ne formaient originairement qu'un même fief qui fut partagé avant 1475 entre Jean Rouillé, écuyer, à cause d'Agnès d'Arly, sa femme, et Jean de Guillerville, écuyer, à cause de sa femme, sœur de ladite Agnès.

         La maison située vers l'orient fut le partage de l'aîné, et appartint au XVIIIe siècle à Boucher d'Argis, avocat en Parlement, l'autre de vers l'occident, et dans laquelle était la Fontaine qui donna le nom à tout le fief, advint à la cadette, et on y a construit un manoir seigneurial.

 

 

         Le fief de Saint-père - Le 26 Août 1502 Gaubin de Guillerville et Bonne de Guillerville, sa sœur, demeurant à Brétigny, témoin Robert de Guillerville, seigneur de la Fontaine, leur cousin germain, comme héritiers de Jean de Guillerville et de Catherine de Gravelle, leurs père et mère, donnèrent à titre d'échange à Guyon de Saint-Benoît, seigneur de Brétigny, les deux cinquièmes par indivis en la moitié du fief, terre et seigneurie de Saint-Père de Brétigny et dépendance.

         Le 10 novembre 1502, Nicolas de Guillerville, seigneur de Saint-Père de Brétigny, fils aîné et héritier en partie de Jean de Guillerville son père, vendit audit Guyon de Saint-Benoît l'hôtel, fief et seigneurie de Saint-Père, à lui appartenant.

 

         Un fief nommé Fontaine qui allât à Plessis-Pâté. - Le prieuré de Longpont a joui pendant longtemps du fief de Fontaine sis à Brétigny, qui était fort différent de celui dit « de la Fontaine ». On le nommait autrefois Fontaine-lès-Brétigny. Les religieux cédèrent tout le fief de Fontaine par échange à Jean Blosset, seigneur du Plessis-Pâté en 1580. On prétend qu'il avait pris son nom d'une fontaine sise proche Brétigny, près de laquelle était un hameau appelé pour cette raison Fontaine. Ce hameau ne subsiste a disparu.

         Il y avait à Cossigny quelques maisons et terres qui en relevaient en censives, la maison de Fontaine-la-Garde, et une partie de celle de M. Bonnefin à Fresnes, étaient pareillement tenues en censives des seigneurs du Plessis-Pâté à cause de ce fief de Fontaines.

         Le hameau du Carouge. – Voisin de la rivière d'Orge, il existait au XIIe siècle. En 1658 il appartenait à noble Pierre de Cron et Marie le Tellier sa femme. Il y avait un moulin appelé du Carouge.

 

 

Le moulin de Carouge

 

         Le hameau du Mesnil - Hugues Baffet (Basset) est dit avoir fait présent aux moines de Longpont de la terre de Mesnil. Guichard de Châtres (Arpajon) voulut s'y opposer à cause d'Odeline, sa femme, dont elle provenait, mais il ne continua point.

 

 

         Les seigneurs de Brétigny. - «Brittiniacus » est cité en 697 dans l'acte de fondation du monastère de Limours. Mais c'est du cartulaire du prieuré de Longpont que sont les premières connaissances que l'on a de Brétigny. Elles remontent jusqu'au temps d'Henry qui en fut prieur depuis l'an 1086 jusqu'environ l'an 1125.

         Ebrard de Brétigny est témoin de Fulchard de Brétigny, lequel a donné des masures dans un lieu dit Villeneuve.

         Vers l’année 1100, Gauthier de la Bretonnière avait à Brétigny une propriété patrimoniale dont il disposa en faveur du couvent de Longpont. Une charte de 1090 nous apprend que Eustache Lysard donna au même couvent le fief d’Hugues Basset à Brétigny.

         Concernant les redevances féodales de Montlhéry, dans le cartulaire ou registre de Philippe-Auguste se trouve parmi les chevaliers Jean de Brétigny. Il tenait en fief une terre de Pierre de Nemours située à Brétigny, sa veuve en rend hommage à Guillaume, évêque de Paris, au nom de son fils dont elle a la tutelle. (1208 – 1218). C'était au temps de Philbert de Brétigny.

         Sous le règne de Saint-Louis, Guillaume de Brétigny figure parmi les chevaliers de la châtellenie de Montlhéry qui tiennent leur fief du roi.

         Jean Baudoin qui prêta serment à Etienne Templier, archevêque de Paris le 9 février 1268, déclarait : « Jehan Baudoin, chevalier, tient (de cet évêque) c’est à sçavoir son herbergement qui est à Houchart du Moustier à Saint-Père de Breteigns. Et les jardins qui sunt environ, et toutes les roches et les terres sunt autour Saint-Père et Saint-Filebert, et autour sa meson. V arpenz de vignes et environ, LX arpenz de terre gaignable à la chauciée Gui Perreus (Guéperreux) encor VI arpenz de prez al Saint-Rémi ou pou plus ou pou moins. Totes ces choses devant dites sunt ou fief et en la seignoirie monseignour l’évesque de Paris... » (Cartulaire de l'évêque de Paris à l'an 1268)

         Dans l'Histoire des Grands Officiers, Gedoin de Beauvilliers, seigneur de Brétigny, fait hommage à l'évêque de Paris, et reconnaît qu'il doit l'accompagner en l'ost (l’armée). Il y a peut-être confusion avec Jean de Brétigny.

         En 1300, on relève le décès de Guillaume Bouchard, chevalier de Brétigny.

         Thomas de Brétigny, chevalier est nommé dans un compte dans à l'occasion du moulin Basset, au-dessous de Montlhéry, qui lui appartenait vers l'an 1434. Vers le milieu du XVe siècle la seigneurie de Brétigny était possédée par Jean de Saint-Benoît, écuyer, suivant un titre de l'an 1449 ; puis, Robert de Martigny avec Jacqueline Morine, sa femme, la vendit à Robert Thiboust, avocat au Parlement et à Odette Baillet, son épouse (1478).

         Deux ans après, en 1480, on trouve un autre seigneur à Brétigny, Jacques de Saint-Benoît, chambellan du roi et capitaine de la cité d'Arras. Louis XI lui vendit, avec la haute moyenne et basse justice, Brétigny et Marolles acquit du sieur Olivier procureur au Parlement seigneur de Leuville et Saint-Michel, pour récompense de services rendus. Après lui, succède Guyon de Saint-Benoist, son fils, 18 avril 1502.

         En 1487, Charles du Buz, écuyer, est seigneur de Lardy et de Brétigny.

         Tant de seigneurs possédaient autant de fiefs compris dans les deux paroisses de Brétigny. Une même personne en tenait plusieurs, par exemple, Jean de Guillerville joui d'une partie du fief de la Fontaine relevant de Vaugrigneuse, situé sur la paroisse de Saint-Filbert, rendait hommage le 18 Janvier 1476, à l'évêque de Paris pour un autre fief qu'il avait sur celle de Saint-Pierre.

         La famille des Luilliers possédait vers 1500 le fief de Saint-Pierre de Brétigny. Une dame de ce nom le porta en mariage à Guillaume de Gouppil, seigneur d'Anfreville en Normandie (2 avril 1521)

         La seigneurie de Brétigny avait haute, moyenne et basse Justice avec titre de châtellenie. Cette Justice ressortissait autrefois à la prévôté Royale de Montlhéry suivant le procès-verbal de la Coutume de Paris en 1580 ; mais depuis, le prévôt de Corbeil ayant prétendu que cette justice était dans son ressort, il a été ordonné qu’elle dépendrait du Châtelet de Paris :

         François Martel, gentilhomme de Normandie, était seigneur de Brétigny suivant une permission qui lui fut accordée le 12 septembre 1613. Dans le renouvellement de cet acte fait le 3 juillet 1637, il est qualifié seigneur de Fontaine-Belle-Encontre ; ces terres sont en Normandie. M. le Comte de Fontaine-Martel, se qualifie de châtelain ; la seigneurie se trouvant ainsi transformée en châtellenie. C’est de cette époque que date le bailliage de Brétigny, et qu’on y constate la présence de tabellions.

         « 1666, 25 may : aveu et dénombrement rendu au roy à cause de la tour de Montlhéry, par François Martel, du fief et seigneurie de Brétigny. Consistant en une chapelle et autres bâtiments, cour et jardin, le tout contenant 3 arpents, 4 arpents d’héritages, 62 arpents de terre à prendre dans le parc ; droits de marché et foires, garenne, de pèche dans la rivière d’Orge depuis la maison et parc de Vallorges jusqu’au moulin Basset, de voirie et de justice haute, moyenne et basse tant audit Brétigny qu’à Marolles et Saint-Michel ».

         « 1669, 23 décembre. - Sentence de la prévôté de Montlhéry intervenue sur les oppositions formulées à la réception dudit aveu par les prieur et religieux de Longpont. Les seigneurs de Leuville, Saint-Michel et Vaugrigneuse qui faisant droit à leur opposition ordonne la réception et enregistrement dudit aveu aux modifications portées en ladite sentence et sans rien préjudicier aux droits de ressorts des appellations desdites paroisses de Maroles et Saint-Michel relevant dudit Montlhéry, ensemble au droit de haute justice sur la rivière d’Orge dans l’étendue des paroisses de Longpont et Linas ». (Inventaire du comté de Montlhéry).

         En 1733, la seigneurie passe un instant dans la famille d’Estaing, puis dans les mains de Claude des Bretel, chef d’escadre des armées navales de Sa Majesté Louis XV.

         « 1739, 18 février. - Aveu et dénombrement de la terre et seigneurie de Brétigny, de la seigneurie, de la Maisonneuve et d’un fief, de 4 arpents de pré, fourni au roy par Anne Charlotte Dutot, veuve de Henry Bretel. Consistant ladite seigneurie de Brétigny comme il est porté dans l’aveu de 1666 et de la seigneurie de la Maisonneuve en 135 arpents de terres labourables, le fief de 4 arpents de pré en la prairie d’Orge, près la chaussée de Guiperreux ».

         De 1750 à 1759, la seigneurie de Brétigny était aux mains de Thiroux de Chammeville (ou Chaumenville), fermier général ; sa fille se maria avec Jacques Leclerc, marquis de Juigné, qui conserva la propriété jusqu’en 1788, époque à laquelle cette propriété fut vendue pour la somme de 1.080.000 livres à Anne Louis Alexandre de Montmorency, prince de Robecq, lequel fut député à l’Assemblée Nationale. Le nouveau châtelain séjournait plus volontiers à Marolles.

         Inscrit sur la liste des émigrés, Thiroux de Chammeville, malgré ses réclamations, dû justifier son séjour à l’étranger, il alléguait que l’état de sa santé le forçait à fréquenter les eaux d’Aix-la-Chapelle. Il revint en France vers 1797 où il fut rayé définitivement de la liste des émigrés en 1801. Il mourut à Paris dix ans plus tard.

 

Que dire encore

         Faits et méfaits divers. - dans la nuit du 25 au 26 octobre 1624 des voleurs dévalisèrent les troncs de l’église Saint-Pierre et forcèrent deux coffres où se trouvaient les ornements sacerdotaux. Le 18 février 1625, sur les 7 à 8 du soir, une tentative d’assassinat eut lieu sur la personne du curé Hucher, qui fut bardé de coups d’épées. Les auteurs de ces vols et de ce crime ne furent jamais découverts.

         « Le samedi 7 novembre 1699, entre 6 et 7 heures du soir, le curé Marguerite, du Carouges, allait se mettre à table, lorsqu’une bande de 7 à 8 personnes, les mains et le visage noircis, fit irruptions dans le presbytère, assassina le maître d’école Barné, garrotta le curé, lui vola tout l’argent qu’il avait sur lui, le somma, le pistolet sur la gorge de donner tout l’argent qu’il avait dans sa maison, de livrer les clefs des armoires et coffres, où ces bandits fouillèrent dans tous les recoins. Après quoi ils portèrent le curé à la cave et y laissèrent pieds et poings liés, une chandelle allumée près de lui. Il ne fut délivré que le lendemain matin. Aucun de ces malfaiteurs ne fut puni ».

         « Le 9 août 1747, Gabriel Dujat, procureur fiscal et fermier du château de Brétigny se présenta devant le bailli et lui dit que depuis plusieurs jours, le sieur Guillaume Duleu , curé de Saint-Pierre de Brétigny, qui lève la dîme conjointement avec Pierre Briez, maître d’école de cette paroisse et un autre jeune homme, s’est mis en teste, contre tout droit et coutume, de choisir les grains des pièces qu’il doit dîmer, le bon comme le mauvais, dans une même pièce, attendu l’inégalité du terrain dans le même endroit...

         « Que ce jourd’huy, sur les 10 heures du matin , le sieur curé étant arrivé sur une pièce de 50 arpents de bled froment avec sa voiture de deux chevaux et un bidet, sur lequel il étoit monté, et de laquelle pièce il avait déjà dixmé 30 gerbes. Quoyque ladite pièce ne soit que la moitié soyée, ledit Dijat auroit pris la bride du cheval de devant de la charrette pour icelle conduire sur 7 arpents ou environ de froissis qui font partie desdits 50 arpents, afin que le curé dixma tant bon que mauvais sur ce qui étoit soyé ; ce que voyant, ledit sieur curé ne pouvant se servir de son fouet avec lequel il avait déjà voulu frapper le plaignant, donna audit Fujat plusieurs soufflets ». En conséquence Dujat requierty du bailli la permission de faire informer, ce qui lui est immédiatement accordé ».

         Le curé Grandjean à écrit à la fin du registre de 1789 : « L’année 1789 est mémorable par la longueur et la durée de l’hyver, par la cherté du pain : la miche de 9 livres blanc s’est vendue selon la taxe 44 sols, le septier de bled de 50 à 60 livres dans les derniers temps pendant plusieurs mois 40 livres. Mémorable par la tenue des Etats-Généraux, l’insurrection et la Révolution qui en ont été les suites ».

         Le curé Grandjean prêta aussi le serment prescrit par la constitution civile du clergé. L’église et le presbytère de Saint-Pierre furent soumissionnés par Louis Alexandre Régnier, mais le presbytère seul lui fut vendu le 18 octobre 1796. L’église devint la maison commune jusqu’au 8 avril 1802 où les exercices religieux redeviennent publics. Depuis cette époque, Brétigny ne forme plus qu’une seule paroisse.

 

         Un vin qui fait danser les chèvres. - Il y avait des vignes à Brétigny dés le XIIe et le XIIIe siècle dont le vin qu’elles produisaient, parait-il, n’était si mauvais. Cela est passé en un proverbe qui rapporte que le vin de Brétigny « fait danser les chèvres ». On assurait qu'il y avait eu réellement à Brétigny près Montlhéry, un habitant nommé Chèvre, dont la folie quand il avait bu était de faire danser sa femme et ses filles. Il semble qu'on doit s'accommoder avec cette historiette, et donner à ce Brétigny ce trait de plaisanterie.

 

         La légende de la dame de Berthevin. - Il y avait à Brétigny une dame du nom d’Anne de Berthevin, inhumée dans l'église de Saint-Pierre. Elle pouvait être sœur ou fille de Fiacre de Saint-Berthevin, seigneur de Ponthus, qui eut aussi la seigneurie de Fleury Merogis par son mariage avec Anne de Fleury, fille de Jacques de Fleury, dont il fit hommage le 24 mars 1557.

         Anne de Saint-Berthevin épousa Jean Blosset, seigneur, baron de Torcy-le-Grand et Torcy-le-Petit, du Plessis-Pàté, etc., conseiller d'Etat, capitaine de cent hommes d'armes des Ordonnances du Roi. Ce Jean Blosset fut lieutenant général au gouvernement de Paris et de l'Isle de France, chevalier des Ordres du Roi sous Henri III. Il était fils de Jean Blosset, baron de Torcy, et d'Anne de Cugnac.

         La tradition du lieu porte que cette dame était fort pieuse, Elle mourut sans enfants en 1587 ; son corps fut mis dans un cercueil de plomb et placé dans un caveau construit dans le chœur de Saint-Pierre de Brétigny.

         Son mari se remaria avec Marie de Riants, fille de Denis de Riants, seigneur de Villeray au Perche, président à mortier au Parlement de Paris. Elle était alors veuve du seigneur du Plessis-Marolles et de Vou de Bures. Il n'eut pas non plus d'enfants et mourut le 26 novembre 1592. Il eut pour héritières deux sœurs, Claude Blosset, dame de Torcy, femme de Louis de Montberon, seigneur de Fontaine-Challendreux, et Françoise Blosset, mère de François d'Orléans, Bâtard de Longueville, marquis de Rothelin, et femme de Jean de Briqueville, seigneur de Colombieres.

         La mémoire de la dame de Berthevin était toujours en grande vénération. On n'avait pas oublié qu'elle avait été inhumée à Saint-Pierre de Brétigny, mais on ne se souvenait plus en quel endroit de l'église c’était.

         On retrouva par hasard le lieu de sa sépulture plus d'un siècle après. Charles Martel, comte de Fontaine-Martel, seigneur de Brétigny, étant décédé en avril 1706. Le curé fit fouiller dans le chœur de l'église pour y faire construire un caveau et y mettre le cercueil du comte de Fontaine-Martel. A peine les ouvriers eurent-ils commencé à travailler, qu'ils trouvèrent une voûte et l'entrée d'un caveau qu'on ne connaissait point ; ils l'ouvrirent et y trouvèrent deux cercueils de plomb, qui étaient ceux du sieur Blosset et de la dame de Berthevin, son épouse.

         On fut étonné d'en trouver un bien plus pesant que l’autre, c'était celui de la dame de Berthevin. La curiosité porta les assistants à les ouvrir pour voir d'où pouvait venir une différence si considérable entre leur pesanteur. On trouva dans celui du sieur Blosset qu'un peu de cendres humides. Dans celui de la dame de Berthevin on trouva son corps sain et entier sans aucune corruption, la chair était fraîche et vermeille comme si elle eût été vivante ; on tira un de ses bras qui était flexible, en un mot elle ne paraissait que comme endormie; le ruban qui liait ses cheveux avait encore conservé sa couleur, et n'était point gâté ; son linceul était un peu roux, mais du reste il était propre et entier. On remarqua seulement que la défunte avait le bout du nez un peu noir comme s'il eût été meurtri, ce que l'on attribua à quelques coups que l'on avait peut-être donnés à son cercueil en voulant l'ouvrir.

         Le bruit s'étant répandu, accourut une grande foule de peuple, tant du lieu que des environs. Le cercueil avait été exposé dans l'église, le corps de la dame de Berthevin à visage découvert, qui resta dans cet état durant trois jours, mais dès le second jour on s'était aperçu que la peau était plus bise que le jour précédent. Le curé, qui s'était opposé à tout cela inutilement, avertit le cardinal de Noailles, qui ordonna aussitôt de fermer le cercueil.

 

         Justice et misère. - Le bailliage de Brétigny, dont la juridiction s’étendait aussi aux paroisses de Saint-Michel-sur-Orge et de Marolles-en-Hurepoix, fut créé en 1614

         A part un procès pour crime d’infanticide dont furent accusés une nommée Mathurine Baudoin, veuve Roux et sa fille Marie ; et une tentative d’assassinat commise sur le bailli Charles de Martines, le bailliage de Brétigny paraît avoir eu surtout à juger des affaires concernant les intérêts du seigneur et des habitants de la localité. Des assassinats, des vols furent cependant commis à Brétigny, mais les auteurs en restèrent introuvables et impunis.

         Le gardien de prison fut le plus souvent un habitant, mais il était chargé de nourrir les prisonniers « à condition qu’il aura le profit d’iceulx en la manière accoutumée ». De 1626 à 1741, la garde de la geôle fut confiée aux maîtres d’école. Elle leur fut enlevée à la suite d’évasions qu’il n’avait pu empêcher La geôle fut vendue comme bien national le 2 brumaire an V, moyennant la somme de 900 francs à Claude Lamoureux.

         Le décret du 14 décembre 1789 organisa les municipalités. Celle de Brétigny s’installa dans la salle d’audience du bailliage appartenant au prince de Montmorency-Robecq. Mais bientôt le propriétaire étant considéré comme émigré, cette salle fut déclarée bien national.

         Des assemblées d’habitants avaient lieu le dimanche à la sortie de la messe sous le porche de l’église. Il était presque toujours question de réclamations suscitées par la mauvaise répartition des tailles ; les collecteurs y sont accusés d’avoir diminué leurs cotes et celles de leurs amis. Telles furent les assemblées des 12 juin 1622, 28 avril 1624, 4 août 1624, 2 juillet 1637, 10 janvier 1712. Le 30 novembre 1730, une assemblée décida à nouveau qu’on prendrait pour base d’impositions les possessions de chacun.

         Les procès-verbaux des réunions du 16 août 1733 et du 24 mai 1736, font connaître la tristesse dans laquelle sont tombés tous les cultivateurs de la contrée qui ont vu geler leurs vignes, « même leurs pois, haricots et autres denrées ». Ils déploraient la misère dans laquelle ils allaient tomber et qui les empêchera d’acquitter leur dettes de plus de trois ans ; ils sollicitèrent de monseigneur du Harlay, intendant de la généralité de Paris, que « par sa bonté et charité, il ayt égard à leur grand malheur en leur diminuant telle quantité de tailles qu’il jugera à propos ». Une réunion du 4 août 1737, nous apprend que le mercredi 31 juillet et le lendemain, toutes les vignes furent encore gelées.

 

         (1) D’après, et extraits de l’« Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris » de l’abbé Lebeuf (v. 1750), et la monographie de l’Instituteur (1899)

         Ces plans, du cadastre napoléonien, illustrant cet article sont déposés aux archives départementales de l’Essonne

 

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