Les sacrifices des Villemoissonnais

sous la Révolution

 

 

 

         1789, la France devient une République dans une Europe monarchique ; c’est un anachronisme pour l’époque. Le 7 février 1792, le traité entre l'Autriche et la Prusse conduit la France, le 20 avril, à déclarer la guerre à l'Autriche.

 

 

         Organisation de la garde nationale. - L'an 1792, quatrième année de la liberté française, 9e jour de février, s'est présenté Louis François Moynet, prêtre, curé de la paroisse de Bruyères-le-Châtel, nommé commissaire par le directoire du district de Corbeil pour visites relatives à l'administration. Il expose la nécessité d'établir la police municipale pour le maintien du bon ordre et la sûreté des citoyens, de procéder à l'organisation de la garde nationale. De maintenir la tranquillité publique dans les moments fâcheux où des ennemis puissants cherchent à diviser les François, pour venir à bout de leurs perfides desseins tendant à nuire à la liberté nationale. D'achever les matrices du rôle de la contribution foncière de la paroisse afin d'acquitter et verser dans le trésor national l'imposition décrétée par l'Assemblée Nationale. La garde Nationale servira à y puiser des soldats en cas de besoin, et les besoins vont devenir pressant.

 

         Les volontaires de l’an II. - Premiers revers dans le nord, le 11 juillet, la Patrie est déclarée en danger : c'est l'appel aux volontaires. La loi du 25 juillet 1792, autorise à requérir des grenadiers et chasseurs parmi les gardes nationaux des départements.

         Le 25 août, la municipalité de Vi1lemoisson, accompagnée du commandant en chef, du commandant en second et de l'adjudant et capitaine du lieu, étant en assemblée, concernant la loi du 25 juillet 1792, loi qui autorise les généraux d'armée à requérir moitié de grenadiers et moitié chasseurs dans les gardes nationaux des départements.

         La municipalité engage les frères d'armes à s'enrôler pour servir dans l'armée du Centre. Les citoyens disent qu'il y en a déjà cinq au service de la Nation depuis environ deux ans : Pierre Roger, Julien Roger, Pierre Bidault, Claude Lafeuille et Etienne Mouroux, partis de bonne volonté. Ceux qui restent ne sont pas pour l'instant décidés à s'enrôler. Le registre de la municipalité reste ouvert pour les citoyens qui voudront s'enrôler.

         Le 27 août, pour satisfaire à la loi qui autorise les généraux d'armées à acquérir des grenadiers et chasseurs dans les gardes nationaux. Vu que Mr. Pouelle, commandant en chef, avait engagé les citoyens à s'enrôler, le 25, il ne s'est trouvé personne de bonne volonté dans le moment. Le lendemain, se présentent au greffe : Grégoire Lafeuille, fils de Sylvain Lafeuille, maçon, et de Marie Saint-Lot sa femme ; le nommé Pierre Petit, fils de défunt Louis Petit et de Maisonneuve sa femme ; Michel Saint-Aubin, demeurant chez Louis Latteux, vigneron, fils d'Antoine Saint-Aubin et de Marie Madeleine sa femme, demeurant rue de la Seine Faubourg St-Gemain à Paris, tous trois volontaires décidés à partir pour le service de la Nation.

         Le 28 août, se présentent Charles François Caille, fils d'Etienne Caille, âgé de 19 ans, taille de 5 pieds 1 pouce 6 lignes, cheveux et sourcils châtains, yeux bleus. François Le Batteux, qui dit être âgé de 40 ans, taille de 5 pieds environ.

         Le 5 septembre, comparaît au greffe André Thomas qui se déclare dans l'intention de s'enrôler, désirant rejoindre les volontaires de Villemoisson, se disant être seul et libre. En présence de François Robine, capitaine de Villemoisson

 

         L’armement des volontaires à la charge de la commune. - L’administration demande que les communes arment leurs volontaires, la municipalité répond : « Nous vous certifions que nous sommes dans l'impossibilité d'en fournir aux volontaires qui vont partir, vu que le besoin que nous en avons nous mêmes pour la sûreté de nos personnes et de nos propriétés. Nous vous déclarons de plus qu'une partie des habitants sont sans armes et que la plupart de ceux qui ont des fusils ne peuvent point en disposer parce qu'ils ne sont point à eux et qu'ils ne sont à eux qu'en donnant 2 livres par mois ».

         Sans doute à la suite de la lettre ci-dessus, la municipalité doit envoyer deux députés pour se rendre à Versailles le 10 septembre « pour des affaires qui intéressent la dite commune », Il leur est accordé à chacun un assignat de 5 livres pris sur les 200 livres qui ont été données à la commune par le châtelain Blandin.

         En conséquence, le 11, Pierre Le Dour notable et Daragon procureur de la commune rapportent qu'il est impérieusement pressant d'armer les volontaires pour marcher aux frontières. Dont François Robine, capitaine de la compagnie de Villemoisson et Denis Taillefer ont donnés un sabre dont ils espèrent être remboursés ; François Duberlé et jacques Saint-Lot ont fourni chacun une giberne.

 

 

         La levée en masse - La victoire de Valmy, le 20 septembre 1792, délivre la France de l'invasion. Mais la politique de conquête préconisée par la Convention dont les doctrinaires rêvent d'internationaliser la Révolution, va dresser contre notre pays, l'Angleterre et ses alliés.

         En janvier 1793 (an II), c’est la levée en masse de 300 000 hommes. La loi enjoint toutes les communes de France de mettre en état, sous trois jours, le huitième des gardes nationaux locaux, et un autre huitième dans les huit jours suivants. Le district de Corbeil doit fournir 590 recrues. Sur la levée de 30 000 hommes de cavalerie, le district de Corbeil doit recruter 19 soldats. Nous n’avons relevé aucun Villemoissonnais au camp de Meaux. Pourtant, nous avons trouvé en l'an II, une « réquisition générale » pour la formation de 7 à 8 bataillons auxiliaires. Le district de Corbeil lève 10 compagnies.

 

         Le patriotisme de circonstance des Villemoissonnais. - Dans les procès-verbaux de la Convention, page 346, tome 26, est consigné au 14 frimaire, an II (4 décembre 1793) le dépôt sur l'autel de la Patrie, de l'argenterie, des cuivres et des linges de « ses » églises apportés par une députation des habitants de la commune de Ville-Maison qui lui vaut la mention « honorable » au bulletin, suivit de l'adresse des citoyens de la commune de Villemoisson-sur-Orge. Au citoyen président de la convention Nationale :

         « Citoyen président, je viens au nom de la commune de Villemoisson-sur-Orge, déposer dans le sein de la Convention Nationale l'argenterie et les cuivres dépendants de notre ci-devant église. Voyant que toutes les communes de la République s'empressent de déposer les leurs pour aider à faire la guerre et terrasser les tyrans qui, tous les jours, essayent de renverser et de détruire notre liberté et de ramener une nation libre à l'ancien régime et à rendre esclave les vrais républicains. Comme les citoyens de la commune de Villemoisson-sur-Orge s'empresseront toujours et répandront s'il le faut jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour faire le bonheur de la République Une et Indivisible. Oui, citoyen président, nous vous apportons ces débris, et tous prêts à vous offrir notre corps pour détruire ces traîtres et cette ligue de tyrans depuis tant de siècles que nous sommes conduits par eux comme un berger conduit ses moutons à la bergerie.

         « Le moment est arrivé où il faut terrasser ces despotes sanguinaires et suivre le serment que nous avons tant de fois répété : vaincre ou mourir. Ces deux mots doivent pénétrer jusqu'au fond du coeur des vrais républicains et doivent faire rougir de honte celui qui n'a pas dans son coeur du respect et de la soumission aux lois sages que vous décrétez tous les jours pour faire le bonheur d'une République et d'une Nation Française.

         « Citoyens président, nous venons aussi déposer le linge qui appartenait ci-devant à notre église pour servir à panser les plaies des braves défenseurs de la Patrie, afin qu'étant guéris, ils retournent pour la seconde fois combattre les ennemis de la Patrie. Voilà, citoyens représentants, ce que les habitants de la commune de Villemoisson ont l'honneur de vous témoigner, et vous demandent que vous leur accordiez les honneurs de la séance. Vive la République, la Liberté et l’Egalité ».

 

         Réquisitions d’équipements pour la cavalerie. - Le 18 ventôse an II, comparaît le citoyen Rousseau de Montlhéry, commissaire nommé, à l'effet de mettre en réquisition les selles, brides, bridons, licou, mords, sangles, housse, chabraques couverture de laine, cordes à fourrages, bottes à l'écuyère, bottes à la hussarde, éperons, peau de daim et de mouton pour culottes de peau et autres objets nécessaires à l'équipement des troupes à cheval.

         Le 28 (mars 1794), ledit commissaire reçoit de : Jean Claude Saint-lot, une culotte de daim ; Jean Baptiste Ferret, Pierre Limay, Thomas Hénault, François Mouroux et Jean-Baptiste Saint-Lot, chacun une culotte de peau ; Blandin (le châtelain), un bidon anglais ; François Robine, une selle. Tous lesquels objets enlevés pour être conduits à l'administration où ils seront estimés et ensuite payés sur les mandats de l'administration.

         Pour la remise des sabres de 30 pouces de longueur. Le 30 germinal an II (19 avril 1794). Chaque citoyen a apporté son sabre, ils ne sont que de 25 à 28 pouces, seul, celui du citoyen Jacques Picot à été seul requis pour monter un cavalier.

         Le 29 germinal an II (2 mai 1594). Se présente le citoyen Divry l'aîné, commissaire nommé par l'administration du district de Corbeil, lequel fait consigner sur les registres de délibérations les principales dispositions de l'arrêté du représentant du peuple prés de l'armée du Nord chargé de l'organisation de la cavalerie, et d'en donner connaissance au Comité de Surveillance et Société Populaire de leur commune.

         Article 1er. Nous les agents nationaux prés les communes et départements du Nord, de Laine (l'Aisne), Pas-de-Calais, la Somme, de Loise (l'Oise), Seine-et-Marne, Paris, Seine-et-Oise, lionne (l'Yonne), Laube (l'Aube), Loiret, la Côte-d'Or, la Nièvre, le Cher et l'Indre. Lesquels départements ont été pour la levée extraordinaire des chevaux affectés à l'armée du Nord. Sont tenus de faire des visites domiciliaires à l'effet de s'assurer s'il ne s'y trouve pas de sabres de 30 pouces de lame et au-dessus.

         Article 2. Ceux dont on trouvera de ces sortes de sabres cachés, avec intention de les soustraire aux recherches, seront gardés et mis en arrestation jusqu'à la paix.

         Article 3. Les sabres neufs seront payés sur la présentation de la facture ; quant aux sabres qui auraient déjà servis, ils seront payés sur l'estimation qui en sera faite par l'expert.

         Article 4. Les agents nationaux prés les districts chargés de surveiller et presser l'exécution, feront rassembler au chef lieu de chaque district, tous les sabres réquisitionnés, et donneront avis de l'état en totalité des sabres trouvés dans l'arrondissement de leur district respectif, en distinguant les sabres courbes d'avec ceux qui sont droits.

         Article 5. Les agents nationaux veilleront à ce qu'aucun sabre n’échappe aux recherches qu'ils feront faire sous peine de destitution et d'une amende au prix des sabres qui pourront se trouver.

         Article 6. Les Comités de Surveillances et Sociétés populaires, sont invités au nom du bien public à favoriser les recherches ordonnées par le présent arrêté.

 

         Recensement des chevaux. - 30 fructidor an II, conformément à l’arrêté du Comité de Salut Public de la Convention Nationale, les citoyens Nicolas Pescheux et Claude Latteux sont nommés commissaires pour faire un recensement des chevaux et juments existants dans la commune.

 

 

         Réquisition d’une voiture. - Le 17 messidor an II (5 juillet 1794). En vertu d'un décret du Comité de Salut Public portant que notre commune fournira une voiture attelée de quatre chevaux et un charretier pour la conduire. Cette voiture se rendra à Meaux le 5 thermidor. Les quatre chevaux requis sont ceux des citoyens Pescheux, Limay, Picot, Saint-Lot. Et sera aussi également mis en réquisition le citoyen François Latteux comme étant capable de conduire cette voiture. Á la charge par les propriétaires d'équiper leurs chevaux en état de faire la route.

Les citoyens assemblés, il est parlé aux citoyens du départ du citoyen François Latteux, pour le voyage de Meaux avec quatre chevaux et il est arrêté, sur la proposition du citoyen maire, qu'il sera payé à celui qui s'occupera de la récolte de François Latteux, par chaque arpent et chacune des natures de grains sur le pied du maximum porté sur le dit registre. Cette somme payée par tous les citoyens et citoyennes de la commune à raison de chaque famille. Vu la réclamation faite par le citoyen Daragon disant que la loi sur la police rurale ordonne aux officiers municipaux de faire la récolte des citoyens malades, absents ou infimes au plus bas prix au frais de la récolte du citoyen qui sera parti. Le procès-verbal ci-dessus est révoqué.

 

         Désarmement de la garde nationale. - Le mieux pour récupérer des armes est de désarmer la garde nationale. « Nous, soussignés, maire, officiers municipaux et membres du conseil général de la commune, autorisons le citoyen Saint-Lot greffier de la municipalité à remettre au citoyen Mathurin Charpentier les fusils qui lui ont été ôté par le désarmement.

 

         Recherche de salpêtre pour les armes à feu. - L'armée a besoin aussi de poudre pour les armes à feu. Le 27 floréal an II, comparait à Villemoisson, le citoyen Baron, agent national pour l'extraction du salpêtre. Lequel a fait sa ronde, accompagné des citoyens Mouroux officier municipal et de Jacques Saint-Lot agent national. Ils n'ont trouvés de traces de salpêtre que sous une cave appartenant à la ci-devant fabrique, qui ne mérite pas l'exploitation.

Le 21 septembre an II (21 septembre), se présente le citoyen Turreau, agent salpêtrier, pour faire la recherche du salpêtre. D'après la visite exacte, il s'en trouve : dans les remises de la basse-cour, du citoyen Angot ; dans un âtre de maison et le lapinier de la veuve Charpentier ; dans le devant de la porte de la seconde cave, du citoyen Malet (Collège) ; dans le couloir de la cave Blaque (Vieux Logis) ; devant la porte d’une cave inhabitée.

Conformément à la loi sur le sallier, de faire arracher toutes les plantes portées dans la dite loi, pour être brûlées toutes ensembles ; les cendres en provenant devant être déposées à la salletière de Montlhéry. Le citoyen Jean Petit est chargé du lessivage. Il est déposé un pèse liqueur qui sera rendu aussitôt l'opération finie ; au cas il serait cassé, il sera payé par la commune.

Le 21 brumaire an III (11 novembre 1794), comparaît le citoyen Le Merle, agent salpêtrier du canton de Montlhéry, pour faire une contre visite des terres salpêtrées. Il en est trouvé : chez le citoyen Blandin au colombier, dans sa cave, dans son jardin ; dans une remise et dans une cave du citoyen Pescheux, sous le devant de la mangeoire et à l'entrée de l'écurie allant au poulailler ; chez Angot dans une écurie.

         Le 8 floréal an III (27 avril 1795). Les officiers municipaux ayant recommandé au citoyen Moron, de couler les terres salpêtrées, décide de lui donner une somme de 15 livres pour tout restant de compte, remises par le trésorier de la commune.

 

Il faut céder

 

         Réorganisation de la garde nationale. - Sous le Directoire, le 30 messidor an III (18 juillet 1795). Les citoyens de la commune assemblés en vertu de la loi du 28 prairial dernier concernant la réorganisation de la garde nationale. Il est nommé : un citoyen officier municipal pour président, trois plus anciens d'âge pour remplir les fonctions de scrutateurs, Jean Saint-lot pour secrétaire. Le serment prêté, après le scrutin, il résulte que les citoyens : Pierre Latteux est nommé capitaine, Henry Boissiquat lieutenant, Jacques Saint-Lot sous-lieutenant. Cinq sergents : les citoyens Magloire Saint-Lot, sergent major, Jean Claude Saint-Lot, Claude Latteux, François Thomas et Jean Thomas. Et huit caporaux. Que reste-t-il comme simples gardes nationaux ?

 

         Louis Robine quitte l’armé après neuf ans de service. - Le 24 prairial, an X (12 juin 1802). Le citoyen Louis Robine se présente chez le maire Daragon à l'effet de faire viser son congé absolu qu'il a obtenu de son bataillon le 6 prairial par ordre du premier consul. Louis Robine est parti en 1793 à vingt ans.

 

         Le conscrit est tiré au sort - Le 11 messidor, l'an X (30 juin 1802). « Nous, maire et membres du conseil municipal de la commune, conformément à la loi du 28 floréal an X, nous nous sommes réuni en la maison du citoyen maire, pour désigner au tirage au sort le soldat sur trois conscrits, pour l'armée active. Chacun des trois ont un numéro écrit sur un papier qu'ils déposent dans une boite. Après le tirage fait, il résulte que le citoyen Joseph Pascal Malgon est reconnu être soldat de l'armée active ».

 

         Villemoissonnais au service de la patrie (récapitulatif) - Nous pouvons établir une liste des Villemoissonnais partis aux armées, mais il est sans doute possible que nous ayons peut-être des manques. De tous ceux qui sont parti, combien sont revenus ?

         Á remarquer, contrairement à ce qu’il est souvent dit de nos ancêtres, nous nous apercevons que les conscrits de l’an VII étaient loin d'être de petite taille (1,65 m à 1,81 m).

Partis volontaires en 1790-1791 : Pierre Roger, - Julien Roger, - Pierre Bidault, - Claude Lafeuille, - Etienne Mouroux.

         Juillet-août 1792 (la Patrie en danger). - Grégoire Lafeuille (26/8/92), - Pierre Petit (26/8/92), - Michel Saint-Aubin, originaire de Paris (26/8), - Jean Thomas (26/8/92), - Charles François Caille 18 ans, 5 pieds, 1 pouce (1,66 m), cheveux, sourcils châtains, yeux bleus, (28/8/92), - François Le Batteux, 40 ans (28/8/92), - André Thomas (5/9/92).

1793 (An II) : levée en masse de 300 000 hommes - Louis Robine : 20 ans, 5 pieds 5 pouces 2 lignes (1,76 m), cheveux, sourcils blonds, front carré, yeux bleus, nez bien fait, bouche moyenne, menton rond, visage rond, barbe naissante. Inscrit n°254. Fusilier à la 3e compagnie. – Michel Robine : 19 ans, 5 pieds 3 pouces 6 lignes (1,72 m), cheveux, sourcils châtains, front couvert, yeux bleus, borgne de l'œil droit, nez bien fait, bouche petite, menton et visage rond, cicatrices à côté de l'oreille gauche et même côté mâchoire inférieure. Inscrit n° 256. Fusilier à la 3e compagnie. - Jean-Baptiste Lecourt : 20 ans, 4 pieds 9 pouces (1,55 m), cheveux, sourcils noirs, front découvert, yeux roux, nez et visage ronds, bouche grande. Inscrit n°255. Fusilier à la 3e compagnie. - Jean-Louis Darieu : 23 ans, 5 pieds 2 pouces (1,68 m), cheveux, sourcils noirs, front carré, yeux roux, nez pointu, bouche grande, menton rond, visage ovale marqué de petite vérole, signe particulier côté droit. Fusilier à la 5e compagnie.

Conscrits de l’an VII (1799). (Consulat) - Michel Robine: né dans l'Eure-et-Loir. Réquisitionné le 30 thermidor. Appelé au bataillon auxiliaire. - Jacques Robine : 21 ans 2 mois 10 jours, meunier, taille 1,73 m, enrôlé au 1er régiment de carabiniers, 7e compagnie, en remonte à Versailles le 20 floréal.- Louis Marie Mouroux : 21 ans 2 mois 18 jours, taille 1,74 m, journalier. - François Denis Le Batteux : 21 ans 6 mois 29 jours, taille 1,65 m, journalier.  - Jean Thomas : 20 ans 3 mois 24 jours, taille 1,81 m, journalier. - François Jacques Lafeuille : 20 ans 4 mois 21 jours, taille 1,72 m, journalier.

         Exemptés. Sont exemptés ceux qui se sont mariés avant le 23 nivôse an VI, soit : Edme Jacques Subtile, 20 ans 5 mois 24 jours, vigneron, marié le 29 germinal an IV. - Pierre Pascal Dautier, 22 ans 6 mois 11 jours, vigneron, marié le 11 pluviôse an IV. - François Dupré, 22 ans 8 mois 12 jours, vigneron, marié le 11 pluviôse an IV.

Nicolas Blandin : 21 ans 11 mois 21 jours (né à Paris), taille 1,70 m. Sa situation lui a permis de s'offrir un remplaçant en la personne de Jean-Baptiste Etienne François Metivet.

Classe an X (1802) : Joseph Pascal Malgon : tiré au sort sur trois conscrits.

         Ainsi, 23 Villemoissonnais ont servit sous la Révolution, comme dans toutes les communes de France. C’est une contribution énorme compte tenu d’une population moyenne de 200 habitants, de plus si l’on ramène de moitié le peuplement au masculin ; soit près du quart de ceux-ci sont partis aux armées. Villemoissonnais et Français ne sont pas au terme de leurs maux. Avec le premier empire la démocratie n’étant plus, les registres municipaux sont muets. La guerre s’amplifie, quand il ni a plus d’hommes à lever pour la boucherie, on a recours aux adolescents, les Marie-louise, dont l’impératrice n’en a rien que faire. L’hécatombe de 1914-18 n’est qu’une répétition.

 

 

La carrière militaire d’un Villemoissonnais sous la Révolution

         Dans ces documents, nous constatons : Etienne Moreaux dans l’un, Etienne Mouroux dans l’autre. Sa mère : Françoise Gaucher dans l’un, Françoise Gogney dans l’autre. D’un côté il est né à Villemoisson, dans l’autre à Paris. Seules concordances, son affectation de carabinier et les dates. Seules les énoncées verbales suffisent pour établir les registres et les comptes rendus. Toutefois il s’agit bien d’Etienne Mouroux. Il a servi sept ans sous la Révolution, et sous le 1er Empire dont nous ne savons pas le temps qu’il a passé dans l’armée. Cet exemple est loin d’être unique en France pendant cette période.

         Nous constatons que : Etienne Mouroux a servi sept ans dans les armées de la République. Ce n’est pas tout, Monsieur Mouroux, vivant dans la seconde moitié du XXe siècle, lequel m’a permit de photographier ces documents, m’a confié que son arrière grand-père reçut un jour les gendarmes venant lui annoncer la mort d’Etienne Mouroux lors de la Campagne de Russie.

 

            Armée du Nord - Grenadiers des troupes à cheval. 1er régiment.

            Nous, officiers composant le conseil d’administration du 1er régiment des carabiniers, certifions que le citoyen Etienne Moreaux, fils du citoyen François et de Françoise Gaucher, natif de Ville Moisson, district de Versailles, département de Seine et Oise ; né en 1772 ; sert audit régiment depuis le mois de septembre 1791, en qualité de carabinier. Et s’est comporté depuis cette époque avec honneur et distinction de manière à mériter l’estime de ses supérieurs, et à toujours rempli les devoirs de son état avec la plus grande exactitude. Certifions en outre que ledit citoyen Moreau a toujours montré le patriotisme le plus pur, et s’est toujours conduit en vrai républicain. En foi de quoi nous lui avons donné le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison. Auxquels nous avons apposé le cachet du régiment. Á Cambrai le 23 germinal l’an 2e de la République Française, une et indivisible. Signé…

 

 

            Département de la Guerre - Bureau d’état-civil

            Le Ministre certifie à tous qu’il appartiendra que le citoyen Etienne Mouroux, fils de François et de Françoise Gogney, natif de Paris, département de la Seine est rentré au 1er régiment de carabiniers le sept septembre 1791, comme il appert au registre de ce corps page 173, n°864. En foi de quoi il a délivré le présent certificat pour servir et valoir ce que de raison. Fait à Paris le 3 Thermidor l’an 9 de la République Française une et indivisible.

 

 

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