Des erreurs d’appellations

 

 

 

Le Bois des genoux blancs

 

Allée Saint-Genouf

 

 

 

Sur la « Section A de la Fontaine » du cadastre napoléonien de Sainte-Geneviève-des-Bois, il se trouve un lieu-dit appelé la Fontaine « du » Genou blanc », en face d’un coteau boisé du nom de « fond de Calais ».

 

Cette fontaine est à l’origine d’une belle légende que Monsieur Victor Chaudun a rapporté, dans son livre « Villemoisson en Hurepoix », laissons-là à notre commune voisine.

 

C’est l’histoire d’un pauvre bûcheron qui a quitté sa famille pour suivre Jeanne d’Arc et qui s’est retrouvé prisonnier des anglais. Evadé, il retourne dans sa forêt où ses proches ne sont plus. Il est désespéré et atteint de la lèpre, lorsque un cornemuseux qui passait par là lui conseille d’aller se laver à la fontaine de Saint-Genouf. C’est ainsi, que nettoyé de la crasse des prisons, il se voit guérit de son mal. Le même thème de guérison se retrouve pour la fontaine de Sainte-Geneviève, aujourd’hui la « Grotte ». Voulait-on faire passer l’idée de la propreté qui en ce là n’était pas communément répandue ? Ou, jadis, lors des grandes fêtes religieuses les villageois de Villemoisson, empruntant le chemin de Montlhéry à la Pyramide (avenue de la République et son prolongement) se rendaient à l’abbaye de Longpont, phare spirituel de la région ?

 

 

Continuant l’avenue de la République ce chemin, aujourd’hui coupé, se prolongeait jusqu’au pont de la Fouille à Sainte-Geneviève-des-Bois. Sur son parcours la Fontaine.

 

Il faut laisser le nom de « Bois des Genoux blancs » au lieu-dit qui se trouve à Sainte-Geneviève et son prolongement sur notre commune, l’appeler « Bois de la Garenne », ou par exemple lui donner le nom qu’il avait jadis, « La Choltière »

 

Le 9 juin 1598, aveu rendu par Françoise Casenove, veuve de Georges Odoart, propriétaire du château de Villemoisson, à Jehan de la Fosse, seigneur de Villemoisson, signalant un fief de 30 arpents, nommé « Launoy Gohard », avec « à la charge de pressurer les vendanges qui proviendroient des dites vignes au pressoir d’iceluy Jacques Odoart ».

 

En 1627, Jacques Chollet, avocat au Parlement, propriétaire du château de Villemoisson, rendant foi et hommage de son fief du Sauvage à Louise Rochon, veuve de Jean de la Fosse, déclare une terre de 30 arpents, faisant la séparation de la seigneurie de Villemoisson et du Perray, appelée « Laulnaye Gohard ».

 

23 janvier 1690, acte de consentement entre Anne Jules, duc de Noailles, seigneur de Villemoisson, et Lucien Boizard, aussi avocat au Parlement dans lequel il y a contestation, entre autres, de « 34 arpents de bois taillis appelés présentement la Chaultière et anciennement Launay Gohard …, tenant d’un côté aux friches de Villemoisson ». Apparemment Jacques Cholet a transformé Laulnay Gohard en bois dans le but d’y établir une Garenne.

 

 

Plan terrier n°VI (1767). A droite le long de la boelle, bras de l’Orge, le chemin de Villemoisson au Perray ; à gauche et au-dessous, « le chemin de la forest au pont du Breuil » (rues des Carrières, Emile Bouton ; au-dessus « le chemin de Villemoisson à Montlhéry » (avenue de la République.

 

Nous savons que les propriétaires du château de Villemoisson possédaient un tiers de l’ancienne seigneurie du Perray, aujourd’hui occupé par l’asile de Vaucluse. Le 3 mai 1776 dans un projet d’aveu rendu au président Fraguier seigneur de Mée-les-Melun, par Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny, seigneur de Villemoisson. Le fief de Beaumont se trouve divisé en deux parties, l’une occupée par M. Sénéchal habitant le château, l’autre appartenant à M. le Bailly de Crussol. C’est par lui que le fief de la Gilquinière prit le nom de Vaucluse.

Nous relevons « un parc de 36 arpents 51 perches, clos de murs de toutes parts, planté de bois appelé la Garenne ou la Choltière (ou Cholletière). Ce parc dépendant de Vaucluse reste cependant dans la seigneurie de Villemoisson. (Aveu et dénombrement portant foi et hommage de mars 1786.

 

Le plan cadastral napoléonien (début XIXe siècle) montre aux Franchises un lieu fermé, boisé, appelé « garenne », réserve d’animaux. A l’origine ce fut donc un lieu créé par le propriétaire du château de Villemoisson, pour le plaisir de la chasse ; il n’était pas le seul à pratiquer ce divertissement, nombreuses étaient les garennes.

 

Plan A des Franchises du cadastre Napoléonien.

 

L’allée des Genoux Blancs en 1900 ; à gauche, sur l’élévation, le chemin de fer.

 

La Garenne était limitée :

- Le long de l’Orge par un chemin, la rue actuelle de la garenne, qui lorsque l’asile de Vaucluse n’existait pas, suivait la rivière et se raccordait à la rue du Vieux Perray à Sainte-Geneviève.

- Par la limite de Villemoisson avec Sainte-Geneviève.

- Par la rue Emile Bouton.

- Par l’allée Sant-Genouf et une partie de la rue des Carrières

 

Rue des Carrières

 

Crussol, émigré, bien national son domaine est vendu. La Garenne est coupée par la création du chemin de fer en 1843, doublé par une route en 1876.

 

La Garenne coupée par le chemin de fer et la par la route reliant Villemoisson à Sainte-Geneviève

 

En 1863, Vaucluse est acquis par la ville de Paris, où l’administration fait construire en 1865 asile pour aliénés. Le bois de la Garenne abandonné s’étend jusqu’à l’avenue de la République, devient la proie des carriers, puis après l’arrêt des d’extractions de meulière, il est victimes des décharges sauvages, dont l’asile de Vaucluse elle-même ne s’en prive pas.

 

L’état de la Garenne à l’abandon.

Un remblai longe un chemin à l’emplacement de l’allée Saint-Genouf

 

Enfin en 1988, la Garenne est acquise par la commune afin d’y aménager un parc ouvert au public.

 

Quant à la partie joignant l’avenue de la République, il y sera créé un petit lotissement de 14 pavillons dont son accès sera dans la continuité de la rue des Carrières. En 1991, la municipalité décide d’appeler cet accès « allée de Saint-Genouf », le lotissement « Résidence des Genoux Blancs », le bois de la Garenne, « Bois des Genoux blancs ».

 

Encadré de rouge la Garenne en partie ; en jaune la « Résidence des Genoux blancs. De gauche à droite : l’allée des Genoux blancs, l’avenue de la République. Traversant la résidence, l’allée Saint-Genouf suivie de la rue des Carrière (avec un retour sur l’avenue de la République). En remontant la rue Emile Bouton.

 

 

Aujourd’hui, en souvenir de la Garenne, seule une rue qui y conduisait porte son nom. Dommage que nous n’ayons pas gardé celui de son lieu-dit ancestral, peut-être trop banal ; nous aurions pu appeler aussi l’allée Saint-Genouf, allée de la Choltière. Pourquoi ne pas perpétuer les souvenirs d’autrefois !

 

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