Petits faits et méfaits de
la vie quotidienne
Des
gardes verduriers au garde messier - Le
6 juin 1790, devant la municipalité et les habitants assemblés, le sieur maire
déclare que pour se conformer aux lettres patentes du roi données sur un décret
de l'Assemblée Nationale concernant la chasse le 30 avril 1790, il est
absolument nécessaire de nommer des gardes verduriers pour faire des rapports
de contre ceux qui dédommageraient les propriétés et les récoltes des
habitants. Six gardes verduriers sont nommés : Louis Latteux, René
Hénault, François Saint-Lot, Nicolas Charpentier, Pierre Nicolas Limay et Jean
Claude Saint-Lot, gardes de Mr. Le Bailly de Crussol. Ce que les susdits ont
accepté avec promesse de ne rien recevoir de la paroisse, et prêté serment.
L’année
suivante, il est procédé à la nomination d'un garde messier pour garder tant
les fruits des vignes, que les pommes, poiriers, etc. Celui qui acceptera la
dite charge prêtera le serment prescrit par les décrets de l'Assemblée
Nationale. C'est-à-dire, d'être fidèle à la Nation, à la loi et au roi, de ne
jamais faire contre qui que ce soit aucun faux rapport contre aucune personne.
Que ceux que ledit messier prendra en flagrant délit, celui-ci fera de vive
voix son rapport au greffe de la municipalité dans les 24 heures du délit
commis. Un officier municipal en dressera acte qu'il délivrera au garde. Il
peut être suppléé au rapport par la déposition de deux témoins. Toute action
est prescrite par le laps d'un mois à compter du jour auquel le délit aura été
commis. Les officiers municipaux sont chargés par les décrets de la police
d’assigner les délinquants par devant eux et les condamner s'il y a lieu à une
amende quelconque.
Des
piliers nocturnes de cabaret. - Le 24
de janvier 1791, la municipalité c’est assemblé pour délibérer, touchant les
sieurs Denis Dautier, Pierre Rabioule et Louis Peltier fils, s'étant trouvés à
boire chez le sieur Roger, cabaretier, à 9 ou 10 heures du soir. Après avoir
dressé une plainte, il est dit qu'il faut que la municipalité les taxe à une
amende honnête; et au cas de refus qu'ils subissent la prison huit jours
ordonnée par le juge. Le lendemain, à la requête du greffier de la
municipalité, sommation est faite aux sieurs Denis Dautier, demeurant au Perray
à Sainte-Geneviève-des-Bois, Louis Peltier fils et Rabioule, tous deux ses
beaux-frères à comparaître, et en cas de refus, ils y seront contraints par la
rigueur des ordonnances.

Conséquences des rigueurs de l’hiver. - Le 11 février, comparait par devant nous au greffe, le
nommé Jacques Gouffier garde vente de Benoist Dupin, marchand de bois demeurant
à Verrières, qui nous à dit avoir pris Etienne Caille travaillant dans la forêt
de Sainte-Geneviève avec des bourrées de bûchettes. Nicolas Taillefer, Henry
Boissyquat étaient tous deux présents. Le 28, comparait à nouveau Jacques
Gouffier, qui déclare avoir pris Laurent Ferret, bûcheron, travaillant dans la
dite forêt, avec des broutilles de bourrées de bûchettes pour emporter chez
lui. Rien n’est précisé sur les suites.
Affaire de succession - Le 3 mars, la femme Nicolas Charpentier et son mari trouvent François
Roger portant les effets que la dite Charpentier doit avoir de la défunte. La
municipalité a fait déposer les dits effets au greffe et cacheter dans un sac,
soit : deux croix d'or, une paire de boucle d'argent de femme, une boucle
à ceinture et la ceinture. La belle affaire !
Pourquoi ce signalement – Le 18 mars : il est
signalé la présence d’un certain Eustache Moutier, âgé de 18 ans, natif de la
paroisse de Notre-Dame de Grâce de Passy, département de Paris. Confié le 4
octobre 1790 à Louis Latteux, vigneron. Les yeux noirs, cheveux et sourcils
bruns, nez long et pointu, bouche extrêmement fendue, menton renfoncé.
Saint-Lot, secrétaire greffier.
Qui a
tiré un coup de fusil ? - Le 19
juin, tandis que la municipalité est allée à l'assemblée primaire à Montlhéry.
Nous avons, de la dite femme Robine par la fille de Sylvain Lafeuille, officier
de la municipalité, reçu une plainte. La dite femme Robine était à la grande
porte de sa cour avec le sieur Platrot, tailleur demeurant à Morsang et un de ses
fils, quant un coup de fusil parti par-dessus le mur du jardin de Mr. le curé,
est passé dans un noyer qui est à côté de la dite porte du dit sieur Robine,
dont la balle a sifflé au-dessus de leurs têtes. Le lendemain, dès 5 heures du
matin, la municipalité est allée sur les lieux faire la visite et constater
l’effraction par une balle dans une « croison » au-dessus d'une
chambre. Aussitôt, la femme Robine envoie son fils chez Mr. le curé le prier de
défendre que l'on tire chez elle.
Ont
été convoqués au greffe : Catherine Querson la domestique du curé,
laquelle déclare avoir vu et entendu le dit sieur Etienne Mouroux, fils de
François Mouroux, jardinier chez Mr. le Sénéchal propriétaire du château,
charger son fusil et qui lui a dit de ne pas tirer attendu qu'elle aurait peur.
Jean-Marie Nicolas Médart Vieleminot, maître d'école qui était avec un enfant
dans le jardin de Mr. le curé, déclare avoir vu le dit Mouroux, appuyé sur le
mur du jardin de Mr. le curé à tirer sur un arbre. Nous savons que par la suite
notre tireur d’élite est allé exercer ses talents dans les armées de la
République.

La grande porte de
la cour du moulin Robine. Disparue dernièrement lors de la construction du
bâtiment des Archives municipales de Paris.
Vol au
château. - Le 21 juin, la
municipalité est requise de la part de François Mouroux, jardinier de
mademoiselle d'Orléans, à l'effet de voir un vol qui a été fait pendant la
nuit. Il est trouvé dans le chemin de l'intérieur du village (rue de l’Eglise)
deux troncs d’ormes qui ont servit à faire l'effraction de la fenêtre du garde
mangé. Il est constaté en arrivant dans le salon à manger, dans l'ancienne
chapelle, un battement d'armoire ouvert dans laquelle on a pris des flambeaux
argentés de différentes grandeurs dont la quantité sera vérifiée par l'état qui
est à Paris. On a trouvé une bouteille dans laquelle il y avait du vin qui a
été bu. Dans l'office, on a pris plusieurs cuvettes et verriers de cuivre
argenté dont la quantité sera à vérifier. Dans le grand salon, il y avait sur
le canapé un tapis de drap vert ployé qui servait à couvrir une petite table
dans le petit salon disparu, plus deux aunes de toile à damier servant de
couverture à un fauteuil et une chaise. Dans la bibliothèque, dans la première
armoire, il n'y reste que huit volumes. On a tenté de forcer la troisième
armoire ; on y a pris des housses de toile servant à couvrir des canapés.
Quant à la suite de ce délit, elle semble avoir été infructueuse.
Pour un
« carteron » de foin mêlé de roseaux. - Le 21 juillet est comparu par devant le greffe de
la municipalité, le nommé Thomas Daragon, demeurant à Epinay-sur-Orge, qui nous
à déclaré avoir trouvé la femme d'Etienne Caille, journalière, demeurant à
Villemoisson, être à couper des roseaux mêlés de foin le long de la rivière,
dans une pièce de pré appartenant à la fabrique d'Epinay occupée par le dit
Daragon. Celui-ci a couru après elle pour y faire laisser les dites herbes, en
présence d'Etienne Le Bon et sa femme qui travaillaient pour lui. Se
retournant, la femme Caille la menacé. De là, Daragon, a fait son
procès-verbal. Pour une fois nous savons la suite : deux jours plus tard,
la femme Caille est condamnée à payer dans les huit jours au sieur Daragon la
somme de 3 livres 10 deniers.
Un chien
allant et venant dans les haricots. -
Le 18 août est comparu au greffe le notable Mathurin Charpentier, qui déclare
avoir vu le nommé Antoine Naudé, habitant Epinay-sur-Orge avec un autre
particulier qui n'est point connu, ayant chacun un fusil et un chien qui
courrait d'aller et venir dans les récoltes qui ne sont pas encore à maturité,
comme haricots filasses, luzerne à graines et dans les vignes. Attendu qu’un
décret défend de chasser dans les terres qui ne sont pas encore récoltées
jusqu'à la fin de leurs récoltes et jusqu'au premier de septembre pour les
terres nues, le dit Charpentier a dressé procès-verbal.
Une
déposition apparemment gênante. -
L'an 1792, an 4 de la liberté, le 3 mai, est comparu par devant nous au greffe Claude
Latteux, officier municipal, son écharpe à la main. Qui nous dit avoir trouvé
dans une pièce ensemencée d'avoine appartenant à Dautier, demeurant au Perray,
paroisse de Sainte-Geneviève et dans de la luzerne défrichée, Elisabeth
Charpentier, fille de l'officier municipal, Victoire Olivier, femme de Jacques
Picot et sa domestique, la femme de Nicolas Thomas, prud'homme, toute quatre
dans la même pièce.
(Il
semble que cette déposition parait contestée : avec) Elisabeth Boudineau,
les femmes de : Pierre Daragon procureur, de Saint-Lot greffier, de Pierre
Rabioule, d'Henry Boissyquat, de Charles Petit, de Jean-Baptiste Marie, parmi
lesquelles, celles de Rabioule, Boissiquat, Charles Petits disent à Claude
Latteux qu'il n'est pas fait pour leur empêcher d'aller à l'herbe dans les
luzernes défrichées attendu que ce n'est pas à lui les propriétés.
Dont
le dit Claude Latteux est venu nous en faire son présent procès-verbal qu'il
affirme véritable. Mr. le maire (sans doute gêné par l’accusation de personnes
éminentes), présent à la déposition du dit Latteux, ne l'a pas approuvé attendu
qu'il n'était pas dans la plaine quand le dit Latteux a trouvé les personnes
dans les avoines.
Une
maison tombant en ruine. – Le 13
germinal an II (2 avril 1794). La citoyenne veuve François Saint-Lot demande
aux officiers municipaux de faire une visite dans sa maison. Cette maison, avec
celle de la veuve Nicolas Charpentier, viennent de la même succession, étant
bâtie ensemble comme n'en faisant qu'une autrefois. La maison de la dite
Charpentier tombe en ruine et entraîne celle de la veuve Saint-Lot.
La
municipalité, de concert avec le Comité de Surveillance, sont allés constater
la maison de la veuve Charpentier tombant en ruine menaçant d’écraser la veuve
Saint-Lot dans la sienne, quoique étant en bon état. Un procès-verbal est
dressé pour être envoyé à l'administration du district de Corbeil afin de faire
droit à la demande de la veuve Saint-Lot, de poursuivre la dite Charpentier à
la faire réparer, faute par elle d'être responsable des dommages que pourraient
occasionner sa maison envers celle de la veuve François Saint-Lot. En
conséquence, pour les citoyens administrateurs de s'occuper sur-le-champ, vu
que les dangers sont très pressants.
Nomination
des gardes verduriers pour l'an II. -
Le 30 germina1. La commune nomme par délibération six gardes verduriers chargés
d'avoir regard à toutes les propriétés des citoyens. Il ne sera donné aucune
gratification aux dits gardes pour la récolte des grains; à l'égard des vignes,
les dits gardes recevront par chaque arpent une livre. Cette somme sera payée
au moment des vendanges. Pierre Denis Latteux, Pierre Daragon, Jean Claude
Saint-Lot, Henry Boissiquat, Jacques Picot et Mathurin Charpentier se
transporteront par devant les juges de paix du canton de Montlhéry pour prêter
serment de bien remplir et fidèlement leurs fonctions.
Les gardes messiers prennent leur activité au sérieux.
Ce 1er floréal an II (20 avril 1794), comparaît
au greffe de la municipalité, le citoyen Jean Claude Saint-Lot, garde
verdurier, lequel rapporte qu'il à trouvé les citoyens Henry Boissiquat et
Etienne Caille, chassant avec chacun une arme à feu dans la propriété de la
citoyenne veuve François Saint-Lot, ainsi que dans toutes autres propriétés
bien ensemencées. Les dits chasseurs avoient avec eux un chien.
Le
citoyen Saint-Lot leur a dit que la loi défend de chasser, ils ont répondu
qu'ils ne chassaient pas, qu'ils allaient voir leurs propriétés. Boissiquat est
garde verdurier, il a prêté le serment d'avoir le soin des propriétés des
citoyens.
2
floréal an II (21 avril 1794), c’est le rapport du citoyen Henry Boissiquat,
aussi garde verdurier, qui déclare avoir trouvé dans une pièce de terre
ensemencée en avoine, cette pièce étant de la luzerne défrichée de l'hiver
dernier, la veuve François Thomas, Marie Louise sa fille et la femme du citoyen
Magloire Saint-Lot, étant à faire de l'herbe; dont cela est défendu par
délibération de la municipalité. Cette pièce de terre située lieu dit « la
Pièce du Breuil » appartient au citoyen Dupuy, demeurant au Breuil,
commune d'Epinay-sur-Orge, (Voir jugement qui suit).
L’affaire du puits des
Franchises - 5 floréal an II (24
avril 1794), le citoyen Caille, domicilié lieu dit les Franchises, rapporte au
greffe que la veille, il s'est transporté honnêtement chez le citoyen Jean
Claude Saint-Lot, demeurant au même lieu pour lui défendre de venir chercher de
l'eau dans son puits.
Le
dit citoyen Saint-Lot l’a frappé à coups de poing en disant : « Tiens
voilà ce que tu demandes ». Quand il s'est vu frappé, il lui a dit des
sottises, et est allé chez le citoyen Dupré maire, le prévenir que Saint-Lot
venait de le frapper. Le maire lui a répondu qu'il le soutiendra selon la
justice; que Saint-Lot a tort de frapper, vu que la loi le défend, que la
justice doit être rendue à celui à qui elle appartient. Boissiquat, les femmes
des citoyens Daragon, Quignot, et autres citoyens, tant grands que petits,
étaient témoins.
La
municipalité étant assemblée au greffe de la municipalité, fait venir les
témoins mentionnés dans la plainte. La femme de Nicolas Taillefer dit que le
citoyen Caille a dit des sottises au citoyen Saint-Lot avant qu'il le
frappe ; elle dit à Saint-Lot qu'il n'a qu'à aller avec son émigré de
maître. La femme de Daragon témoigne de même que la citoyenne femme Taillefer.
Le citoyen Le Batteux ajoute avoir dit à Caille, avant que d'aller chez
Saint-Lot, qu'il allait lui défendre de venir chercher de l'eau à son puits.
La
municipalité, ayant entendu les témoins, demande aux citoyens Caille et jean
Claude Saint-Lot de s'arranger à l'amiable. Caille répond qu’il a dit des
sottises avant d’être frappé, mais qu'il ne veut pas aller à la justice, qu'il
ne veut pas qu'il en coûte au citoyen Saint-Lot, attendu qu'il a tort de lui
avoir dit des sottises. Et le citoyen Saint-Lot n'a rien voulu exiger du
citoyen Caille attendu qu'il a consenti avoir tort de frapper. En conséquence,
la dite plainte a été arrangée d'accord à l'amiable en présence des officiers
municipaux et des témoins.
Á
cette même assemblée et date du 5 floréal, est fait aussi jugement suite au
rapport du citoyen Jean-Claude Saint-Lot, daté du 2, contre les citoyens
Boissiquat et Etienne Caille. Comme s'est la première fois qu'ils allaient à la
chasse, et qu'ils n'ont pas commis de délits, n'étant que dans des grains
nouvellement semés, ils ont été condamnés à chacun deux livres d'amende envers
la commune du lieu où le délit est commis. Mais qu'à l'égard de la deuxième
fois, s'ils sont pris à chasser, l'amende sera plus forte.
Ce
7 floréal an II (26 avril 1794), se présente au greffe, le citoyen Mathurin
Charpentier, garde verdurier, disant que ce jour, il a trouvé la femme du
citoyen Jean-Baptiste Marie, qui s'est permise de passer dans une avoine à un
citoyen d'Epinay et dans un pré du citoyen Limay pour aller laver à la rivière.
Sur quoi, n'étant pas permis à aucun citoyens ni citoyennes de former des
chemins dans les propriétés des citoyens, Mathurin Charpentier est venu faire
son rapport.
Le délit
d’une serpette. - Le 23 fructidor an II (9 septembre 1794), comparait au
greffe le citoyen Jacques Picot, garde messier qui déclare avoir trouvé la
fille, jeune, de Jean Baptiste Marie, étant à couper du raisin dans une vigne appartenant
à Denis Dautier du Perray, avec une serpette. La dite délinquante a déclarée
que la serpette ne lui appartient pas, qu’elle appartient à la fille de
François Le Batteux, laquelle est au service du citoyen Pierre Le Dour. - En
somme ce n’est pas de sa faute, mais de celle de la serpette.
Vaches
en vadrouille de recherche alimentaire - 10 germinal an II (30 mars 1795), le citoyen Mathurin Charpentier,
« garde-champêtre » de la commune, déclaré que le 8 du présent, à
quatre heures de relevée (16h), il a trouvé huit vaches à la citoyenne Fontaine
de Morsan dans son jardin, ceux des citoyens Jacques Picot, François Thomas et
dans une pièce de blé appartenant au citoyen Robine.
Où la politique échauffe les esprits - Le décadi dix gemina1 an III (30 mars 1795), comparait
au greffe le citoyen Thomas Daragon, d'Epinay-sur-Orge, disant que la veille,
accompagné du citoyen Mathurin Charpentier, passant à Villemoisson, devant la
porte de Louis (ou Denis) Lagneau, marchand de vin, est entré chez lui pour y
prendre son nécessaire. Là, il a trouvé le nommé Charles Duval fils, demeurant
à Epinay qui était à boire. Celui-ci s'est jeté sur Thomas Daragon sans lui
dire aucune parole, comme si il eut voulu l'assassiner. Il l'a pris par les
cheveux en lui disant qu'il est un gueux, un gredin et un voleur, après l'avoir
frappé, devant plusieurs citoyens présents. Marqué au visage par les coups
qu’il a reçus, le dit Daragon ne s'est aucunement revanché, et a déclaré qu'il
avait déjà formé plainte au greffe de sa commune.
Le même jour, le soir, Charles Petit, d'Epinay-sur-Orge, dit
que la veille dans l'après midi, étant à Villemoisson, chez le citoyen Denis
Lagneau, accompagné de Jean-Baptiste Ferret. Les dits Petit et Ferret étant à
boire une bouteille de vin, il s'est trouvé le nommé Charles Duval, lequel a
dit en présence de témoins, à Charles Petit, notable du conseil général
d'Epinay, que le ci-devant maire, actuellement agent nationa1, que sa femme est
une putin et une garce. Que toute la municipalité d'Epinay et les membres du
conseil général « étions » tous des fripons et des voleurs, qu'ils
ont mangés 4 à 5000 livres d'argent à la commune, qu'ils « étions »
tous des agents de Robespierre, qu'ils périront par leurs mains
Où l’appellation de garde champêtre remplace celle de garde
messier. - Le 1er
messidor an III (19 juin 1795). Les citoyens de Villemoisson assemblés par une
annonce faite au son de la caisse dans les rues et carrefours de la
« ville », choisissent Jean Duval, Michel Dupré, Laurent Taillefer, Mouroux
fils, Le Dour et François Thomas, pour la fonction de garde-champêtre, Suivant
l'article I, section VII de la loi du 2 septembre 1791, concernant les biens et
usages ruraux et la police rurale.
Les
dits gardes-champêtres seront tenus d'assurer et de conserver, en bon père de
famille les récoltes, seront sous la juridiction des juges de paix et sous la
surveillance des officiers municipaux. Ils devront être âgés au moins de 25
ans, reconnus pour gens de bonnes mœurs. Reçus par le juge de paix du canton il
devront prêter le serment de veiller à la conservation de toutes les propriétés
qui sont sur la voie publique, ils seront responsables des dommages dans les
cas où ils négligeront de faire dans les 24 heures le rapport des délits. Les
moindres amendes seront de la valeur d'une journée de travail au taux du pays.
Toutes les amendes ordinaires qui n'excèderont pas la somme de trois livres,
seront doublées en cas de récidive dans l'espace d'une année ; si le délit
est commis avant le lever ou après le coucher du soleil; elles seront triplées.
Les amendes seront versées dans la caisse de la municipalité. Les maris, pères,
mères, tuteurs, maîtres, entrepreneurs de toutes espèces seront civilement
responsables des délits commis par leurs femmes et enfants, pupilles mineurs
n’ayant pas plus de vingt ans et non mariés.
La crise des subsistances se fait sentir
Pour
deux poignées d’herbes mêlées du blé de mars. - 29 prairial an III (17 juin 1795), au greffe, le
citoyen Nicolas Pescheux apporte dans la main deux poignées d'herbes. Dans
lesquelles il y a du blé de mars, que la fille du citoyen Petit Jean a arrachée
dans une pièce lui appartenant, située chantier dit la ci-devant Croix,
aboutissant sur l'ancien chemin de Morsan à Montlhéry (actuelle avenue des gardes
messiers), dont sa femme s'est trouvée présente à ce délit. Sur quoi, son mari
après avoir fait voir et examiner l'herbe et le blé de mars mêlés a requis le
citoyen Saint-Lot, secrétaire-greffier de la municipalité, d'en dresser le
procès-verbal destiné à punir la citoyenne fille Petit Jean, suivant la rigueur
des lois.

Le
28 messidor (16 juillet 1795), le citoyen Calixte Magny, demeurant à Morsang,
vient déclarer qu’étant allé dans une pièce de seigle lui appartenant située
sur le territoire de Villemoisson, il s'est aperçu qu'on lui a coupé environ
quatre gerbes de seigle, simplement que l'épie.
Directoire :
réduction du nombre de gardes-champêtres. - Un peu
plus d’un mois après la nomination des gardes champêtres, le 9 thermidor (27
juillet), le conseil de la commune assemblé en vertu de la loi du 20 messidor
dernier portant qu'il soit nommé des gardes-champêtres dans toutes les communes
rurales de la République, le procureur de la commune et le conseil choisissent
et nomment les citoyens François Latteux et Jacques Picot. Ils entreront en
fonction le 1eraoût jusqu'au 1er novembre suivant. Le
conseil arrête et est d'avis qu'ils leurs seront accordé chacun 500 livres,
laquelle somme sera répartie au marc la livre sur le rôle des contributions suivant
l'article II de la dite loi, le tout d'après l'avis du directoire du district
qui statuera suivant l'article II.
Le
15 thermidor (2 août 1795), le citoyen Calixte Fortin, de Morsang-sur-Orge,
déclare s'être aperçu qu'on lui a coupé du méteil dans une pièce lui
appartenant située sur le territoire de Villemoisson, chantier du bois de la
Saussaye.
Le
22 thermidor (9 août), le garde-champêtre Nicolas Charpentier, signale avoir
trouvé le chien du citoyen Antoine Naudé d'Epinay, chassant dans plusieurs pièces
ensemencées en grains, ainsi que dans les vignes.
Le
24 thermidor (11 août), le même Charpentier, déclare avoir trouvé la fille du
citoyen Pierre Limay dans une pièce d’haricots appartenant au citoyen
Jean-Baptiste Saint-Lot, chantier de la Garenne.
Le
25 thermidor (12 août), de nouveau, Nicolas Charpentier vient de trouver les
vaches de la fille à la veuve Nicolas Carpentier étant à paîtrent dans la
luzerne au citoyen Mathurin Charpentier
Consulat : les délits seraient-ils en régression. - Le 28 pluviôse an X (16 février 1802). Nous, membres
du conseil municipal, d'après avoir été convoqués par le maire, 24 heures
avant, assemblés pour délibérer sur plusieurs affaires. Les membres du conseil
réunis, le citoyen Daragon, maire observe qu'il serait très à propos de nommer
un ou plusieurs gardes champêtres, vu les dégâts qui se commettent
journellement sur les propriétés. Le maire, entendu les membres du conseil,
jugent que l’à propos n'a pas à avoir lieu.