Création
du chemin de fer Paris-Orléans (P.O.)
Les problèmes et transformations de la voirie que pose
le tracé du P-O
En
1838 est voté la loi permettant à une compagnie disposant de 40 millions de
francs d’établir une ligne de chemin de fer de Paris à Orléans. Le 25 avril
1841, il est demandé à la municipalité :
1°)
Le plan parcellaire des terrains et bâtiments à acquérir par la Compagnie du
chemin de fer. 2°) Le plan
général de la partie de la commune traversée par ce chemin de fer.
3°)
Le procès verbal ouvert à la mairie et contenant sept réclamations.
1°) La rue de Verdun. - Il faut savoir que
depuis le plan cadastral de 1811, un raccourci, un sentier, s’est créé
depuis le chemin des Franchises (rue du Maréchal Gallieni) vers l’actuelle
place Lisfranc où en ce lieu la nouvelle école a été ouverte en 1832. Ce
raccourci, emprunte l’autre côté de la Ruelle aux Fourneaux ou du « du
tour d’échelle » contournant le parc du Vieux-Logis, au bout duquel il est
resté peu de distance pour se raccorder à la rue du Maréchal Gallieni ; il
s’appellera plus tard la rue de Verdun, évitant ainsi le grand cercle décrit
par la rue de la Garenne. Hors ce raccourci se trouve coupé par le projet du
chemin de fer.

La rue de Verdun
Cette
coupure avec les Franchises qui froisse les intérêts de quelques propriétaires,
est indispensable pour que la Compagnie puisse établir un passage à niveau. Le
conseil pose la condition que ledit chemin sera mis en bon état de viabilité,
tandis que l'ancien sera conservé à la commune.
2°) Le chemin latéral côté Ouest du Chemin de fer - Il est demandé, en outre sur le procès-verbal, ainsi
que par M. Lisfranc, que l’autre sentier conduisant au petit pont Maurey
(aujourd’hui pont Mouton), se trouvant aussi coupé par le chemin de fer, soit
remplacé par un chemin d'exploitation de 3 mètres latéral aux voies ferrées
prévues, depuis le passage à niveau à créer au bout de la rue deVerdun. (Ce
sentier comprend la partie faisant suite à la rue Maréchal Gallieni depuis la
rue de l’Orge le jusqu’au pont Mouton). Ce sentier ou chemin demandé, en même
temps qu'il est d'une utilité indispensable, tant pour les habitants de Villemoisson,
notamment ceux des Franchises que pour ceux d'Epinay du fait des fréquentes
communications qui existent entre les deux communes, sera aussi d'une grande
utilité aux propriétaires riverains pour l'exploitation de leurs parcelles. Le
conseil est aussi d'avis que la réclamation consignée par Charles Mouroux sur
le procès-verbal est fondée. Et dans le cas où le nouveau chemin des Franchises
n'aurait pas lieu, la Compagnie devra lui laisser un passage à ses terres
situées à droite du chemin de fer.

Raccourci (jonction place
Lisfranc-rue du Maréchal Gallieni) : rue de Verdun : orange et son
prolongement (rouge) vers la rue de l’Orge. – Chemin latéral côté Est :
rouge. – Chemin latéral côté Ouest : orange et jaune (rue de la Forêt). –
Chemin de Garenne (rue Emile Bouton) : vert. – A : pont de la
Garenne. – B : viaduc des « Cinq-Arches ».

La liaison Franchises-Epinay se fera par l’extension
de la rue du Maréchal Gallieni depuis la rue de l’Orge, passant devant le pont
place Lisfranc et se continuant par le chemin latéral du pont Mouton
3°) Le chemin latéral côté Est du chemin de fer : Ce chemin, en prolongation de la rue de
Verdun, sera la rue de la Forêt, (la Forêt étant la Garenne). La municipalité
est d'avis que la demande du sieur Daragon est fondée à l'égard du chemin
d'exploitation traversant le hameau des Franchises, qui, d'après le plan doit
être supprimé. Elle n'insiste pas pour sa conservation, mais elle demande
expressément et particulièrement dans l'intérêt des habitants qui ont des terres
à gauche du chemin de fer, que le chemin proposé par la Compagnie latéralement
au chemin de fer, soit établi depuis la l’actuelle place Lisfranc jusqu'au
chemin de la Garenne (future rue Emile Bouton). Sans cette communication, il
n'y aurait aucun moyen d'arriver aux terres situées sur cette partie de la
commune. Le conseil fait donc savoir qu'il ne s'oppose pas à la coupure de la
ruelle des Fourneaux, mais demande par contre la création du chemin latéral au
chemin de fer.

La rue de la Forêt
4°) Le pont de la Garenne - Quant au chemin vicinal de la Garenne (future rue
Emile Bouton), dont la Compagnie demande la suppression, le conseil doit
s'opposer par tous les moyens qui sont en son pouvoir à ce que ce projet soit
mis en exécution ; il approuve les motifs de la réclamation de Mr. Dabrin et
des autres propriétaires intéressés à la conservation de cette communication.
Observant d’ailleurs que le chemin étant en surplomb » de 8,30 mètres, il
est facile à la compagnie d'établir un passage par dessus. (Ce sera le petit
pont au bas de la rue Emile Bouton appelé « pont de la Garenne »).

Pont de la Garenne
Les problèmes du viaduc.
Le
3 septembre 1839. - Suivant le plan général de la Compagnie du chemin de fer de
Paris à Orléans, déposé à la mairie le 18 avril, et sur lequel la municipalité
et les habitants doivent présenter leurs observations, il devrait être
construit un viaduc sur le bassin de l'Orge depuis le chemin communal longeant
la rive gauche de cette rivière jusqu'à la place Lisfranc. Ce travail est
considéré par MM. les ingénieurs comme étant d'une nécessité indispensable pour
l'écoulement des eaux dans les saisons pluvieuses, époque pendant lesquelles
elles s'élèvent souvent à plus de 1,70 m au-dessus de son niveau ordinaire dans
toute la longueur du bas-pré.
La
municipalité et les propriétaires intéressés reconnaissent que ce viaduc
satisfait aux besoins de la localité. Mais il parait que depuis, la Compagnie
du P.O. a fait à son plan primitif des modifications qui, si elles sont
approuvées par l'administration, elles causeront un préjudice notable aux
propriétés situées dans la vallée. En effet, selon le nouveau projet, un
remblai remplacerait le viaduc indiqué dans toute la traversée des prés ; quelques
arches seront seulement établies sur le chemin communal d'Epinay et sur la
rivière.
Pour
la municipalité, de cette nouvelle disposition il résultera que les eaux étant
barrées par le remblai de terre, au lieu de prendre leur cours par les arches
reflueront jusqu'au moulin du Breuil, et au-delà les prairies seront submergées
pendant plus de six mois de l'année ; que le sentier conduisant au petit
pont Maurey (Mouton), si utile pour la communication des deux communes, sera
interrompu pendant le même temps. Plusieurs intéressés, notamment Dabrin,
propriétaire du domaine de Vaucluse, ayant été informés du nouveau projet de la
Compagnie, s’adressent au maire et lui manifestent leurs craintes sur les
suites fâcheuses qui en résulteraient pour eux si il était mis à exécution.
Dans cette situation des choses, le maire pense qu'il est dans l'obligation de
communiquer ces craintes au ministre des Travaux Publics avec prière de ne
donner aucune approbation au nouveau projet. Le résultat de ces plaintes n’est
pas consigné sur le registre communal, mais il aboutit que les plusieurs arches
proposées suffiront à absorber d’éventuels inondations ; ainsi le viaduc
c’est trouvé réduit aux « Cinq-Arches ».
Les
travaux sont en route, mais le 8 novembre 1841, le maire invite le conseil à
fixer son attention sur l'état déplorable dans lequel la compagnie du Chemin de
Fer d'Orléans a mis plusieurs chemins communaux. Celui notamment qui conduit de
Villemoisson au hameau des Franchises et du Breuil est devenu tellement mauvais
que les communications avec ces deux hameaux sont entièrement coupées.
L'immense quantité de matériaux employés à la construction du viaduc établi sur
l'Orge est transportée par ce chemin, et malgré ses demandes réitérées, MM. les
ingénieurs se sont constamment refusés à faire la plus légère réparation,
prétendant que d'après une décision du conseil d'état, la Compagnie est
dispensée de payer aux communes les subventions dont parle l'article 14 de la
loi du 21 mai 1836. (À suivre)

Les Cinq-Arches