Le curé réfractaire de Villemoisson

La paroisse de Villemoisson sous la Révolution

 

 

 

 

 

         Décret de l'Assemblée Nationale du deux novembre 1789. - « L'Assemblée Nationale décrète : « 1°) Que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation, à la charge de pourvoir d'une manière convenable aux frais du culte, à l'entretien de ses ministres et au soulagement des pauvres sous la surveillance et d'après les instructions des provinces. - 2°) Que dans les dispositions à faire pour subvenir à l'entretient des ministres de la religion, il ne pourra être assuré à la solution d'aucune cure, moins de douze cents francs par année, non compris le logement et les jardins en dépendants ».

 

         Avec la vente des biens nationaux, le clergé cesse d'être propriétaire et de former un ordre à part dans l'État ; l'émission des voeux monastiques est suspendue, de sorte que le lien religieux n'est plus qu'un lien de conscience et de foi.

         L'Assemblée, dans son esprit démocratique met l'élection dans tout, elle décide de la mettre aussi dans l'Eglise, elle décrète que les électeurs qui nomment les administrateurs du département et les députés à l'Assemblée nationale, nommeront aussi les évêques et les curés ;

         Cette constitution civile du clergé, à laquelle tous les prêtres sont contraints de prêter serment, trouble la hiérarchie ecclésiastique établie. Elle rend les évêques presque indépendants du pape.

Ceux qui prêtent serment à la République sont assermentés, quant à ceux qui refusent ils sont déclarés réfractaires.

 

 

         Le curé est exposé aux railleries de la population. - En 1790, en l'assemblée générale des habitants et de la municipalité, le sieur Philippe Georges Lechien Doisnel, procureur syndic de la commune, curé, a continué ses fonctions jusqu'à ce jour tant qu'il à pu être utile à la paroisse. Voyant qu'il ne peut rien gagner pour concilier les esprit et procurer la paix qui à été jusqu'à présent son but, il croit qu'il ne peut plus continuer les fonctions de procureur pour n'être plus exposé aux sottises et aux mauvais propos qu'on se permet contre lui. En conséquence, il déclare qu'il se démet de la place de procureur pour s'occuper uniquement de son ministère et il prie de bien vouloir procéder à la nomination d'un autre. Tous ceux présents consentent à cette démission.

         Philippe Georges Lechien Doisnel originaire du canton d’Eu en Normandie, est installé dans la paroisse depuis 1783. Sa nièce est mariée à un certain Pihet depuis 1789. Pihet est le régisseur des seigneuries de Villemoisson, Morsang et de Sainte-Geneviève au nom des successeurs Bertier. La rigueur de cet homme, le problème qu’il pose par exemple au sujet des arbres abattus, et sans doute d’autres vexations, fait sans doute que les habitants de Villemoisson reportent sur leur curé certaines réflexions désobligeantes du fait de cette parenté.

 

         Les tribulations d’un serment toujours contesté. - Après avoir reçu le décret de l'Assemblée Nationale concernant le serment à prêter par les évêques, curés et autres ecclésiastiques fonctionnaires publics, du 17 novembre 1790, le 1er février 1791, Doisnel déclare que le 6 courant il prêtera son serment.

Ce jour là, à l'issue de la messe paroissiale, la municipalité dûment convoquée, Monsieur le curé, monté en chaire, en présence de tous les fidèles assemblés, à prononcé à haute et intelligible voix : « Attaché à la religion de mes pères et soumis en tout à l'autorité de l'église apostolique et romaine à laquelle je veux être attaché jusqu'au dernier moment de ma vie; je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui me sont confiés. C'est-à-dire de leur prêcher le respect et l'obéissance aux lois de l'église, la soumission aux lois de l'Etat, la fidélité au roi, la charité pour leurs frères, la pratique de toutes les vertus anciennes pour le civil. Je jure aussi d'être fidèle à la Nation, à la loi et au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le roi ».

La municipalité avait délivré un certificat curé, comme ayant prêté son serment en qualité de fonctionnaire public; mais messieurs les administrateurs de l'assemblée du district de Corbeil n'ayant pas trouvé le serment de Mr. le curé de Villemoisson-sur-Orge conforme au décret de l'Assemblée Nationale, ordonnent que le sieur curé prêtera le dimanche 13 février un nouveau serment. Aussi monsieur le maire lui demande qu'il ait la bonté de lui remettre le certificat qu'on lui a donné, que s'il ne veut pas il ne lui en sera pas donné un autre à sa prestation de serment du 13. Le curé répond qu'il l'a brûlé.

 

 

Le 13 février, comme toujours à l'issue de la messe paroissiale, Philippe Georges Lechien Doisnel, renouvelle sa prestation : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui me sont confiés. D'être fidèle à la Nation, à la loi et au roi, et maintenir de tout mon pouvoir la constitution décrétée par l'assemblée nationale et acceptée par le roi ». Mais encore une fois on lui reproche sa conformité dans les détails, qu’il faut recommencer.

Le dimanche 6 mars, le maire, deux officiers municipaux, le procureur de la commune, le marguillier en charge, un notable et d'autres habitants de la paroisse se présentent dans l'église pour y faire inventaire. Sont trouvé dans la chapelle à Mr. Le Sénéchal, propriétaire du château, 9 chaises, 15 tableaux et 13 canapés. Plus dans la chapelle de la Vierge, 6 chaises.

Le 3 avril, jour de dimanche, Philippe Georges Lechien Doinel, reçoit une lettre de MMrs les administrateurs du district de Corbeil, portée par le procureur de la commune et une députation.

Le vendredi 1er jour d'avril, le procureur lui avait dit qu'il fallait qu'il annonce son serment au prône pour éviter toutes difficultés. Et ne l'ayant point annoncé, ni fait sa déclaration au maire, ni au greffe de la municipalité, la municipalité ainsi que la commune et tous les fidèles ignoraient la prestation de son serment. Le dit sieur curé était sorti à la porte de l'église et avait demandé la municipalité, ont lui dit : « Si vous aviez annoncé au prône la prestation de votre serment, les fidèles ne se seraient pas retirés ». Le sieur curé a répond que se n'était pas à lui à l'annoncer, que s'était à eux. Le procureur avait ajouté que le décret porte qu'il faut que les fonctionnaires publics prêtent leur serment en présence du conseil général de la commune et de tous les fidèles assemblés. Le sieur curé enfin a répondu qu'il ne refusait pas son serment, mais comme la majeure partie de la commune n'était pas présente, dit que la municipalité tient cabale avec lui.

         Cette lettre est ainsi conçue : « Nous supplions très humblement Messieurs du directoire de Versailles de vouloir bien ordonner qu'a défaut de prestation de serment ci-dessus énoncé, qu'il nous soit nommé un autre curé, vu que les paroissiens ne veulent plus de son serment ni de lui, vu qu'il s'en fait un badinage en espérant qu'on lui accordera encore pour la quatrième fois de le répéter, d'après avoir manquer aux formalités prescrites par le décret dont il ne devait pas ignorer. Fait à Villemoisson le trois avril 1791 ».

 

         Faute de curé, la paroisse de Villemoisson demande à être réunie à une voisine. - De plus, la municipalité s’adresse aux députés de l'Assemblée Nationale : « Nous, maire, officiers municipaux, procureur de la paroisse et communauté de Villemoisson, district de Corbeil, canton de Montlhéry, certifions que Philippe Lechien Disnel, curé de la dite paroisse à publié une lettre pastorale que le ci-devant archevêque de Paris lui à adressée et d'après les reproches que les paroissiens lui ont fait. Il a répondu être entre deux feux, qu'il ne savait à qui obéir, disant et convenant qu'il annulait son serment par la lettre pastorale qui a été portée et dénoncée à l'Assemblée Nationale par la députation, savoir : François Robine, François Le Batteux, Henry Boissyquat, Jean-Baptiste Saint-Lot, tous de la dite paroisse, et ont remis la lettre pastorale entre les mains de Mr. Voitel, président au Comité de Recherche le mercredi des Cendres 1791.

En conséquence, le 16 mai 1791, la municipalité délibère sur l’idée de la réunion de la paroisse. Ils est décidé que pour une plus grande commodité, que l’on demande à être réunis avec la paroisse de Sainte-Geneviève, attendu qu'ils ont toujours participés aux mêmes droits, tant dans la plaine que dans la forêt, et qu'ils ont toujours été attaché à la « Sainte » pour les processions et pour les prières.

Cette proposition d’union agite nos voisins, telle cette lettre adressée à monsieur l'évêque du département de Seine-et-"Doise", par les habitants de Morsang pour s'unir à la paroisse de Villemoisson. (20 décembre 1791).

« Nous avons l'honneur de vous présenter que d'après vous avoir été communiqué de la part des habitants de la paroisse de Villemoisson-sur-Orge, que leur intention est de vouloir s'unir avec nous, rapport à l'avantage qu'ils trouvent, tant par la proximité des héritages qu'ils se communiquent l'un à l'autre que par les mêmes coutumes et usages qui s'y trouvent. Qu'ainsi un caractère sociables qui se trouve en nous. D'ailleurs, nous sommes toujours annexés avec Sainte-Geneviève, mais comme nous sommes plus forts qu'eux en population avec une distance d'une lieue. Et, en outre, comme leur caractère nous parait pas être sociable, nous à fait désirer à nous unir avec les habitants de Villemoisson. Ainsi, Monsieur, nous vous supplions de vouloir bien avoir égard aux habitants de Morsang et de Ville Moisson.

         Par la suite il apparaîtra que les deux paroisses de Morsang et Villemoisson seront réunies, et par là indirectement avec celle de Sainte-Geneviève, à la différence que se sera le curé de Morsang qui officiera à Villemoisson.

 

         Solde de la comptabilité de la paroisse. - 12 décembre 1792, l'an premier de la République Française, en l'assemblée de la municipalité et le marguillier en charge de l'oeuvre et fabrique de la paroisse de Saint-Laurent de Villemoisson (1). Est comparu Jacques Edme Pihet fondé de pouvoir de Philippe Georges Lechien Doisnel curé de Villemoisson, à l'effet de rendre le compte dû par le sieur Doisnel aux officiers municipaux et marguillier des sommes reçues par Doisnel pour la fabrique depuis le dernier compte rendu par François Saint-Lot le 9 février 1789.

         Recettes :

79 livres 1 sol 9 deniers, touchés de Mr. Buchère, receveur de la Ville, rue des Maçons, n° 432, pour l'année 1788 de deux rentes. Pareillement pour 1789, 1790, 1791

75 livres pour les années 1789 et 1790 d'une rente de 37 livres 10 sols, léguée par Mr., Mlle Gaupin. Pareillement pour 1791.

53 livres reçue du sieur Dupré, alors marguillier, le 4 janvier 1790.

Le 26 novembre 1790, reçu 19 livres 12 sols pour les causes portées sur la quittance.

8 livres touchées de MMr. Blacque, Sylvain Lafeuille et Charles Petit, pour la redevance de leurs bancs pour l'année 1788.

36 livres pour une adjudication faite au sieur Doisnel de la récolte pour l'année 1792 du pré de la fabrique, y compris les cordes du clocher ; 60 livres reçue de Pierre Limay le 5 mars 1792.

Total de la recette : 605 livres 9 sols.

         Sommes dues au dit sieur Doisnel :

Sur le compte fait le 9 février 1789, pour honoraires et fournitures 123 livres 6 sols 3 deniers.

404 livres 5 sols pour les années 1789, 1790 et 1791, pour la fondation « Pain et Vin ».

101 livres 1 sol, 3 deniers pour les 9 premiers mois de l'année 1792 de la dite fondation.

120 livres pour les années 1789, 1790 et 1791, acquis de deux messes hautes avec exposition du Saint-Sacrement pour le repos de l'âme du sieur Gaupin et sa veuve après son décès.

30 livres pour acquis de la même fondation pour les neuf premiers mois de l'année 1792.

24 livres pour la fourniture de 16 livres de cire.

5 livres pour fourniture des registres pour les années 1789, 1790, 1791 et 1792.

5 livres pour l'année 1789 des décimes remboursé en 1789 au curé d'Epinay.

Total des sommes dues au dit sieur Doisnel: 812 livres 12 sols 6 deniers.

Récapitulation : Les sommes dues au sieur Doisnel sont de 812 livres 12 sole 6 deniers ; Mr. Doisnel à reçu cde 605 livres 9 sols ; il revient au curé de 207 livres 3 sols 6 deniers. Reconnaissant la municipalité et marguillier que le dit sieur Pihet a remis l'état des recettes, ensemble deux coupons de la Compagnie des Indes de 1/25e d'action au capital de 100 livres chacun produisant 5 livres; l'un numéroté 2262 et l'autre 2263, dûment contrôlés avec un billet de 15 sols de la maison de Secours des filles Saint-Thomas, dont nous le déchargeons.

         Le 22 ventôse, l'an II de la République une et indivisible (12 mars 1794). Au directoire du district de Corbeil est comparu le citoyen Philippe Georges Lechien Doisnel, ci-devant curé de Villemoisson. Lequel, en conformité de l'article 19 de la loi du 8 avril, a juré et affirmé être créancier sérieux et légitime de la nation au nom et droit de la ci-devant fabrique de Villemoisson, de la somme de 207 livres 3 sols 6 deniers. Déclare en outre n'avoir prêté son non à personne, ni reçu aucun acompte sur la dite somme.

 

 

 

         Villemoisson reçoit un prêtre assermenté. - Ce jour, 3 janvier 1793, an II de la République Française, à la requête du citoyen Edme Pierre Genet, prêtre du département de Paris, vicaire de la paroisse de Saint-Jacques le Majeur de la dite ville, la municipalité est assemblée dans l'église du lieu.          D'après l’exhibition de l'extrait du procès-verbal par lequel le dit citoyen Genet a été nommé par l'assemblée électorale du district de Corbeil, le 28 novembre 1792, an 1er de la République, proclamé le lendemain suivant les formes accoutumées et prescrites par la loi, dans l'église Notre-Dame de Corbeil, avant la messe solennelle en présence du peuple et du clergé. Ainsi que d'après l’exhibition du procès-verbal de son institution canonique reçue du citoyen Jean Julien Avoine, évêque du département de Seine-et-« Doise ». Et après avoir prêté le serment prescrit par la loi à tout fonctionnaires publics, serment de liberté, égalité et de maintenir de tout son pouvoir la sûreté des personnes et des propriétés et plutôt mourir que de porter atteinte à la République Française. Nous avons procédé à son installation dans l'église de Villemoisson, et lui en avons délivré extrait pour lui servir en tant que de raison.

 

         Biens nationaux. Le citoyen Daragon sauve l’église de Villemoisson. (Correspondances). – Edme Pierre Genet reste peu de temps à la cure de Villemoisson, l'année suivante, l'église sert de lieu de séances au comité de surveillance et à la société populaire. La terreur passée, les comités révolutionnaires supprimés. Villemoisson est toujours sans prêtre, l’église tente l’acheteur. Mais les villageois y pratiquent entre eux le culte catholique, la soumission d'achat est rejetée...

         « Le 7 prairial an 6 de la République (26 mai 1798). Le citoyen Médart Germain Violette, fondé de pouvoir du citoyen Blanchard. Déclare être dans l'intention d'acquérir en vertu de la loi du 16 brumaire, le domaine national ci-après : la ci-devant église et dépendance de Villemoisson. Ceci ne parait pas avoir été soumis à l’administration, veuillez nommer un expert pour estimer cette église après s'être assuré qu'elle ne sert à aucun culte ».

 

 

 « Versailles le 17 thermidor, an VI. (4 août 1798) à la commune de Villemoisson. L'administration, citoyens, vous invite à lui faire connaître si la ci-devant église et dépendance de la commune de Villemoisson, soumissionnée en vertu de la loi du 16 brumaire an 5, sert en ce moment à l'exercice du culte. Veuillez nous renseigner dans le plus bref délai possible, afin que l'on puisse donner suite à cette soumission. Salut et fraternité ».

 

 

« Montlhéry le 19 thermidor an VI (6 août 1798), au citoyen président, les membres du département de Seine-et-Oise. Vous avez demandé si la ci-devant église et dépendance de la commune de Villemoisson, servent à l'exercice du culte. Elle me charge de vous répondre qu'il n'y à point dans cette commune de prêtre qui y exerce le culte, mais que tous les habitants s’y réunissent, que le citoyen Jean Baptiste Pierre Daragon, l'un d’eux y exerce le culte ainsi qu'il appert par la déclaration qu'il à faite à l'administration le 19 floréal dernier. Elle me charge en outre de vous rendre compte que les hymnes, les psaumes, etc., sont chantés avec la plus grande décence et sans aucune déclaration ecclésiastiques. Salut et fraternité : Gaudron Dutilloy ».

« Domaines Nationaux : avis du directeur de la régie de l'enregistrement et du domaine national.  Vu la soumission du citoyen Violette d'acquérir la ci-devant église et dépendance de la commune de Villemoisson. Vu la lettre du président de l'administration municipale du canton de Montlhéry, portant que dans la commune de Villemoisson, il n'y a point de prêtre exerçant le culte, mais qu’un habitant le citoyen Jean-Baptiste Pierre Daragon, l'un des dits habitants y exerce le culte. Le directeur de la Régie considérant que l'exercice d'un culte est constant aux yeux de la loi, lorsque celui qui veut en remplir les cérémonies a fait la déclaration qu'elle exige; qu'il importe peu que ce soit par un prêtre ou par un laïc que le culte soit exercé ; qu'ainsi il est conforme à l'esprit de la loi de ne point aliéner l'édifice destiné à cet usage. Estime que la soumission du citoyen Violette doit être rejetée seulement quant au bâtiment où s'exerce le culte; et que le citoyen sera tenu de déclarer s'il entend ou non, suivre l'effet de la soumission pour le surplus. Versailles le 29 thermidor an VI (16 août 1798), signé Garnier d'Esmenie ».

« Bureau des domaines nationaux. Section des ventes. Commune de Villemoisson, canton de Montlhéry. N°940. Lettre de Versailles le 13 fructidor an 6 (30 août 1798). Le président du département au citoyen Violette, demeurant à Versailles, rue de la Fontaine, n°7. L'église de Villemoisson par vous soumissionnée comme fondé de la procuration du citoyen Blanchard, étant destinée au culte, ne peut aux termes des lois être vendue. L'administration demande si vous êtes ou non dans l'intention de donner suite de votre soumission pour le surplus des biens qu'elle comprend. Salut et fraternité ».

 

 

 

Consulat

 

         Les suites du Concordat. - Aujourd’hui, 19e jour du mois de pluviôse, an IX de la République Française (7 février 1801). C'est présenté le citoyen Louis François Collignon, ministre du culte catholique, ayant son principal domicile dans la commune de Morsang-sur-Orge. Lequel nous déclare qu'il est dans l'intention d'exercer la fonction du culte catholique dans la commune, et prêter le serment de fidélité à la Constitution.

 

Les Villemoissonnais ne veulent plus d’un curé étranger à la commune. - 7 nivôse, an XI de la République Française (27 décembre 1802). - Après la pétition envoyée à monsieur l'évêque de Versailles, signée des principaux habitants du 14 frimaire. Vu la délibération du conseil général de la commune de Morsang-sur-Orge, concernant la réunion de la commune de Villemoisson à la celle de Morsang-sur-Orge, sur laquelle la municipalité de Villemoisson ne consent aucunement à cette réunion, vu la trop grande distance entre les deux communes. Il serait à désirer pour Villemoisson que monsieur l'évêque veuille bien accorder un ministre pour rester dans la commune. C'est pourquoy, le maire et le conseil de la commune de Villemoisson supplient humblement monsieur l'évêque de faire droit à la demande des susdits suppliants.

 

(1) La fabrique est un ensemble de personnes, prêtres, laïques qui gère les biens de l’église. Le ou les membres du conseil de fabrique sont des marguilliers.

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