L’école sous la monarchie de juillet

 

 

 

Le 1er fructidor an XII de la République et premier de l’Empire, il n’y a plus de maître d’école à Villemoisson. Les membres du conseil municipal considérant que le territoire de la commune est peu étendu et peu fertile et qu’il n’y a que cinquante-huit ménages, demande que la commune soit réunie à celle d’Epinay-sur-Orge pour l’instruction des enfants, comme étant la plus proche de Villemoisson.

En 1811, Jean Baptiste Dautier, né en 1745 à Villemoisson, marié à Marie Guay, couturière, est chargé de l’instruction des enfants.

 

         La nécessité d’avoir une école primaire. - Le 24 octobre 1831, s'installe le nouveau corps municipal, lequel n'a pas subit beaucoup de modifications comme le montre la liste nominale suivante :

Maire: François Maurey; adjoint Pierre Guillaume Lamoureux, conseillers municipaux Paul Alexis Lisfranc de Saint-Martin, Jean Pierre Mallet, Honoré Dupré, Pierre Denis Daragon, François Robine, François Lafeuille, François Dupré, Pierre Etienne Latteux.

Mr. le maire expose que depuis longtemps la commune éprouve le besoin d'une école primaire, mais que le défaut de ressource pour se procurer un local à jusqu'à présent été considéré comme un obstacle impossible à surmonter. Mais maintenant, les bonnes dispositions du Préfet manifestées dans sa circulaire du 27 août, viennent au secours de la commune.

N'ayant pas trouvé de local convenable à l'établissement d'une école, Maurey propose de faire construire un bâtiment pour cet usage sur un terrain qu'il offre gratuitement à la commune et qui se trouve placé au point le plus central de la commune. Ce terrain serait à prendre dans une pièce de terre nommée « Le Breuil’, dans la partie qui donne sur la rue conduisant du village de Villemoisson au hameau des Franchises, attenant à la propriété de Mr. Lisfranc. Cet emplacement aurait l'avantage d'être isolé des habitations pour que les enfants n'incommode point les habitants, et d'avoir un bon air.

Le devis estimatif des travaux s'élève à 1823 francs. Sur l'assurance du maire garantissant qu'il se procurera 623 francs grâce aux dons volontaires de la population, le conseil, attendu :

- que les impositions extraordinaires dont la commune sont grevées,

- la nécessité de voter annuellement le traitement du desservant de la chapelle vicariale,

- les dépenses de la Garde Nationale absorbant les 22 centimes dont les communes ne peuvent pas dépasser les limites.

         Après avoir délibéré, accepte d'une part le terrain offert par Mr. le maire et prie instamment le préfet de bien vouloir accorder à la commune les 1200 francs restant partagés sur les crédits de 1831 et 1832.

 

         La générosité de Monsieur Maurey - 19 août 1832. - Mr. le maire, en exécution de la délibération du 24 octobre 1831, sollicite et obtient du gouvernement un secours de 1200 francs pour aider à la construction de la maison d’école. Les travaux commencés en avril sont terminés à la fin juillet 1832, et l'instituteur primaire, Dauchelle (né en 1810), est installé le 16 août. La dépense totale à laquelle a donné lieu la construction et la confection des bancs et tables est de 2000,37 francs. Le gouvernement n'ayant accordé que 1200 francs, il reste à payer 800,37 francs. Cette somme est payée aux différents entrepreneurs par le maire avec ses propres fonds; mais il espère qu'un supplément de secours sera accordé. Toutefois, dans la mesure ou ce complément ne serait pas obtenu, il ne réclamera rien à la commune.

Le conseil, considérant que la commune ayant été privée d'école jusqu'a ce moment, n’a rien porté au budget pour l'instituteur. Mais que maintenant la maison nouvellement construite est habitable et le maître d’école installé, il est juste de lui allouer un traitement pour le temps qui reste à courir jusqu'au 31 décembre.

 

Le roi Louis-Philippe autorise Mr. Maurey à faire le don d’un terrain pour la construction de l’école.

 

         1,50 franc par enfant qui apprennent à lire et à écrire et 1 franc pour ceux qui ne savent encore écrire. - Le 28 juin 1833, un comité d’instruction communal est installé composé de Maurey, maire et président ; Orain, curé, l’église ayant repris son ascendance sur l’éducation, tous deux « membres de droit » ; Lisfranc de Saint-Martin, bourgeois de la commune, troisième des plus riches contribuables de la commune après Bassompierre, le meunier Robine, et Maurey ; enfin l’instituteur Dauchelle.

18 août 1833. – Á nouveau le problème scolaire est soulevé. Il est rappelé la construction de l'école en 1832 sur un terrain donné à la commune par le maire, édifiée au moyen d'une somme de 1200 francs accordée par le gouvernement et d'une somme de 800 francs payée des deniers du maire. Qu'il reste encore à pourvoir au mobilier de l'école, mais que la commune est dans l'impossibilité d'en faire les frais vu qu'elle n'a aucun revenu et que les 20 centimes (additionnels ?) sont absorbés chaque année par des dépenses indispensables. Considérant qu'il est, pour 1834, voté une somme de 100 francs pour le traitement de l'instituteur, et que cette somme excède déjà celle qui est autorisée par la loi, le conseil déclare qu'il ne peut voter aucun fonds destiné au mobilier scolaire et au traitement de l'instituteur. Une demande d'aide supplémentaire, sans réponse, ayant été adressée au préfet, celle-ci est renouvelée avec, en plus, le traitement de l'instituteur fixé à 200 francs. Soit une rétribution mensuelle de 1,50 franc par enfant qui apprend à lire et à écrire et 1 franc seulement pour ceux qui ne savent encore écrire.

         Le 20 août 1837, évènement au village, Madame la duchesse d’Orléans envoie 200 francs pour l’école élémentaire primaire dans laquelle la dite princesse a été reçue et complimentée par des jeunes enfants.

 

 

 

 

            L’école construite en 1832 existe toujours aujourd’hui derrière la salle communale, rue Marcel Girard. Cette photo est extraite de la monographie de Monsieur l’Instituteur (1899). Dessous à gauche le logement de l’Instituteur ; à droite la salle de classe. Il est peu probable que la partie de droite a été une extension. La suite le dira.

 

         La raison du problème de Villemoisson avec ses instituteurs. - Le 5 février 1836. Dépense cette année : pour la vidange des lieux d'aisance de la maison d'école (1835-36) 6 francs ; réparation du poêle de l'école, fourniture de tuyaux 13 francs

Le 1er juillet 1838, le conseil, considérant :

- que le sieur Dauchelle, instituteur primaire communal, a quitté la commune après avoir donné sa démission, et qu'il est urgent de pourvoir à son remplacement.

- Vu le « brevet de capacité » délivré le 2 mars 1838 au sieur Nicolas Chéron, né à Enencourt-le-Fer, canton de Chaumont, arrondissement de Beauvais, département de l'Oise, le 1er octobre 1818.

- Vu le certificat de moralité qui lui à été délivré.

         Le dit sieur Nicolas Chéron est présenté à la nomination du Comité Supérieur de Longjumeau pour remplir les fonctions d'instituteur à Villemoisson.

Malgré les votes successifs relatifs au traitement de l'instituteur qui, s'ajoutant à la subvention accordée par le département, totalise une somme de 200 francs; compte tenu de sa faible population et de ses revenus, Villemoisson a du mal à conserver son instituteur.

Le 15 février 1841, le conseil, considérant que le sieur Chéron a donné sa démission des fonctions d'instituteur communal ;

- vu le brevet de capacité délivré par le directeur de l'académie d'Amiens le 5 novembre 1831, au sieur Jacques Augustin Fournier né à Francastel (Oise) le 12 juillet 1811;

- vu le certificat délivré au dit Fournier par les maires de Francastel et de Mory-Montreux ;

         Le sieur Fournier est présenté à la nomination du Comité Supérieur pour remplir les fonctions d'instituteur communal de Villemoisson.

Décidément Villemoisson n'a pas de chance avec ses instituteurs communaux qu'elle n'arrive pas à conserver.

Le 21 janvier 1842. Le conseil, considérant que le sieur Fournier, instituteur communal à donné sa démission;

- Vu le brevet de capacité délivré par les membres de la commission d'instruction primaire d'Amiens le 18 août 1841 au sieur Honoré Francis Ballin, né le 16 juillet 1822 à Saint-Morainvilliers, Oise;

- son certificat délivré par la municipalité de cette dernière localité;

         Le sieur Ballin est nominé par le Comité supérieur d'Instruction Primaire pour remplir les fonctions d'instituteur de Villemoisson.

Le 5 novembre 1843, le sieur Henri Alexandre Tolleking, ancien instituteur à Champlan, remplace le sieur Ballin démissionnaire.

Le 12 avril 1844, vu la démission de Tolleking, il est proposé Pierre Alphonse Thorillon, né à Chepoix, canton de Breteuil, Oise, le 26 décembre 1820, pour le remplacer.

22 juillet 1846. Suite à la démission du sieur Thorillon, instituteur communal, il est proposé pour le remplacer Louis François Lechaut, né à Canteleu (Seine-Maritime) le 12 janvier 1827.

En 1847, la rétribution mensuelle à payer par élève de l'école primaire est fixée à 1,25 franc pour les enfante de moins de six ans et à 1,75 franc pour les enfants de plus de six ans, le salaire du maître étant de 200 francs par an auquel s'ajoute le montant de la rétribution scolaire.

Les démissions régulières de nos instituteurs n'apparaissent pas là, la cause, mais depuis longtemps la nécessité d'agrandir la maison d'école est reconnue par le conseil. Mr. l'inspecteur de l'école primaire chaque fois qu'il fait son inspection, signale l'inconvénient que l'instituteur n'a à sa disposition qu'une seule pièce qui lui sert de cuisine et de chambre à coucher. Reconnaissant qu'il conviendrait de faire le nécessaire pour que l'instituteur soit logé d'une manière convenable, le maire fait dresser par Mr. Laroche, architecte de la sous-préfecture, le plan d'agrandissement et le devis des travaux à exécuter dont le montant s'élève à 2421 francs.

Comme à l'accoutumée, le maire reconnaît que la commune déjà grevée de contributions considérables pour subvenir à ses dépenses ordinaires, est hors d'état de pourvoir à cette nouvelle dépense, mais il y a lieu d'espérer que si la municipalité vote une forte partie de la somme, Mr. le préfet accorderait un secours souhaité.

 

Récapitulatif des instituteurs démissionnaires

         1. - Dauchelle (né en 1810), est installé le 16 août 1832

         2. - Nicolas Chéron, né à Enencourt-le-Fer, canton de Chaumont, arrondissement de Beauvais, département de l'Oise, (en fonction le 1er juillet 1838)

         3 - Jacques Augustin Fournier né à Francastel (Oise) le 12 juillet 1811; (en fonction le 15 février 1841)

         4. - Honoré Francis Ballin, né le 16 Juillet 1822 à Saint-Morainvilliers (Oise) (en fonction le 21 janvier 1842)

         5. - Henri Alexandre Tolleking, ancien instituteur à Champlan, (en fonction le 5 novembre 1843)

         6. - Pierre Alphonse Thorillon, né à Chepoix, canton de Breteuil, Oise, le 26 décembre 1820, (en fonction le 12 avril 1844)

         7 - Louis François Lechaut, né à Canteleu (Seine-Maritime) le 12 janvier 1827 (en fonction le 22 juillet 1846), il se démettra en 1851

 

Le minuscule jardin de l’Instituteur derrière l’école

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